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ZEN, le il y a 8 années.
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15 octobre 2018 à 20h01 #410000135258
ZEN
MembreLa marque résonne dans nos mémoires comme celle des montres de communion des années 1950 ou 1960. Plus encore LIP fut l’une de ces grandes marques populaires qui ont contribué comme Omega, Longines ou Zenith à cette conquête sociale de la détention individuelle de l’heure juste. Le mouvement à ancre a amené au milieu du 19ème siècle dans un élan d’industrialisation du secteur horloger, ce complément technique qui faisait auparavant défaut pour favoriser une heure juste à la portée de tous. LIP est alors un symbole de réussite industrielle.
Le début des années 1970 reste marqué du conflit social des LIP, quand la maison étouffée par les déficits et maintenue artificiellement à flots par des subventions publiques contestables, a connu ses derniers soubresauts avant de s’effondrer. LIP est alors devenu un symbole social avec une tentative de putsch ouvrier très médiatique. Le tort de LIP au delà des erreurs de gestion de Fred Lipmann fut d’être du mauvais côté de la frontière, celui où la flexibilité est un tabou social et où les aides publiques finissent par rendre paresseux l’esprit d’innovation.
Le retour de LIP dans les années 1990 et au début des années 2000 fit de la marque un accessoire cadeau gratuit lors d’abonnement à des journaux, un sous-produit dramatiquement bradé exploitant les derniers souvenirs populaires de la marque. LIP est alors le symbole du bon vieux temps retrouvé au poignet de personnes âgées abonnées aux magazines en voie d’extinction. Le statut de marque montres de vieux ne va pourtant pas handicaper les nouveaux propriétaires de LIP et après la période « Sensemat » du nom d’un homme d’affaires égaré en politique, la marque a retrouvé avec SMB le chemin d’une maison qui profite de l’intérêt nouveau pour les montres mécaniques.
Les modèles emblématiques ne manquent pas chez Lip. La montre de plongée Lip Nautic Ski est sans doute le symbole le plus repérable chez les amateurs de montres, un modèle dont il ne fallait pas rater la réédition. LIP s’y est pris en deux temps d’abord en ratant l’étanchéité mais en réussissant la partie esthétique puis en ratant la boite à force de vouloir imposer un fond transparent s’ouvrant sur un calibre basique alors que la version originelle avait un fond plein et en ratant le vissage des couronnes ajusté à « la va comme je te pousse » pour réduire à minima le coût de fabrication (en Chine). Lip veut alors faire renaître des mouvements de la grande époque. Un souhait louable car les horlogers amateurs de vintage louaient ces calibres mais ils le faisaient à une époque où d’autres mouvements n’existaient pas. Un Eta de 2018 surpasse de fait ces vieux calibres qui remontent mal, sont précis mais pas sur l’intégralité du champ du ressort de barillet et comportent les défauts de leur âge c’est à dire des temps de services longs liés à des architectures d’un autre temps. Lip est aujourd’hui avec Yema le symbole des marques historiques françaises de Besançon relancée avec succès. Yema a en plus le choix de la qualité des mouvements qui fait défaut chez LIP.
LIP a aujourd’hui une marge de progrès considérable pour d’une part faire oublier son image de montre gratuite très ancrée dans les esprits. Il faudrait beaucoup y réfléchir. D’autre part, l’amélioration du contrôle qualité est un souci majeur de la maison qui consciente des défauts de ses modèles abandonne ses clients à leurs ennuis. LIP est pour le client devenue la fausse bonne idée néo-vintage. Celle qui donne plaisir lors de l’achat et déçoit quelques minutes après quand on dévisse une couronne pour mettre sa montre à la date ou à l’heure.
Lip fait partie des ces anciennes marques qui à force de se comporter comme de nouvelles marques finissent par ne ressembler à rien. La montre du GIGN ferait sourire tant le modèle pathétique ne ressemble à rien de sérieux. Par contre, la montre patrouille de France est une « bonne opération » mais elle n’est pas exploitée sous le nom de LIP. LIP a besoin d’apprendre à communiquer avec du sens et pas avec des blogueurs qui la servent comme une nouvelle marque car c’est bien sur son ADN que LIP doit s’appuyer pour innover, créer et regarder son futur. Le travail n’est pas fait correctement et la marque pourrait s’abimer durablement si elle ne se reprend pas. LIP a de l’avenir mais pas sans porter son histoire de manière dynamique et travaillée de façon moderne.
A suivre
15 octobre 2018 à 20h26 #420003965735Jicé
MembreSans être spécialiste de l’histoire de la marque, je trouve également que LIP se fourvoie depuis plusieurs décennies.
