Et si on parlait un peu des sixties?
C’est la dernière décennie pour laquelle on peut encore parler de « long fleuve tranquille » pour l’horlogerie. Tout ronronne, en Suisse mais aussi en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux USA, traditionnels pays horlogers.
La Russie et la Chine sont de lointains vassaux suisses, à qui on vend des chaînes de fabrication dépassées (par exemple Venus 150 à la Russie; Venus 175 à la Chine), sans comprendre qu’on fait ainsi des transferts de technologie et qu’on crée de futurs concurrents. Ce mouvement s’amplifiera dans les années soixante-dix.
Pourtant, au Pays du Soleil Levant, « ça bouge ». Seiko produit d’excellents mouvements mécaniques, certifiés par le COSC (!) qui a alors une antenne au Japon. Participant « toléré » des concours de chronométrie, la firme japonaise aura même le manque de savoir-vivre de les remporter (quel toupet!) ce qui provoquera la fin de ces concours.
Dans le domaine des « montres de Monsieur Tout Le Monde », c’est Longines qui imposera sa précision avec son Ultra-Chron, donnée pour +/- 1 minute… par mois grâce à ses 36000 alternances par heure (l’aiguille des secondes bat 10 fois par seconde)!
Mais l’équivalent en horlogerie de la bombe atomique s’apprête à exploser: à la fin de la décennie Seiko commercialise la première montre à quartz, l’Astron.
Alors, voici quelques montres issues de ces années d’insouciance, avant le cataclysme des années 70, qui précipitera vers l’oubli des dizaines de manufactures et des centaines de marques…
Longines Flagship:

Longines Ultra-Chron:

Omega Constellation:

Terval à remontage manuel (boîtier « compressor »):

Alpina 10 Seastrong (boîtier « super-compressor »):


Alors, à vos sixties!