Les big one de Zenith

  • Ce sujet contient 12 réponses, 8 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par ZEN, le il y a 15 années.
13 sujets de 1 à 13 (sur un total de 13)
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  • #410000075935
    ZEN
    Membre

    Qu’elles fussent montres d’artilleurs, de mineurs, de chefs de gare ou de chauffeurs, les grosses montres de poches font partie intégrante de la collection des montres de poche les plus emblématiques de Zenith. Leurs dispositifs anti-poussière sont en général assez efficaces et qu’elles soient monobloc ou à fond classique avec cuvette, les calibres en sont toujours bien protégés de la poussière.

    Les cadrans émaillés à chiffres arabes ou romains sont en général dotés du marquage des 24 heures en rouge et les aiguilles épaisses en acier bleui sont toujours très lisibles que ce soit pour marquer les heures ou les minutes … Ces deux exemplaires ont la particularité d’avoir un numéro de série consécutif et d’être neuves.

    Les big one de Zenith Paire_10

    Les big one de Zenith Paire_11

    Les big one de Zenith Paire_12

    Ces 2 pièces ont une histoire. Produites peu avant la seconde guerre mondiale, elles furent entérrées dans une boite plombée par l’horloger dans son jardin. Ledit jardin retourné pendant la durée de la guerre fut transformé lorsque l’horloger retrouva son domicile et il chercha vainement ses montres… Plusieurs années plus tard, par hasard, il remit la main sur la boite bien scellée et en ressortit ces pièces très démodées et accompagnées d’un chrono Omega également neuf…

    Ces montre à ouverture classique furent également déclinées dans des boites de type anglais.

    Les big one de Zenith Trio_d10

    Parfois les boites monobloc les garantissent de la poussière. Leur usage était réservé aux mineurs mais aussi aux explorateurs … Amundsen découvreur des pôles eut une montre de ce type.

    Les big one de Zenith Amunds10

    Ces pièces souvent en métal blanc ou en argent étaient remarquablement solides …Pour les ouvrir il fallait tirer la couronne puis dévisser la lunette et faire basculer le cadran avec son calibre monté sur une charnière …

    En matière de montres de poche étanches et de grande taille, il faudra ensuite attendre la guerre pour trouver de grosses pièces très massives, fraisées dans la masse et dotées de joints en plomb…

    Les big one de Zenith Montre26

    Les pièces sont également dotées d’un cache-poussière qui protége le mouvement au plus près …

    Les big one de Zenith Montre27

    La poussière, presque davantage que l’eau, fut l’adversaire des montres de poche et il n’est donc pas étonnant que Zenith qui fabriquait ses boites en interne ait eu à développer tant de concepts innovants pour garantir ses montres des agents extérieurs indésirables.

    #420001492504
    syrreau
    Membre

    Bizarre tout de même, la vulcanisation du caoutchouc date de 1839: http://fr.wikipedia.org/wiki/Vulcanisation.
    pourquoi l’utilisation des joints est-elle arrivée si tardivement ?

    #420001492505
    ZEN
    Membre

    C’est vrai. En outre les premiers joints étaient en plomb, puis en cuir.

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420001492506
    TheShadow
    Membre
    ZEN a écrit:
    Ces deux exemplaires ont la particularité d’avoir un numéro de série consécutif et d’être neuves…

    …Ces 2 pièces ont une histoire. Produites peu avant la seconde guerre mondiale, elles furent entérrées dans une boite plombée par l’horloger dans son jardin. Ledit jardin retourné pendant la durée de la guerre fut transformé lorsque l’horloger retrouva son domicile et il chercha vainement ses montres… Plusieurs années plus tard, par hasard, il remit la main sur la boite bien scellée et en ressortit ces pièces très démodées et accompagnées d’un chrono Omega également neuf…

    Toujours des prises extraordinaires! Chinois

    #420001492507
    laphroaig007
    Membre

    J’aime toujours lire les sujets sur les montres de poche. Elles sont un peu oubliées de nos jours par les amateurs d’horlogerie, et pourtant…
    Ma curiosité me pousse à demander comment ces montres ont finalement été retrouvées. Car l’histoire de Zen ne dit pas comment l’horloger a fini par remettre la main que les montres « enterrées » ? quid 2

    #420001492508

    j’aime beaucoup ces montres de poche oversize Chinois Les cadrans sont superbes

    #420001492509
    ZEN
    Membre

    Pour ces deux montres retrouvées dans une boite plombée avec quelques autres dont un chrono Omega de 1938 que j’ai également récupé neuf … C’est un pur hasard qui a conduit à les retrouver car ce jardin qui avait changé de configuration pendant l’occupation, il avait en effet servi à entreposer des choses appartenant à l’armée allemande, s’est trouvé chamboulé et les repères du bijoutier avaient disparu. S’il avait retrouvé d’autres boites soigneusement soudées au plomb, celle-ci avait purement et simplement disparu. Il en avait presque fait son deuil pensant qu’elle avait pu être trouvée avant lui et puis non et vous connaissez la suite.

    Dans le même registre, un jour je vous raconterai l’histoire vraie d’un couteau retrouvé presque 70 ans après sa perte…

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    #420001492510
    ZEN
    Membre

    Cette histoire que je ne résiste pas au plaisir de vous raconter se passe à la fin des années 20 en Auvergne près de Saint Rémy sur Durolle. Pour son anniversaire Jules, c’est son vrai prénom a reçu en cadeau de son épouse un superbe couteau Laguiole très fin en Ivoire d’une longueur de 14 cms fermé. Jules ne quitte plus son couteau depuis une semaine et ce dimanche d’avril, il fait son jardin avec son gamin de 4 ans qui joue dans la terre à chercher de gros lombrics.

