Longines : L’histoire d’un chronomètre de marine pas comme les autres

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 18)
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  • #420001578596
    Miniman 08
    Membre
    laphroaig007 a écrit:
    Les anglages et la raquette sont proprement superbes !
    bravohap

    +2 et le système de réglage de la raquette, magnifique

    #420001578597
    Dang
    Membre

    Extra !!! très instructif , j’apprends plein chose avec Toi Zen !!!

    Merci pour le partage Longines : L'histoire d'un chronomètre de marine pas comme les autres 915324

    #420001578591
    ZEN
    Membre
    Longines : La maîtrise de la précision dans un coffret

    Dès la moitié du 19ème siècle, c’est sur le terrain de la précision que s’établit la concurrence des grandes manufactures horlogères. C’est aussi entre 1830 et 1890 que s’installent en Suisse des horlogers pionniers de leur temps et pionniers du temps. S’engagent entre eux une franche et saine émulation qui ouvrira la voie des concours de chronométrie des observatoires notamment de Genève, Neuchâtel et Kew Teddington. Longines, Omega, Zénith, Ulysse Nardin, Movado, Patek Philippe, Vacheron Constantin sont parmi les manufactures les plus âpres dans cette bataille qu’est la recherche de la précision ultime.
    La précision est au centre des préoccupations des horlogers dès la fin du 18ème siècle quand les besoins de la marine rendent nécessaire le calcul des longitudes pour fiabiliser l’itinéraire des navires. Il faut pour ce faire, conserver à bord la connaissance de l’heure sur terre. Si la mesure de l’heure à bord d’un vaisseau peut se déduire de la position du soleil ou d’une étoile, il est bien plus difficile de déterminer en tout temps et aux confins des océans, l’heure qu’il est à Paris ou à Londres.
    La problématique n’est pas seulement mécanique, elle englobe les effets du magnétisme, de la température et de la pression barométrique. En mer, le problème est accentué par les oscillations permanentes dues à la houle qui déstabilise la position du mouvement et plus accessoirement par l’oxydation en particulier du spiral ou du balancier qui en perturbent la stabilité. S’il est facile de régler un chronomètre de bord dans une seule position, l’isochronisme, comprenons la régularité de marche qu’un ébat régulier du spiral permet d’atteindre, est plus aisé à optimiser quand l’échappement est à plat que lorsque la montre voit sa position varier sans discontinuer. Très tôt, apparaît donc l’idée de monter sur cardans le mouvement afin de préserver la position horizontale.

    Longines : L'histoire d'un chronomètre de marine pas comme les autres Pub_ba10

    Les chronomètres de marine symbolisent une immense partie de la recherche ordonnée de la précision et correspondent à des pièces de prestige qui à bord des bateaux sont un paramètre fondamental de la sécurité des marins.
    Il en naît à leur égard une image positive chargée d’utilité pour l’homme de la mer et de rêves de voyage et d’aventure pour celui qui ne pourra lui trouver qu’une fonction décorative.

    Longines : L'histoire d'un chronomètre de marine pas comme les autres Perret10

    Le 19ème siècle est marqué par une focalisation des recherches sur les matériaux les plus insensibles aux phénomènes parasites extérieurs qui influencent la bonne marche des chronomètres. Les autorités cantonales Suisses vont jusqu’à organiser avec la société des Arts de Genève des concours de compensation qui visent à récompenser l’innovation et la recherche dans les matériaux les plus insensibles aux paramètres thermiques. On valorise dans cette période et jusqu’au milieu de la seconde moitié du 20ème siècle, le travail des chronomètriers capables de régler les montres jusqu’au niveau ultime où les dérivent de marche des pièces s’apprécient à deux ou trois chiffres derrière la virgule. Le centième de seconde peut alors disqualifier un praticien et l’écarter du premier prix de concours de l’observatoire que retiendra l’histoire.

