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ZEN, le il y a 8 années et 11 mois.
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4 janvier 2017 à 4h53 #420003575007
ZEN
MembreLongines, manufacture de chronomètresPréambule
C’est comme les vagues quand on est sur la plage au milieu de l’automne. Il n’y a plus personne, à part un promeneur ou deux égarés au loin, et la mer sans cesse ramène sur le bord un morceau de planche en bois puis l’éloigne avant de le ramener à nouveau jusqu’au moment où la mer s’étend avec une vague plus grande et dépose l’objet à vos pieds. Les montres de poche ont le charme désuet sans doute du contact, de la manipulation. Elle portent la chaleur de la poche, s’ouvrent comme des huitres pour laisser accéder à leur intimité et laissent parfois voir un mécanisme savamment étudié pour conserver une mesure de l’heure précise et cela de manière pérenne. Certaines ont plus de 100 ans et infailliblement donnent encore aujourd’hui une heure juste comparable aux montres contemporaines pilotées par des quartz ou par un signal radio réputé ne varier que d’une seconde tous les mille ans.
Quelle performance, il y a un siècle, de pouvoir livrer un instrument aussi précis que seuls les horlogers pouvaient comparer avec des pendules de parquet, instruments de référence des ateliers. Certes toutes les montres n’offraient pas l’heure parfaite avec le même talent mais les pièces aptes à conserver le tempo chronométrique n’étaient pas nécessairement des pièces inaccessibles porteuses de complications. Le 19ème siècle puis le 20ème siècle ont mis l’heure juste à la portée de tous. Les fabricants se sont emparés de l’échappement à ancre qui permettait les plus grandes prouesses pour fabriquer des mouvement imperturbables faisant fi du magnétisme, des variations de température, de taux d’humidité et de pression barométrique. Les plus grands physiciens se sont penchés sur l’enfant pour imaginer des alliages insensibles aux paramètres extérieurs. Charles Edouard Guillaume, fut sans aucun doute le père du balancier moderne, le génie du spiral et de la serge.
Tous les fabricants se sont espionnés, étudiés, comparés, entendus, disputés et affrontés dans les concours de précisions des observatoires du monde entier.
Hambourg, Kew-Teddington, Genève, Besançon, Neuchâtel, Washington…Ils ont tous fondé l’horlogerie moderne et offert au public des montres qui n’étaient pas des objets de luxe mais des instruments fonctionnels destinés à donner l’heure. L’industrie horlogère n’était pas encore un élément de l’industrie du luxe. La recherche et le développement des mouvements était permanent, parfois s’avérait être un gouffre chronophage et coûteux pour un résultat aléatoire ou impossible à développer en volume pour des raisons de coûts exorbitants une fois passé en fabrication. Les exemples foisonnent de calibres sans avenir commercial et pourtant prodigieusement inventifs et précis.
Les recherches de Longines pour une longue réserve de marche assortie d’une précision chronométriqueLongines travaille en 1913 sur un calibre révolutionnaire, un mouvement de 19 lignes, un diamètre classique pour l’époque, doté de 8 jours de réserve de marche sans porter un barillet surdimensionné et profitant d’une architecture qui facilite la distribution d’énergie de manière reconsidérée au regard des créations antérieures. Il existe déjà des montres « huit jours » chez divers fabricants mais toutes ou presque ont le défaut de profiter d’une précision dépendante du niveau de tension du ressort de barillet. Le ressort très tendu lorsque la montre est remontée à fond, perd de sa force lorsque le ressort est détendu et cela influence la bonne marche du mouvement y compris quand par un système dit croix de Malte, la marche est cantonnée sans écart de remontage médian.
19 lignes est le format de calibres le plus gratifiant. Sans être excessif, il permet de loger de grands balanciers et de garantir une précision chronométrique qui au début du 20ème siècle est un excellent argumentaire de vente. Le public cherche un instrument qui lui donne l’heure la plus précise car il n’a pas d’autre moyen de transporter l’heure.
Le projet auquel s’attèle Longines en 1913 est fondé sur un stockage optimisé de l’énergie du ressort et surtout sur des trains de rouage qui assurent la distribution de l’énergie en garantissant une force constante quel que soit le niveau de remontage du ressort. Le travail de Longines est sans doute le fruit de l’une des recherches les plus astucieuses sur le sujet. Au terme d’études qui s’allongent dans le temps, Longines aboutit en 1914 à la conception d’un mouvement dont la régulation de distribution de l’énergie est si bien calculée que le mouvement est aussi précis du début du cycle de remontage jusqu’à son terme. Même les concepteurs du mouvement vont être étonnés de cette performance qui ne situe pas qu’au seul niveau des éléments réglants les facteurs de bonne marche d’une montre. .
Un calibre hors-normeBaptisé 19-41, le calibre est complété d’une raquetterie qui permet un réglage fin et, en contradiction avec tout ce qui s’était fait jusqu’alors, il n’est équipé que d’un petit balancier théoriquement moins générateur de précision. Les prototypistes de Longines se font alors plaisir et choisissent une raquette dite en étoile qui permet de maitriser le réglage à la seconde près. Les prototypes sont testés dans les 5 positions et sur toute la durée de développement du barillet. Les résultats sont époustouflants. L’écart de marche est infime et la montre est dans les normes chronométriques, le reste non seulement sur les 8 jours mais encore quelle que soit la position.
Loin d’être une somme de « coups de chance » comme le sont parfois les créations de calibres, c’est le soin extrême mis à chaque étape de la conception et de la fabrication qui porte ses fruits. La somme des savoir faire des équipes de Longines offre un résultat extraordinaire qui a toutefois un défaut majeur : le coût de revient des mouvements. La complexité de l’assemblage induit des personnels mieux spécialisés et qualifiés forcément plus chers que les ouvrières habituellement requises. Le nombre de pièces spécifiques à ce calibre génère en outre un surcoût et le réglage final induit du temps et une manipulation plus lourde que sur un mouvement classique.
Le mouvement n’est pourtant pas un 23 ou un 21 rubis mais un 17 rubis qui sera présenté sous deux versions. L’une à remontage à clé (celle qui a servi au développement) et l’une plus aboutie à remontage par remontoir au pendant. La prouesse s’accompagne d’un affichage de la réserve de marche qui permet de connaître l’état de tension du barillet. La précision est comparable à celle des chronomètres de marine les plus sophistiqués et cela va beaucoup intéresser l’US Navy qui cherche à remplacer, sur ses navires de petit tonnage, ses chronomètres de marine par des pièces plus mobiles, moins fragiles et garantissant une heure sécurisée et fiable.
Une livraison à l’US NavyLongines livrera ses pièces à l’US Navy au début des années 1920 par l’intermédiaire de son distributeur A. Wittnauer C°. Officiellement, Longines n’a livré que des mouvements avec leurs cadrans et leurs aiguilles mais de fait, les boites livrées avec les montres sont bien des Longines. L’assemblage s’est-il fait sur le sol américain comme la réglementation protectionniste américaine l’imposait sous peine de taxation dissuasive mais alors, il aurait fallu que la boite fut américaine ce qui n’est pas le cas, ou bien la manufacture Longines a-t-elle exporté des montres complètes, ce qui induirait un enregistrement erroné dans ses livres ou enfin, l’expédition des calibres et des boites s’est elles faite séparément pour répondre au cahier des charges de l’US Navy ? La dernière solution à cette énigme semble la plus probable.
Un calibre de 19 lignes soit environ 44 mm dans une boite de 79 mm a de quoi étonner mais l’US Navy a voulu remplacer ses chronomètres de marine par des montres dotées de cadrans aussi grands que ceux des chronomètres de marine afin de préserver, à l’équivalent, une lisibilité parfaite et ceci sans troubler les habitudes des utilisateurs. Le nombre de mouvements fabriqués reste très limité et toutes les pièces acquises par l’US Navy furent lauréates des concours de précision organisés annuellement par l’Observatoire Naval de Washington pour départager les meilleures montres aptes à un service pour la marine militaire. La pièce fut lauréate du concours de l’Observatoire de Washington en 1922, le temps de la maturité pour ce calibre puisque son remontage est passé d’une version à clé à un système au pendant.
Sans aucun doute, cette montre puisqu’il s’agit bien d’une montre malgré sa taille de presque 80 mm n’est pas dans le format des montres de poche mais bel et bien dans celui d’une montre de bord de grande taille. Le format des montres de bord de l’époque est davantage contenu aux alentours de 65 ou 67 mm. Cette fois le parti pris est de préserver clairement la taille des cadrans des chronomètres en bois de la Marine militaire.
De l’exception à la réalité du quotidien
La force de Longines comme d’autres grandes maisons fut de pouvoir faire ces pièces d’exception tout en maintenant en parallèle la fabrication à grande échelle de pièces précises certes avec des réserves de marche plus classiques ramenées au mieux à moins de 40 heures mais faites avec le même soin que ces pièces rares. Le calibre 19-85 est par exemple dans un laps de temps parallèle au développement du 19-41, un mouvement particulièrement performant et moins complexe à produire que ce dernier mouvement.
La production en volumes imposait de pouvoir faire assembler les montres par des ouvriers et ouvrières peu qualifiées voire même des ouvriers à domicile mais les fabricants faisaient profiter à leur production de masse des innovations faites pour des pièces confidentielles. L’interchangeabilité des pièces fut pour cela une avancée technologique considérable.
Le 19-85 profite d’une raquette de grande qualité que Longines a exploitée également sur ses mouvements Express Monarch et Express Leader, deux autres très grandes créations de Longines qui s’est imposée comme l’une des manufactures les plus innovantes au 19ème comme au 20ème siècle jusque dans les années 1970.
cf : https://famontres.com/forums/topic/decouverte-le-calibre-express-monarch-de-longines/ &
On observera par comparaison le train de rouage du calibre 19-41 qui offre une démultiplication spécifique à la sortie du barillet et est très différent du 19-85. Longines est sans doute l’une des manufactures les plus productives quant au nombre de ses calibres différents, une diversité qui ne peut que forcer l’admiration et qui dénote une culture de recherche et de développement extraordinaire. Les différences entre les mouvements Longines sont toujours subtiles et la manufacture a fondé son travail sur la création de familles de mouvements dont la somme est absolument incroyable. Patrick Linder s’était essayé dans un ouvrage volumineux à un recensement des mouvements Longines, un travail énorme et passionnant.
Les grandes maisons comme Longines, Lecoultre, Omega, Zenith, Ulysse Nardin et tant d’autres ont une histoire exceptionnellement riche faite de recherches et développements où les horlogers se sont laissés entrainer par leur enthousiasme sans regarder les coûts de revient et avec le souci de conserver l’heure au plus précis. La plupart des pièces de l’époque sont plus ou moins directement les héritières de ces recherches y compris des montres très classiques avec des mouvements qui portent 15 rubis. C’est une autre manière de regarder l’horlogerie sans le prisme déformant du marketing moderne, une manière de rester attaché au prodige mécanique que fut l’évolution de l’horlogerie.
Droits réservés – Forumamontres – Joël Duval – Janvier 2019__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h42 #410000126490ZEN
MembreLongines réserve de ces merveilles qui ont intrinsèquement une histoire singulière dans la conception des mouvements mais aussi des boites et des assemblages… Je mets la dernière main à une histoire fabuleuse purement technique et je vais vous en faire partager le contenu. Mais quelle manufacture fantastique !
Je sais, ça a un côté un peu teasing mais cette montre, c’est une pépite qui fut compliquée à trouver et qui réservait des surprises. Alors avant de vous présenter la montre, je vous donne quelques éléments de contexte …
Tout commence par la recherche de montres faites pour l’US Navy au début du 20 ème siècle. Plus précisément, je cherchais à savoir comment et quelles manufactures suisses avaient livré l’US Navy. Si la marine américaine avait bien testé des montres suisses à la fin du 19ème, ces montres n’étaient que des montres de poche qui ne lui avaient pas donné satisfaction. Ainsi, au travers d’un horloger parisien (Lefèbvre), l’US Navy avait essayé notamment une montre de poche équipée d’un calibre Lecoultre. Les résultats étaient bons au plan horloger mais la montre fut estimée trop petite (50 mm de diamètre), pas assez lisible et pas adaptée à l’usage à bord des navires. Nous sommes là en 1898.
En 1902, Ulysse Nardin (dirigée par Paul David Nardin fils d’Ulysse) soumet à l’observatoire de Washington des montres de 65 mm de diamètre et dotées de l’affichage de réserve de marche. La précision est bluffante et le gouvernement américain achète les pièces (2 ou 3) et les fait tester par l’US Navy.
Il s’en suit une levée de boucliers des manufactures américaines qui refusent de voir des Suisses leur prendre une place auprès de l’US Navy que les industriels américains estiment faire partie de leur domaine réservé. Le gouvernement américain trouve une parade et met en place en 1904 un appel d’offres et un concours en 1905 qui sera organisé par l’observatoire naval de Washington pour sélectionner les meilleures montres .
Les meilleures pièces sont les Ulysse Nardin. Elles remportent le concours « haut la main » avec des résultats qui sont meilleurs que ceux des chronomètres de marine Negus jusqu’alors en place sur les navires militaires. Ulysse Nardin va renouveler ses records d’année en année ce qui stimule évidemment les concurrents américains et suisses de la marque. Longines tente au début en vain, d’aller sur le même terrain que Nardin et finira malgré tout par remporter aussi certains concours de l’observatoire militaire américain.
Longines, en 1913, se penche sur une autre technologie où personne ne réussit vraiment à coupler précision et longue réserve de marche de 8 jours. Les montres mises au point jusqu’alors sont précises lorsque le ressort est armé au maximum mais la précision décroit sensiblement sur les 3 ou 4 derniers jours. Les chronomètres de marine avec des entrainements par fusée/chaine sont bien plus réguliers grâce à une force constante exercée sur le mécanisme. Les systèmes à ressort sont plus capricieux, ce qui mécaniquement est une évidence.
Longines va donc s’intéresser à la distribution de l’énergie dans le mouvement (à ressort) et travailler sur l’architecture du mouvement et sur les trains de rouages qui distribuent la force du ressort … L’idée est audacieuse car il faut aller contre un principe physique de base et réguler une énergie qui par essence est à force variable sur la durée. Nous verrons comment Longines a trouvé le moyen de contourner la difficulté.
Ces informations acquises dans ma recherche, il fallait partir à la recherche de la montre. Il existe un exemplaire chez Longines mais « conditionné différemment », moi je voulais une pièce pur jus, sortie d’un navire de guerre du premier quart du siècle. Ce que j’ai voulu savoir, c’est comment Longines est arrivé avec ce calibre à « convaincre » l’observatoire naval de Washington et ce que furent réellement ces montres pour l’US Navy. L’idéal était évidemment de trouver un exemplaire de la montre fabriquée en toute petite quantité et pour laquelle le nombre de pièces faites pour l’US Navy est encore plus limité et le nombre de montres restant aujourd’hui en circulation est d’autant plus faible que les navires qui les ont portées ont, pour beaucoup, tout simplement coulé.
Voilà vous savez tout de ce défi qui m’a stimulé pendant des mois d’autant plus que les probabilités de dénicher la pièce étaient très faibles ceci sans qu’évidemment je ne puisse en parler sans prendre le risque de me faire souffler une pièce si j’en trouvais une …
Cette montre « très très spéciale » sera le sujet de mon prochain article ici-même où nous découvrirons le résultat des travaux de Longines…
Cette recherche fut très intéressante mêlant les contacts en Suisse auprès de Longines que je remercie, de musées suisses et américains et de collectionneurs spécialisés sur les montres militaires en Europe (Angleterre et Pays-bas et aux Etats-Unis).
23 avril 2017 à 5h42 #420003574989ZEN
MembreSujets Longines
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 5h42 #420003574990ZEN
MembreLes montres régementaires militaires sont une source intarissable de découvertes horlogères de grande qualité. Longines par exemple livra cette montre dans les années 30 et 40. Une vraie perle avec un système de raquette sophistiqué que la manufacture réservait à ses chronomètres… Le calibre est un 19 lignes de type 19-71 N . Ces livraisons de Longines étaient en concurrence frontale avec des montres livrées par Zenith, Omega et IWC qui proposaient également des chronomètres pour les armées.
Ce qui est fascinant est que ces pièces étaient livrées en série et que les anglages étaient parfaits, y compris les rentrants et que le polissage des axes et l’olivage des pierres ne comportait aucun défaut. La précision après 70 ans est de l’ordre de 3 secondes par jour.
Il est à noter que la boite est équipée d’un joint, chose assez rare dans les montres de poche de cette époque.

