FORUMAMONTRES › Forums › Forum OMEGA – Forum Officiel Francophone › Omega – L’histoire de la Speedmaster professional Mark II
- Ce sujet contient 34 réponses, 17 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Invité, le il y a 9 années et 11 mois.
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25 septembre 2016 à 6h11 #410000122269
ZEN
MembreCette montre est tout aussi attachante que son ainée.
25 septembre 2016 à 6h11 #420003382490ZEN
MembreLa Speedmaster Professional Mark IILa Speedmaster professional d’Omega est reconnue comme une icône horlogère et pour une fois le terme n’est pas galvaudé. Pourtant l’histoire de cette montre aurait pu être tout à fait différente si le marketing d’Omega l’avait emporté sur la sagesse de la NASA.
En 1969, Omega a toutes les raisons de se réjouir. Depuis 1965, la Speedmaster est associée au programme Gemini et la voici maintenant embarquée sur la lune avec Appolo. L’atterrissage lunaire de juillet 1969 a donné à Omega une notoriété mondiale et à la Speedmaster le rang de première montre portée ailleurs que sur Terre. Le premier voyage lunaire a d’ailleurs généré une belle frayeur chez Omega quand Buzz Aldrin a annoncé dans sa transmission que sa montre s’était arrêtée. Les gens d’Omega se sont décomposés au sol jusqu’à ce que l’astronaute démente cette information et dise « Ah, non …C’était juste la trotteuse » . Il s’avérera qu’Aldrin qui laissait tourner le chrono avait par inadvertance arrêté celui-ci mais que la montre fonctionnait parfaitement.
Toute la communication d’Omega en 1969 repose sur l’exploit de la mission Apollo mais les équipes marketing de la marque biennoise craignent que la Speedmaster qui a déjà plus de 10 ans ne se ringardise face à une concurrence qui a déjà abandonné le verre en acrylique qui se raye facilement et a opté pour des design « Tonneau » très en vogue dans cette période.
Omega va donc s’investir dans une Speedmaster Professional de deuxième génération et la baptiser Mark II pour mieux la faire identifier par le public. Le nouveau modèle est réputé avoir gardé le meilleur de la version originelle et y ajouter une étanchéité à 120 mètres, une boite plus design, un tachymètre sous le verre qui évite l’arrachement de la lunette, un verre plat mieux armé contre les reflets. Les responsables d’Omega sont si convaincus de la supériorité de leur nouveau modèle, qu’ils veulent négocier avec la NASA sa substitution à la version précédente.
Il faut dire que la qualité de montre portée sur la lune entraine les ventes vers le haut et Omega ne veut pas prendre le risque de recueillir une image vieillissante avec son modèle emblématique. Deux émissaires d’Omega sont donc dépêchés auprès de la NASA pour « vendre cette idée ». Le 14 février 1969 soit 5 mois avant que Neil Armstrong ne foule le sol lunaire, le directeur commercial d’Omega, Robert Forster et le délégué commercial pour le marché Nord-Américain Peter Morf se déplacent au siège de la NASA à Houston au Manned Spacecraft Center où James Ragan, ingénieur en chef de la division fournitures des équipages, les reçoit. L’entretien est emprunt d’un peu d’ironie de la part de Ragan qui est pleinement satisfait de la montre Speedmaster en service et n’entend pas s’encombrer des besoins marketing de ses interlocuteurs. Ces derniers n’ont manifestement pas intégré que la NASA a autre chose à faire que de se pencher sur un renouvellement de montres qui va supposer une nouvelle batterie de tests à un moment où la pression politique oblige la NASA a accélérer ses programmes si elle veut conserver ses budgets.
Les émissaires d’Omega tenteront bien de « placer » une montre adaptée à l’heure lunaire sans plus de succès dès lors que les Américains veulent une synchronisation avec les équipes terrestres et non un folklore commercial pour asseoir davantage une marque de montres suisses en mal d’image. Ainsi en 1969, le devenir de l’Omega Speedmaster Mark II est déjà scellé sur du court terme. Ce ne sera pourtant pas faute pour Omega de tenter d’associer l’image de sa Speedmaster « lunaire » avec cette version Mark II en organisant une communication qui promeut les deux versions. De même, désigner la version initiale sous le terme Mark I pour mieux inscrire dans la mémoire collective que l’une est la suite de l’autre, ne suffiront pas à imposer la Mark II qui pourtant a reçu la mention « Professional » ce qui pour Omega induit une montre à usage professionnel par la NASA.
L’opération menée par Omega a donc raté et en 1976, Omega cesse de commercialiser la Mark II qui renaitra de ses cendres en 2014 sans plus faire mention à la Mark II ni à une utilisation professionnelle.
Agréable à porter, un peu « pataude », la Speedmaster Omega Mark II reste marquée par le design seventies mais munie du même moteur que sa grande sœur, elle est bien une Speedmaster à part entière amputée du rêve lunaire certes mais avec la fiabilité et de réelles améliorations par rapport à sa grande sœur. Toutefois cette dernière est devenue irremplaçable et rien n’arrive à surpasser le design de la version initiale qu’Omega a étendu à la majorité des modèles de ses collections.
Agréable à porter, cette Speedmaster Mark II a ainsi une histoire qui aurait pu l’emporter sur notre astre si la Nasa avait joué le jeu d’Omega. Le refus de l’agence spatiale n’en donne que plus de portée au choix de la version retenue qui c’est certain ne s’est encombré d’aucune considération commerciale.
Droits réservés – Forumamontres – Septembre 2016__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).25 septembre 2016 à 6h45 #420003382491Yooggi
MembreSans vouloir faire de plagiat, merci pour ce moment.
