FORUMAMONTRES › Forums › Forum ZENITH Forum Officiel Francophone › La Zenith du jubilé de la société de Banque Suisse en 1922
- Ce sujet contient 9 réponses, 6 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
ZEN, le il y a 15 années et 6 mois.
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23 avril 2011 à 22h57 #410000070601
ZEN
MembreNombre de grandes entreprises furent créées dans la seconde moitié du 19ème siècle. C’est le cas de Zenith mais aussi de nombreuses grandes maisons horlogères. C’est aussi le cas de grandes banques Suisses et en particulier ce que l’on appelle en français de la société de Banque Suisse « Schweizerische Bankverein » (SBS). Cette banque est née de la fusion en 1872 du Basler Bankverein et du Zürcher Bankverein.
A l’origine six banquiers privés fondèrent en 1854 à Bâle la Bank-Verein. Il s’agissait d’une sorte de consortium dont la principale mission était le financement des grands projets Suisses industriels et ferroviaires. L’essor industriel de l’Europe plaça ce consortium face à une demande financière beaucoup plus importante que les prévisions ne le laissaient envisager. La banque dut donc s’adapter après la guerre franco-allemande de 1870 et créa avec des capitaux allemands et autrichiens la Basler Bankverein. Cette banque fusionna une nouvelle fois en 1895 avec la Zürcher Bankverein, puis avec l’UnionBank de Saint Gall en 1896 et la Basel Depositen-Bank en 1897 pour devenir la Schweizerisher Bankverein (Société de banque Suisse).
La banque fut très pospère et ouvrit plusieurs succursales prenant de vitesse la concurrence. Ainsi, elle reprit la banque d’Espine, Fatio & Cie à Genève en 1906. Conscients que la banque devait se développer au plan international, ses dirigeants ouvrirent une succursale à Londres en 1898, puis la société reprit la banque d’escompte et de dépôts à Lausanne en 1912 et la banque Fratelli Pasquali à Chiasso en 1908. La SBS devint ainsi une banque quasi institutionnelle dans l’ensemble de la Suisse par le grand nombre de fusions absorption qui au fil des années la transformèrent en un immense groupe financier. La banque s’installera à New York en 1939 .
En 1922, pour le jubilé de ses 50 ans, la banque devenue un empire financier offre à une partie de ses collaborateurs une montre de poche niellée avec gravé sur le fond, le visage symbole de l’Helvétie et sur la lunette, le nom de la banque et l’année de sa création et celle de ses 50 ans. Sans doute, la banque voulait-elle à la fois récompenser ses collaborateurs et les motiver à rester au sein de la société tout en leur offrant avec cette pièce d’horlogerie un standard de qualité qui constituait un objet de luxe utilisé par les cadres face à la clientèle.
Dans la première moitié du 20ème siècle et encore moins dans les années 20, la montre n’a rien d’un objet de collection et même si ses carctéristiques commémoratives en font une pièces remarquable, c’est bien un objet d’usage que la banque offre à son personnel. Le geste est d’autant plus symbolique qu’il s’adresse aux collaborateurs et non aux clients. A l’époque nombre d’entreprises Suisses recherchent à sédentariser durablement leur personnel happés par l’ensemble des grandes entreprise qui sont entrain de se créer ou de prospérer.
La boite est en argent au haut titre de 900 millièmes, témoignage d’une recherche de qualité. Zenith travaillait l’argent dans plusieurs titres selon les pays destinataires du 750 millièmes au 935 millièmes. Sur la cuvette une gravure explicite la génése de la montre au travers du jubilé de la banque qui en a voulu la création.
Le calibre est un 19 lignes doté de 17 rubis, il entre dans la catégorie des « Prima » et donc des mouvements de haute qualité disposant d’un bulletin de marche certifiant la haute précision qu’ils sont suscptible de respecter. La raquette à disque excentrique breveté en 1904 et le balancier Guillaume coupé à vis de compensation sont un grand classique des montres de poche de cette époque. La boite signée Zenith fut niellée par une société qui pourrait être Huguenin qui travaillait beaucoup avec Zenith. La qualité exceptionnelle par sa finesse du nielle et de la gravure sont liée à la qualité des dessins. L’écriture de la lunette est nette et le visage du fond de boite encerclé par une couronne de blé sont particulièrement réussis. Les aiguilles pommes sont celles que Zenith utilise le plus fréquemment dans ces pièces des années 20. La trotteuse est remarquable pour son contrepoids qui assure un équilibre parfait de l’aiguille sur son axe.
Cette montre recherchée des collectionneurs correspond à une page de l’histoire économique de la Suisse et à ce titre peut recevoir le qualificatif de pièce patrimoniale. Ses attibutaires l’ont conservée précieusement pendant de longues années avant que les héritiers de ces collaborateurs de la banque ne finissent aujourd’hui par en céder quelques modèles dans une époque qui oriente les goûts davantage vers les montres bracelets.
