Le néant de son passé

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 29)
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    Messages
  • #420000713555
    ZEN
    Membre

    Oups … Je me relis et je me demande si un bon foie gras ne va pas faire passer tout ça … Rolling Eyes

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #410000043453
    ZEN
    Membre

    A cinq ans, on rêve d’un jouet, cette magnifique petite voiture qui en quelques minutes devient si nécessaire que l’on n’magine pas de continuer à vivre sans elle. On insiste, on est dépendant pour l’avoir, de l’acceptation par l’autre de l’offrir et d’accepter d’accéder au rêve du môme. La dépendance passe par l’économie et l’on découvre ce qu’est l’autofinancement et le pouvoir de décision. C’est l’apprentissage de la gestion autonome et la mesure du partage qui s’inscrit dans notre code d’individu.

    A 15 ans, le besoin est plus ciblé, on dicte ses désirs aux autres dont on est dépendant mais dont on a appris à maîtriser la volonté et à l’influencer. On ne rêve plus de jouet mais d’être indépendant pour pouvoir décider seul. On ne posséde bien que ses sentiments et l’on comprend que cette liberté pourra être partagée si l’on trouve quelqu’un qui souhaite s’offrir pour ce qu’il posséde seul, à savoir lui-même. On mesure les limites de son influence au regard des limites imposées par l’autre. C’est l’apprentissage d’une autre approche sociale et d’un autre rapport à l’autre. On rêve d’être plus âgé pour avoir une autonomie totale car on est convaincu que c’est la clé de sa propre liberté.

    A 20 ans, comme le temps passe on acquière cette liberté enfin, partiellement souvent en approchant la source de revenus autonome qui permettra de ne rendre aucun compte sur cet espace de liberté acquise par le gain, récompense du travail fait par soi-même. On mesure la dureté de la liberté et le bonheur passé de la facilité quand tout n’était qu’un jeu d’influence et de séduction. On se projette dans l’avenir avec plus de gains et d’autonomie. On souhaite griller les étapes du temps qui nous amménera à l’autonomie confortable du gain élevé. Ce n’est pas qu’on veuille devenir vieux mais on souhaite avoir dix ans de plus pour avoir franchi toutes les étapes.

    A 30 ans, le modèle économique et sociétal qu’on a en point de mire est le cadre supérieur de 50 ans, ce type qui a tout résussi roule en grosse cylindrée , a une femme bronzée thermostat 8, des enfants bien élevés qui font de hautes études et ce pull Ralph Lauren placé avec une négligence contenue sur ses épaules. La panoplie pour être complète comporte montre de qualité, chien de race, télé avec écran plasma, pavillon coquet, sport haut de gamme, et maîtresse pour l’hygiène si possible plus jeune.

    A 40 ans, on a presque tout, on s’aperçoit juste que le mec de 50 est un salaud qui couche avec sa femme, fait courir en arrière plan des rumeurs sur son incompétence professionnelle, et jalouse ces années qui sont passées et qu’il ne retrouvera plus. A 40 ans, on n’est pas toujours quelque part, on se cherche, on s’aperçoit que la jeunesse s’est passée doucement sans qu’on profite assez des moments qu’on a vécu. On regrette de n’avoir pas plus aimé, pas plus usé, pas plus vécu … On se dit qu’il faut vite en profiter mais on est embarqué dans son métier qui maximalise la location de sa force de travail. On n’a finalement le temps de pas grand chose à 40 ans.

    A 50 ans, on est le salaud qui défend son fief, on se débat pour ne pas être has been, on regarde la femme du mec de 40 qu’on aimerait bien lui piquer et qui on se dit qu’il faut rester présent à peine de se faire prendre sa place. On regarde avec nostalgie ce qu’on a été à 20 ans et on se dit qu’on a perdu son temps face à une jeunesse qui s’enfuit. On se demande où est passé le gamin de 5 ans qu’on a été, l’ado de 15 et l’étudiant de 20. On recherche ses racines mais souvent hélas, on a perdu son arbre gravé d’un coeur avec l’opinel et ses racines ont vieilli ou disparu effacant la mémoire des parents du môme. C’est l’âge ou l’on bascule entre vieux con et mec qui reste là.

