FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Le chronographe de bord Breitling de l’armée Américaine
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ZEN, le il y a 7 années et 10 mois.
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4 décembre 2018 à 6h41 #410000135927
ZEN
MembreLe chronographe de bord Breitling de l’armée AméricaineBreitling fut après la seconde guerre mondiale l’un des fournisseurs suisses de l’armée américaine. Le chronographe de Bord Breitling n’est assurément pas la plus célèbre des montres militaires fabriquées par la manufacture. C’est malgré tout une montre qui est entrée dans l’histoire et qui fait partie intégrante des instruments qui pendant un quart de siècle ont équipé avec succès l’armée des Etats-Unis.
Fiabilité et lisibilité : 2 conditions pour équiper l’armée américaine
Dès la fin de la seconde guerre mondiale, l’armée américaine connait de nouveaux besoins en équipement de ses pilotes et de ses navires avec des chronographes dont le cahier des charges repose sur deux principes : Fiabilité et lisibilité. Les manufactures horlogères américaines mises à contribution durant la guerre ont souffert des commandes militaires et certaines furent contraintes de cesser toute fabrication civile pour ne se consacrer qu’aux commandes militaires au point de se faire oublier du public et des consommateurs. L’après-guerre donne lieu à un réveil difficile, le retour à la « vie civile » implique de rattraper le temps perdu, celui pendant lequel les maisons concurrentes ont continué à conquérir des marchés et à s’implanter auprès de consommateurs auprès desquels le champ était laissé libre.
L’armée américaine fait ainsi appel à l’industrie horlogère suisse et plusieurs grandes maisons répondent à cette demande en particulier quand au début des années 1950, les besoins américains se font pressants au regard de la guerre qui se met en place avec la Corée.Utilisés à bord des avions militaires mais aussi des vaisseaux de marine, les chronographes doivent avoir des cadrans noirs exempts d’inscriptions susceptibles d’en altérer la lisibilité. Des larges aiguilles « poires » peintes en blanc non luminescent doivent réduire le risque d’erreur lors de la lecture des temps et de l’heure et le cadran doit être porteur d’une peinture qui réduit au minimum les reflets indésirables. Les mouvements à roue à colonnes doivent être fiables avec un retour à zéro facile et réalisable d’une simple pression. Les boites commandées sont simplement chromées afin de réduire le coût des achats américains.
Un partenariat logique et discretTandis que les montres bracelets sont déjà largement développées et que la plupart des pilotes portent depuis plus de 10 ans des chronographes bracelets, la demande américaine de chronographes de bord n’a rien d’étonnant. Ceux-ci sont en effet à usage polyvalent et s’intègrent notamment dans des dispositifs sextants qui permettent de contrôler en vol la position de tirs, de navires ou de troupes ennemies. Parmi les grandes firmes horlogères qui participent aux livraisons auprès des Américains figure Breitling. L’intérêt de Breitling pour les montres militaires n’est pas nouveau et la maison s’illustre par une maitrise de ses chronographes qui fonde sa réputation. Depuis 1942, Breitling avec son Chronomat doté d’une règle à calcul équipe déjà nombre de pilotes civils ou militaires. S’il faut attendre 1952 pour voir apparaître les premières versions de la Navitimer, il n’en reste pas moins que la maison Breitling figure déjà en bonne place des manufactures qui intéressent les armées pour leur production dédiée à l’aviation.
A l’opposé de la Navitimer, le chronographe de bord Breitling dispose d’un cadran très dépouillé, sans échelle télémétrique ou tachymétrique, sans règle à calcul, il livre des données brutes, des temps mesurés avec fiabilité et donne l’heure avec précision. La mention de la marque Breitling apparait en creux, gravée à l’intérieur du cadran juste au dessus de l’axe des aiguilles horaires et de la trotteuse de chrono tandis que la mention Swiss est placée juste sous ce même axe. Lorsque la lunette est en place avec son verre, ces mentions sont quasi-indétectables.
Le diamètre de la montre est contenu à 50 mm, pour une prise en main facile et pour être compatible avec les instruments déjà mis en place durant la seconde guerre mondiale et qui sont encore opérationnels au milieu des années 1950 voire bien après. Chaque chronographe appelé « Watch Navigation Stop » est gravé sur le fond avec notamment un numéro d’inventaire, la référence du modèle, le numéro du contrat de livraison qui lie le fabricant avec l’armée américaine et enfin, le rappel de la propriété « US » de la pièce. Sauf à effacer le fond et à en faire disparaitre le plaquage chromé, il est donc quasi impossible d’ignorer l’identification militaire du chronographe.
