FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › LVMH entre dans le capital de Hermès
- Ce sujet contient 42 réponses, 15 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Cafetao, le il y a 15 années et 10 mois.
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3 novembre 2010 à 11h24 #420001186002
babky
Membrecette démarche reste sournoise et devrait être expliquée devant les autorités compétentes. Je m’explique chaque entreprise doit annoncer son degré d’intégration en franchissant des palliers, 5% 10% 15%, à chaque pallier l’entreprise acheteuse doit en référer à l’autorité compétente(l’AMF) de telle manière à ce que le marché soit au courant : principe de la libre information sur les marchés financiers. La démarche de LVMH fut la suite: il est resté en action à un pallier de 4.5% pour ne pas à avoir à s’annoncer et sur le marché des produits dérivés a lourdement investit sur Hermes, connaissant leur bonne santé, il ne prenait qu’un risque minime qui était lui même dilué (principe du marché des dérivés). Or les démarches en dérivés ne sont pas obligatoirement dénonçables auprès de l’autorité. Ce qui fait que LVMH a lourdement investit sur Hermes en produits dérivés et à échéance de ses contrats de dérivés, LVMH se retrouve propriétaire à 17% sans en avoir référé aux pallier des 5% ni des 10% ni des 15% car pendant tout le temps de l’opération qui a duré quelques années LVMH n’avait pas obligation d’annoncer leur implication en dérivé… c’est une de nos failles actuelles que les ricains et les rosbeef critiquent avec véhémence car de ce fait on peut devenir propriétaire sans même s’annoncer.
3 novembre 2010 à 13h40 #420001186003Cafetao
Membre- Citation :
- Hermès demande à Bernard Arnault de se retirer
Les dirigeants du célèbre sellier demandent au patron de LVMH de renoncer à sa prise de participation annoncée le 23 octobre. Ils considèrent cette offensive comme inamicale et mettent en cause ses modalités.C’est dit de façon courtoise mais ferme. La famille Hermès et la direction du groupe demandent à Bernard Arnault, patron de LVMH, de se retirer du capital de la maison de luxe, spécialisée dans la maroquinerie et les foulards de soie, selon un entretien de Bertrand Puech et Patrick Thomas mercredi dans le Figaro.
"Si vous voulez être amical, Monsieur Arnault, il faut vous retirer", indiquent les deux dirigeants, ajoutant que la famille est "unanime" à ce sujet. Bertrand Puech est un descendant du fondateur, de la cinquième génération, et préside la société familiale Emile Hermès, alors que Patrick Thomas est le gérant du groupe.
Bernard Arnault a annoncé il y a une dizaine de jours avoir pris 17% du capital de Hermès; La famille est le principal actionnaire du groupe Hermès à hauteur de 73%.
Selon M. Arnault, il s’agit d’une participation "amicale". Ce que réfute la famille Hermès qui révèle avoir été prévenue 3 heures avant l’annonce. "Cette arrivée n’a rien d’amical. Elle n’a été ni désirée, ni sollicitée. Il n’y avait de menace d’aucun fonds d’investissement, d’industriel du luxe ou de groupe chinois (…) comme LVMH l’a prétendu", explique ainsi Patrick Thomas. Bertrand Puech de son côté "pense que M. Arnault a lancé une bataille financière".
Les deux dirigeants ont encore indiqué se "poser beaucoup de questions" à propos des moyens d’acquisition de ces 17%, via des instruments financiers à terme, et ont déclaré faire "confiance" à l’Autorité des marchés financiers, qui doit se prononcer sur cette opération. Son président, Jean-Pierre Jouyet, a de fait regretté que la réglementation boursière ait permis au groupe de Bernard Arnault d’accumuler secrètement des parts au sein d’Hermès.
"Quand on voit les structures qui ont permis de mener cette attaque, on constate qu’il s’agit de filiales de LVMH basées au Luxembourg, aux Etats-Unis et surtout au Panama, qui n’est pas le pays le plus transparent en termes de régulation financière et d’origine des fonds", relève de plus Patrick Thomas.