D’une production horlogère populaire, mais bien assise dans le paysage français, elle a suivit des chemins douteux, à subir les aléas et opportunités financiers ou industriels et non à revisiter ses fondamentaux pour définir une stratégie à long terme.
Résultat : du très très moyen.
Le revival de la marque – de mon point de vue non dénué d’intérêt ces 15 dernières années, et avant la Nautic-Ski – fut les « rééditions » des Roger Talon et des Baschmakoff : à l’apogée de la marque, avant sa chute.
…
15 octobre 2018 à 21h54 #420003965736jff66
MembreVient de sortir sur le sujet : Pourquoi ils ont tué Lip?
http://www.raisonsdagir-editions.org/catalogue/pourquoi-ont-ils-tue-lip/
16 octobre 2018 à 2h54 #420003965737DON
MembreIl existe toujours l’ancien Lip et le nouveau Lip. Le nouveau Lip a connu les abysses avec la période des montres gratuites en échange d’un abonnement à l’Express par exemple, je m’en souviens très bien, c’était vraiment horrible.
Le nouveau Lip a néanmoins progressé depuis, des changements importants, notamment dans le management, conduisent à un développement dans le bon sens. Il faut tout de même rappeler que la marque part de loin et avec des effectifs bien moindre par rapport à la grande époque. Ces efforts sont louables et il existe effectivement une marge de progression.
J’ai regardé évoluer l’offre du nouveau Lip sur plusieurs périodes et des changements appréciables sont à noter.
Points positifs :
– Diffusion progressive dans les collections du verre saphir
– Progression de la part des montres mécaniques par rapport à l’offre globale de la marque
– Diminution de la part des montres mécaniques type Open Heart ou Squelettes qui ne me semblaient pas très esthétiques et retour des cadrans plus classiques
– Légère décoration du mouvement (cela reste basique néanmoins)
– Pas d’augmentation de prix trop importante malgré l’intégration de toutes ces améliorationsCela se traduit par exemple par l’arrivée de modèles que je trouve pour ma part corrects comme celui-là :

(il faut enlever tout de même la mention « verre saphir » en haut du cadran)Par rapport à ton expérience de la couronne trop dure à remonter, j’ai demandé ce qu’il en est aujourd’hui et le défaut a été identifié et, d’après le responsable de Lip (je lui ai posé des questions là-dessus il y a quelques semaines), il semble corrigé dorénavant. Pour ma part, j’ai essayé sur 3 modèles de Lip Nautic Ski différents en boutique et je n’ai pas eu ce problème ce qui laisse supposer que le problème est traité.

(Et l’analyse moléculaire montre qu’il ne s’agit pas de la même chemise)Maintenant, comme le dit ZEN, il y a une marge de progression pour Lip :
– Continuer à nettoyer les collections et remplacer les modèles les moins réussis
– Proposer le fond plein au lieu du fond apparent (peu d’intérêt à voir un mouvement mécanique très basique)
– Retirer la mention « verre saphir » en haut du cadran qui ne sert strictement à rien
– Commencer à proposer des mouvements mécaniques dans une gamme un peu plus haute afin de répondre à une demande qui est appelée à évoluer (prendre des ETA auprès de fournisseurs tiers) avant de proposer à nouveau un calibre maison comme le R23Je pense qu’il nous appartient de suivre le développement de la marque en critiquant ce qui ne va pas mais aussi en proposant des axes d’amélioration et en notant ce qui s’améliore dans leur offre.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w16 octobre 2018 à 3h32 #420003965738JJLH
MembrePas assez « vieil » amateur pour avoir connu les années glorieuses de la maison mais plutôt de la génération « montre de pub » LIP quand j’ai commencé à m’intéresser à l’horlogerie. Pour cette raison, la manufacture, le logo et tout le reste me laissent de marbre…
16 octobre 2018 à 19h41 #420003965739ZEN
MembreLes effectifs sont sans doute moindres mais il faudrait intégrer les « ressources » asiatiques pour faire une comparaison totale.
Ce qui me gène avec LIP n’est pas tant une créativité quasi limitée à reproduire des produits anciens que la connaissance des défauts des produits et malgré tout leur mise en vente sans un pas vers le client pour lui offrir des solutions.Si l’on compare avec Yema qui a écouté ses clients sur les petits défauts mineurs de couleur des aiguilles et LIP qui ne fait rien pour un défaut majeur de revissage de couronne, on mesure le chemin qui n’est pas parcouru. Le problème serait traité si les clients des modèles défaillants voyaient leurs boites ou montres échangées.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
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