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- Ce sujet contient 40 réponses, 37 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
zecaribroute, le il y a 15 années et 3 mois.
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20 février 2011 à 1h21 #420001291327
TheShadow
MembreAlors ça c’est du CR,comme si on y était!..Un plaisir à decouvrir;Merci du partage!
20 février 2011 à 1h35 #420001291328Pierre-Yves
MembreVisiter sa manufacture préférée est une expérience inoubliable.
Merci pour ce compte rendu très sympa.20 février 2011 à 1h53 #420001291329alrov
Membremerci pour toutes ses photos et la visite, le resto au bord de la rivère donne vraiment envie
ta portugaise est splendide
bravo
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Alrov20 février 2011 à 2h01 #420001291330Guy 67
MembreGrand merci pour cet excellent CR !
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La mode se démode, le style jamais.Membre AHA n°1Amicalement
Guy 6720 février 2011 à 2h04 #4200012913311791amadeus
MembreSuperbe revue très bien présentée, merci pour le partage
20 février 2011 à 2h40 #420001291332LH
MembreSublime revue
trés grand moment de partage MERCI
20 février 2011 à 6h59 #420001291319Roland de Gilead
MembreBonjour à toutes et à tous.
Tout d’abord, je remercie Mr Eric De Waele, Gérant de l’horlogerie-joaillerie Heursel à Gand, et Madame Céline de Liedekerke Beaufort, IWC Brand Manager Belux, de m’avoir offert cette opportunité fin novembre.
Mon cadeau de Noël avant l’heure!
Etant particulièrement passionné par cette marque, une telle visite ne pouvait que renforcer mon adhésion au principe Probus Scafusia et accroître mon estime pour tous les employés qui œuvrent à la création de montres d’exception, que ce soit chez IWC ou ailleurs.
Mais place maintenant au compte-rendu.
A l’achat de ma Portugaise en septembre 2010, mon AD avait promis de m’inviter lorsqu’il organiserait une prochaine visite de la manufacture.
Promesse tenue !


La date du 29 novembre 2010 fut immédiatement notée en rouge dans mon agenda, le jour de congé demandé très tôt,
pas la peine d’essayer de me coller un meeting ou un événement de dernière minute…
Et au petit matin du jour dit, je partis seul mais par un prompt renfort, nous nous vîmes 12 passionnés attendant à l’aéroport.
Avant l’embarquement, petit aperçu de certaines forces en présence: QP en or rose – une pure merveille – ainsi qu’une magnifique Portugaise F.A. Jones.
Embarquement pour le vol vers Zürich de 7h00 et à peine le temps de prendre une Portugaise, Impression soleil levant de circonstance et d’immortaliser un paysage enneigé au-dessus de la Suisse que nous atterrissions déjà…


Petite mise au point au cas où certains pensaient arriver à Plan-Les-Ouates ou dans la Vallée du Joux…

Transfert en minibus d’une trentaine de minutes, passant et repassant les frontières suisse et allemande, avant d’arriver au QG d’IWC à Schaffhausen.



Mention spéciale pour l’excellent Herr Peter Boser qui nous a chaleureusement reçus et qui officia en tant que guide durant toute la sainte journée,
ne ménageant pas ses efforts pour répondre aux nombreuses questions du groupe.

En guise d’accueil, café présenté dans un service ad-hoc et chocolat de Schaffhausen…

… dans une salle de réunion au nom évocateur…

… et à la vue magnifique sur le Rhin dont les eaux ont été utilisées par la première station hydro-électrique à Schaffhausen, créée par un certain Heinrich Moser, horloger de son état, afin d’alimenter l’industrie locale en électricité.
Le même Moser chez qui le projet de Florentine Ariosto Jones trouva un écho plus que favorable au point qu’il lui loua un de ses bâtiments pour créer la International Watch Co.
Pour ce qui est des salles de réunion, elles portent d’ailleurs toutes un nom assez parlant pour les aficionados d’IWC !
Une parmi d’autres:
Après une petite présentation sur l’histoire de la marque ainsi que sur les différentes gammes, notre guide nous convia au musée (inauguré en juin 2007) pour un grand voyage dans le temps.
Les images que vous avez déjà certainement vues dans différentes brochures reflètent fidèlement l’atmosphère froide mais élégante de ce musée.
Pour commencer, nous avons pu découvrir quelques anciens registres commerciaux reprenant les commandes passées depuis 1885 auprès de la manufacture, avec mention des calibres et matériaux utilisés, des dates de livraisons, des prix, des destinataires, etc.