"Il est très probable qu’il (LVMH) monte au capital, je ne connais pas ses intentions", poursuit-il. "Mais la famille Hermès est extrêmement soudée et décidée à garder le contrôle par sa commandite, qui a été créée pour protéger la culture de ce joyau construit depuis six générations".
3 novembre 2010 à 13h48 #420001186004EtienneBF
MembreMerci à Babky pour ses explications, tellement claires que même moi j’ai réussi à les comprendre !
Si je t’ai bien lu, ça fait plusieurs années que LVMH avance ses pions en restant dissimulé. Ca ne paraît pas très franc, et donc pas très amical comme prise de participation…
Autre point : tu dis que les Anglais et les Américains râlent contre ce système. Cela veut-il dire que chez eux il y a des règles qui garantissent une plus grande transparence ? Si oui, la France serait bien inspirée de faire de même.
4 novembre 2010 à 0h57 #420001186005babky
MembreMerci Etienne!
Le marché des dérivés est un marché complexe qui fonctionne comme le marché des actions. Il y a plusieurs manières d’arriver à ces fins. Soit tu achètes librement sur le marché principal comme nous pouvons le faire aussi, en boursicotant à notre humble niveau. Soit tu as des plateformes de ventes de type multilatéral avec plusieurs acteurs connus, soit de gré à gré: un marché restreint avec un acheteur et un vendeur connu, ces deux dernières manière existent juste pour baisser les coûts de transactions par ex, ou pour accélérer, fluidifier les ventes ou les achats. Les deux derniers types de marchés sont peu probables dans le cas de LVMH puisque cela sous entendrait qu’Hermès se laissait faire puisqu’il y a connaissance des intervenants. LVMH a donc fait cela sous couvert par des montages financiers afin de ne pas savoir qui achetait (ce qui est ni très franc ni amical) ou alors plus simple encore LVMH a fait comme nous, l’achat de ses dérivés sur le marché principal. Quand moi j’achète une ou plusieurs actions par exemple, l’entreprise dans laquelle j’investis, ne me connait pas, c’est pareil pour des transactions en grand volume sur le marché principal. Cela se fait sur plusieurs mois, voire années puisque les décisions dans un grand groupe ne prennent pas à la légère et que plus la décision est importante et plus il faut convaincre ses administrés et plus c’est long : problème de la taille des institutions:)
je m’égare.
Pour ce qui est des ricains , la SEC (leur AMF autorité des marchés financiers) doit désormais contrôler le marché des produits dérivés sur leur territoire, pour ce qui est des anglais leur fonctionnement se colle toujours à celui des américains, donc ils contrôlent aussi. Ceci dit cela n’a pas empêché les entreprises anglo-saxonnes de pouvoir profiter de la faille (je ne dis pas qu’il y a eu des abus, mais la possibilité existait) des dérivés pour rentrer dans les bilans des institutions concurrentes afin d’augmenter leurs pouvoirs et leurs contrôles, sauf que ce n’est pas encore médiatisé
B. Arnaud, le dir de LVMH aime tout contrôler et rêve de devenir Monsieur Luxe grand public du monde. Cependant son ambition ne s’arrête pas là puisqu’en touchant Hermès, il étend son pouvoir sur des territoires et des secteurs du luxe que lui-même ne peut atteindre avec Luis Vitton et consorts.
Il déteste aussi que d’autres puissent faire mieux que lui sans avoir à s’industrialiser à outrance, c’est son caractère
.