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 6h18 #420003574991ZEN
MembreLes calibres Railways de LonginesLongines exporta ses produits vers l’Amérique du Nord très tôt, probablement vers 1880. On retrouve des archives qui fixent à 1884 la diffusion commerciale de calibres Agassiz et Longines emboités localement dans des boîtes américaines et importées par J. Eugène Robert & Co., 30 Maiden Lane à New York qui fut l’un des pionniers de la diffusion de montres suisses sur le territoire nord américain. A partir de 1895, c’est Wittnauer, 19 Maiden Lane, qui deviendra l’importateur officiel et signera chaque platine sous le cadran de son nom, voire fera juxtaposer son nom avec celui de Longines.
Longines est donc très en avance dans la conquête du marché américain et il n’est pas étonnant que la manufacture de Saint Imier développe des mouvements pour les montres de chemins de fers qui portent littéralement le marché horloger américain après 1891. C’est davantage à la fin de cette décennie que Longines va s’installer dans le domaine des Railroads avec à partir de ses numéros de série marqués 900 000, deux mouvements chronomètres de très haute qualité. Ces calibres baptisés Express Monarch et Leader Express furent commercialisés sous un nombre impressionnant de label « Privés » avec ou sans mention de Longines. Si le Monarch Express se rencontre fréquemment sans aucune signature apparente, le Leader Express en revanche est soit signé Longines, soit doublement signé du label du distributeur et de celui de Longines en tant que fabricant. Il apparait que Longines a tenté d’exploiter le terme de Railway à côté de ses noms de mouvements mais a dû y renoncer en raison de la protection de ce terme déposée par Dueber Hampden.
Le mouvement Express Monarch sera décliné de 17 à 23 rubis dans des mouvement de 18 à 19 lignes, les plus grands de 1893 à 1908 et les plus petits de 1902 à 1928 tandis que le Leader Express sera proposé en 17 et 19 rubis, réglage 5 positions et en 18 et 19 lignes.
Ces deux mouvements ont été fabriqués par Longines pour concurrencer les montres américaines sur le marché nord-américain. D’architectures très différentes, ces deux calibres sont d’une exceptionnelle qualité de finition et de précision. Nous avions déjà présenté le Monarch

