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doc-le-suisse, le il y a 14 années et 7 mois.
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10 octobre 2011 à 2h07 #410000076278
Tokage
MembreBonjour tout le monde,
Comme promis voici mon compte-rendu de la conférence de presse donnée par Hublot ce lundi au musée des Arts et Métiers de Paris. D’avance, je demande l’indulgence pour la qualité de mes photos : mon appareil est un poil faiblard quand de bonnes conditions lumineuses ne sont pas au rendez-vous.
Et puisqu’on parle de rendez-vous, j’en avais un ce matin au 60 de la rue Réaumur.

Il s’agit de l’adresse du Musée des Arts et Métiers, fondé par l’abbé Grégoire en 1794. Je ne peux d’ailleurs que vous conseiller de le visiter, car, outre ses collections dédiées aux inventions de l’homme dans des domaines aussi variés que la communication et les transports, il y a une belle section consacrée à l’horlogerie, et aux chronomètres de marine – avec une forte présence des créations de Ferdinand Berthoud. J’ai aussi eu le plaisir de voir une des horloges astronomiques d’Antide Janvier ; et il semble qu’une des ses pendules à résonance s’y trouve aussi.

Après vérification, je suis bien au bon endroit…


Vous ne serez pas étonnés si je vous dis que j’ai croisé pléthore de Big Bang. Pastak a même vu une Key of Time, mais je n’ai pas pu l’immortaliser. J’en ai quand même profité pour prendre en photo cette rare Aerobang en or rose avec lunette tantale. L’or rose est assez pâle ce qui est plutôt inhabituel chez Hublot, mais il se marie très joliment avec le gris légèrement brillant du tantale. Et puis, on retrouve cette alternance de surfaces polies et brossées qui faisait le charme des anciennes versions de Big Bang, avant qu’elles ne deviennent totalement microbillées.

Mais revenons à nos moutons. Il est temps pour nous d’assister à la conférence donnée par MM. Buttet et Bitsakis.


Dans un premier temps, on projeta le film que vous connaissez bien maintenant mais en 3D !

Je remets le film en question (en 2D) car c’est une très bonne présentation de l’objet et de son histoire :
Mais qu’est ce que cette fameuse machine ? On parle ici du plus vieux mécanisme astronomique à engrenage connu. On peut parler de sélénographe, c’est-à-dire d’une machine à décrire les mouvements de la lune. Pour ce faire, elle utilisait différents cycles : cycle métonique de 19 ans ou 235 lunaisons ; cycle callippique de 76 ans ou 940 lunaisons ou 4 cycles métoniques. Ces deux premiers cycles tirent leur nom de celui de leur inventeur : les astronomes grecs Méton d’Athène et Callippe de Cyzique. Viennent ensuite les cycles de Saros d’à peu près 18 ans ou 223 lunaisons ; et enfin, celui d’Exeligmos de 54 ans ou 3 cycles de Saros, permettant de prédire les éclipses. Le tout était rapporté au calendrier égyptien de 365 jours pour avoir une lecture plus facile tout au long de l’année. Tout ces cycles permettaient de calculer avec la plus grande précision la position de la lune et du soleil à un moment donné.
Pour comprendre le fonctionnement de la chose, je vais me permettre de citer une encyclopédie en ligne bien connue…
- Wikipedia a écrit:
- Son fonctionnement se base sur les mouvements différentiels des engrenages permettant de « calculer » la position des astres à un moment donné. (…) la manivelle actionnait une roue principale qui entraînait l’ensemble des engrenages. La face avant possédait des aiguilles indiquant les positions de la Lune et du Soleil par rapport au Zodiaque, ainsi qu’un cadran correspondant au calendrier égyptien de 365 jours. La face arrière comportait deux cadrans, l’un correspondant à un calendrier astronomique, le Cycle de Méton, l’autre correspondant au Saros, cycle de lunaisons permettant de prédire des éclipses. On tournait la manivelle pour régler le mois et l’année sur le calendrier métonique, le calendrier égyptien sur l’autre face permettant de régler le jour. Pour prédire une éclipse, on faisait tourner la manivelle jusqu’à ce que l’aiguille du cadran du Saros tombe sur une inscription correspondant à une éclipse. Le cadran métonique indiquait alors le mois et l’année de cette éclipse. Pour calculer le jour précis de l’éclipse, on se reportait sur la face avant et on tournait la manivelle pour mettre les aiguilles indiquant les positions de la Lune et du Soleil en phase (position de la Nouvelle Lune pour une éclipse solaire) ou en opposition de phase (position de la Pleine Lune pour une éclipse lunaire), l’aiguille du calendrier égyptien indiquant le jour précis de l’éclipse. Cette méthode est relativement fiable pour les éclipses lunaires, visibles de toute la Terre, mais seulement probable pour les éclipses solaires, celles-ci n’étant visibles que sur un étroite bande de la Terre. D’autres cadrans donnaient des informations complémentaires, telles que la date des divers jeux antiques.
Je voudrais insister sur l’importance de cette machine pour l’histoire des sciences en particulier, et l’histoire en général. En effet, pendant longtemps, on s’accordait à dater du XIIe siècle au plus tôt les premiers mécanismes à engrenage liés à la mesure du temps. Non pas que les anciens ne connaissent pas les rouages mais on croyait qu’ils ne les avaient utilisés que dans le cadre général de la poliorcétique et des questions de levage. La découverte d’un mécanisme aussi fin et aussi complexe datant du 1er siècle avant J.C. remet donc bien des idées en question. En effet, il nécessite une excellente maîtrise de la métallurgie, mais aussi de l’astronomie, et des mathématiques pour modéliser tout cela. M. Buttet pense d’ailleurs qu’il a été créé pour démontrer la valeur de la science mathématique mise en œuvre : prédire les éclipses et la position de la lune permettait de démontrer la justesse des calculs et leur valeur prédictive.
Voici donc la machine telle qu’elle devait exister au moment du naufrage – pour ce qu’on en sait, elle comptait 82 pièces et avait les dimensions suivantes : 21cm x 16cm x 5cm.
Face antérieure :