Bref Le point le plus positif dans cette histoire c’est qu’Arnaud a une très belle femme, elle pourra être l’égérie d’Hermès pendant quelques temps
Pour comprendre le marché des dérivés: "c’est comme si tu achetais une part de l’assurance de la maison de ton voisin, que tu y mettais le feu et que, au final tu touches les indemnités d’assurance de ton voisin à hauteur de tes parts" dixit mes profs de Marché financier (si vous lisez ce post, chers profs, sachez que je travaille beaucoup à la compréhension des montres! je planche sur quelques idées sur les relations horlogeries et investissement sur les marchés financiers
), c’est la vision jusqu’au boutiste des dérivés, cela dit en France, il devrait y avoir des méthodes de contrôles prudentiels accrues pour éviter tout abus du type LVMH-Hermès. 4 novembre 2010 à 7h15 #420001186006Brice Bling
MembreMerci de ces informations détaillées et éclairantes, babky !
4 novembre 2010 à 11h58 #420001186007Cafetao
MembreUne petite revue de presse du jour :
La Tribune :
- Citation :
- LVMH répond négativement à l’invitation d’Hermès
- Citation :
- Bernard Arnault a déclaré ne pas avoir l’intention de revendre ses parts dans Hermès dans un entretien accordé au Figaro.
La réponse du groupe LVMH à la requête d’Hermès est claire. Le géant français du luxe détenu est entré dans le capital d’Hermès "pour le long terme" et n’a aucune intention de revendre sa participation comme le demandent les dirigeants du sellier, déclare jeudi Bernard Arnault dans une interview au Figaro.
Le PDG de LVMH réaffirme que sa prise de participation de 17,1% dans le capital d’Hermès, annoncée le 23 octobre, est "pacifique", ajoutant que son groupe ne réclame aucune représentation au conseil d’administration. Mercredi, les dirigeants d’Hermès ont demandé à LVMH, également lors d’une interview au Figaro, de se retirer du capital, considérant l’opération comme inamicale.
"Cette opération est pourtant tout à fait pacifique", répond Bernard Arnault. "Nous sommes entrés de façon régulière au capital d’une société cotée. Nous ne réclamons rien en matière de représentation au conseil de surveillance." Selon lui, "Ce qui est hostile, c’est plutôt d’exiger de nous, par voie de presse, de vendre nos actions! Nous sommes entrés au capital d’Hermès pour le long terme".
LVMH a respecté la réglementation dans le cadre de cette opération, souligne-t-il aussi, rappelant que le groupe de luxe était déjà dans le capital d’Hermès, pour un peu moins de 5%, depuis plusieurs années. Selon Bernard Arnault, c’est en raison de la hausse du cours du titre Hermès – qui aurait conduit à déclarer d’importantes plus-values dans les comptes de LVMH – que le groupe a décidé de transformer ses "equity swaps" en actions.
"Je pense en outre que notre arrivée est probablement le meilleur moyen de préserver l’ancrage français et le caractère familial de cette entreprise", fait valoir le PDG de LVMH. Il réaffirme aussi que LVMH n’a aucune intention de vendre sa participation dans Moët-Hennessy.
Le Figaro :
- Citation :
- Arnault : l’entrée de LVMH dans Hermès «est pacifique»
- Citation :
- INTERVIEW – Le PDG du groupe LVMH s’explique pour la première fois sur son arrivée surprise au tour de table de la marque de luxe. Il oppose une fin de non-recevoir à la demande d’Hermès de revendre cette participation.
LE FIGARO. – Pourquoi avez-vous décidé d’ entrer chez Hermès ?
Bernard ARNAULT. – Notre présence au capital d’Hermès ne présente aucun risque pour la société ni pour son contrôle familial. Bien au contraire. Je vous rappelle que, dans les années 1980, les actionnaires d’Hermès avaient vendu plus de 10 % du capital à mon groupe, je présume pour assurer un peu de liquidité à la famille. Nous les avons conservés plusieurs années et, au début des années 1990, à la demande de Jean-Louis Dumas (ancien dirigeant d’Hermès, NDLR), j’avais revendu cette participation pour faciliter l’introduction en Bourse de la société. Notre présence au capital n’avait posé aucun problème à l’époque. Nous sommes désormais, à nouveau, un actionnaire important d’Hermès et cela ne devrait pas poser davantage de problème.
