Platine : le bon filon

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  • #410000009661
    ZEN
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    Platine : le bon filon

    DOSSIER RÉALISÉ PAR FRANK DECLERCK, AVEC MARIE-ANGE HORLAVILLE ET FRÉDÉRIC LIEVAIN

    . Publié le 10 novembre

    Rustenburg, à deux heures de voiture de Johannesburg en Afrique du Sud. Nous arrivons dans les mines et raffineries de platine d’Impala Platinum – le second producteur de platine au monde, avec 25% de la production mondiale -, ouvertes pour la première fois aux journalistes. Quant à l’Afrique du Sud, elle fournit 76% des besoins de la planète.

    Définir le platine, c’est faire appel aux superlatifs : le plus rare, le plus pur, le plus précieux des métaux. Eternel, inoxydable, inattaquable par les acides, exception faite de l’eau régale (mélange d’acide chlorhydrique et d’acide nitrique concentrés), hyperrésistant, réfractaire à la chaleur, dur et malléable, il plie mais ne rompt pas. Un rêve pour différentes industries et surtout pour les joailliers et les horlogers. Bref, la matière la plus noble pour l’amateur de belles montres à l’élégance discrète. Direction la mine. Après avoir traversé une longue plaine verdoyante qui rappelle le film Out of Africa, on arrive dans un quasi-désert. Emergent, çà et là, des pylônes métalliques hauts d’une dizaine de mètres. Ils soutiennent l’ascenseur et les grandes bouches de fer qui recrachent le minerai dans des wagons. On ne descend pas à la mine comme ça. Passage obligatoire par le vestiaire, uniforme de rigueur, chaleur et sécurité obligent : une combinaison de coton jaune citron marquée «visiteur», des gants, de grosses chaussettes, des bottes de caoutchouc, un casque de chantier sont à disposition. On est encore équipé d’une lampe, de sa pile et d’une réserve à oxygène avec masque. Direction l’ascenseur de fer jaune qui descend à 1 000 mètres sous terre à la vitesse de 16 mètres par seconde. Puis un tire-fesses dépose le visiteur sur une plate-forme, 200 mètres plus bas. Tout est d’une propreté exemplaire, du sol à la voûte. La suite de la visite se fait à pied. On croise de temps en temps des employés en tenue blanche avec, en plus de l’équipement obligatoire, un hydromètre dans un étui de cuir à la ceinture. Les galeries déjà forées mènent sur un des sites d’extraction. Aux croisements, des tracteurs déversent le minerai dans un trou recouvert d’une énorme grille, un marteau-piqueur concasse les morceaux trop gros pour passer dans les trous. C’est bruyant. Parfois, il faut monter en baissant la tête, la voûte est basse, éclairée seulement par les lampes frontales. Les foreuses rugissent. A la croisée des galeries, dans le noir, on aperçoit des points lumineux qui bougent comme des lucioles : ce sont les lampes des hommes qui travaillent. Plus loin, une autre galerie bien éclairée mène à une plate-forme de forage. Il fait très chaud, environ 50 °C. Sous la direction des chefs de chantier, des mineurs en short et tee-shirt percent les parois à l’endroit qui sera plus tard dynamité. C’est un métier dur et dangereux. Il y a un hôpital sur le site, en cas d’accident, rare paraît-il. 1 800 mineurs travaillent aux puits, le groupe Impala employant environ 31 000 personnes pour un chiffre d’affaires d’un peu plus de 2 milliards de dollars en 2005.

    37 500 dollars pour un kilo de platine

    Pour réaliser une montre, 5 grammes du précieux métal sont nécessaires. Mais pour obtenir 5 grammes de platine, il faut 50 tonnes de minerai, soit un wagon rempli d’énormes pierres. Pour en extraire la matière précieuse s’enchaînent de longs processus très compliqués, très spectaculaires et très coûteux. Voilà qui explique en partie le prix de ce métal-là : en trois ans, le gramme de platine a augmenté de près de 72%.

