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Tokage, le il y a 20 années et 10 mois.
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10 décembre 2005 à 13h58 #410000003427
ZEN
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- «Le moment est venu de réévaluer les exigences du Swiss made dans l’horlogerie»
Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse.
Le Temps / Michel Jeannot , BIPH
Samedi 10 décembre 2005L’horlogerie suisse s’apprête à établir un nouveau record à l’exportation. Le haut de gamme réalise d’excellents résultats, tandis que les segments inférieurs ont toujours plus de peine à défendre leur place dans un marché fortement concurrentiel. Et l’emploi ne profite pas de cette tendance positive. La faute aux largesses du «Swiss made»? Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), annonce que l’organe faîtier réfléchit à une réactualisation de l’ordonnance sur ce point.
Le Temps: L’horlogerie suisse battra-t-elle un nouveau record en 2005?
Jean-Daniel Pasche: En ce début du mois de décembre, je réponds oui. Il faudrait une véritable catastrophe – très improbable – pour ne pas dépasser les 11,1milliards de francs de l’an dernier. L’horlogerie suisse s’achemine vers une progression de quelque 10% sur l’ensemble de 2005, mieux que ce que nous avions imaginé il y a douze mois. La barre des 12 milliards de francs sera approchée.
– Quelles sont vos prévisions pour 2006?
– Sauf éléments contraires totalement imprévisibles, l’évolution positive va se poursuivre en 2006. Nous tablons sur une croissance des exportations de 5 à 6%. Ce qui serait évidemment déjà un remarquable résultat compte tenu des effets de base élevés enregistrés cette année.
– Comment se présentent les résultats par régions?
– Les Etats-Unis sont la bonne surprise de l’année. Car nous nous attendions à une baisse de la croissance et de la consommation. Or malgré les difficultés du pays, le consommateur américain demeure confiant. L’Asie reste très positive, et nous n’avons de loin pas exploité l’entier du potentiel de cette région. Avec la hausse du prix du pétrole, le Moyen-Orient a enregistré d’excellentes croissances. Pour les seuls Emirats arabes unis, la progression est de près de 50% sur deux ans. L’Europe va également mieux que l’an dernier, notamment les marchés importants que sont l’Italie et l’Allemagne. Enfin, le marché suisse s’est également bien repris après une année 2004 plus difficile.
– Les marques haut de gamme ont particulièrement bien performé…
– L’année 2005 a confirmé une tendance plus profonde, à savoir que les meilleures progressions sont enregistrées dans les gammes supérieures. L’évolution est moins favorable pour les gammes inférieures, ce qui a pour corollaire des volumes en baisse.
– Est-ce une fatalité?
– C’est en tout cas une réalité, qui s’explique notamment par un différentiel de coûts défavorable à la Suisse dans des gammes économiques, soumises à une concurrence féroce. Nous faisons tous le même constat: peu d’acteurs disposant de moyens importants sont prêts à investir en Suisse pour produire dans les gammes inférieures.
– A terme, comment voyez-vous cette évolution?
– La Suisse a le leadership dans le domaine horloger mais il est important de rester présent dans tous les segments du marché. Pour une question de masse critique d’abord. Les volumes se font dans le bas de gamme et ceux-ci sont indispensables au maintien d’un tissu industriel fort. Quand bien même des composants sont achetés à l’étranger, les gammes inférieures participent au maintien en Suisse de postes de travail dont le haut de gamme ne pourrait se passer. L’autre élément a trait à la maîtrise de la technologie: l’horlogerie suisse doit garder ce savoir-faire du bas en haut de la pyramide. Mais à court et moyen terme, il paraît clair que l’horlogerie suisse se concentrera plutôt dans les gammes supérieures.
– Augmentation des prix moyens, baisse des volumes: la tendance va-t-elle se poursuivre?
– Elle n’est en tout cas pas souhaitable car, dans l’absolu, lorsque l’on vendra plus qu’une seule montre à 12 milliards de francs, il n’y aura plus d’horlogerie suisse. Mais on peut imaginer, ou à tout le moins souhaiter, que cette évolution se stabilise à moyen terme.
– Ces baisses de volumes ont évidemment des répercussions chez les sous-traitants…
– Oui, la baisse des volumes déploie des effets négatifs sur la sous-traitance. Car ces derniers sont avant tout dépendants du nombre d’unités produites. On relèvera aussi que le nombre de composants achetés à l’étranger a également des répercussions négatives sur l’emploi en Suisse dans le domaine de la sous-traitance. Cela étant, la situation n’est pas homogène chez les sous-traitants: certains ont leurs carnets de commandes pleins et d’autres recherchent du travail.
– De fait, la hausse des exportations n’a plus de répercussions positives sur l’emploi.
– Les derniers chiffres de la Convention patronale de l’industrie horlogère démontrent une légère baisse des effectifs. Globalement, les emplois auprès des marques sont en augmentation – cela est également dû au fait que de nombreux sous-traitants ont été intégrés – tandis qu’ils sont plutôt en baisse dans les sociétés indépendantes actives dans la sous-traitance.
