Les stars choisissent Chopard

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    ZEN
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    Les stars choisissent Chopard»

    A quelques jours du Salon mondial de la bijouterie et de l’horlogerie, rencontre avec Caroline Gruosi-Scheufele, coprésidente de la maison Chopard.

    Juste à l’instant, nous avons échangé une poignée de mains. N’aurais-je pas dû plutôt vous faire un baisemain?

    Non, non, c’était très bien comme ça! (Rires)

    L’acteur Michael Douglas use du baisemain, lui!

    Ça m’a beaucoup impressionnée! Du prince Charles, on s’y attend parce que c’est l’étiquette de la cour royale… Mais venant d’un acteur de Hollywood, c’est assez surprenant.

    Quel regard portez-vous sur la jet-set internationale?

    Si vous parlez des acteurs ou des chanteurs, ils ont réussi dans leur métier et on les regarde avec admiration. Pourtant, ils restent simples. J’ai vu Gong Li en jean, assise sur une table, manger des spaghettis. Elton John, lui, n’aime pas trop s’exposer. Il est heureux lorsqu’il s’adonne à sa passion, la musique.

    Vos relations avec les VIP servent le marketing glamour de Chopard.

    De magnifiques actrices avec des magnifiques parures… Ces deux mondes vont très bien ensemble!

    D’où votre partenariat avec le Festival de Cannes et votre présence aux Oscars…

    Nous sommes partenaire officiel du Festival depuis neuf ans maintenant. Nous produisons la Palme d’or, un grand honneur pour une maison suisse…

    Et un sacré coup de pub!

    Ça s’est fait naturellement, sans de grandes études stratégiques… Chopard ne fonctionne pas comme ça, ni dans la création ni dans la communication. Il y a deux mots que mon père déteste: consultant et étude de marché.

    Son téléphone portable sonne. Elle répond, puis confie l’appareil à son assistante.

    C’était Michael Douglas?

    (Rires) Non, c’était un mannequin.

    On a vu Elton John passer une bague Chopard au doigt de David Furnish, Madonna porter vos bijoux lors des Grammy Awards, tout comme Sharon Stone dans Basic Instinct 2… Vous êtes partout où ça flashe!

    Ces personnalités nous connaissent et apprécient nos créations. C’est Madonna qui nous a approchés et non l’inverse. Je crois qu’avant tout elles aiment nos produits. Sinon, elles ne nous les demanderaient pas. Les stars choisissent Chopard et c’est ça qui est le plus important pour moi!

    Que coûtent ces deals?

    Ça dépend de quoi on parle. Quand on fait une campagne de publicité avec Eva Herzigova, il y a un contrat et un cachet. En revanche, quand des actrices montent les marches à Cannes parées de nos bijoux, il n’y a pas de contreparties. On les remercie avec un cadeau, avec des fleur. Si une star aime vraiment la montre qu’elle a portée, il arrive qu’on la lui offre. Ça s’arrête là! Et quand nos produits figurent dans un film comme Basic Instinct 2, il y a des accords financiers avec la production.

    Quel impact ont ces images sur votre marque?

    C’est une autre manière de communiquer avec notre clientèle. Parce que justement la marque et les produits deviennent vivants. Un bijou porté par Salma Hayek ou Sharon Stone est beaucoup plus beau que présenté dans une vitrine ou un magazine.

    Stars et paillettes attirent plus sûrement les médias que montres et bijoux!

    Non, il y a aussi la presse spécialisée, que l’on va rencontrer à Bâle tout bientôt.

    Comment allez-vous vous démarquer de la concurrence à Bâle?

    Le premier soir, nous organisons une preview de Basic Instinct 2 pour nos clients et les journalistes. On les rencontre ainsi dans une atmosphère plus détendue que durant la journée, qui est toujours un marathon. Sinon, chaque soir, il y a nos «Happy hours». Les clients passent prendre un verre et manger un petit quelque chose dans une ambiance décontractée.

    Vous présenterez aussi de nouveaux produits.

    Oui, et c’est pour ça que je suis sous stress. On a relooké la «Happy sport» classique. On a aussi beaucoup de nouveautés dans les bijoux, notamment dans la collection «Happy diamonds» qui fête ses trente ans cette année. On va faire également beaucoup autour du dixième anniversaire de notre manufacture de Fleurier qui produit nos propres mouvements mécaniques.

    C’est une année importante!

    Chaque année est importante. 2005 était excellente. La barre est donc placée très haut… C’est motivant et passionnant!

    Verra-t-on sur votre stand Eva Herzigova, l’ambassadrice de Chopard?

    Non, pas cette année.

    Bâle ne sera donc pas très glamour…

    Si, si, très glamour parce que nos produits sont très glamour!

    Vous êtes de toutes les manifestations. Où trouvez-vous encore le temps d’assumer la coprésidence de Chopard, de créer, de voyager…?

    Je travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C’est comme ça que je trouve le temps.