25 septembre 2016 à 7h07 #420003382492dm
MembreOméga le marketing des astres
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In me rinasce – m’agita insolito vigor! Ah! ma io ritorno a viver! Oh gioia!25 septembre 2016 à 7h28 #420003382493DON
MembreMerci pour ce morceau d’histoire
En règle générale, le design 70’s ne m’a jamais trop époustouflé (surtout en comparaison avec celui des années 60
) mais c’est intéressant de se replonger dans l’histoire d’une montre qui n’est finalement jamais allée sur la lune. Le placement de produits était déjà particulièrement propulsépoussé à l’époque !
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w25 septembre 2016 à 7h55 #420003382494Roseau
MembreMerci pour cette belle (même si un peu triste,enfin pour la Mark II !) histoire, joliment racontée qui plus est, ce qui ne gâche rien !
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« La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » (V. Hugo)25 septembre 2016 à 9h03 #420003382495broncos
MembreMerci pour ce cours d’histoire, Zen…
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ons bloed is blou: gaan die blou bulle! – Rue Royale. ASTRON. SBGR083. Monaco x Gulf. 214270. Tank solarBeat. MN64 Heterium.25 septembre 2016 à 11h15 #420003382496ZEN
Membre
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).25 septembre 2016 à 11h39 #420003382497blastula
MembreSuper !
Je crois que la speed avait à peine plus de 10 ans et non 20 (une coquine coquille).
Je ne comprends pas trop pourquoi Omega dont la speed n’était « professionnal » que depuis 1965 avait peur de se faire ringardiser avec la montre de la Lune ? Pour vendre la MKII, ils se sont même appuyés sur la traditionnelle moonwatch.
La speed avait évolué déjà (taille, aiguilles, boitier), plus en dix ans depuis 57 qu’en trente cinq ans après 69.
Les Suisses devaint avoir une idée irréelle de ce qu’est l’administration US pour penser faire changer de modèle alors que Bulova était en embuscade !
La MKII aura été un produit « tendance » plus qu’autre chose ?
25 septembre 2016 à 11h42 #420003382498ZEN
MembreTu as raison, ça fait 12 ans pas 20 et c’était une coquille…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).25 septembre 2016 à 11h44 #420003382499Cedric92
MembreJ’adore la Mark II que je trouve bien plus belle et plus aboutie techniquement que sa grande sœur
d’ailleurs je possède la réédition contemporaine et c’est bien une des rares montres dont je sais que je ne la revendrai jamais 
PS : je trouve la Moonwatch jolie mais je sature de tout ce marketing et cette adoration aveugle dont elle fait l’objet
PPS : toute la gamme des Mark II aux Mark 4.5 est très intéressante et injustement méconnue.
25 septembre 2016 à 12h02 #420003382500blastula
Membre- Cedric92 a écrit:
- J’adore la Mark II que je trouve bien plus belle et plus aboutie techniquement que sa grande sœur
d’ailleurs je possède la réédition contemporaine et c’est bien une des rares montres dont je sais que je ne la revendrai jamais
PS : je trouve la Moonwatch jolie mais je sature de tout ce marketing et cette adoration aveugle dont elle fait l’objet
PPS : toute la gamme des Mark II aux Mark 4.5 est très intéressante et injustement méconnue.
La speedmaster classique est un très beau chronographe sportif des années 50, novateur avec sa lunette externe, son diamètre important pour l’époque, sa lisibilité sans faille de jour comme de nuit, son étanchéité revendiquée à 200 pieds (au début) et sa protection anti-magnétique, il est le produit de son temps.
10 ans plus tard, la technique avait fait de gros progrès notamment sur l’étanchéité, et la MKII proposait une étanchéité identique à ce qu’allait donner (et donne encore ) une Nautilus en couronne vissée, sans poussoirs et en monobloc à l’origine.
C’est dire si la MKII mérite qu’on s’y attarde quand même un peu comme le souligne Zen.
12 octobre 2016 à 6h14 #420003382501ZEN
MembreRetour au forum Omega !
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).12 octobre 2016 à 10h10 #420003382502lowendalblades
MembreTrès sympathiques ces modèles de Mk II, ainsi que les suivantes automatiques et de carrure identique sur calibre 1040 (Mk 4, avec date) et 1045 (Mk 4.5, avec date complète).
Cette typologie de carrure est effectivement liée au projet Alaska initié par Omega en 1969 pour faire évoluer son offre auprès de la NASA, comme en témoigne cette photo (exemplaire conservé aux archives Omega) :

Avec un cadran très différent de la Mk II finalement commercialisée donc …
Ces études entre Omega et la NASA à la fin des années 60 sont en fait bien plus compliquées, ce n’est pas une simple proposition sortie des tiroirs commerciaux d’Omega …
A noter également qu’en 78 des nouveaux tests seront menés par la NASA (en particulier en vue de la nouvelle navette spatiale), et que la Speedmaster Moonwatch sera encore sélectionnée.
En revanche, attention, l’association du terme « Professional » n’a en fait rien à voir avec l’utilisation par la NASA.
Cette appellation a été créée en 1964 pour l’apparition de la nouvelle carrure de Speedmaster « classique », qui est passée des anses droites aux anses lyres, et non en 1965 pour la qualification par la NASA.Autre point, attention aux notions d’étanchéité, certes vendue comme telle à l’époque mais en réalité certainement inférieure à un modèle actuel, surtout avec couronne vissée …! La comparaison avec une Nautilus me semble bien hasardeuse … Je me baigne tout le temps avec ma Nautilus, et ça ne me viendrait pas à l’idée de le faire avec une Mk II …
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A refusal to be beaten down by the world and a determination to greet life with an easy smile and an aura of unflappable cool.12 octobre 2016 à 10h33 #420003382503padu
MembreMerci pour ces précisions Lowendalblades! Toujours de bon conseils!

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