    Le soir, passant à table, il fouine dans sa poche et le couteau n’y est plus. Il fait encore jour et Jules repart dans le jardin avec un rateau pour remuer la terre et espère-t-il remettre la main sur son couteau… Cette recherche reste vaine et en rentrant du travail le lendemain, il va retourner la terre à nouveau, enterrant ptobablement le couteau plus profondément qu’il ne l’était. Jules concentre ses recherches et des amis alertés viennent l’aider pour lui prouver qu’ils partagent son désarroi. Hélas, rien … Le couteau ne réapparait pas et Jules abandonne en se consolant parce qu’il est sur que l’année suivante, il le retrouvera en récoltant les légumes. Le fils de Jules, Henri a 5 ans l’année suivante et comme son père, le gamin se met à chercher car Jules lui a promis 10 sous pour ce couteau et puis tout de même, il est insupportable de le savoir ici sans le retrouver. Jules retourne la terre avec attention, Henri casse les mottes mais rien, non ce couteau a disparu jusqu’à obséder Jules au point qu’il bèche deux fois aux mêmes endroits. Comment sur moins de 15 mètres carrés son couteau peut-il s’être enfoncé si profondément qu’on ne le retrouve pas ?

    Pendant les 50 années suivantes, Jules cherche, retourne la terre avec toujours la même attention mais rien n’y fait, le couteau dont il parle si souvent et qu’il cherche chaque année n’est pas remonté à la surface.

    Jules meurt en 1977. Depuis deux ans, il n’a pas touché au jardin. Son fils Henri hérite de la maison et met deux ans avant de décider d’y faire des travaux et de l’occuper. Il emménage en 1980. Le jardin est devenu une faune et Henri le réaménage en conservant un espace de cultures maraîchères qu’il déplace légérement par rapport au jardin de son père. Il entretient pendant 20 ans ce jardin et décide de déplacer l’énorme pied de thym planté par son père l’année de sa naissance … On est en 2001, les racines sont longues et Henri taille le pied de thym avant de déterrer la motte qui englobe les racines. Au milieu de celles-ci, sont regard est attiré par une pièce metallique rouillée et quelque chose qui ressemble à un couteau. Il ne met pas plus de deux seconde à imaginer que c’est le couteau de son père qu’il vient de retrouver. Celui-ci est comme aggripé par les racines et Henri l’extrait facilement. La lame est oxydée mais pas autant qu’il pouvait le crainde. L’ivoire coloré par la terre est devenu marron mais il a conservé son aspect sans trop se craqueler. Le couteau a sa lame coincée par la rouille. Henri qui a 87 ans, se souvient du gamin qu’il était et qui cherchait désespérément ce couteau avec son père. Il le revoit fouillant la terre et expliquant à sa mère qu’il allait le retrouver…

    Henri file avec son couteau voir un coutelier qui lui démonte la pièce et refait une lame à l’dentique car si la lame d’origine n’a pas trop souffert son talon est en revanche trop oxydé. Le coutelier est habile et lorsqu’Henry revient chercher le couteau, il retrouve la pièce telle que son père l’a perdue 71 ans en arrière … Il ne sait contenir ses larmes et son émotion. La pièce se met à avoir une histoire peu commune qui ressemble à celle de ces montres pour lesquelles le temps s’est arrêté.

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    #420001492511
    laphroaig007
    Membre

    J’ai mieux compris, il n’avait plus ses repères pour retrouver la boîte; J’imagine qu’il est retombé dessus par hasard un jour où il voulait planter quelque chose ou refaire des travaux…
    Merci Zen pour les précisions.
    Wink

    #420001492512
    laphroaig007
    Membre

    Marrant comme histoire, d’autant que je connais bien St Remy sur Durolle et le village voisin de la Monnerie le Montel !!!
    Wink

    #420001492513
    calvin0c7
    Membre
    ZEN a écrit:
    Cette histoire que je ne résiste pas au plaisir de vous raconter …

    Très jolie histoire. Peut-on te demander comment elle est arrivé jusqu’à toi sans être trop indiscret ?
    J’aime beaucoup l’idée que son fils a enfin, de son vivant, pu retrouver ce couteau, qui va prendre pour lui et peut-être pour son fils à son tour, une valeur extraordinaire, sans lien direct avec les matériaux qui le constitue.

    #420001492514
    oliveka
    Membre
    ZEN a écrit:
    Cette histoire que je ne résiste pas au plaisir de vous raconter

    et merci pour le partage … on imagine l’émotion du gamin de 80 ans !!!!

    Olivier

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    Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.

    #420001492515
    ZEN
    Membre
    calvin0c7 a écrit:
    ZEN a écrit:
    Cette histoire que je ne résiste pas au plaisir de vous raconter …

    Très jolie histoire. Peut-on te demander comment elle est arrivé jusqu’à toi sans être trop indiscret ?
    J’aime beaucoup l’idée que son fils a enfin, de son vivant, pu retrouver ce couteau, qui va prendre pour lui et peut-être pour son fils à son tour, une valeur extraordinaire, sans lien direct avec les matériaux qui le constitue.

    Les montres sont arrivées à moi par l’horloger qui les a rachetées … et l’histoire du couteau par le coutelier qui m’a fait un couteau. Chinois

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