FORUMAMONTRES › Forums › Forum ZENITH Forum Officiel Francophone › Les premiers chronographes Zenith et les expériences secrétes de la manufacture
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Treizin, le il y a 14 années et 11 mois.
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3 décembre 2011 à 16h55 #410000078241
ZEN
MembreExclusif ! Le travail secret de Charles Rosat sur les balanciers des montres ZenithOn est en 1913, Zenith vient de faire venir en son sein Charles Rosat qui deviendra Directeur des ateliers que Zenith détient à Boudry. Charles Rosat antérieurement régleur et chef d’atelier chez Jaeger LeCoultre est un horloger brillant qui fait des recherches sur la précision autant au plan des matérieux nouveaux qui peuvent la favoriser que sur des modes d’énergie nouveaux comme l’électricité pour les pendules.
Créateur d’une raquette qu’il a brevetée et posera sur quelques pièces Zenith, Rosat s’illustre par des recherches sur l’Invar et l’Elinvar, alliages peu sensibles aux variations de température et donc peu déformables pour cette raison. Ces matériaux furent et sont toujours d’une grande utilité dans l’horlogerie. Ils permirent de concevoir des balanciers et des spiraux et donc intéressèrent directement la précision des pièces.
Charles RosatRosat travaillait un peu en solitaire, à heures perdues tout en faisant profiter Zenith de ses découvertes. En 1915 et pour longtemps encore, le meilleur moyen de fabriquer un balancier précis est de recourir à un système bimétallique, coupé avec des vis de compensation et une raquette de qualité pour le réglage fin. Zenith a recours pour ses raquettes à un système breveté en 1903 dont la manufacture s’est garantie l’exclusivité. Le système repose sur un disque excentrique et une flèche courbe poussée par une vis micrométrique avec un ressort de contrefort.
Rosat qui excelle d’inventivité sur les raquettes se dit qu’il faudrait trouver le moyen de produire un balancier non coupé et donc plus facile à fabriquer de manière industrielle et dans un premier temps d’y maintenir des vis de compensation puis à terme de les supprimer purement et simplement. L’idée du balancier sans vis n’est pas nouvelle par elle-même puisque les montres à cylindre, très souvent, comportaient des balanciers en laiton non coupé sans vis. Toutefois, ces montres étaient aléatoirement précises et les montres à ancre ne pouvaient se satisfaire d’un composant aussi instable.
Les recherches de Charles Rosat sont donc de la plus grande importance car elles visent à faire évoluer une production industrielle dans le sens d’une qualité meilleure avec des garanties de fabrication en volume et donc de dupliquer la précision et la rendre accessible à tous en réduisant les coûts de fabrication. Selon Rosat, il faut réussir à supprimer le balancier coupé. Les coupures du balancier visent à en laisser « libre » la déformation due aux écarts de température. Grâce aux coupures, la variation en longueur des matériaux est mieux controlée ceci d’autant que le recours à deux métaux soudés l’un sur l’autre, métaux de composition différente, réduit cette variation de forme. Rosat voit dans l’Invar et l’Elinvar une solution onéreuse au plan du prix de revient du matériaux mais économique au plan des interventions de main d’oeuvre si les balanciers sont monoblocs et d’un seul composant.
Après des mois d’essais et de tentatives, il aboutit en 1917 à une solution alternative au balancier coupé. Charles Rosat réussit en effet à fabriquer un balancier non coupé en Elinvar. Mieux, il réussit à le produire avec les outillages de la manufacture et à fiabiliser son invention en donnant aux pièces qu’il équipe une précision chronométrique. Loin de se contenter de produire une montre tenant l’heure dans de bonnes conditions, il lui faut, perfectionniste dans l’âme, démontrer que les résultats obtenus sont performants. Sans doute équipe-t-il quelques montres de poches mais à ce jour aucune n’est connue. En revanche, il va équiper de son invention une douzaine de chronographes (deux boites de six pièces). Ces pièces sont marquées au sein des cahiers de la manufacture, de la mention « chronomètre spécial ». A Boudry, en 1917, les ateliers fabriquent des chronographes de poche, pièces un peu plus complexes que les classiques montres et les ateliers de Boudry sont réputés pour avoir en leur sein d’excellents horlogers et techniciens. Le choix de faire des chronographes ayant la qualité de chronomètres est à l’époque assez osé car peu de chronographes réussissent cette performance que Zenith dépasse pourtant. Son calibre de chronographe 19 CHRO est sans conteste l’un des meilleurs de l’époque avec celui de Longines.