Voici le Leader Express
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 6h20 #420003574992ZEN
MembreLe calibre Express Monarch de LonginesDès la fin du 19ème siècle, Longines, créé à Saint-Imier en 1832 par Ernest Francillon, s’invite sur le marché nord-américain en y exportant ses montres. Les premières exportations vers les Etats-Unis et le Canada ont lieu aux alentours de 1884. Lois protectionnistes obligent, Longines comme ses concurrents, doit faire finaliser la montre sur le territoire américain.
Les premiers mouvements sont livrés à « Fit Standard American-Sized Cases ». Jusqu’en 1890, J. Eugène Robert & Co., 30 Maiden Lane, New York, NY sera l’importateur officiel des montres Longines entre autres.C’est A. Wittnauer Co qui traite les importations jusqu’en 1895. Son nom apparaît sur de nombreuses pièces de l’époque.
La qualité des montres Longines, par leur finition, leur empierrement, leur précision et qualités les fait déclarer « bonnes pour les services ferroviaires ». La manufacture Longines va donc très vite être appelée à fournir des mouvements pour la production des très fameuses railroads américaines. Ce sera le cas jusqu’en 1890. La manufacture va aller jusqu’à désigner une catégorie de ses mouvements spécifiquement pour ce type de pièces. Ce sont les Monarch Express qui vont séduire les marchés. Les noms de Railway Leader et de Railway Monarch sont marqués sur certains calibres, pas tous car Longines livre des calibres non marqués et des mouvement avec des marques privées qui sont celles des distributeurs.