24 avril 2011 à 0h20 #420001351329boulpat
MembreDommage que ces « récompenses » aient disparu….très belle pièce ZEN
24 avril 2011 à 0h52 #420001351330georges zaslavsky
Membresuperbe pièce
merci pour le partage24 avril 2011 à 9h51 #420001351331FURET
MembreSuperbe pièce!
Bien que les photos soient (comme d’habitude!) d’excellente qualité, je pense qu’elles ne restituent que partiellement la beauté et la perfection de cette montre!Merci!
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« Le prix s’oublie, la qualité reste! » (Les tontons flingueurs)24 avril 2011 à 12h52 #420001351332BRxavier
MembreEncore merci pour ces éléments.
Puisse-je en savoir plus sur la technique du nielle sur argent : je comprends que c’est plus qu’une simple peinture sur la lunette. Quelles sont les techniques et la matières utilisées ?24 avril 2011 à 12h59 #420001351333ZEN
MembreLe Niel confondu à tort avec un émail noir erelève d’une technique initialement développée en Russie dans la ville de Toula qui le faisait appeler autrefois émail de Toula. La technique d’application n’a pourtant rien à voir avec l’émail qui n’est qu’une application superficielle parfois cuite d’une matière colorée. Le Niel est quant à lui composé de sulfures métalliques de plomb, d’argent et de cuivre qui s’introduit dans le métal de l’objet décoré, en l’occurrence la cuvette de la montre.
Par un passage au feu, ce composé chimique est solidifé et il se produit une sulfuration de l’argent avec lequel il entre en contact en se soudant sur le support. Ainsi la partie niellée fait corps avec son support.Pour obtenir un dessin particulier, on va préalablement à l’application, creuser artistiquement l’objet à nieller, les parties creusées logeant le composé noir. La boite de l montre est ensuite passée au feu et polie. Huguenin fut l’un des grands spécialistes de ces opérations.
De la fin du 19ème siècle au milieu du 20ème siècle, les boites niellées furent considérées comme quasi inusables en tous les cas au moins ausi résistantes que les boites en argent. Le recul permet de conster que le vieillissement du Niel est différent de celui de l’argent et que la réaction du métal à la température notamment en raison de la dilatation, hélas. Les pièces en parfait état sont exceptionnelles.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2011 à 13h19 #420001351334BRxavier
Membre- ZEN a écrit:
- Le Niel confondu à tort avec un émail noir erelève d’une technique initialement développée en Russie dans la ville de Toula qui le faisait appeler autrefois émail de Toula. La technique d’application n’a pourtant rien à voir avec l’émail qui n’est qu’une application superficielle parfois cuite d’une matière colorée. Le Niel est quant à lui composé de sulfures métalliques de plomb, d’argent et de cuivre qui s’introduit dans le métal de l’objet décoré, en l’occurrence la cuvette de la montre.
Par un passage au feu, ce composé chimique est solidifé et il se produit une sulfuration de l’argent avec lequel il entre en contact en se soudant sur le support. Ainsi la partie niellée fait corps avec son support.Pour obtenir un dessin particulier, on va préalablement à l’application, creuser artistiquement l’objet à nieller, les parties creusées logeant le composé noir. La boite de l montre est ensuite passée au feu et polie. Huguenin fut l’un des grands spécialistes de ces opérations.
De la fin du 19ème siècle au milieu du 20ème siècle, les boites niellées furent considérées comme quasi inusables en tous les cas au moins ausi résistantes que les boites en argent. Le recul permet de conster que le vieillissement du Niel est différent de celui de l’argent et que la réaction du métal à la température notamment en raison de la dilatation, hélas. Les pièces en parfait état sont exceptionnelles.
Merci pour ces informations, c’est très intéressant.
Dommage qu’aucune marque n’ait repris ces techniques anciennes sur ses montres de poignet modernes, ce serait une belle façon de faire revivre la tradition.
Peut-être le fait que l’on ne voit plus de boitier en argent y est pour beaucoup, c’est aussi très dommage. L’argent prend rapidement une patine que je trouve très agréable (j’ai acheté des boutons de manchette cet été au Pérou et je suis très content de leur patine).24 avril 2011 à 13h24 #420001351335ZEN
MembreLe niel je pense eut été importable au poignet entrainant des allergies au regard de sa composition. Par contre, il est dommage que sa restauration sur des pièces anciennes soit quasi impossible car seule une société à Londre s fait ce type de prestation très encadré au niveau des systèmes anti-pollution et donc prestations chères et très très longues…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).24 avril 2011 à 13h32 #420001351336BRxavier
MembreMerci Zen°
Dommage en tout cas pour cette technique ancienne.
Même si seule la lunette était niellée, ce serait suffisamment allergisant ? (sans doute)
La nouvelle Panerai en bronze a un fond en titane pour éviter les allergies, je pensais naïvement que l’on aurait pu envisager un fond stable en titane et une lunette en argent niellée. C’est sans doute trop compliqué ou techniquement infaisable ou trop cher pour un marché d’amateurs trop restreint.
25 avril 2011 à 19h41 #420001351337ZEN
MembreOui, c’est hélas une technique perdue
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
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