Pourquoi alors la famille et les dirigeants d’Hermès jugent-ils cette arrivée inamicale ?
Cette opération est pourtant tout à fait pacifique. Nous sommes entrés de façon régulière au capital d’une société cotée. Nous ne réclamons rien en matière de représentation au conseil de surveillance. Ce qui est hostile, c’est plutôt d’exiger de nous, par voie de presse, de vendre nos actions ! Nous sommes entrés dans le capital d’Hermès pour le long terme. J’ai indiqué à M. Bertrand Puech (représentant des familles Hermès, NDLR), quand je l’ai rencontré la semaine dernière, que nous ne demandions rien d’autre que soutenir la famille dans la stratégie très brillante qu’avait initiée M. Jean-Louis Dumas. Cela dit, je conçois que pour le gérant manager actuel d’Hermès la présence d’un actionnaire de la taille et de l’expérience du groupe LVMH puisse paraître un peu moins confortable.
Seriez-vous prêt, comme vous le demande Hermès, à revendre vos parts ?
Non. En outre, je ne vois pas en quoi le gérant d’une société cotée en Bourse est qualifié pour demander à un actionnaire de vendre ses titres. Il est au contraire censé défendre les intérêts de tous les actionnaires. Je pense en outre que notre arrivée est probablement le meilleur moyen de préserver l’ancrage français et le caractère familial de cette entreprise.
Y a-t-il selon vous des convoitises étrangères ?
Il est évident qu’un certain nombre d’investisseurs étrangers peuvent s’intéresser à cette marque. Des rumeurs ont circulé sur les intentions de certains d’y investir. Peut-être est-ce même déjà le cas et un autre actionnaire peut posséder une part inférieure à 5 % du capital sans qu’on le sache. C’est une des raisons qui nous ont poussés le 21 octobre à prendre cette participation. Lorsque nous avions acquis ces equity swaps sur le titre Hermès, nous n’avions pas d’autre intention que d’investir avec un dénouement en cash. Ce sont les circonstances qui nous ont fait changer de point de vue. L’élément déclencheur qui nous a décidés à demander de sortir de ces instruments financiers a été la hausse du cours, qui nous aurait conduits à déclarer d’importantes plus-values dans les comptes de LVMH. Nous nous sommes posé la question lors du conseil d’administration du 21 octobre de sortir en cash, ce qui aurait fortement fait baisser les cours, ou de demander aux banques si elles acceptaient, par avenant au contrat, de livrer des actions.
Cela n’a-t-il pas été un moyen détourné d’investir de façon masquée au capital de la société ?
Nous avons respecté intégralement la réglementation. Nous avons consulté à ce sujet les plus grands spécialistes du droit boursier et nous sommes absolument certains de la régularité de ce que nous avons fait.
Pourquoi avoir réalisé ces investissements via des filiales aux États-Unis, au Luxembourg et au Panama ?
Pour des raisons historiques.
Quand avez-vous commencé à investir chez Hermès ?
Nous avons acheté des actions, un peu moins de 5 % du capital, il y a plusieurs années.
Maintenant que vous avez une participation minoritaire de 17 % dans une société verrouillée par un statut de commandite, que comptez-vous faire ?
Nous sommes dans le capital de cette société pour les années à venir. Nous n’avons pas acheté d’actions supplémentaires depuis notre annonce. Cette participation minoritaire, c’est aussi une mesure défensive donnant une certaine assurance que cette marque restera française, et c’est un bon investissement pour le groupe LVMH.
