FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › L’industrie horlogère aurait tort de ne miser que sur leluxe
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ZEN, le il y a 20 années et 6 mois.
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5 avril 2006 à 10h52 #410000005549
ZEN
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- «Alors, comment vous la trouvez,
notre Cité du Temps? Elle est incroyable, n’est-ce pas?» Trois ans après avoir pris la direction générale de Swatch Group, Nick Hayek n’a rien perdu de son enthousiasme pour l’horlogerie. Et la passion fait faire des miracles: en 2005, le premier groupe horloger mondial s’est fendu du meilleur résultat de son histoire.Swatch Group vient de réaliser un résultat record qui devrait être battu en 2006. La Foire de Bâle n’est pas encore terminée et l’on dit déjà que vous vous êtes taillé la part du lion. Rien ne peut vous arrêter?
Pourquoi s’arrêter? Notre but n’est pas de faire de bons résultats pour plaire aux analystes financiers. Notre objectif a toujours été de réaliser une croissance saine. C’est important car cela permet de créer des postes de travail, de nouveaux produits, d’investir dans l’outil de production.
Depuis quelques années, l’industrie horlogère mise énormément sur le secteur du luxe. N’est-ce pas risqué?
Très risqué. Elle aurait tort de ne miser que sur le haut de gamme. Certes, plus le prix d’une montre est élevé, plus la marge est intéressante. Mais comme beaucoup de secteurs, l’horlogerie est cyclique. Ce qui est recherché aujourd’hui le sera peut-être moins demain. Les seules marques qui résisteront seront celles qui bénéficient d’un très bon savoir-faire et d’une histoire. Il ne suffit pas de mettre de l’or et des diamants dans une montre pour assurer son succès à long terme, il faut une vraie base industrielle.
Les montres dites bas de gamme sont-elles encore rentables?
En raison de la concurrence, les marges sont très réduites, mais oui, elles le sont. Tissot fait par exemple un profit que certaines marques luxueuses qui n’appartiennent pas au Swatch Group lui envient. Depuis toujours, nous nous appliquons à être équilibrés et à posséder une marque leader ou potentiellement leader sur chaque segment. C’est un point crucial de notre stratégie. Aujourd’hui, Swatch reste leader mondial des montres peu chères, Tissot numéro un dans le moyen de gamme, Omega occupe avec Rolex le terrain du haut de gamme, tandis que Breguet et Patek Philippe dominent le segment prestige. Nous sommes partout.
Mais la concurrence chinoise est féroce…
Oui, mais nous avons préparé une contre-offensive. L’une de nos sociétés, Endura, est spécialisée dans les labels «made in China» et «made in Japan». Elle a signé un accord de licence avec les vêtements Mango et la marque Timberland. Les montres produites seront asiatiques. C’est une façon d’attaquer la concurrence sur son terrain, tout en protégeant notre «swiss made». Les premiers résultats sont très encourageants…«Genève? Une ville incroyable et magique!»
Quelles marques ont le plus de succès cette année?La croissance va certainement continuer: dans le segment haut de gamme surtout avec Omega, et dans le prestige avec Breguet bien sûr, et Blancpain. Si nous avons autant de succès, c’est certainement aussi parce que nous jouissons d’une présence sur l’ensemble des marchés depuis plusieurs années. Nos marques sont donc très bien établies même dans les nouveaux marchés comme la Chine ou l’Inde.
A Genève, vous inaugurez jeudi la boutique Breguet. Les spécialistes estiment à 400 millions le chiffre d’affaires de la marque. Quel est son potentiel?
Enorme! Aujourd’hui, la demande dépasse très nettement notre capacité de production. Pour certains modèles, le délai d’attente dépasse une année. Nous investissons aussi énormément dans la recherche et le développement. Les nouveautés que nous préparons sont incroyables!
Je veux encore souligner que Breguet s’engage aussi dans la préservation du patrimoine historique, en soutenant par exemple la restauration du Petit Trianon de Versailles. A l’origine, Breguet était le fournisseur horloger des grandes cours! Il faut penser à transmettre cette histoire, cela tient très à cœur à mon père qui fait un travail fabuleux sur Breguet.
C’est pour cette raison que vous avez créé la Cité du Temps?
Aussi. Il s’agit en quelque sorte d’un musée, mais aussi d’un endroit de rencontre et de découverte. Bien sûr, il y aura de l’horlogerie. L’un de nos points forts sera l’exposition de notre collection de montres Swatch. Cela passionnera sûrement beaucoup de jeunes! Elle est unique au monde. Nous exposerons aussi en première mondiale le savoir-faire de Nivarox-FAR, l’une de nos sociétés experte en nanomécanique. Régulièrement, nous organiserons également des conférences, des rencontres qui n’ont pas forcément toujours un lien avec le Swatch Group.
Pourquoi avoir choisi Genève?
La Cité du Temps est installée au Pont de la Machine, au cœur de Genève, un endroit magique. Par définition, avec ses organisations internationales, Genève est un lieu de rencontre, un symbole de communication. C’est aussi un centre culturel extraordinaire! La Cité du Temps s’inscrit parfaitement dans cette démarche.
Tribune de Genève – Interview FLORENCE NOËL
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