Les fabricants ont tendance à abandonner le milieu de gamme.

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  • #410000014719
    ZEN
    Membre
    Citation :
    Les fabricants ont notamment tendance à abandonner le milieu de gamme.

    23 Avril 2007

    Le rideau est tombé sur les salons horlogers de Bâle et Genève. A l’heure du bilan, on ne peut que se réjouir de la santé historique et stupéfiante du secteur, qui profite en fait de l’extraordinaire redistribution des cartes dans ce nouvel ordre mondial. Et c’est peut-être même parti pour durer puisque la «montres mania» semble s’accélérer partout, même dans la vieille Europe. Un horloger a ainsi déclaré que le secteur vivait un nouveau paradigme. Du coup, mais évidemment aussi grâce à ses propres impulsions, l’horlogerie bouillonne de partout. Tant au niveau de la créativité et de l’innovation, quoique pour certaines marques cela reste encore discutable, tant en ce qui concerne les carnets de commandes. A ce stade, il convient donc de se poser la question de la gestion des années à venir.

    Ne pas négliger la classe moyenne

    Et un premier risque saute aux yeux, celui des excès. Notamment sous la forme d’une bipolarisation dans le très haut de gamme et l’entrée de gamme. Cette horlogerie à deux vitesses semble en effet abandonner le segment intermédiaire. C’est comme si l’industrie automobile ne proposait plus que des Ferrari et des Rolls-Royce d’un côté et des Smart de l’autre. Toutes les marques, ou presque, sont montées en gamme, avec des augmentations de prix pouvant aller de 20 jusqu’à 50%.

    Un repositionnement que la valeur intrinsèque du produit ne justifiait pas toujours. Du coup, la segmentation classique des montres est à reconsidérer. On assiste à un glissement qui paraît irréversible, avec une tendance à déserter des produits entre 1000 et 3000 francs. Certes, les nantis ne cessent de s’enrichir, mais il ne faudrait pas négliger la classe moyenne, qui se constitue à peine dans certains pays émergents.

    Le spectre de la pénurie

    Ce danger est d’autant plus aigu qu’il s’inscrit dans l’actuelle discussion sur le Swiss made, qui ne peut que renforcer la lame de fonds à terme. Au niveau de la branche, l’initiative va passer haut la main puisque les Rolex, Swatch Group ou autre Richemont en ont décidé ainsi. Par contre, elle risque de poser des problèmes insolubles à certains acteurs. Ses adversaires fourbissent d’ailleurs déjà leurs armes. Ils se sont même réunis en conclave lors du salon de Bâle. Ironie de l’histoire, ils ont déjà trouvé le moyen de contourner la nouvelle législation, avant même que ses termes définitifs aient été arrêtés.

    Troisième risque et certainement le plus dangereux pour l’industrie, celui de la pénurie. Elle n’arrive plus à faire face à la demande. Alors que les carnets de commandes sont archi-pleins pour 2007, de très nombreux produits de l’an passé n’ont pas encore été livrés. Tout simplement parce que l’appareil de production s’avère insuffisamment doté. L’industrie a la tête sous l’eau. En amont, fabricants de boîtes et de cadrans, par exemple, n’arrivent pas à suivre le rythme frénétique des commandes. Du coup l’aval tarde aussi. Conséquence, les fournisseurs étrangers seront de plus en plus sollicités ces prochains temps, mettant encore plus à mal le Swiss made. En Suisse, il faudrait des années et des centaines de millions de francs d’investissements pour combler uniquement les besoins actuels. Et comme ETA, le principal fournisseur de l’industrie, va gentiment fermer le robinet des ébauches, il y a de quoi s’inquiéter.

    Respecter le client

    Finalement, il est un risque qui n’a encore pas la résonance suffisante: celui du respect du client final. De nombreuses marques ont vu le jour ces dernières années, mais ont-elles seulement mis en place un service après-vente efficace, facilement accessible, digne de ce nom et aux délais acceptables? Le client, qui a consenti parfois à débourser plusieurs centaines de milliers de francs et attendu de nombreux mois avant de recevoir sa montre, mérite-t-il un traitement léger? Le marché s’est complètement métamorphosé en quelques années: il est devenu global, mondial. Il convient de l’appréhender en tant que tel.

    Le Temps

    Bastien Buss

    http://www.letemps.ch

    #420000159235
    Pierre-Yves
    Membre
    Citation :
    Respecter le client

    La presse, sauf erreur de ma part, ne parle pas souvent du SAV.
    C’est bien que ce journaliste y ait pensé.

    #420000159236
    alemmar
    Membre

    très bon article. Effectivement, délaisser la classe moyenne c’est prendre le risque de voir s’installer sur ce créneau les émergents de chine ou d’ailleurs.

    #420000159237
    time2tic
    Membre

    un truc qui me chiffonne. ETA va arreter de fournir des ebauches. c’est quoi la difference entre une ebauche et un calibre fini?

    S’ils continuent a fournir du calibre fini, on va continuer a avoir des emboiteurs plus ou moins ehereus de calibres ETA, non? donc ya pas grand chose qui devrait changer de la milieu de gamme, si?

    s’il y avait un petit chinois malin, il ferait une copie des grds classiques d’ETA, acheterait une boite suisse qui fait n’importe quel piece de montre, et ensuite commencerait a commercialiser son remplacementd’ETA avec en plus un beaus swiss made dessus. Je suppose que je grossis le trait et que mon raisonnement est simpliste, mais pas irreel, si?

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