Face postérieure :

Et de profil :

Une image du mécanisme tel que le scanner l’a révélé. C’est d’ailleurs le scanner qui a permis de découvrir une sorte de « mode d’emploi » gravé sur le mécanisme même, ce qui bien a aidé les chercheurs, et leur laisse penser que le mécanisme permettait aussi d’indiquer la position des 5 planètes connues des anciens (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne). En l’absence de pièces mécaniques corroborant cette hypothèse, ceci reste de l’ordre de la conjecture.

Reconstitution d’un des cadrans de la face postérieure de la machine :

Qu’en a fait Hublot ?
En dehors d’une disposition quelque peu différente des informations, on retrouve l’entièreté des fonctions de la machine dans le mouvement de la montre. De plus, le mécanisme en tant que tel a été reproduit aussi fidèlement que possible, au rouage près. Il est donc possible de faire avancer ou reculer les différentes informations comme dans la machine originale. Vous pourrez ainsi calculer la prochaine éclipse de lune avec votre montre.

Avec les explications :


La machine n’a jamais été une horloge, c’est pour cela qu’il a fallu y intégrer un mécanisme de montre doté d’un tourbillon. La cage et le barillet sont ici en bleu. On voit bien qu’on n’est pas dans une logique de module additionnel et que l’ensemble est parfaitement intégré.

Au centre, on voit la grande roue avec ses deux engrenages qui forment le différentiel utilisé par le créateur de la machine. Il semblerait qu’il ait d’abord laissé perplexes les spécialistes car c’était pour eux un type inconnu jusque-là de différentiel. De quoi encore bousculer les certitudes que nous avons sur les connaissances des anciens.

Autre prouesse, l’aiguille télescopique avec son mécanisme en colimaçon :

Voici deux photos du mouvement qui fait, de mémoire, quelque chose comme +/- 30mm x 20mm x 10mm – ce qui est tout à fait logeable dans un boîtier de montre.


D’ailleurs, puisqu’on parle de montre, trois exemplaires seulement seront construits. Une montre sera mise aux enchères et l’argent ainsi récolté sera donné au Musée des Arts et Métiers, une autre sera exposée au musée d’Athènes en compagnie des fragments du mécanisme, et la dernière restera chez Hublot.
La présentation a pris fin dans l’église de Saint-Martin-des-Champs qui jouxte le musée et abrite désormais quelques merveilles mécaniques !