    A 60 ans, on cultive ses regrets et ses gloires. On a prouvé et plus à démontrer. On se fait donneur de leçons, on veut être un exemple, on existe par ce que l’on représente mais le mec de 30 ne regarde pas le mec de 60 alors pour exister, alors il faut mettre le turbo et en faire trop au point de sombrer dans l’excès. On a souvent perdu toutes ses racines, on commence à compter ceux qui ont habité sa vie et on quitté la surface. On voudrait voyager, faire ce qu’on a jamais fait parce que la conscience du temps passé et perdu se fait omniprésente. On pleure sur ce qu’on a raté car on sait qu’on y reviendra pas. On s’accroche à son passé et se persuade qu’on a encore un futur.

    A 70 ans, on est dans le troisième âge, regardé comme un vieux et respecté pour son âge, le pire des respects inspiré par les années. On se souvient et tente encore d’agir. On se souvient de vous et on vous le dit au point qu’on a le sentiment de n’être plus qu’un souvenir. On a perdu déjà beaucoup d’amis, d’amours et de son meilleur. On voudrait recommencer des choses mais la barrière du temps nous encadre , nous enferme au point de devenir prison.

    A 80 ans, on est un survivant, on a le sentiment de géner, celui de se transformer petit à petit en charge. On existe par l’affection qu’on reste capable de donner au môme de 5 ans qu’on regarde avec un brin de nostalgie sur ce que l’on fut. La femme de 40 n’a pas vieilli, c’est toujours elle qu’on regarde mais on n’y touchera plus jamais parce qu’on la dégoute. On se demande s’il reste 4, 8 ou 10 ans devant soi. Alors on attends la fin et l’on prodigue autant de conseils qu’on a d’auditeurs.

    A 90 ans on se demande pourquoi on est encore là. On s’en étonne même. Le temps a passé si vite qu’on a l’impression que tout était hier. La mémoire rassemble en un bloc compact les souvenirs et commence à les mélanger au shacker de la chronologie. On a l’impression d’avoir tout vécu en un instant de raison . On déjeune à 11 heures parce que ce sera fait et on dine à 18 heures pour avoir le sentiment d’avoir terminé sa journée. On s’émerveille d’une marque de considération, d’un mot d’estime de ce qui fait qu’un individu est encore regardé comme un vivant. On a vu mourrir tout le monde et s’envoler sa vie feuille à feuille.

    Et après ? Après le temps devient long, très long tout est lent, le monde ralentit, les autres sont des enfants et la vie qui s’effrite un instant de raison. On attend quand on a la chance d’avoir vécu jusque là en se disant qu’on aura fait un cycle complet. On ne mesure plus le temps, on le traverse. La solitude en ralentit le débit, la fatigue en régule le flottement. Et puis un jour, le film s’accélére à une vitesse qui rapproche ses 5 ans de la fin et en fait une fleur dont les pétales s’arrachent en quelques secondes pour faire défiler la vie sur l’écran de ses souvenirs avant que le clap de fin n’éteigne le projecteur définitivement et nous fasse rejoindre ce souvenir précis qui aura été celui qui aura marqué sa vie et sa dernière seconde.

    Le passager descend au terminal, il n’aura consumé que du temps, rien que du temps et des sentiments dont il ne restera que la poussière d’étoile flottant dans le néant de son passé.

    #420000713556
    Thomas69
    Membre

    Zen courage !

    Le spleen vous gagne !

    #420000713557
    Invité
    Membre
    ZEN a écrit:
    Oups … Je me relis et je me demande si un bon foie gras ne va pas faire passer tout ça … Rolling Eyes

    Le foie gras, ça aide toujours, pis même si ça fais pas passer tout ça, c’est toujours ça de pris Mr. Green

    #420000713558

    manges le canard mais sans les plumes
    Patrick

    #420000713559
    MORPHEUS
    Membre

    quid 2 C’est horloger comme sujet ça?

    #420000713560
    Karl_06
    Membre

    M’étais pas connecté depuis un certain temps, mais là, simplement pour dire bonjour et remercier pour un post différent et rempli de sensibilité. Bon, je vous laisse, je vais me jeter par la fenêtre. mock

    #420000713561
    tartoflan
    Membre

    Salut,
    BON DIMANCHE.

    clown

    #420000713562
    mikado
    Membre
    ZEN a écrit:
    Oups … Je me relis et je me demande si un bon foie gras ne va pas faire passer tout ça … Rolling Eyes

    S’il suffit d’un foie gras pour te rendre la foi Wink

    #420000713563

    Et oui Zen, la vie n’est que futilité, et les montres en sont le symbole le plus éminent. Mais pourtant que j’aime les montres !