Hermès estime qu’il s’agit d’un choc de cultures…
Au contraire, nos cultures sont, je le crois, assez proches. Le groupe LVMH est le premier fabricant au monde de produits de très haute qualité. Les malles Vuitton, les robes de haute couture de Dior, Dom Pérignon, Château d’Yquem, entre autres exemples, n’ont rien à envier aux magnifiques selles Hermès. Nous possédons dans le groupe LVMH la culture de l’artisanat. Et LVMH, comme Hermès, est un groupe familial. Je suis convaincu qu’en tant qu’actionnaire nous pourrions apporter un certain nombre d’avantages à Hermès.
Lesquels ?
Ils sont nombreux. Mais j’en ferai part directement aux actionnaires d’Hermès, s’ils me le demandent, et autrement que par média interposé.
Hermès affirme que ses performances sont meilleures que les vôtres et n’avoir besoin d’aucune aide.
Si on veut comparer des chiffres, il faut comparer ceux d’Hermès à ceux de Louis Vuitton. Et dans ce cas, que ce soit sur la croissance ou le résultat, les performances de Louis Vuitton sont bien meilleures. Cela dit, les chiffres d’Hermès sont excellents aussi.
Avez-vous approché des membres de la famille Hermès et acheté des actions auprès d’eux ?
À travers les années, j’ai forcément eu des contacts avec des membres des familles mais les titres en notre possession, je ne sais pas d’où ils viennent.
Réfléchissez-vous à la vente de vos activités dans les boissons alcoolisées de Moët Hennessy pour financer des investissements dans le luxe ?
Je l’ai déjà démenti et, à nouveau, je le démens catégoriquement. C’est hors de question. Quand on a la chance de posséder de si belles marques, on ne les vend pas. Nos partenaires de Diageo nous ont fait part de leur intérêt, mais nous ne sommes pas vendeurs.
4 novembre 2010 à 22h02 #420001186008LM24
MembreAmical?
Avec 1,45 milliard d’€uros investis dans l’affaire, c’est plus un hobby…5 novembre 2010 à 9h02 #420001186009babky
MembreAller hop une petite enquête de l’AMF sur cette affaire! :p
- Citation :
- INFO LE FIGARO – Les modalités de l’opération menée par LVMH seront examinées.
Dix jours après l’entrée surprise de LVMH dans le capital d’Hermès, à hauteur de 17,07 %, les services de l’Autorité des marchés financiers ont terminé leurs premières recherches. Et selon nos informations, le secrétaire général de l’institution a décidé hier d’ouvrir une enquête. Objectif : vérifier la régularité des opérations qui ont permis à LVMH sa montée en puissance, et s’assurer que les règles de l’information financière ont bien été respectées. C’est en fait une vraie bataille qu’il faudra trancher. Dans nos colonnes hier, Bernard Arnault affichait sa sérénité : «Nous sommes absolument certains de la régularité de ce que nous avons fait.» La veille, les dirigeants d’Hermès disaient, eux, se poser «énormément de questions».
5 novembre 2010 à 14h02 #420001186010Cafetao
MembreLa suite…
- Citation :
- L’AMF enquête sur l’entrée de LVMH dans Hermès
Le gendarme de la Bourse souhaite vérifier la régularité de la prise de participation du groupe de Bernard Arnault dans Hermès.
Le président de l’Autorité des marchés financiers Jean-Pierre Jouyet a annoncé vendredi sur RMC qu’une "enquête sera ouverte" sur les conditions dans lesquelles s’est effectuée la montée du groupe de luxe LVMH au capital de son concurrent Hermès. L’information, d’abord publiée par Le Figaro de ce vendredi, est donc confirmée officiellement par le gendarme de la Bourse de Paris.
Après un examen préliminaire de ses services, "le secrétaire général de l’institution a décidé hier (jeudi) d’ouvrir une enquête", ajoute le journal. "Objectifs: vérifier la régularité des opérations qui ont permis à LVMH sa montée en puissance et s’assurer que les règles de l’information financière ont bien été respectée", ajoute le Figaro, sans préciser ses sources.