A la fin des années 1890, les numéros de série en sont encore à 900 000. Le nom Railway disparaît ensuite car Dueber-Hampden le dépose et en devient seul exploitant. Longines va donc opter pour un autre nom qui sera Express Monarch et Express Leader grade. Dès lors ce nom va être largement utilisé pour désigner des calibres parmi les plus beaux de Longines. Réalisés en 19 et 20,5 lignes, les mouvements Express Monarch étaient diffusés en 21 et 23 rubis et constituent des pièces de très grande qualité qui rivalisaient avec les calibres américains les plus réputés et notamment ceux de Hampden et ceux de Howard ou Elgin. Par contre les calibres Express Leader étaient livrés en 17 et 19 rubis. Les calibres de 20,5 lignes sont plus anciens a priori, ils furent fabriqués de 1893 à 1908 alors que les 19 lignes furent diffusés entre 1902 et 1928. La destination première de ces mouvements étaient évidemment d’équiper les Railroad watch. Après 1920, la manufacture Longines exploita d’autres mouvements à destination des pièces de chemins de fer.
Sans nécessairement le dire, nombre de compagnies de chemins de fer ont utilisé des mouvements suisses dans leur montres, qu’il s’agisse d’Omega, Longines ou Zenith essentiellement.

Voici donc un exemplaire de montre anonyme faite par Longines avec son calibre Express Monarch ici en version 21 rubis pour 20,5 lignes en savonnette 3 ans avant l’accident de l’Ohio qui va déboucher sur un cahier des charges drastique en matière de montres de chemins de fer. La raquette caractéristique à vis excentrique permet un réglage fin qui assure à la montre, dès 1892, une qualité dans les normes de chronomètre d’aujourd’hui. La présentation du calibre en 3/4 pleine platine n’est pas la présentation la plus courante pour des pièces suisses. Longines avait cette aptitude rare à multiplier les mouvements en les rendant très différents dans leurs architectures. La manufacture de Saint Imier reste l’une des plus inventives en la matière. Il reste impressionnant 120 ans après la fabrication de ce mouvement de constater qu’il dévie de moins de trois secondes par jour.


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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 19h57 #420003574993ZEN
MembreLe calibre 17-79 Longines est ici ajusté en 5 positions. C’est un chronomètre de fort belle qualité. La précision de la montre conforte cette opinion. Ce qui je l’avoue m’a attiré dans cette montre est son cadran d’une finition jamais vue avant sur une montre suisse. L’effet est réussi et mériterait d’être creusé dans des pièces contemporaines.

