Les montres et le marketing…

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  • #420001338557
    jrm75012
    Membre
    Etarcos a écrit:
    jrm75012 a écrit:
    Quant à ceux qui prétendent ne jamais être influencés par le marketing dans leurs choix, cela me fait doucement rire…

    Malheureusement, malgré tout le regard critique que je peux porter sur le marketing, je dois admettre, avec répugnance, qu’il m’arrive d’être influencé (bouffe, vin, appareils technologiques…).
    Pas dans le domaine horloger néanmoins. Je m’en balance totalement de savoir que Machin porte telle montre et Bidule telle autre, que telle montre a été portée par Intel dans tel film… ça peut même devenir un repoussoir (cf les séries limitées « OO7 » d’Oméga clown ).

    Seul l’aspect, le mouvement et la qualité m’importent. La preuve : je possède un tas de – beaucoup les considère comme telles – bouses, de marques peu cotées. Elles me plaisent, c’est bien l’essentiel.

    Et je suis bien d’accord avec toi. Une bien mauvaise idée que d’essayer de s’accaparer un territoire déjà conquis depuis des années par un de ses concurrents, Rolex en l’occurrence (et sans technique de placement produit à l’époque qui plus est).
    Omega est à l’image de D. craig : il doit proclamer laborieusement qu’il est James Bond. Mais il ne suffit pas de placer 3 répliques pied-de-nez à la marque à la couronne pour que l’on y croit. Bien au contraire : pour beaucoup de gens, l’incarnation de James Bond restera S. Connery, de même que la montre de 007 restera la Rolex.
    De plus, un placement produit c’est un peu comme une campagne de propagande politique : cela reste efficace tant qu’on ne voit pas la grosse ficelle cachée derrière, ce qui n’est manifestement pas le cas pour Omega…

    #420001338558
    NeoTag
    Membre

    Bonjour à tous,

    C’est amusant quand même de constater comme certains considèrent le marketing comme néfaste et ne supportent pas l’idée d’être sous influences. Je ne vois franchement pas où est le problème, dans la mesure où l’on sait s’informer, comme sur un forum par exemple Wink et faire jouer son libre arbitre.
    Je voudrais alors qu’ils m’expliquent comment faire pour vendre/exister parmi des centaines de marques.

    Etre discret et ne pas utiliser d’ambassadeurs people est un choix marketing, issue d’une réflexion de différenciation.

    Attention, je ne dis pas que toutes les stratégies marketing sont bonnes ou opportunes. Je pense simplement que l’on est alors pas dans la cible. Ou que le marketeu s’est loupé.
    Et dire qu’on ne s’intéresse pas à tel ou tel marketing est selon moi un non-sens. C’est un outil, pas une philosopie et encore moins de la propagande (au sens politique et négatif du terme).

    Mais bon, si vous vous sentez plus forts en le pensant, c’est bien le plus important. C’est d’ailleurs une donnée que les marketeux intègreront dans leur réflexion Wink

    #420001338559
    loch-ness
    Membre
    jrm75012 a écrit:
    La question est en effet intéressante… et on ne peut plus d’actualité amha.

    Selon ma modeste expérience (je suis directeur artistique en publicité depuis une dizaine d’années maintenant, spécialisé sur les marchés du premium et du luxe), je peux simplement dire qu’il en va des montres comme de la plupart des autres produits. Tout ceci est, en grande partie, une question de marketing !!!

    Je m’explique.

    Contrairement à ce qu’il pouvait se passer sur un secteur donné, il y a une vingtaine d’années, les qualités intrinsèques de produits concurrents sur un même marché sont sensiblement les mêmes aujourd’hui. Avant, pour le consommateur lambda, il était simple d’identifier que tel produit était meilleur qu’un autre, pour x raisons. Tout se jouait à coups d’innovations et de brevets. L’offre était claire, les « plus produit » évidents, et la hiérarchie des marques était bien établie.

    De nos jours, tout cela est bien plus compliqué. Le gain en qualité de l’ensemble de la production aidant, toutes les marques se sont rapprochées les unes des autres en termes de qualité et de finitions. La valeur ajoutée d’une marque ne peut donc plus seulement s’exprimer grâce aux seuls atouts de son offre par rapport à celle du voisin, puisque ce sont sensiblement les mêmes.

    C’est à ce moment-là qu’intervient le marketing. En jouant sur l’inconscient du consommateur et en créant un univers affectif singulier (se basant sur des éléments abstraits comme une légitimité historique, une provenance particulière, un partenariat, etc…), le marketing met en place un territoire de marque unique, collant à l’ADN de la société en question et qui ne pourra donc être exploité que très difficilement par un concurrent direct.
    Par exemple, pour Rolex, cela se manifestera sur le thème de l’excellence. Cet axe peut se justifier sans problème grâce à l’ensemble des innovations de la marque, par son histoire et par ses associations avec d’autres compagnies reconnues comme la Pan-Am ou encore la Comex. Sans compter sur son aspect mythique, grâce à des icônes aussi prestigieuses que S. McQueen, P. Newman ou encore S. Connery dans James Bond. Cette thématique s’exprime aujourd’hui grâce d’autres ambassadeurs, symboles d’une même recherche de l’excellence, comme R. Federer par exemple.