Rosat réussit son pari. pourtant la manufacture ne va pas réserver une suite industrielle immédiate à cette invention qui reviendra bien plus tard révolutionner l’horlogerie dans les mouvements de montres bracelets. Zenith oppose à l’industrialisation de ce balancier son coût de revient élevé lié aux finitions qui restent nécessaires. En outre, l’Elinvar est cher et comme toute l’industrie en « consomme », ses cours sont incertains er variables tout comme les livraisons. La manufacture, dont le concept de Georges Favre Jacot était bâti sur l’indépendance d’approvisionnement, ne pouvait se satisfaire de cette dépendance. En outre, Rosat doit admettre le temps qui a été nécessaire pour terminer de manière satisfaisante ces balanciers. Les heures cumulées sont infiniment plus lourdes que ce que requiert un balancier classique.
Dans les 12 pièces produites, il y eut trois savonnettes. Le temps a dispersé ces pièces dont la probabilité d’en retrouver une seule est infime. Par chance et fruit d’un hasard absolu, celle-ci fut retrouvée près de Paris chez un Horloger qui la tenait de son père lui-même horloger qui enseigna son art en Suisse. Rosat ayant lui-même eu des activités d’enseignement, il est difficile d’établir si cette pièce lui fut transmise par hasard.

L’unique exemplaire retrouvé de chronographe travaillé par Charles Rosat
Un balancier Classique de chrono Zenith
Le balancier de RosatOn remarque bien entendu la structure différente du balancier mais aussi plus accessoirement de la raquette dont le contre ressort évolua dans le temps. La forme arrondie de ce contre ressort est plus ancienne et cela témoigne en fait du temps pendant lequel Rosat travailla directement sur ce type de pièce avant de les laisser quitter ses ateliers de Boudry. Cette pièce est évidemment devenue unique avec le temps et elle constitue un ultime témoignage de l’immense travail de recherches menées par la manufacture sur les tout premiers chronographes qui en ont construit la réputation et l’histoire.
Droits réservés – Joël Jidet – Forumamontres – Décembre 20113 décembre 2011 à 21h00 #420001559632ft1000mp
MembreQuel travail d’investigation je suppose….! merci ZEN
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>> ICI << prochainement rédaction d’une signature géniale.4 décembre 2011 à 15h14 #420001559633ZEN
MembreEffectivement, ces recherches sont hyper chronophages. Il faut se replonger dans les travaux de l’époque et les pistes de recherches ne sont pas évidentes. On les trouve plus facilement avec l’expérience et parfois en plusieurs fois. Ici ce sont des recoupements sur plusieurs années qui m’ont ammené à trouver le pourquoi de ces pièces. Mais qui s’y intéresse vraiment ? C’est le paramêtre que je maitrise mal. Aujourd’hui qui a envie de savoir cela ?
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).4 décembre 2011 à 15h29 #420001559634ft1000mp
Membre- ZEN a écrit:
- Mais qui s’y intéresse vraiment ? C’est le paramêtre que je maitrise mal. Aujourd’hui qui a envie de savoir cela ?
Ben nous!
J’suis pas un expert loin de là, mais j’aime beaucoup lire les histoires horlogères, comme ta « saga Zenith » par exemple, c’est avec ces histoires et anecdotes que l’on pénètre peut être un peu l’esprit horloger, j’ai passé une demie-journée au Locle pour faire le circuit horloger, bon je n’ai visité aucune manufacture
mais voir de « visu » les locaux ou la maison de C.F. Tissot par exemple est toujours enrichissant….donc oui! ça m’intéresse et je ne dois pas être le seul ici !
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>> ICI << prochainement rédaction d’une signature géniale.4 décembre 2011 à 16h32 #420001559635Treizin
MembreJ’apprends un peu tous les jours à travers F.A.M. et les articles de Zen; étant pour des raisons familiales très attaché à la manufacture Zénith: petite collection de Zénith , visite de la manufacture, et du S.A.V. Encore merci.
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