Et voici un extrait du règlement de travail en vigueur chez IWC à l’époque…

Si quelqu’un sait ce que signifie faire son lundi à l’article 9, je suis preneur de l’info !Comme on peut s’y attendre, le musée regorge d’informations sur les origines de la marque et son développement:


Bien entendu, le principal intérêt du lieu réside dans l’exposition de plus de 200 montres, dont certaines d’exception telles que:
1) les premières montres de poche savonnette équipées du calibre Jones (1874)

2) la Grande Complication en platine, sortie en 1990.
7 ans de recherche, 50.000 heures de travail et 659 composants (dont 250 rien que pour la répétition minutes !) ont été nécessaires à la réalisation de cette montre qui possède 21 fonctions et affichages, dont les phases de lune, un chronographe et un calendrier perpétuel, tout cela pour un diamètre de 42,2 mm et une épaisseur de 16,5 mm.
Edition limitée à 50 pièces par an.
3) «Il Destriero Scafusia», édition limitée à 125 pièces et commercialisée en 1993 pour marquer le 125ème anniversaire de la marque.
Cette montre d’anthologie comporte pas moins de 750 composants qui donnent vie au tourbillon, au chronographe à rattrapante, au QP, à la répétition minutes et aux phases de lune, excusez du peu…
Et aussi étonnant que cela puisse paraître, le mouvement est basé sur un… Valjoux 7750!
4) «Die Grosse Fliegeruhr» livrée à la Luftwaffe en 1940, édition limitée à 1.000 pièces et aux dimensions impressionnantes: 55 mm de diamètre, 16,6 mm de hauteur et un poids de 183 grammes.
C’est la plus grande montre jamais produite par IWC.
A noter: le strap suffisamment long pour la faire tenir par-dessus une tenue de pilote.
Outre ces ancêtres prestigieux, chaque gamme actuelle est elle-même représentée avec bon nombre de modèles qui ont marqué leur époque (pas de photos des Da Vinci, désolé pour l’oubli !):
Pilot’s Watches

Portugaise


Ingénieur

Portofino

Aquatimer

Après nous avoir fait saliver devant ces belles vitrines, Herr Boser nous emmena visiter le nouveau site de production de composants de mouvements et de boîtes à Neuhausen.
En effet, le QG – qui accueille aujourd’hui les bureaux commerciaux, le musée ainsi que les départements d’assemblage et de réglage – était devenu trop étroit pour faire face à une demande de mouvements in-house toujours plus élevée.
Des investissements colossaux ont d’ailleurs été consentis pour acheter de nouvelles machines qu’il fallait bien caser quelque part.Ce nouveau centre de production, réparti sur 3 étages, a vu le jour fin 2009 mais le déménagement, tant des machines que du personnel, prend beaucoup de temps et une bonne centaine d’employés devrait finalement avoir migré de Schaffhausen vers Neuhausen dans les prochaines semaines.
Pour info, cette nouvelle usine dans la ville de Neuhausen se trouve à +/- 5 kms des bâtiments principaux d’IWC à Schaffhausen.
Neuhausen étant elle-même située dans le canton de Schaffhausen, les montres IWC sont et restent bel et bien Probus Scafusia !
Un détail pour certains, une exigence capitale pour d’autres.Trêve de commentaires, pénétrons dans le bâtiment par le rez-de-chaussée où plusieurs machines étaient fraîchement installées.

Dans les entrailles d’une première machine, nous avons pu observer le travail de fraisage sur une boîte d’Aquatimer, usinée en 13 minutes.



La machine est alimentée avec des tiges d’acier ou de titane et plusieurs outils sont nécessaires en fonction de la dureté spécifique des métaux utilisés.En provenance d’une autre machine, voici une comparaison de l’usinage primaire du boîtier de la Portugaise et ce qu’il devient à l’étape suivante:


Passage devant les machines de découpe et de gravure où 8 fonds sont enfournés à la fois:

Et voilà les différents résultats qu’on peut obtenir:

Nourrir l’esprit est une chose, nourrir le corps en est une autre.
Direction le restaurant Schlössli Wörth…
… qui offre tant une vue magnifique sur les chutes du Rhin…

… qu’un menu gastronomique des plus alléchants.
Nous n’avons pas été déçus, c’est rien de le dire…
L’estomac bien rempli, il était plus que temps de repartir pour la seconde partie de la visite de l’usine…

Arrivés au premier étage, nous avons découvert un parc d’une quinzaine de machines CNC (CNC = Computer Numerically Controlled)…

… dont les fameuses machines d’électroérosion à fil (en Anglais: Spark-Erosion Machine).