    Néanmoins, le marketing a ses limites. Il peut même se planter en beauté, comme lorsqu’il tente de créer une histoire de toutes pièces, d’inventer une légende basée sur du vide et de propulser ainsi une marque sur un territoire qui ne lui est pas légitime.
    Il existe quelques exemples sur le secteur de l’horlogerie, mais ne comptez pas sur moi pour vous donner des noms : je ne tiens pas spécialement à me faire insulter par certains d’entre vous Mr. Green

    Quant à ceux qui prétendent ne jamais être influencés par le marketing dans leurs choix, cela me fait doucement rire…

    Les montres et le marketing... 915324

    C’est pour ça que l’horlogerie « suisse » devrait coûter de moins en moins cher en développement de produit et de plus en plus en niaiseries…je veux dire en marketing. De fait dans des nouveaux marché, les manufs horlogère pourraient « rouler » leur vieux fond de commerce là-bas(pays émergents) et continuer sur le seul prestige acquit.

    À long terme on peut même se demander ce que des marché devenu alors marginaux comme l’Europe ou l’Amérique du Nord pourront bien vouloir dire pour ces manufactures horlogères….?

    Il y a là- quand on y songe bien, un danger de voir la tradition horlogère d’Europe s’étioler puis disparaître dans des rachats qui chaque fois les vide un peu plus en substance, un peu plus de son âme.

    Pour en revenir à vous ZEN,

    D’après ce qui m’est visible d’ici via les média, cinéma….etc

    Dans l’ordre:
    Rolex, Omega, Cartier, AP, IWC, Chopard, Graham, Blancpain..(se sont des marque qui véhicules à juste titre un riche héritage horloger mais dont les prix sont peut être plus en rapport avec marketing.) j’ai plus beaucoup d’autre nom que je peux soit associé à une pub ou encore à du placement de produit(ex:james bond porte une certains film un Omega Seamaster professional)

    À bien y penser….la liste serait assurément plus courte des horlogère suisses de prestige n’ayant pas souscrit à une telle approche « marketing » . Par extension, en fonction de l’importance de ce poste budgétaire , leur prix ont-ils subit une poussée inflationniste…

    #420001338560
    ftikai
    Membre

    J’adore le côté marketing de l’horlogerie. Ça fait toujours rigoler de voir des descriptions techniques rédigées par des gars du département de marketing.

    #420001338561
    Etarcos
    Membre
    NeoTag a écrit:
    Je ne vois franchement pas où est le problème, dans la mesure où l’on sait s’informer, comme sur un forum par exemple Wink et faire jouer son libre arbitre.
    Je voudrais alors qu’ils m’expliquent comment faire pour vendre/exister parmi des centaines de marques.

    Bein, comme l’explique Schopenhauer dans son essai « Sur la liberté de la volonté », le libre-arbitre n’existe pas clown

    #420001338562
    Hemdale
    Membre

    Héhé…merci à vous tous pour vos réponses pertinentes.

    En fait, mes interrogations portaient plus sur le « co-branding » (parfois à la limite du grotesque) de certaines marques horlogères.
    Comme beaucoup l’on fait remarquer, il s’agit plus de faire vibrer la corde sensible (pour les passionnés) et réveiller le sentiment d’appartenance à un « groupe » (social ou tout ce que vous voudrez).

    Je me disais que si on envoyait toutes ces montres de plongée à 300m de fond pendant quelques heures, la notion de « montre de plongée » en ferait sûrement rigoler plus d’un. Plus je regarde la valve à Hélium de ma Planet Ocean, plus je trouve ça d’une connerie avérée.
    Alors oui, pour être honnête, la belle histoire de la plongée sous cloche à sniffer de l’hélium pour pas exploser au retour Mr. Green ….ben cette histoire là m’a convaincu (sur le moment).
    Au bout du compte et en la portant tous les jours, j’ai pris conscience de la fumisterie marketeuse.

    Sans pour autant vouloir décortiquer un à un les moindres détails et faiblesses de nos montres, je prends conscience que nous sommes tombés dans une ère de gadgétisation à outrance.
    Les montres étaient des « toolwatches » du temps de nos parents, nous portons tous maintenant des plongeuses de salons feutrés et des chronos qui sentent l’eau de toilette.
    Bah, on peut pas non plus tous bosser sur une station de forage pétrolier en Mer du Nord…

    Idem pour toutes ces montres de pilotes, un petit test à Mach 1,5 et quelques G négatifs dans la tronche, pour bien vérifier que l’aiguille des secondes est pas restée scotchée au plafond… Mr. Green

    Le marketing est vraisemblablement un mal nécessaire. Je pense que le « mieux est l’ennemi du bien ». En ce sens, je trouve que Rolex garde une certaine ligne de conduite (mais pas tarifaire…grrrr) qui me correspond plutôt bien.
    On améliore encore et encore le moulin pour travailler sur le fond, on évolue sur la forme…en douceur.

    Je pense que l’héritage technologique et culturel des montres, ainsi que leurs qualités intrinsèques, font qu’on va aimer ou détester une marque plutôt qu’une autre.

    Tiens, ça me fait penser qu’il faut vraiment que je bosse sur mon comparo « PO vs SubC »… Wink

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