LVMH avait pris les marchés financiers par surprise, en révélant le 23 octobre qu’il avait accumulé sur plusieurs années une position de 17,1% au sein d’Hermès, alors que la réglementation française fait obligation de déclarer les franchissements du seuil des 5%, des 10% et des 15% du capital.
Il avait expliqué quelques jours plus tard qu’il avait réussi ce tour de passe-passe grâce à l’utilisation de produits dérivés. Ces contrats stipulaient initialement un dénouement en espèces, ce qui dispensait LVMH de les déclarer. Mais les 21 et 24 octobre, des avenants ont été conclus permettant la livraison physique des titres. Avant son offensive, LVMH détenait déjà 4,9% du capital, non déclaré comme il en avait le droit.
Le président de l’AMF Jean-Pierre Jouyet a déjà reconnu que le stratège utilisé par LVMH n’était pas illégal au regard de la loi. Dans un entretien publié mardi par le journal Les Echos, M. Jouyet a rappelé qu’un rapport de l’AMF de 2008 préconisait que les instruments financiers utilisés, appelés "equity swaps", soient comptabilisés au même titre que les actions dans les calculs pour les franchissements de seuil. "Cette proposition n’a pas été retenue dans la loi, c’est fort regrettable", avait alors indiqué M. Jouyet.
- Citation :
- L’AMF va ouvrir une enquête
sur le raid de LVMH sur Hermès
LVMH a annoncé être entré au capital d’Hermès à hauteur de 14,2% tout assurant ne pas vouloir en prendre le contrôle. Il est passé à 17,1% grâce à l’exercice d’instruments financiers.Le président de l’Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, a annoncé, vendredi 5 novembre sur RMC, qu’une "enquête sera ouverte" sur les conditions dans lesquelles s’est effectuée la montée du groupe de luxe LVMH au capital de son concurrent Hermès. L’examen de l’AMF portera également sur les mouvements enregistrés par le titre Hermès dans les jours précédant l’annonce de LVMH, fin octobre.
Dans les minutes qui ont suivi les déclarations de Jean-Pierre Jouyet, LVMH s’est félicité de cette annonce, estimant que l’enquête devrait prouver que son initiative avait en tout point respecté la réglementation boursière. "LVMH est convaincu que cette enquête permettra en effet d’établir que, comme il l’a toujours affirmé, et contrairement au procès d’intention que certains lui ont fait, qu’il a, au cours de ces opérations, scrupuleusement respecté la réglementation en vigueur", a indiqué un porte-parole du groupe.
LVMH avait pris les marchés financiers par surprise en révélant le 23 octobre qu’il avait accumulé sur plusieurs années une position de 17,1% au sein d’Hermès, alors que la réglementation française fait obligation de déclarer les franchissements des seuils de 5%, 10% et 15% du capital.
Il avait expliqué quelques jours plus tard qu’il avait réussi ce tour de passe-passe grâce à l’utilisation de produits dérivés.
Pas illégal au regard de la loiCes contrats stipulaient initialement un dénouement en espèces, ce qui dispensait LVMH de les déclarer. Mais les 21 et 24 octobre, des avenants ont été conclus permettant la livraison physique des titres. Avant son offensive, LVMH détenait déjà 4,9% du capital, non déclaré comme il en avait le droit.
Le président de l’AMF Jean-Pierre Jouyet a déjà reconnu que le stratagème utilisé par LVMH n’était pas illégal au regard de la loi. Dans un entretien publié mardi par le journal Les Echos, Jean-Pierre Jouyet a rappelé qu’un rapport de l’AMF de 2008 préconisait que les instruments financiers utilisés, appelés "equity swaps", soient comptabilisés au même titre que les actions dans les calculs pour les franchissements de seuil. "Cette proposition n’a pas été retenue dans la loi, c’est fort regrettable", avait-il alors indiqué.