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).23 avril 2017 à 21h06 #420003574994ZEN
MembreLe calibre L990 de Longines, calibre automatique le plus plat du monde en 1977.Le calibre L990 de Longines est né en 1975 et fut présenté en 1977 par Auréle Maire, Directeur Technique de Longines. Dans sa version première appelée 890 il est un peu plus épais que la version 990 mais possède déjà les caractéristiques de puissance qui en favorisent l’isochronisme.
Inventé au plus mauvais moment de l’histoire horlogère pour rester dans les mains de LONGINES, il fut cédé à Lémania qui après quelques modifications le baptisa « Lemania 8810 ». Calibre automatique doté de 25 rubis, tournant à 28 800 alternances par heure, il dispose d’une réserve de marche de 42 heures. Son diamètre n’est que de 26mm pour une épaisseur de 2.95mm.Ce calibre fut conçu avec un double barillet qui donne force et régularité à la marche en assurant une fiabilité exceptionnelle.

La marque Longines présenta en février 2001 une série limité de 990 exemplaires de montres dotées de ce mouvement pour célébrer les 30 millions de montres vendues par la marque depuis sa naissance.
Le calibre L990 connait plusieurs variantes : 992 (sans date), 993 (sans date ni secondes) et 994 (avec date et sans secondes) chacun avec 17 ou 25 rubis. Ce calibre est le dernier mouvement entièrement manufacturé par Longines .Sa reprise par Lémania date de 1991 sous la référence 8815. Lémania le déclina en version squelette (8881), un calendrier perpétuel (8840) une version à répétition des quarts (8860), heure sautante (8831), puis une version multizones. Bien entendu, le Lémania comme sa version originelle existe avec ou sans date et secondes.
Le calibre Lémania a équipé les montres Ebel 060, Girard Perregaux, Ulysse Nardin (UN 32) , Bréguet (calibre 591) et RGM watch C°. Considéré comme l’un des tout meilleurs calibres à remontage automatique, il continue donc sa carrière mal entamée à cause du quartz qui déferla dans les années 70 et contribua à décimer l’horlogerie traditionnelle.
Pourtant Aurèle Maire, concepteur du calibre, voulait bel et bien défier le quartz avec ce mouvement extra-plat non soumis à l’usure des piles. Pour y parvenir, il fallait un calibre extrêmement précis. Pour gagner la fiabilité attendue, Longines choisit de sélectionner pour ce mouvement les meilleurs composants et d’opter pour les solutions techniques les plus robustes et évidentes. Avec en tête les calibre Lecoultre baptisé 2120 chez Audemars Piguet et 1120 chez Vacheron Constantin, il rechercha la plus petite hauteur.
La montre ne peut varier de par sa conception de plus de 2 minutes par mois. Mouvement le plus plat au monde à sa sortie, le L990 fut salué pour la qualité de ses élément réglants et son double barillet disposés l’un derrière l’autre (Xaipe dirait à la queue Leleu ), dispositif antérieurement adopté pour le calibre L890 présenté en 1975.Beaucoup plus plat que le L890, le L990 est doté de deux barillets à rotation rapide dont il résulte des couples plus faibles que ceux des calibres à barillet conventionnel. La conception entraine une réduction de la force exercée sur les rouages et augmente la facilité de remontage. Longines a pu abaisser le rapport de transmission dans le rouage entre le rotor et les deux barillets. Dans une construction classique ce rapport est de 150 contre un tiers seulement avec le calibre L990. Longines a ainsi pu supprimer une roue et réaliser une masse oscillante plus légère et plate en métal Fritté à la densité plus élevée.
Le stockage d’énergie moins demandeur de force a permis d’opter pour un remontage unidirectionnel sans inverseur, inséré comme partie intégrante du mouvement sous le pont de barillet.
Pour assurer le maintien des oscillations du balancier, une quantité d’énergie deux fois moindre est suffisante par rapport aux calibres conventionnels.
Ce calibre est donc bel et bien un exploit technique orchestré pour Longines par Auréle Maire qui créa un mouvement innovant qui de manière extraordinaire achèvera la carrière de Longines « manufacture » avec une pièce exceptionnelle.
La montre permettra de produire des modèles d’allure raffinée…

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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 0h56 #420003574995ZEN
Membre-Dans la famille des montres ultra-précises, je voudrais une … Longines. Un calibre de 19 lignes et une version 17 rubis. Je la voudrais chronomètre avec une raquette ultra précise… Je veux une montre à la seconde, un calibre 19-71 N …C’est possible ?
-Pioche !


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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 0h58 #420003574996ZEN
MembreDans la discrétion absolue et sans communiqué de presse, Longines a ouvert la semaine passée un nouveau musée à Saint Imier. La manufacture est riche de nombreuses pièces jalousement conservées par les différents propriétaires de la marque.
Celle-ci aurait pu appartenir à ce musée mais non, c’est moi qui en ai fait l’acquisition la semaine dernière … Un très beau calibre 19-71 l’anime et la pièce est en argent. C’est une montre de Tir assez rare du concours fédéral de 1934. Trouvée avec son écrin d’origine !

Le thème est un grand classique suisse historique puisque c’est Guillaume Tell …

La manufacture Longines en 1934 exposait 10 de ses médailles : 5 en or et autant en argent .

Le mouvement profite d’une finition soignée. Doté de 17 rubis et de côtes de Genève, il bénéficie d’une qualité des anglages que l’on retrouve rarement aujourd’hui.