    Vous ne dormez jamais!

    Très peu. Mes luxes, c’est de dormir un samedi matin jusqu’à 11 heures ou d’aller voir un bon film au cinéma. Mais c’est assez rare. Je ne compte pas mes heures. Mon travail, c’est ma passion. Je prends une semaine de vacances par an et aussi quelques week-ends…

    Votre vie, vous la définissez d’ailleurs comme un compromis.

    Oui, entre mes différents rôles: cheffe d’entreprise, créatrice, fille, épouse, amie des stars, figure pour la presse… Mais je crois qu’il faut être femme avant tout. Mon mari, à moitié Italien et à moitié Libanais, me laisse faire ce que je veux pour autant que la maison soit en ordre.

    Pour ça, vous avez du personnel, non?

    Oui, mais le personnel de maison, il faut le gérer, tâche dont je m’occupe également.

    Qui dit compromis, dit concessions. A quoi avez-vous renoncé?

    A des hobbies sportifs, le ski notamment. Et je ne vois pas suffisamment mes amis.

    Vous n’avez pas le sentiment d’avoir sacrifié vos rêves de fillette sur l’autel de l’entreprise familiale.

    Non. Je réalise mon rêve. Du moins, la plupart du temps… Ni mon frère ni moi n’étions obligés de travailler dans l’entreprise familiale. Nous avons pris notre décision librement.

    Si un jour vous avez des enfants, vous souhaiteriez qu’ils marchent sur vos traces…

    Pas nécessairement. A mon avis, chacun doit choisir ce qu’il veut faire et aimer ce qu’il fait. Je n’imposerai rien à mes enfants.

    Travailler avec ses parents, avec son frère aîné, avec son mari, c’est comment?

    Difficile de répondre parce que je ne connais pas autre chose. C’est souvent très émotionnel. Sans doute plus que dans une entreprise classique. On est une famille très soudée. On habite très près les uns des autres et les grandes décisions sont toujours prises en famille.

    C’est supportable?

    Ça ne s’arrête jamais. Quand je vais voir mes parents un dimanche, on finit toujours par parler de Chopard. Et maintenant, mon mari travaille dans la même branche et me parle des mêmes choses. Quelquefois, je me dis que j’aurais dû épouser un médecin, un avocat, ou un musicien! (Rires)

    Et avec votre grand frère Karl-Friedrich, comment ça se passe?

    On possède des caractères très différents. Lui est plus calme, plus posé que moi. Petite, j’étais un peu l’enfant terrible. Il construisait pendant des heures des tours en Lego, j’arrivais et je les détruisais. Il avait aussi une petite voiture que j’ai repeinte parce que je n’aimais pas la couleur. Enfin, plein de choses! Maintenant, ça va très bien entre nous. On est très proches, comme les deux doigts de la main.

    Vous ne vous amusez donc pas à repeindre ses voitures de collection.

    Non, non, je n’oserais pas. Je crois qu’il le prendrait très mal. (Rires)

    Qu’est-ce qui vous fait lever le matin? Qu’est-ce qui vous pousse à donner autant de votre personne pour Chopard?

    C’est ce logo-là (elle pointe son doigt sur le cadran de sa montre) qui me fait lever le matin. C’est un challenge avec moi-même. Quand j’ai commencé ici, on ne faisait pas de bijoux. Chopard était une maison de montres. Donc, tout ce qui est joaillerie a démarré un peu grâce à moi. Bon, j’ai parfois de la peine à me lever. Je suis tellement bien dans mes coussins… Ce sont alors mes chiens qui me réveillent et me poussent à sortir du lit.

    Entre vous et Chopard, c’est une histoire qui va donc encore durer.

    Ce n’est pas fini… Il y a encore des chapitres à écrire.

    Bio express
    Issue d’une dynastie d’orfèvres et d’horlogers de Pforzheim en Allemagne, Caroline Gruosi-Scheufele voit le jour le 14 décembre 1961. En 1963, la famille rachète la maison Chopard et s’établit à Genève. Après avoir étudié le dessin et la gemmologie en Allemagne, Caroline intègre à 19 ans l’entreprise familiale, devenue l’un des fleurons du luxe en Suisse. Mariée à Fawaz Gruosi (la marque de Grisogno, c’est lui!), elle partage aujourd’hui la présidence de Chopard avec son frère Karl-Friedrich.

    Chopard en chiffres
    3 sites de production: Genève, Fleurier et Pforzheim, en Allemagne.

    Plus de 90 boutiques et environ 1400 collaborateurs à travers le monde.

    Quelque 70 000 bijoux et autant de montres fabriqués par an.

    Un chiffre d’affaires 2005 approchant les 600 millions de francs.

    Une fortune – celle de la famille Scheufele – estimée entre 1 et 1,5 milliard de francs suisses

    Migros Magazine – Propos recueillis par Alain Portner – 28 mars 2006

    http://www.migrosmagazine.ch

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