    #420000713564
    matteu
    Membre

    Tu as oublié de précisé qu’à 50 ans, il faut une Rolex.

    Mr. Green

    #420000713565

    Je refuse de voir les choses comme cela.
    Chaque age apporte des joies différentes, et celui qui n’est pas capable de s’en emmerveiller aujourd’hui, gâche sa vie.
    De l’audace, et de l’humilité !

    #420000713566
    manuel
    Membre
    ZEN a écrit:

    A 15 ans, le besoin est plus ciblé, on dicte ses désirs aux autres.

    Je ne crois pas.

    A 15 ans les désirs ne sont en rien personnels. Ce sont les autres qui me dictent leurs désirs. Ce ne sont pas mes désirs. Ce sont ceux du groupe (amis, camarades, copains…) auxquels on appartient.
    C’est toute la difficulté (la douleur ?) de l’adolescence: on croit exprimer ses désirs… mais on sent bien, confusément, que ce ne sont pas les siens: on veut, simplement, être comme les autres.
    L’adolescence peut se prolonger longtemps: c’est en fait vouloir se persuader que ce que l’on désire vient de soi, alors que cela provient d’un entourage.
    On ne désire rien si ce n’est ce que désire autrui.
    En ce sens le désir est imitation d’un autre désir.
    C’est, par exemple, le phénomène de la mode.

    Les amateurs de montres y sont aussi sensibles que les amateurs de chaussures, de voitures, etc. Je vais désirer cette Rolex car tu la désires: au fond de moi, en toute lucidité ( et ce n’est pas évident d’être lucide avec soi-même) est-ce que je la désire personnellement, véritablement ?
    Est-ce que je la désirerais, si tu ne la désirais pas ?

    C’est tout le génie des marques, de susciter le désir. Il y mettent, j’en suis persuadé, autant d’énergie et d’argent qu’au développement technique, à proprement parler, de leurs produits.

    #420000713567
    Invité
    Membre
    MORPHEUS a écrit:
    quid 2 C’est horloger comme sujet ça?

    C’est autant horloger que ta question mais avec du contenu. Bulles

    #420000713568
    Tristan-led
    Membre
    manuel a écrit:
    ZEN a écrit:

    A 15 ans, le besoin est plus ciblé, on dicte ses désirs aux autres.

    Je ne crois pas.

    A 15 ans les désirs ne sont en rien personnels. Ce sont les autres qui me dictent leurs désirs. Ce ne sont pas mes désirs. Ce sont ceux du groupe (amis, camarades, copains…) auxquels on appartient.
    C’est toute la difficulté (la douleur ?) de l’adolescence: on croit exprimer ses désirs… mais on sent bien, confusément, que ce ne sont pas les siens: on veut, simplement, être comme les autres.
    L’adolescence peut se prolonger longtemps: c’est en fait vouloir se persuader que ce que l’on désire vient de soi, alors que cela provient d’un entourage.
    On ne désire rien si ce n’est ce que désire autrui.
    En ce sens le désir est imitation d’un autre désir.
    C’est, par exemple, le phénomène de la mode.

    Les amateurs de montres y sont aussi sensibles que les amateurs de chaussures, de voitures, etc. Je vais désirer cette Rolex car tu la désires: au fond de moi, en toute lucidité ( et ce n’est pas évident d’être lucide avec soi-même) est-ce que je la désire personnellement, véritablement ?
    Est-ce que je la désirerais, si tu ne la désirais pas ?

    C’est tout le génie des marques, de susciter le désir. Il y mettent, j’en suis persuadé, autant d’énergie et d’argent qu’au développement technique, à proprement parler, de leurs produits.

    Tous les ados ne sont pas comme ça …
    Un exemple , dans notre "groupe " d’amis , il y un métalleux , qui ne vie qu’en T-shirt (même l’hiver …) et pour la musique et la boxe , une sorte "d’intello" , métalleux également , presque toujours en polaire , un autre , qui bosse uniquement pour l’école , toujours en survêt’ , un autre , jemenfoutiste , qui s’habille avec une veste , et moi , qui ne m’habille presqu’avec des chemises , des chaussures en daim , ou des vans , et les jours de pluie , avec un caban …

    Nous avons tous au sein de ce groupe , une originalité chacun , ayant ses loisirs , ses codes vestimentaires , mais on s’entend tous très bien donc , nous , la mode , on ne la suis pas du tout

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