La raquette est très ingénieuse et finalement proche de celle des Omega qualité D et Aegler (Patek Philippe) .
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 1h00 #420003574997ZEN
MembreLes Américains, en équipant à la fin des années 1890 leurs compagnies de chemins de fer de montres précises répondant à un cahier des charges très strict, ont ouvert aux marques américaines un fabuleux marché constitué non seulement des compagnies ferroviaires mais aussi de la clientèle grand public qui s’est mise à considérer comme une référence indiscutable le fait d’être fournisseur officiel des compagnies de chemins de fer.
L’horlogerie américaine du début du 20ème siècle va prospérer sur ce créneau jusqu’à ce que les guerres ouvrent les marchés militaires et créent sur ce thème un quasi monopole.En Europe, les manufactures suisses auxquelles les Américains font toutes les difficultés pour leur rendre inaccessibles les marchés des firmes américaines, la tendance est à la sécurisation des horaires et donc à la fourniture en masse aux personnels navigants et aux chefs de gares de montres fiables et précises. Les cahiers des charges sont moins exigeants sur l’empierrement des pièces que les cahiers des charges américains et des montres de 15 voire de 7 rubis sont parfois achetées par les compagnies de chemins de fer.
Omega, Zenith, Longines deviennent ainsi fournisseurs des chemins de fer turcs, yougoslaves, roumains, russes, français, serbes, etc.
Longines est très actif et fait partie des rares marques européennes agréées par les Américains avec ses mouvements Express monarch et Express Leader ( https://famontres.com/forums/topic/decouverte-le-calibre-express-monarch-de-longines/?highlight=monarch). Au Canada, plusieurs marques suisses ont pu décrocher des marchés. Les Italiens passent d’énormes commandes à Omega, Longines et Zenith.
Les montres sont majoritairement dotées de calibres de 15 rubis. Les fonds sont gravés avec le logo de la compagnie ferroviaire italienne.


https://sites.google.com/site/hourconquest/les-montres-americaines
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 1h01 #420003574998ZEN
MembreAu milieu des années 60, l’ancêtre d’ETA propose l’échappement suisse à ancre « Clinergic-21 » ainsi nommé à cause de ses 21 dents de la roue d’échappement en acier. Celui-ci crée un séisme dans l’horlogerie. Cet échappement permet au mouvement d’évoluer à la fréquence de 36 000 alternances. Longines, Movado, Zenith l’adoptent et d’autres le testent. Tout le monde n’y voit pas intérêt d’autant que le quartz se profile à l’horizon. Movado et Longines l’exploitent tout de suite. Zenith perfectionne l’idée et sortira l’El Primero.
Chez Longines naît ainsi l’Ultrachron …

Longines présente son Ultrachron en 1967, calibre réalisé en interne, pour célébrer ses 100 ans. Il sera fabriqué jusqu’en 1975. Le modèle interpelle la concurrence même si Girard Perregaux a présenté sa propre version de calibre à 36 000 alternances par heure en 1965. Longines sort plusieurs variantes de son calibre avec ou sans date et avec ou sans trotteuse à entrainement indirect.
Plus tard, la marque, tout en conservant le nom d’Ultrachron, revient avec les calibres 6651 et 6652 à 28 000 alternances. Elle rencontre en effet des difficultés de SAV non pas internes mais auprès des horlogers détaillants qui en utilisant des huiles non appropriées éclaboussent le spiral et le balancier et dérèglent les montres. Longines en constatant que les premières montres révisées logiquement 5 à 7 ans après la vente posent de telles difficultés modifie son calibre et renonce à la haute fréquence. L’échappement haute fréquence requiert en effet, une lubrification à sec à base de bisulfure de molybdène (comme l’El Primero).

Le calibre correctement entretenu est très performant et est annoncé par Longines avec une variation inférieure à une minute par mois, soit 2 secondes par jour. Les mouvements sont certifiés chronomètres. Pour améliorer le remontage de son calibre, Longines ajoute du carbure de tungstène sur le rotor afin de l’alourdir. Le mouvement remonte dans les deux sens (comme le El Primero) mais nécessite un bon poids pour charger le ressort de barillet.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 1h02 #420003574999ZEN
MembreLa montre de Joseph Elzéar Bernier, explorateur du pôle NordLe capitaine Joseph Elzéar Bernier est né au Québec le 1er janvier 1852. A la fois marin et explorateur de l’Arctique, il prépare son périple vers le pôle nord. Capitaine de la marine britannique dès l’âge de 17 ans, ce marin d’exception aura, dans sa vie, parcouru les mers du globe pendant plus de 60 ans. On comptabilise plus de 267 traversées de l’océan Atlantique dans sa carrière de marin où il a commandé plus de 150 navires. Il aura réalisé en outre, 11 expéditions dans l’Arctique canadien. Il mourut en 1934 à l’âge de 82 ans.

Joseph Elzéar Bernier 1852-1934Pendant de nombreuses années, il tente sans succès de persuader le gouvernement canadien hostile à tout soutien d’une quelconque expédition visant à assurer la souveraineté du Canada dans l’Arctique. La chance de Bernier tourne en 1903, quand un litige survient portant sur la limite territoriale entre l’Alaska et la Colombie-Britannique. Une bande de terre rattachée naturellement à la côte de la Colombie-Britannique est accordée aux États-Unis. Cela déplait aux autorités canadiennes et le premier ministre Wilfrid Laurier accepte ainsi de financer une expédition au pôle Nord. Bernier achète alors un bateau allemand, le rebaptise Arctic .

L’Arctic de BernierMalgré une préparation très poussée, au dernier moment, l’expédition est corrigée en une expédition de second ordre de surveillance de la baie d’Hudson. Il en faut beaucoup plus pour décourager Bernier qui part le 28 juillet 1908 du port de Québec pour ce voyage qui va marquer l’histoire. Il prendra le 1er juillet 1909, possession au nom du Canada du Grand Nord, de l’archipel Arctique canadien jusqu’au pôle Nord. Cela représente plus d’un cinquième des territoires arctiques. Les manufactures horlogères sont à l’affut de ces expéditions qui leur donnent une notoriété inespérée sur tout le territoire nord américain et bien au delà, dans les pays du monde entier qui relaient les aventures des explorateurs en ménageant un suspens digne des plus grands feuilletons

Bernier est un personnage impressionnant, trempé, au caractère rugueux mais c’est aussi un fin négociateur qui va au bout de ses idées. Courtisé par les firmes horlogères américaines, Bernier est francophone. Les manufactures suisses accèdent à lui d’autant plus facilement que la langue française les rapproche. Les manufactures qui équiperont les explorateurs des régions arctiques seront souvent suisses. Ulysse Nardin pour Scott, Zenith pour Amundsen, Longines pour plusieurs de ces explorateurs et d’autres … Bernier est donc contacté début 1904 par Longines. La manufacture est présente sur le marché Nord-américain depuis déjà plus de 15 ans et elle a conquis les chemins de fers canadiens ainsi que sans aucun doute au moins deux compagnies de chemins de fers américaines, à savoir la Delaware & Hudson Railroad et la compagnie New-York Central & Hudson River Railroad. Il est alors très rare que des compagnies horlogères suisses réussissent à placer des montres auprès des compagnies de chemins de fer américaines qui donnent une priorité aux firmes américaines.