    Longines : L'histoire d'un chronomètre de marine pas comme les autres Chronm10

    Le régleur porte ainsi sur ses épaules toute l’image de la performance de la manufacture et du savoir faire de l’ensemble de son personnel qui se fait un honneur d’avoir un tant soit peu participé au succès de la maison qui l’emploie.
    Le développement de la navigation aérienne crée dès le début du 20ème siècle des besoins de pièces de précision à bord des avions et des dirigeables qui traversent les océans ou survolent le pôle nord dès 1926. Les instruments sont soumis à rude épreuve et la fiabilité des pièces produites par Longines est saluée de tous cotés. C’est l’âge d’or de ces pièces pour lesquels les bureaux d’études donnent une grande énergie créative. Le chronométrage des compétitions sportives dans lequel Longines est omniprésent nourrira par ailleurs les objectifs d’extrême précision.

    Longines : L'histoire d'un chronomètre de marine pas comme les autres Longin32
    Les anglages très soignés du calibre 24-9

    Longines : L'histoire d'un chronomètre de marine pas comme les autres Longin31
    La raquette exceptionnelle du calibre 24-9 Longines

    Les techniques électriques de gestion de la mesure du temps et celle liées à la radio et à la transmission des données horaires par voie hertzienne fiabilisent la circulation des bateaux et les chronomètres de marines sont remplacés par des chronomètres de bord, sorte de montres de poche servant de référence de données de l’heure à bord. L’avènement du quartz et des technologies électroniques enverra au rang de pièces de collection ces merveilles de la production horlogère qui conservent la part de rêve des amateurs et collectionneurs qui se les disputent.
    Des années 40 aux années 60, toutes les grandes manufactures comprennent et tirent partie de l’image positive dégagée par les chronomètres de marine et la notion d’heure de référence qu’elle emporte. On voit alors apparaître dans les vitrines des détaillants les plus efficaces, des chronomètres de luxe non destinés à la vente mais proposés à la vue des clients pour leur donner l’heure exacte en associant celle-ci à la marque qui fait ainsi sa réclame sur le lieu de vente. Montés sur une plaque de bois, ou installés dans un coffret, les plus luxueux de ces chronomètres de prestige sont assemblés par Longines dans des conditions identiques à celles des chronomètres de marine.

    Ces pièces déclinées en très petite quantité sont dans les années 50, dotées d’un mouvement de 24 lignes, créé par Longines en 1908. Produit plus de 50 années durant, le mouvement a bien sur évolué pour atteindre à la fin des années 50, la plus aboutie de ses finitions.
    Le choix du calibre n’est pas du au hasard car c’est avant tout pour montrer son aptitude à faire des chronomètres et répondre à une demande notamment militaire que Longines a conçu ce mouvement de haute précision.
    Equipant la montre « Torpedo Boat Watch » de l’armée Américaine, le calibre fut produit en toutes petites séries livrées par volumes de 18 à 72 jusqu’à la première guerre mondiale puis quelques 132 exemplaires pendant celle-ci. Les premiers modèles furent dorés de manière si efficace qu’ils apparaissent comme neufs, un siècle plus tard, avec leur coussinets en rubis et leurs chatons en or vissés.
    On en retrouve une soixantaine à la fin des années 1910 et dans les années 20 dont plusieurs offrent à Longines des 1ers prix de chronométrie des concours de l’Observatoire de Neuchâtel dans la catégorie des chronomètres de bord.

    Longines : L'histoire d'un chronomètre de marine pas comme les autres Longin33

    La version des années 50 du mouvement est rhodiée et décorée. La pièce est pourvue d’un régulateur en colimaçon garant d’un réglage fin optimum. Ce système équipe les mouvements Longines destinés à la haute précision. Muni de 17 rubis comme la version initiale de 1908, il a été amélioré et se trouve pourvu d’un dispositif d’arrêt du balancier qui permet un réglage à la seconde en faisant redémarrer le mouvement à un instant précis en regard d’un régulateur, par exemple.
    On peine à imaginer que ces versions ultimes n’aient eu d’autres débouchés que les pièces de vitrine fut-elles prestigieuses. Il est vrai que par sa construction, le chronomètre de bord monté sur cardans dans sa boite en acajou a toutes les caractéristiques d’un bon chronomètre assez fiable pour être emporté en mer. Vendue en octobre 1956 à la « Nederlandische Horlogehandel », une société se chargeant de commercialiser des garde-temps aux Pays-Bas, la pièce a probablement suivi un temps sa destination promotionnelle initiale. Il est évidemment difficile d’établir à quelle date elle trouva de nouvelles lettres de noblesse en embarquant à bord du bateau qui lui fit traverser les océans. On pourrait dater cet évènement des dix derniers jours de janvier 1959. Sans doute entres les mains d’un passionné, aventurier des mers qui a voulu offrir à son navire la pièces de bord de mesure du temps adaptée à son rêve et son souci d’évasion, ce chronomètre numéro 9256164 conserve dans sa mémoire la houle du vague à l’âme du marin solitaire.
    Le navire s’est en 2008 égaré quelque part en méditerranée, le marin amoureux a laissé bateau et instruments à ceux qui derrière lui vivront à leur tour, aventures et passions et iront au bout leurs idées avec le courage qui donne à l’homme la grandeur de dominer sa vie et son temps.