5 novembre 2010 à 14h10 #420001186011Brice Bling
MembreFranchement, je ne sais plus quoi penser de tout ceci…
D’un côté, la famille Dumas s’émeut, s’inquiète, émet des doutes sur la régularité, laisse entendre que..etc…
De l’autre, BA réitère la pureté de ses intentions, proclame sa bonne foi sur la base des liens historiques et de confiance avec Hermès…
Personnellement, je n’ai pas envie de diaboliser BA.9 novembre 2010 à 13h12 #420001186012Cafetao
MembreLa presse du jour sur cette affaire :
Zone Bourse .com
- Citation :
- LVMH : FOCUS : Hermès: l’unité familiale mise à l’épreuve par LVMH
Si la famille fondatrice de la marque Hermès se serre les coudes depuis près de deux siècles, cette unité est aujourd’hui mise à l’épreuve par l’entrepreneur le plus offensif du monde du luxe, Bernard Arnault.
LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton (MC.FR), numéro un mondial du luxe dont B.Arnault est président-directeur général et actionnaire majoritaire, a annoncé le mois dernier détenir 17% au capital d’Hermès International (RMS.FR).
Si M. Arnault qualifie lui-même sa démarche d’amicale, la direction d’Hermès n’est pas du même avis. Pour la plupart des observateurs, ce n’est qu’un premier pas vers ce qui pourrait devenir une bataille pour le contrôle de la société.
M. Arnault a bâti son empire en divisant et faisant plier des familles à la tête de grandes marques de champagne et de mode. À présent, certains analystes estiment que l’homme d’affaires a des chances de réussir à distendre les liens qui unissent les trois branches du clan Hermès, qui contrôle 73% de la société.
LVMH jouit d’une position de force qui lui permet d’attendre que les membres de la famille se montrent disposés à vendre tout ou partie de leurs parts, explique Mélanie Flouquet, spécialiste du luxe chez J.P. Morgan.
La structure de l’actionnariat d’Hermès, qui octroie l’essentiel du pouvoir de décision à une seule et même holding, rend très difficile la prise de contrôle totale par une entité extérieure sans l’aval de la famille toute entière. Or celle-ci ne semble pas prête à se laisser faire.
Pour Patrick Albaladejo, directeur général adjoint d’Hermès – et qui n’est pas un membre de la famille – la jeune génération est tout aussi dévouée à l’entreprise que l’étaient ses parents. Contrairement aux autres familles, dans lesquelles l’attachement à la société s’est affaibli au fil du temps, le clan Hermès continue à intégrer et à impliquer chaque génération, explique-t-il.
Sur les neuf membres que compte le conseil de surveillance d’Hermès, six font partie de la famille. De plus, l’entreprise est une société en commandite par actions, un statut peu courant qui donne aux commanditaires un droit de veto sur la plupart des décisions prises par les actionnaires. Quant à la holding qui contrôle Hermès, Émile Hermès SARL, elle n’est ouverte qu’aux descendants directs des fondateurs.
Le clan Hermès a écarté une bonne partie des règles qui ont généralement cours dans les holdings familiales. D’après M. Albaladejo, il n’existe pas d’accord officiel concernant la détention des actions. Plusieurs branches de la famille ont signé des accords moins restrictifs qui les empêchent de vendre des parts pendant une durée de deux ans en échange d’avantages fiscaux. Chacun est libre de décider quand et comment transmettre ses parts à ses enfants. La cohésion familiale est entretenue par des événements comme des compétitions équestres ou le gala annuel de l’entreprise.
Hermès, dont le chiffre d’affaires a atteint 1,91 milliard d’euros en 2009, se repose donc sur la structure de sa holding et sur la loyauté du clan. M. Albaladejo ne doute pas que le groupe restera dans le giron familial, même si la septième génération compte quelque 170 héritiers. Parmi eux, Julie Guerrand a par exemple été la première femme à rejoindre le conseil de surveillance, à l’âge de 30 ans.
"Les membres de la famille sont imprégnés de l’esprit Hermès dès leur plus tendre enfance", assure M. Albaladejo. "Il fait partie de leur vie".