Publicité Longines 1885Longines a pourtant réussi ce défi en produisant spécifiquement pour le marché américain des montres baptisées Express Leader et Express Monarch, noms déposés par A Wittnauer à New-York qui était l’agent Longines pour l’Amérique du Nord (USA et Canada). Ces calibres très empierrés, tous chronomètres de 17 à 23 rubis se verront débaptisés dans les années 30 sur requête de Dueber Hamden qui refusait qu’une autre marque puisse utiliser un nom réservé aux chemins de fers américains et avait donc protégé les noms de marques utilisées par Longines.

Fort de cette distribution de montres spéciales auprès des chemins de fers américains et canadiens et grâce à une activité commerciale soutenue sur ces territoires, Longines entre en contact avec Bernier et lui propose sa montre Monarch Express pour partir à la conquête du pôle Nord. Bernier s’avouera bluffé par la précision de son chronomètre Longines et en félicitera la manufacture.


Bernier est aujourd’hui un peu oublié sans doute parce que d’autres explorateurs ont su rendre leurs exploits plus médiatiques mais il eut une importance immense dans l’implantation canadienne dans l’Arctique. Longines n’aura pas donné à ses mouvements Leader et Express Monarch davantage de notoriété, sciée par Dueber Hampden et la grande difficulté de diffuser des calibres 3/4 platine qui n’avaient pas la préférence du public malgré des qualités chronométriques exceptionnelles et une construction particulièrement fiable et astucieuse.
Il reste une belle histoire pour ce mouvement à redécouvrir.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 1h04 #420003575000ZEN
MembreLongines : La maîtrise de la précision dans un coffretDès la moitié du 19ème siècle, c’est sur le terrain de la précision que s’établit la concurrence des grandes manufactures horlogères. C’est aussi entre 1830 et 1890 que s’installent en Suisse des horlogers pionniers de leur temps et pionniers du temps. S’engagent entre eux une franche et saine émulation qui ouvrira la voie des concours de chronométrie des observatoires notamment de Genève, Neuchâtel et Kew Teddington. Longines, Omega, Zénith, Ulysse Nardin, Movado, Patek Philippe, Vacheron Constantin sont parmi les manufactures les plus âpres dans cette bataille qu’est la recherche de la précision ultime.
La précision est au centre des préoccupations des horlogers dès la fin du 18ème siècle quand les besoins de la marine rendent nécessaire le calcul des longitudes pour fiabiliser l’itinéraire des navires. Il faut pour ce faire, conserver à bord la connaissance de l’heure sur terre. Si la mesure de l’heure à bord d’un vaisseau peut se déduire de la position du soleil ou d’une étoile, il est bien plus difficile de déterminer en tout temps et aux confins des océans, l’heure qu’il est à Paris ou à Londres.
La problématique n’est pas seulement mécanique, elle englobe les effets du magnétisme, de la température et de la pression barométrique. En mer, le problème est accentué par les oscillations permanentes dues à la houle qui déstabilise la position du mouvement et plus accessoirement par l’oxydation en particulier du spiral ou du balancier qui en perturbent la stabilité. S’il est facile de régler un chronomètre de bord dans une seule position, l’isochronisme, comprenons la régularité de marche qu’un ébat régulier du spiral permet d’atteindre, est plus aisé à optimiser quand l’échappement est à plat que lorsque la montre voit sa position varier sans discontinuer. Très tôt, apparaît donc l’idée de monter sur cardans le mouvement afin de préserver la position horizontale.
Les chronomètres de marine symbolisent une immense partie de la recherche ordonnée de la précision et correspondent à des pièces de prestige qui à bord des bateaux sont un paramètre fondamental de la sécurité des marins.
Il en naît à leur égard une image positive chargée d’utilité pour l’homme de la mer et de rêves de voyage et d’aventure pour celui qui ne pourra lui trouver qu’une fonction décorative.
Le 19ème siècle est marqué par une focalisation des recherches sur les matériaux les plus insensibles aux phénomènes parasites extérieurs qui influencent la bonne marche des chronomètres. Les autorités cantonales suisses vont jusqu’à organiser avec la société des Arts de Genève des concours de compensation qui visent à récompenser l’innovation et la recherche dans les matériaux les plus insensibles aux paramètres thermiques. On valorise dans cette période et jusqu’au milieu de la seconde moitié du 20ème siècle, le travail des chronométriers capables de régler les montres jusqu’au niveau ultime où les dérives de marche des pièces s’apprécient à deux ou trois chiffres derrière la virgule. Le centième de seconde peut alors disqualifier un praticien et l’écarter du premier prix de concours de l’observatoire que retiendra l’histoire.