Petit rappel théorique (source: Exaproblog): l’usinage par électroérosion ou par étincelage (encore appelé EDM pour Electric Discharge Machining) est un procédé d’enlèvement de matière généré par une décharge électrique entre l’électrode pièce (une plaque de métal) et l’électrode outil (un fil conducteur), toutes deux immergées dans un liquide isolant appelé diélectrique.
En clair, un fil le long duquel passe un courant électrique découpe une pièce grâce aux étincelles produites quand le fil entre en contact avec la pièce, et ce suivant un schéma défini par ordinateur.L’avantage de cette technique réside dans le fait qu’elle permet un travail d’une grande précision, quelle que soit la dureté du métal à travailler. Ce qui explique qu’on retrouve également ces machines dans des secteurs tels que l’aéronautique, l’automobile, etc.
En pratique:
– programmation du tracé sur écran et indication de nombreuses données techniques telles que la vitesse de découpe atteignant royalement les 0,1360 mm/minute… et c’est pas parce qu’on est en Suisse !

– vue extérieure de la cuve… ben ouais, j’avais pas ma combinaison de plongée !

– et voici le résultat final:

Autre exemple de ce que ce genre de machines peut réaliser :

Dans un atelier adjacent mais isolé acoustiquement, quelques employés prennent la relève des machines afin d’enlever manuellement les résidus sur les pièces usinées.


Tout le monde travaillait de manière très studieuse et silencieuse.
Tout le monde, même la charmante personne qui semblait se préparer une bonne petite soupe pour l’aprèm…
Ben, ce n’était pas une soupe, c’était de la cire pour sceller les tubes contenant les guichets des prochains siècles qui équiperont les QP!

Quant aux fraiseuses qui effectuent des gravures, découpes et perçages…
(quelle coïncidence: la firme qui produit ces machines s’appelle Kern, comme le grand patron d’IWC. Avec un nom pareil, les appels d’offres doivent être rapidement tranchés…
)
…en voici une s’acharnant furieusement sur de pauvres platines sans défense !
Les instruments de torture:

Un exemple de travail de gravure en passant:

Parlons à présent décoration.
Voici le résultat du perlage effectué sur des platines, à savoir la réalisation de cercles formés de traits concentriques très rapprochés et empiétant les uns sur les autres (Source: Fondation de la Haute Horlogerie).
Et voici la machine qui réalise les fameuses Côtes de Genève:

Ainsi se termine la partie consacrée à la production de composants de mouvements et de boîtes.
Bien entendu, il aurait fallu disposer du don d’ubiquité pour pouvoir prendre encore plus de photos tout en restant collé à Herr Boser pour écouter ses explications…
J’ai donc dû faire des choix, mes excuses pour les commentaires parfois très lapidaires en regard des photos !
Et puis, toutes les raisons sont bonnes pour revenir…Passons maintenant aux ateliers d’assemblage et de réglage.
Pas question d’y pénétrer, nous pouvions juste admirer le travail des horlogers derrière les vitres…
En l’occurrence, nous avons observé la mise en place de la masse oscillante sur des Portugaise 7 jours.
Remarquez les chaînes sur lesquelles les mouvements sont disposés !Atelier de Feinregulierung: là où le réglage proprement dit des mouvements automatiques et manuels est effectué et analysé.

L’horlogère place le mouvement dans une boîte équipée d’un micro qui enregistre les alternances et les compare à la norme pour vérifier si le mouvement est tachycarde ou pas:

Quelques photos de l’assemblage de cadrans dans des boîtes de Spitfire et Portugaise 7 jours:

Après avoir été très sages et particulièrement disciplinés jusque-là, tels des grands enfants, nous attendions tous une récompense bien méritée…
Vous vous rappelez quand, tout petit(e), on vous lâchait dans un magasin de jouets?
Même sentiment, quelques années plus tard, avec la présentation de la gamme actuelle !

Et, pour une fois, personne pour nous dire « Ne touche à rien ! », que du contraire !
Commençons par l’Aquatimer Deep 2 et ses mensurations extrêmes: 46 mm / 15,5 mm / 205 grammes.
Avec un tel lest au poignet, la descente s’annonce plus facile que la remontée…
Montons en gamme et en puissance avec quelques tourbillons, tous produits en édition limitée à 500 pièces:

Pour info, de gauche à droite :
> Portugaise Tourbillon Mystère en or rose (€ 81.400)
> Portugaise Tourbillon Mystère rétrograde en or rose (€ 99.700)
> Portugaise Tourbillon à remontage manuel en or rose (€ 43.100)
Il y en avait pour pratiquement € 225.000 sur ce petit présentoir…
Ça calme, hein?Le tourbillon de la rétrograde m’a fait de l’œil, je lui ai tendu mon poignet et hop, le coup de foudre immédiat, elle s’est accrochée à moi…