-Christina Passariello, The Wall Street Journal
(Version française Raphaële Houlette)
L’Expansion :
- Citation :
- Affaire LVMH-Hermès: la loi va changer
Le ministère de l’Economie français a confirmé lundi à l’AFP sa volonté de modifier la loi sur les franchissements de seuil, afin de tenir compte de tous les instruments financiers permettant de détenir une partie du capital d’une société. Le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) Jean-Pierre Jouyet avait affirmé dimanche que telle était l’intention de la ministre de l’Economie Christine Lagarde, après l’entrée surprise de LVMH au capital d’Hermès.Par une ordonnance entrée en vigueur le 27 août 2009, l’obligation de déclarer au marché le franchissement de certains seuils dans le capital d’une entreprise doit prendre en compte le capital physique, c’est-à-dire les actions, mais également les produits dérivés qui permettent de les acquérir. "Christine Lagarde souhaite aller plus loin et étendre la transparence non seulement aux dérivés qui permettent la livraison physique des actions mais aussi aux dérivés dont le dénouement se fait en cash", indique-t-on dans l’entourage de la ministre, en précisant qu’il faudra "une modification législative".
Ce type de dérivés a permis à LVMH d’accumuler sur plusieurs années une position de 17,1% au sein d’Hermès, alors que la réglementation française fait obligation de déclarer les franchissements des seuils (5%, 10% et 15% etc.) du capital. Le gendarme de la Bourse de Paris va ouvrir une enquête sur les conditions dans lesquelles l’opération a été effectuée.
http://www.lexpansion.com/economie/affaire-lvmh-hermes-la-loi-va-changer_242163.html
9 novembre 2010 à 13h59 #420001186013EtienneBF
MembreDire que Bernard Arnault veut mettre la main sur Hermès n’est pas le "diaboliser". Les affaires sont les affaires, et il est naturel que l’empire du luxe qu’il a bâti soit tenté de prendre le contrôle d’un joyau comme Hermès.
Et ce ne serait pas la première fois qu’il jouerait sur les divisions d’une famille pour réussir son coup. C’est ce qu’il avait fait il y a une quinzaine d’années pour s’emparer de Château Yquem, le plus prestigieux des sauternes. Je crois bien que la bataille avait duré pendant des années avant qu’il ne réussisse à l’emporter contre le marquis de Lur Saluce (à ne pas confondre avec Don Saluste et sa folie des grandeurs). Yquem n’est plus une propriété familiale, mais ce n’est pas pour autant que la qualité de sa production à baissé, au contraire.
9 novembre 2010 à 22h49 #420001186014georges zaslavsky
Membrepour ceux qui connaissent omas (la très célèbre marque de stylos italiens) ,elle a été ruinée par lvmh lorsqu’elle était sous leur gestion.
Je ne sais pas si cette fusion entre lvmh et hermès a du bon ,l’avenir seul nous le dira.9 novembre 2010 à 23h29 #420001186015fatalitas
Membre"M. Albaladejo ne doute pas que le groupe restera dans le giron familial, même si la septième génération compte quelque 170 héritiers"
comme j’ai eu l’occasion de l’évoquer plus haut et indiqué avec plus de précision ci-dessus :170 héritiers ! rien que ça !
c’est ce qui a perdu l’aristocratie française en bonne part , contrairement à l’aristocratie anglaise ;
mèmes causes mèmes effets ? on verra ….
à suivre ,
et BA , ben quoi, fait juste son boulot -et plutot bien- d’homme d’affaires10 novembre 2010 à 12h30 #420001186016LM24
MembreLes même causes produisent les même effets…
Je redis qu’il y a 30 ans, avec Boussac puis plus tard avec les dissensions entre les familles Moët et Hennessy, M. Arnaud a posé les bases de son groupe.
C’est "so french", petites querelles et secrets de famille permettent de défaire des empires! -
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