– Cela nous amène à l’épineuse problématique du «Swiss made» qui permet d’acheter des composants à l’étranger pour les contrôler et les assembler en Suisse et obtenir ainsi une montre «Swiss made»…
– L’horlogerie n’est pas une branche homogène, et l’on a naturellement un point de vue différent selon que l’on se trouve dans la gamme économique ou dans le haut de gamme. Reste que le «Swiss made» demeure une vraie valeur et un label reconnu et respecté partout dans le monde. Il faut préserver cette valeur et l’image liée à la montre suisse. Dans cette perspective, le «Swiss made» n’est pas qu’une appellation sur un cadran, il véhicule le lien d’une entreprise avec la Suisse, le savoir-faire horloger de ce pays. En dénigrant la notion du «Swiss made», on dénigre tout ce savoir-faire.
– Une partie des acteurs horlogers de ce pays souhaitent voir cette législation modifiée. Où en sont les discussions à ce sujet?
– Lors de sa dernière séance en novembre, le conseil de la FH a estimé que le moment était venu de réfléchir à une réactualisation de l’ordonnance sur le «Swiss made» (OSM). Il a donc donné mandat à la FH de procéder à une étude sur la réactualisation de cette ordonnance «Swiss made» qui date de 1972. Une ordonnance déjà modifiée et renforcée en 1992. Il n’a pas été facile, à l’époque déjà, de faire comprendre à nos partenaires européens que l’emboîtage ne pouvait plus se faire chez eux, mais uniquement en Suisse.
– Va-t-on vers un renforcement du «Swiss made»?
– Il est trop tôt pour le dire. Nous allons étudier toutes les voies possibles. Ce que nous pouvons d’ores et déjà exclure, c’est une diminution des exigences sur le «Swiss made».
– A quel horizon ces travaux trouveront-ils une concrétisation?
– Au niveau de la FH, notre intention est d’aller assez rapidement. Le cas échéant, il y aura ensuite la phase des autorités fédérales. Puis la phase européenne. Et il faut être conscient que l’on ne peut pas changer une virgule de l’OSM sans discuter avec la Commission européenne. Car la définition de la montre suisse est intégrée dans un accord horloger Suisse/UE de 1972. Or la marge de manœuvre est assez étroite, et on sait par expérience que ce type de négociations prend du temps. Cela ne doit pas empêcher l’horlogerie suisse de dire ce qu’elle veut. Cela étant, il y a déjà beaucoup à faire pour protéger le «Swiss made» dans son état actuel.
– Vous parlez des abus et des contrefaçons?
– Oui, et nous menons de nombreuses actions pour le faire respecter. Nous faisons par exemple plus de 50 oppositions par an à des dépôts de marques horlogères qui utilisent le mot «Suisse» sans justification. A cela s’ajoutent les cas de montres sur le marché avec l’utilisation abusive du mot «Swiss» sur le cadran. Soit nous trouvons un accord avec le producteur pour qu’il retire cette mention, soit nous attaquons en justice. Nous avons plus d’une quarantaine de cas de ce type par an.
– Où en est-on sur le front de la contrefaçon?
– On assiste à une prise de conscience plus générale du problème de la contrefaçon depuis que celle-ci s’est élargie à tous les secteurs industriels – médicaments, électroménagers, machines, électronique – et plus seulement aux seuls objets de luxe. Nous avons été rejoints dans notre lutte par beaucoup d’autres secteurs. Et s’il est illusoire de vouloir éradiquer totalement la contrefaçon, il demeure essentiel de mener une lutte sans merci contre les contrefacteurs. Dans le but également de maintenir la confiance des consommateurs dans les produits originaux et d’éviter qu’ils s’en détournent face aux flux de copies serviles. A cet égard, la loi suisse – moins sévère que celles des pays qui nous entourent – doit absolument être renforcée. Nous devrions pouvoir saisir et détruire tout produit contrefait. Or ce n’est pas encore le cas.
Extrait du Temps – Interview conduite par Michel Jeannot
10 décembre 2005 à 14h10 #420000025393ZEN
MembrePlusieurs points me semblent marquants dans cette interview . D’abord l’Indes n’est pas citée parli les marchée émergents alors que certaines marques commencent à s’y implanter sérieusement et à explorer ce potentiel énorme.
Ce sont les modèles haut de gamme qui présentent les meilleures performances de progression. Le milieu de gamme stagne. Cela explique certainement les repositionnements en cours de certaines marques et justifie ceux engagés pour d’autres…
La baisse des volumes avec augmentation des prix a des répercussions sur la sous-traitance et l’économie toute entière. Cela ne va pas s’arranger avec le recours aux Chinois pour faire certaines boites et bracelets…
Le Swiss made est en péril mais la réflexion préalable à une rigidification des règle est devenu complexe…Nul pays de la zone n’échappe à l’Europe en fut-il politiquement exclu.
Les contrefaçons sont trop mollement combattues, il faut pour lutter être très réactif … Là il y a une marge de progression et pas seulement dans l’horlogerie.
Bien instructif cet article
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).10 décembre 2005 à 16h08 #420000025394Tokage
Membre‘Jour,
J’avoue que cette notion de Swiss Made me laise perplexe. Si PP était danois, leurs montres ne perdraient en qualité pour autant ; et les Allemands de L&S et GO ne sont pas forcément manchots parce que pas helvétiques. Ce qui compte ce n’est pas le Swiss Made, c’est que la qualité soient au rendez-vous, d’où que vienne la montre. Dès lors, cette fixation sur me Swiss Made me semble sujette à caution.
Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse…
Cordialement,
Nicolas
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