Mais malgré une terrible présence au poignet, notre amour était impossible pour de basses raisons matérielles…
Et puis, le clou de la collection: la Grande Complication en platine (€ 190.000).
Franchement, autant me laisse-t-elle froid sur papier glacé, autant en live, elle en impose.
Certains pensaient pouvoir repartir avec une montre en guise de souvenir mais l’inflexible Herr Boser a opposé comme qui dirait un démenti plutôt ferme à cette légende urbaine…
Sans blagues !
Après un dîner léger mais luxueux, nous avons terminé cette journée en apothéose: un Master Class avec, au programme, le démontage et remontage du calibre 9520 (qui équipe en partie les répétition minutes).
La salle d’op…

La boîte à outils…

Le chirurgien, parfaitement confiant et détendu avant l’opération, et son patient, déjà sous anesthésie…


L’opération s’est déroulée sans la moindre… complication
, chaque organe ayant été méticuleusement retiré et remis à sa place…

Ce qui n’était apparemment pas le cas pour un collègue qui a perdu son patient…
Réunion de groupe post-op pour le soutenir psychologiquement et procéder à l’autopsie…

Blague à part, cet exercice permet de se rendre compte du niveau de concentration requis pour procéder à un simple démontage/remontage.
Je préfère ne pas imaginer l’état de stress quand il s’agit de véritablement travailler sur une complication…Les meilleures choses ont toujours une fin et vint l’heure de quitter cette usine à rêves…

… mais non sans recevoir quelques goodies !
• le catalogue 2010/2011
• la brochure du Musée
• une édition du Watch International
• un porte-clés
Retour à Bruxelles en soirée, des souvenirs plein la tête !
Forcément, des comptes-rendus sur d’autres visites de manufacture, j’en avais déjà lu.
D’ailleurs, j’ai même eu la chance de visiter une autre manufacture il y a quelques années et je savais donc plus ou moins à quoi m’attendre.
Cependant, avoir pu pénétrer dans le Saint des Saints de la International Watch Co. est une expérience absolument incroyable.Après la visite du Salon Belles Montres à Paris le jour précédent, cette journée à Schaffhausen restera à jamais gravée dans ma mémoire et aura marqué le mois de novembre 2010 d’une pierre blanche!
Merci de m’avoir lu !
Roland
PS : Et si, un jour, j’en ai marre de mon boulot actuel, j’ai déjà trouvé un nouveau bureau, prêt à m’accueillir…

__________________________________
J’aime la règle qui corrige l’émotion. J’aime l’émotion qui corrige la règle. (Georges Braque)20 février 2011 à 6h59 #410000068322Roland de Gilead
MembreMerci de nous faire partager cette journée de rêve…
Et encore plus envie de succomber à la tentation !!!20 février 2011 à 8h27 #420001291320Fetz
MembreSublime revue !!
On a vraiment l’impression d’y être grâce à toutes ces belles photos !
En plus la région a l’air sublime aussi, encore une visite à planifier !!
20 février 2011 à 10h04 #420001291321jaeger92
Membre20 février 2011 à 10h40 #420001291322Raphaël_CH
MembreMagnifique, quel CR!
J’ignore ce que signifie « faire ses lundis »… peut-être venir travailler avec la gueule de bois?__________________________________
Au temps pour moi20 février 2011 à 10h42 #420001291323jaeger92
Membre- Citation :
- l’argot des ouvriers du XIXème siècle désigne par le terme : “ assommoir” des lieux où l’on vous assomme d’alcools forts qui provoquent une lourde ivresse. “ Faire son lundi ” expression reprise par Balzac puis Zola est synonyme de fête et d’ivresse.
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/disc/cdi/peda/gervaise/textes/Assomm2.htm
ce qui colle vu que dans le règlement, je crois lire « faire son lundi ou une noce quelconque »
20 février 2011 à 10h52 #420001291324NeoTag
Membre
Merci pour le CR
Et les photos commentées !IWC est vraiment une très belle manufacture !
20 février 2011 à 11h07 #420001291325OLVACHAR
MembreMerci beaucoup pour le partage !
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Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, jusqu’à l’heure où les autres se lèvent (Jules Renard)20 février 2011 à 11h12 #420001291326oliver83
MembreMerci pour le CR, je me suis régalé.
Et le cadran ardoise de ta portugaise est toujours aussi sublime
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« Le bonheur,c’est de continuer à désirer ce qu’on possède » (St. Augustin) -
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