Je conclurai en remerciant le musée et Hublot pour ce moment de pure passion !
En espérant vous avoir intéressé,
Nic
las10 octobre 2011 à 2h09 #420001499144Gotcha45
MembreMerci Tokage pour ce report !
10 octobre 2011 à 2h12 #420001499145Daniel.
MembreMerci pour ce reportage.
10 octobre 2011 à 2h29 #420001499146Alex_Altea
MembreFantastique!
Merci!10 octobre 2011 à 2h31 #420001499147Emmanuel H
MembreMerci d’avoir pris le temps de te rendre sur place et d’en avoir écrit dans la foulée ce magnifique compte-rendu !

Quant à l’équipe d’Hublot, elle continue de me surprendre, avec cette prouesse inattendue.
Emmanuel
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Du passé faisons table en marbre !10 octobre 2011 à 2h41 #420001499148lithium
MembreMagnifique
J’ai toujours été fasciné par le mécanisme d’Anticythère.
Hublot a véritablement réalisé une prouesse.
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Les chemins propices mènent à la Chaux-de-Fonds10 octobre 2011 à 7h26 #420001499149squadra
MembreIncroyable revue pour un incroyable mouvement ? Que demander de plus ?
10 octobre 2011 à 9h53 #420001499150nard
Membre10 octobre 2011 à 11h53 #420001499151doc-le-suisse
MembreSuperbe travail attendu depuis longtemps.
Juste un truc que j’ai pas bien compris.. Ou est la pièce originale ?
Personne ne l’a vue en vraie ?Coucou Tokage, merci pour le reportage en tout cas!
Driss11 octobre 2011 à 1h20 #420001499163jaeger92
Membrepassionnant !!! je suis bluffé par tant de connaissances (certes celles de Tokage, mais surtt celles des civilisations passées).. je suis fasciné par le génie d’une telle machine et par l’ensemble des connaissances qu’ils avaient avec les moyens de l’époque.. quelle fabuleuse accumulation de connaissances avaient les Grecs, les Mayas, Egyptiens etc… whaou…
un grand merci pour ce CR passionnant et bravo à Hublot pour avoir redonné vie à ce chef d’oeuvre
11 octobre 2011 à 1h47 #420001499153Tokage
MembreMerci pour vos commentaires positifs !
Pour ce qui est du mécanisme original, il n’en reste que divers fragments comme celui-ci – le plus connu :

Crédit : Wikipediaou celui-là :

Crédit : WikipediaLe tout est conservé au musée national archéologique d’Athènes avec le reste du trésor découvert lors de la fouille de l’épave.
Nic
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c pa des fote sa sapel de la fonetik lol11 octobre 2011 à 2h00 #420001499154doc-le-suisse
MembreJe me suis peut être mal exprimé…
Je parlais de l’original Hublot!Merci en tout cas pour tout.
DS11 octobre 2011 à 2h03 #420001499155Angron
MembreEdit : grillé
11 octobre 2011 à 3h24 #420001499156Tokage
MembrePour l’instant, il n’y pas de montre. Le seul mouvement Hublot que j’ai vu est à l’exposition, au Musée des Arts et Métiers. C’est celui dont j’ai pris les photos.
Nic
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c pa des fote sa sapel de la fonetik lol11 octobre 2011 à 4h30 #420001499157ZEN
MembreUn thème qui laisse imaginer l’immense connaissance accumulée lors de la construction de cet instrument et qui laisse perplexe. Comment si tôt pouvait-on en savoir autant et maîtriser si bien les paramètres de la position du soleil et de la lune. La civilisation grecque antique nous réserve des mystères qui, au delà de cette présentation, mériteraient une analyse plus profonde sur les éléments de contextes connus qui pouvaient justifier une telle maîtrise technique et mécanique.
L’Anticythère est l’élément d’un ensemble à coté duquel passe le film quant à l’ampleur des connaissances de l’époque. Probablement qu’en élargissant le champ des scientifiques interrogés, on pourrait capter d’autres infos.
Ce que je crains dans cette présentation est un peu une appropriation privative d’un bien qui relève du patrimoine commun de l’humanité et j’espère que ceux qui demain voudront étudier ce sujet et produire de vrais documentaires pourront le faire facilement. Je ne doute aucunement que Jean-Claude Biver leur ouvre ses portes car les investigations à mener méritent infiniment davantage que le joli conte de fées de NVP. Les choses sont sans aucun doute plus complexes et à coté des mécanismes faits de cuivre et de bronze, il y a une culture et des mécanismes intellectuels qui méritent l’exploration.
Ceci étant bravo à Jean-Claude Biver pour ce coup médiatique et qualifiant pour Hublot.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
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