    Visite de la première raffinerie. Des kilomètres de tuyaux, des containers gigantesques, des fours immenses qui déversent d’un côté le minerai en fusion, et de l’autre ses déchets mêlés à de l’eau boueuse rouge de lave. Dans cette usine hors norme, on sépare les métaux précieux des non précieux à l’aide d’un processus chimique qui, dans un premier temps, scinde le caillou des matières recherchées. Le caillou tombe au fond de la cuve, la matière précieuse est prisonnière de grosses bulles grises, recueillies comme de l’écume. Chaque heure, 1 000 tonnes sont réduites en fine poudre d’où l’on extraira 3% de matière qui contient 88% de platine. Un autre processus encore plus méticuleux est opéré dans une autre raffinerie, très secrète. Là aussi, des kilomètres de tuyaux verts, jaunes, violets, orange passent de cuve en cuve. Le minerai est fondu dans des fours électriques à 1 500 °C, puis traité avec des acides pour séparer le platine des autres platinoïdes : nickel, palladium, rhodium, cuivre, cobalt et même de l’or. Les techniques sont les mêmes depuis cinquante ans, même si la haute technologie est présente en maints endroits. Cette mine, créée en 1965, a nécessité quatre ans de recherches et de travaux avant de commencer la production. Le filon des quinze parcelles qu’exploite Impala Platinum a une réserve de deux siècles. Le platine est rare et coûteux (un lingot de 8 kilos vaut 300 000 dollars) mais utilisé dans 20% des produits manufacturés dans le monde. Pur à 95%, alors que l’or 18 carats ne l’est qu’à 75%, ce métal est d’une couleur blanc argenté qui ne ternit pas et donne aux diamants et autres pierres précieuses un éclat inégalé : 33% à 40% de la production vont à la bijouterie et à la haute horlogerie.

    Platine est un mot doux, qui évoque les choses rares indissociables de la joaillerie, de l’horlogerie et de l’orfèvrerie. La première merveille horlogère fut créée par la maison Vacheron Constantin en 1820, une montre bague en or platine, rehaussée de diamants. La maison Cartier s’y intéresse à son tour en 1904, le tisse en fil très fin pour mettre en valeur l’éclat des diamants et consacre sa légitimité de métal précieux irremplaçable. Avec 1 gramme de platine, on réalise un fil d’environ 2 kilomètres. Une robe a même été brodée avec du fil de platine, son coût est de 150 000 euros. En Inde, le platine est associé à la prospérité financière et, au Japon, à l’amour éternel. Devant ce triomphe, les conquistadors du XVIe siècle doivent se retourner dans leurs tombes : en quête d’or, ils trouvèrent le platine qu’ils ne connaissaient pas et qu’ils considérèrent comme un élément gênant. Pour eux, l’argent était infiniment plus important. Au point qu’ils baptisèrent le platine «argent mineur», platina. Drôle de façon de nommer ce qui allait devenir le métal le plus précieux du monde !

    http://www.lefigaro.fr/magazine/20061110.MAG000000366_le_bon_filon.html

    #420000090123
    Xaipe
    Membre
    ZEN a écrit:
    Citation :
    Platine : le bon filon
    …

    Pour réaliser une montre, 5 grammes du précieux métal sont nécessaires. Mais pour obtenir 5 grammes de platine, …

    seulement 5 grammes ? scratch

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    Avez-vous coché toutes les cases ?

    #420000090124
    ZEN
    Membre

    C’est peu mais avec un fond transparent … quid 2

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420000090125
    Invité
    Membre

    Ce n’est plus du raffinage, c’est Marie Curie avec sa pechblende Mr. Green

    Å

    #420000090126
    HB38
    Membre
    Xaipe a écrit:
    ZEN a écrit:
    Citation :
    Platine : le bon filon
    …

    Pour réaliser une montre, 5 grammes du précieux métal sont nécessaires. Mais pour obtenir 5 grammes de platine, …

    seulement 5 grammes ? scratch

    + 1 !

    5,5 gr est le poids de mon alliance en or!
    Oui ……….je sais ! j’ai un bel annulaire Very Happy
    Sachant que le platine est plus dense, réaliser une boîte de montre avec cette quantité ferait une épaisseur comparable à du papier alu , vous savez le truc qui emballe le chocolat suisse, la marmotte etc Mr.Red , peut être que le journaliste est plus spécialisé dans l’alimentaire ! rabbit Very Happy

    Henri Boulet

    #420000090127
    Vert
    Membre

    pour une montre de femme même pas minuscule il n’y a que quelques grammes d’or, et le platine a sensiblement la même densité. pour une plongeuse c’est + évidemment

    #420000090128
    EHA
    Membre

    A titre indicatif ; une Cartier tank des années 1965 boitier et bracelet seul fond 54 gr en or jaune.

    #420000090129
    Lataille
    Membre

    Non, le platine n’est pas le plus rare des métaux dits nobles. A ma connaissance, l’iridium est non seulement plus rare, mais surtout plus haut dans le clan inaltérable. Le rhénium n’est pas mal non plus dans le genre.

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