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28 octobre 2009 à 10h06 #410000049329
Jicé
MembreBonjour à tous chers amis forumeurs,
A mon chevet, j’ai actuellement, comme livre du même nom, un ouvrage collectif "LIP 73".
Edité en 1973 dans la collection Combats au Seuil, il est signé par 9 syndicalistes CFDT et évoque l’engagement des salariés de LIP lors des tensions sociales qui ont animé l’entreprise cette même année avant les dépôts de bilans successifs.
Etant presque à la moitié du livre, je ne parviens pas à parfaitement comprendre la thèse des auteurs.
Contexte :
1967 : Ebauche SA prend une participation dans la société LIP ; cette participation augmente en 1970 pour atteindre 43% du capital. 1970 : l’entreprise va mal, année du premier résultat négatif de presque 11 millions de Fr. 1973 : tensions sociales dans l’entreprise.
Thèses :
Thèse 1 :
Le combat mené par les salarié est exemplaire et novateur (je résume le livre) car, soucieux de la pérennité de leur entreprise et de la marque, et plutôt que de baisser la tête et subir les licenciements et assister impuissant à la fin de l’entreprise, ils ont cherché à imaginer d’autres mode de gestion (ce qui conduira plus tard à la coopérative).
Pour parvenir à cela, ils ont d’abord cherché à maîtriser l’information quant a la gestion de LIP et ce, autant qu’une direction maîtrise l’information ; c’est leur première thèse : c’est l’information qui fait le pouvoir et qui permet de se déterminer. Jusque là OK.
Thèse 2 :
Sur l’origine de la dégringolade de LIP, je trouve que le livre, à ce stade de ma lecture, n’est pas clair ; je veux dire que les auteurs ne semblent pas vouloir se déterminer.
Leur thèse à ce sujet est que Ebauche SA est entré au capital de LIP pour constituer à terme, une entreprise de taille européenne, consolider son outil industriel et être capable de faire face aux offensive américaines et japonaises.
Pour cela, Ebauche SA souhaite se défaire de la branche armement et machine outil.
Les auteurs prétendent donc que si LIP connaît des tensions sociales en 1973, c’est parce que les salariés ont compris qu’Ebauche SA a racheté LIP pour la démanteler et ne garder que la substantifique moelle.
Pour autant, les auteurs du livre ne semblent pas démentir les raisons de la mauvaise situation économique de LIP avancées par la direction et qui la pousse à licencier et à se défaire de certaines activités : à savoir que les grèves de 1968 ont été catastrophiques pour les charges d’une part, et que l’achat d’une entreprise de machine outil a elle aussi alourdi les charges d’autre part (à noter le CA en augmentation quasi constante).
Résumé :
Dans un conflit dû, soit au projet de démantèlement d’un outil de travail, soit à une situation économique difficile consécutive aux grèves antérieures, les salariés souhaitent prendre en main la destinée de l’entreprise et pour cela, cherchent à maîtriser l’information économique de l’entreprise.
Voilà ou j’en suis actuellement de ma lecture de LIP 73.
Y a-t-il parmi vous des anciens LIP pour témoigner de cette période ?
28 octobre 2009 à 10h46 #420000835502Invité
Membre– la branche machine outil a priori a pesé sur LIP, mais la branche montres dégageait assez peu de bénef’.
– le pb de Lip était aussi vu par la branche horlogère à l’époque comme une taille critique insuffisante (prod’) au vu de sa stratégie d’intégration, en concurrence avec des établisseurs suisses, ou très éventuellement Tissot intégré à la SSIH, p ex, alors que ses produits n’étaient pas dans la gamme Omega ou longines…
(lip s’est aussi pas mal fourni à l’extérieur, Durowe…)
+ erreurs dans les produits/ R&D (Bulova, Hamilton et Lip, qui ont beaucoup investi dans la montre électrique pré/hors quartz, ont tous quasi disparu dans les années 70…)
– la présence/montée suisse au capital des entreprise de l’horlogerie en FComté était vu, pas seulement pour Lip, comme une stratégie de "contrôle" d’un concurrent par les suisses… (et ça n’était pas forcément inexact…).
Par ailleurs, il ne faut pas réduire l’horlogerie française à lip, loin de là, le vrai choc a peut-être plutôt été plus tard, l’effondrement de matra-horlogerie.
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