    Droits réservés – Forumamontres décembre 2011- Joël Jidet

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #410000078956
    ZEN
    Membre

    Les anglages et la raquette sont proprement superbes !
    bravohap

    #420001578592
    54 Panda
    Membre

    Merci pour ce morceau d’histoire détaillé de cette marque.
    Chinois

    #420001578593
    ZEN
    Membre

    De rien Wink

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    #420001578598
    ZEN
    Membre

    J’aurais dû remercier Longines qui m’avait, lors de la réalisation de cet article, donné de bonnes indications sur le calibre et les 2 images de la publicité et du chronométrier au travail. Image que je vois d’ailleurs reprise sur de nombreux sites.

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    #420001578594
    ZEN
    Membre

    Chinois

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    #420001578595
    Invité
    Membre

    Merci de parler de Longines qui n’est pas considéré comme HH Chinois

    #420001578599
    laphroaig007
    Membre

    Etre repris par d’autres sites, c’est la rançon du succès Zen !
    Mr. Green thumright

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    @laphroaig007

    #420001578600
    ZEN
    Membre
    laphroaig007 a écrit:
    Etre repris par d’autres sites, c’est la rançon du succès Zen !
    Mr. Green thumright

    Sans doute et ils reprennent même les fautes de frappe !

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    #420001578601
    laphroaig007
    Membre

    Ctrl+C / Ctrl+V Mr. Green

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    @laphroaig007

    #420001578602
    Boogie
    Membre

    Zen, c’est un si bon travail que tu devrais, je trouve, rassembler ces posts hautement intéressants et précieux, en faire une sorte de sous-forum où tout serait réuni, ou alors mieux, publier un livre..
    Il n’y a pas beaucoup de travaux de telle qualité sur l’histoire horlogère, et là, ça vaudrait carrément le coup ! on sent la rceherche, l’étude du sujet, et la passion pour ce domaine de l’horlogerie qu’est la recherche de la précision, c’est dommage de laisser ce travail se perdre plus tard dans les méandres du forum thumleft

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    Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé !

    #420001578603
    caput
    Membre

    Une réflexion que je mettais déjà faite.
    Boogie à raison il faut regrouper ça.

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    L’heure c’est l’heure : avant l’heure c’est pas l’heure et après l’heure c’est plus l’heure. Jules Jouy

    #420001578604
    ZEN
    Membre
    Boogie a écrit:
    Zen, c’est un si bon travail que tu devrais, je trouve, rassembler ces posts hautement intéressants et précieux, en faire une sorte de sous-forum où tout serait réuni, ou alors mieux, publier un livre..
    Il n’y a pas beaucoup de travaux de telle qualité sur l’histoire horlogère, et là, ça vaudrait carrément le coup ! on sent la rceherche, l’étude du sujet, et la passion pour ce domaine de l’horlogerie qu’est la recherche de la précision, c’est dommage de laisser ce travail se perdre plus tard dans les méandres du forum thumleft

    Merci Boogie … 2012 devrait déboucher sur du papier. Toutefois, je pense qu’un site internet qui ne ferait que montrer des montres neuves sans aborder d’autres thématiques serait voué à stagner. Je souhaite que FAM continue à être un site qui offre des contenus différents et ton message est la preuve que c’est le cas.

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