Un mouvement de haut niveauBreitling choisit, pour l’ensemble de ses chronographes, les meilleurs mouvements disponibles. A l’époque le Valjoux 5 de 18 rubis fait l’unanimité des fabricants de montres militaires. Breguet exploitera également les qualités de ce calibre pour ses montres 24 heures de l’Aéronautique Navale en en faisant retirer les pièces liées à la partie chrono puisqu’il livre alors une montre à trois aiguilles. La précision du mouvement Valjoux 5 a l’intérêt de rester constante quelle que soit la tension du ressort de barillet et la version chronographe est d’une surprenante souplesse qui traduit un ajustage des pièces particulièrement fin. La roue à colonnes en particulier, véritable servocommande de la montre, « pilote » les fonctions avec souplesse et précision. Le pont de chrono est marqué Breitling Watch Ltd. Le calibre est réglé en 3 positions. L’intérieur du fond de boite vissé est lui aussi marqué Breitling Watch Ltd. Suisse.
Breitling avec ce chronographe dont la carrière militaire s’étendra jusqu’au milieu des années 1970, c’est à dire jusqu’à la fin de la guerre du Vietnam, démontrera une aptitude à produire des chronographes d’une exemplaire fiabilité au regard du peu de maintenance qui fut nécessaire pour assurer, pendant près de 25 ans, un fonctionnement sans faille de ses pièces d’horlogerie. La carrière militaire très longue de cette montre semble s’arrêter à la fin des années 1970, sans doute avec l’avènement d’instruments de remplacement autant pour calculer les positions que pour mesurer les temps courts liés aux besoins militaires. L’usure du revêtement chromé du fond des boites témoigne d’un usage intensif de pièces qui ont traversé le temps en conservant leurs qualités initiales.
Beaucoup de montres Breitling sont entrées dans l’histoire civile ou militaire. Ce chronographe de bord fait indéniablement partie des pièces qui tissent le lien fort du partenariat de l’industrie horlogère suisse avec l’armée américaine après la seconde guerre mondiale. La discrétion du marquage de son origine de fabrication l’a souvent laissé ignoré par les amateurs mais l’intérêt des collectionneurs pour les pièces militaires et pour Breitling en a fait une pièce de collection prisée.
Forumamontres – Droits réservés – Décembre 2018 – Joël Duval4 décembre 2018 à 9h47 #420003992527broncos
MembreToujours aussi passionnants ces articles historiques!
4 décembre 2018 à 10h11 #420003992528Botev
MembreMerci Zen, j’ai beaucoup aimé (et attendu) ce récit.
4 décembre 2018 à 10h16 #420003992529arbigoud
Membreun régal à lire
Merci !
4 décembre 2018 à 19h58 #420003992530pilàlheure
Membreencore une belle pièce, dans un état remarquable
j’apprécie le fond et la lunette vissés qui inspirent la qualité, protection et solidité
le cadran très sobre, avec ses deux gros compteurs et la marque gravée dans la masse
en toute discrétion dans un style mat genre furtif comme pour en rappeler ses originespièce assez rare et pas facile d’en trouver une en bon état
il me semble que la dénomination du modèle est » Breitling Navigations Stop watch 605 A «
j’avais noté ceci également :« Used during the Korea war
Only the early watches such as this piece from 1952 have the watches been engraved with Breitling on the casing
and movement only.
The movement of this very rare early version was signed on the verge cock with the US import code « BOW » instead
of the later « WOG », exactly like the early Navitimers. «» This Reference in the civil sense is identical to the so-called manufacturer part number (MANUFACTURER`S PART NO).
The number 605 A is derived from the Military Specification MIL-W-5605 A.
Due to an order by the Ministry of Defense the following watches have been recorded:From the view of a collector the old Breitlings of the first series from the year 1952 are indubitably the rarest pieces.
Here are mostly the movements with the old manufacturer import initials BOW. «
4 décembre 2018 à 20h56 #420003992531ZEN
MembreParadoxalement, les exemplaires que je vois sont souvent en assez bon état. Effectivement cette version est plus rare car il en existe une autre dont le calibre n’est pas signé par Breitling. Je pense que l’armée américaine retirait les exemplaires en mauvais état ce qui a accru la rareté. J’ai deux exemplaires de ce chrono. L’un d’eux m’avait été cédé par le fils d’un officier de l’armée américaine dans des conditions douloureuses.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
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