Le régleur porte ainsi sur ses épaules toute l’image de la performance de la manufacture et du savoir faire de l’ensemble de son personnel qui se fait un honneur d’avoir un tant soit peu participé au succès de la maison qui l’emploie.
Le développement de la navigation aérienne crée dès le début du 20ème siècle des besoins de pièces de précision à bord des avions et des dirigeables qui traversent les océans ou survolent le pôle Nord dès 1926. Les instruments sont soumis à rude épreuve et la fiabilité des pièces produites par Longines est saluée de tous côtés. C’est l’âge d’or de ces pièces pour lesquels les bureaux d’études donnent une grande énergie créative. Le chronométrage des compétitions sportives dans lequel Longines est omniprésent nourrira par ailleurs les objectifs d’extrême précision.
Les anglages très soignés du calibre 24-9
La raquette exceptionnelle du calibre 24-9 LonginesLes techniques électriques de gestion de la mesure du temps et celle liées à la radio et à la transmission des données horaires par voie hertzienne fiabilisent la circulation des bateaux et les chronomètres de marines sont remplacés par des chronomètres de bord, sorte de montres de poche servant de référence de données de l’heure à bord. L’avènement du quartz et des technologies électroniques enverra au rang de pièces de collection ces merveilles de la production horlogère qui conservent la part de rêve des amateurs et collectionneurs qui se les disputent.
Des années 40 aux années 60, toutes les grandes manufactures comprennent et tirent partie de l’image positive dégagée par les chronomètres de marine et la notion d’heure de référence qu’elle emporte. On voit alors apparaître dans les vitrines des détaillants les plus efficaces, des chronomètres de luxe non destinés à la vente mais proposés à la vue des clients pour leur donner l’heure exacte en associant celle-ci à la marque qui fait ainsi sa réclame sur le lieu de vente. Montés sur une plaque de bois, ou installés dans un coffret, les plus luxueux de ces chronomètres de prestige sont assemblés par Longines dans des conditions identiques à celles des chronomètres de marine.Ces pièces déclinées en très petite quantité sont dans les années 50, dotées d’un mouvement de 24 lignes, créé par Longines en 1908. Produit plus de 50 années durant, le mouvement a bien sur évolué pour atteindre à la fin des années 50, la plus aboutie de ses finitions.
Le choix du calibre n’est pas dû au hasard car c’est avant tout pour montrer son aptitude à faire des chronomètres et répondre à une demande notamment militaire que Longines a conçu ce mouvement de haute précision.
Equipant la montre « Torpedo Boat Watch » de l’armée Américaine, le calibre fut produit en toutes petites séries livrées par volumes de 18 à 72 jusqu’à la première guerre mondiale puis quelques 132 exemplaires pendant celle-ci. Les premiers modèles furent dorés de manière si efficace qu’ils apparaissent comme neufs, un siècle plus tard, avec leur coussinets en rubis et leurs chatons en or vissés.
On en retrouve une soixantaine à la fin des années 1910 et dans les années 20 dont plusieurs offrent à Longines des 1ers prix de chronométrie des concours de l’Observatoire de Neuchâtel dans la catégorie des chronomètres de bord.
La version des années 50 du mouvement est rhodiée et décorée. La pièce est pourvue d’un régulateur en colimaçon garant d’un réglage fin optimum. Ce système équipe les mouvements Longines destinés à la haute précision. Muni de 17 rubis comme la version initiale de 1908, il a été amélioré et se trouve pourvu d’un dispositif d’arrêt du balancier qui permet un réglage à la seconde en faisant redémarrer le mouvement à un instant précis en regard d’un régulateur, par exemple.
On peine à imaginer que ces versions ultimes n’aient eu d’autres débouchés que les pièces de vitrine fussent-elles prestigieuses. Il est vrai que par sa construction, le chronomètre de bord monté sur cardans dans sa boite en acajou a toutes les caractéristiques d’un bon chronomètre assez fiable pour être emporté en mer. Vendue en octobre 1956 à la « Nederlandische Horlogehandel », une société se chargeant de commercialiser des garde-temps aux Pays-Bas, la pièce a probablement suivi un temps sa destination promotionnelle initiale. Il est évidemment difficile d’établir à quelle date elle trouva de nouvelles lettres de noblesse en embarquant à bord du bateau qui lui fit traverser les océans. On pourrait dater cet évènement des dix derniers jours de janvier 1959. Sans doute entre les mains d’un passionné, aventurier des mers qui a voulu offrir à son navire la pièce de bord de mesure du temps adaptée à son rêve et son souci d’évasion, ce chronomètre numéro 9256164 conserve dans sa mémoire la houle du vague à l’âme du marin solitaire.
Le navire s’est en 2008 égaré quelque part en Méditerranée, le marin amoureux a laissé bateau et instruments à ceux qui derrière lui vivront à leur tour, aventures et passions et iront au bout leurs idées avec le courage qui donne à l’homme la grandeur de dominer sa vie et son temps.Droits réservés – Forumamontres décembre 2011- Joël Jidet__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2017 à 18h37 #420003575001ZEN
MembreLa montre est de bon diamètre, ce n’est pas une Flagship comme on est habitué à y retrouver ce calibre mais une montre sans nom dans une boite en or signée Longines.

Le calibre est automatique avec une masse excentrée montée sur un axe et doté d’une crémaillère.

Doté de 17 rubis, son remontage est d’une singulière efficacité

Historiquement, le 345 est un calibre marqué dans l’histoire de Longines par la recherche ultime de standardisation et d’interchangeabilité des pièces. Ce calibre autorise la fabrication de montres plates et modernes. La Flagship en fut tout particulièrement équipée .
La fiche technique
Début de fabrication – 1965 famille des 340 apparus dans les années 1960/1961
Fréquence : 19800 alternances par heure
Diamètre : 12 lignes (27 mm)
Hauteur : 5,1mm
Pierres : 17 rubis
Echappement : ancre ligne droite
Balancier : annulaire sans vis
Spiral : autocompensateur réglage plat
Raquette et piton : raquette à régulateur excentrique, coqueret antichoc, porte piton mobile, piton triangulaire
Masse : masse oscillante excentrée avec engrenage intérieur amagnétique__________________________________
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