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jwhy, le il y a 7 années et 5 mois.
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8 mai 2019 à 4h20 #410000138298
ZEN
MembreLa résistance des montres confrontées au froid polaireLe 9 mai 1926, il y a donc pile 93 ans, l’Amiral Richard E Byrd était le premier avec son pilote Floyd Benett à survoler le Pôle Nord, un exploit qui associait Longines et une chaine de recherches des manufactures horlogères pour protéger leurs instruments du froid polaire.
La conquête des pôles a fait couler beaucoup de sang et beaucoup d’encre. Les explorateurs pionniers de la découverte de ces régions hostiles sont pour la plupart décédés tragiquement sur le chemin de leur aventure, pris dans les glaces ou atteints par des maladies consécutives à la difficulté de s’alimenter. Les découvreurs des Pôles se sont parfois perdus et ont souvent subi des avaries ce qui, dans les deux cas, leur fut fatal. La fin du XVIII ème siècle et tout le XIX ème siècle connurent des échecs dans cette soif des hommes à aller toujours plus loin découvrir tant le Pôle Nord que le Pôle Sud. Si le premier cité est moins froid que le second avec des températures fréquemment aux alentours de moins 45°celsius au nord contre moins 65° au sud, personne n’a vraiment atteint les objectifs de conquêtes avant 1909.
Au delà de la fragilité des hommes, le matériel était soumis à rude épreuve. Les coques des bateaux pris dans les glaces explosaient sous la pression, les hommes avaient les membres qui gelaient et peinaient à protéger leurs embarcations, le bois des manches des outils, comme l’acier, se brisait comme du verre. Les récits des explorations se sont peu arrêtés sur le sort des instruments d’horlogerie.
Un intérêt commercial
Bien sur, au regard de la passion suscitée par les expéditions polaires dans la presse comme dans la littérature, Jules Verne en porta une grande responsabilité, les fabricants de montres ont vite compris l’intérêt de se rapprocher des explorateurs et de passer avec eux soit des contrats d’équipement, on ne parle pas encore de sponsoring, d’ambassadeurs ou de partenariat, afin de revendiquer sur un registre commercial la participation active aux exploits sportifs.
Longines détenait en ce domaine quelques longueurs d’avance. Omega, Ulysse Nardin, Zenith mais aussi IWC, la manufacture américaine Waltham, les allemands Lange & Söhne et quelques autres maisons n’hésitent pas à prêter des montres et à participer au financement des expéditions réputées très coûteuses. Les explorateurs embarquaient plusieurs type d’instruments « horaires ». Les chronomètres de marine souvent jugés lourds et encombrants étaient malgré tout présents dans la plupart des expéditions jusqu’en 1930. Les montres chronomètres de bord figurent dès la fin du 19ème siècle dans le matériel embarqué, enfin des montres de poche viennent compléter la panoplie des équipements horlogers.
Quand les aventuriers du froid ne reviennent pas, la marque généreuse donatrice dès la fin du 19ème siècle, passe sous silence son investissement mais le succès en 1911 des expéditions du Norvégien Roald Amundsen au Pôle Sud ou en 1909 des Américains Frederick Cook et Robert Peary au Pôle Nord entraine une communication des marques associées qui veulent récolter le fruit de leur investissement. Un cercle vertueux se met alors en place avec l’explorateur héros d’une aventure difficile, la presse qui a contribué à l’intérêt du suivi de l’évènement par le public et qui reçoit en contrepartie une manne publicitaire de la marque annonceur qui a participé au succès en le finançant en partie. Il y a clairement une marque dominante au retour de chaque expédition même si sur le terrain les choses sont beaucoup moins simples. L’image de l’explorateur « monomarque » est rapidement mise à mal quand on examine son équipement où se côtoient les montres du partenaire officiel, les montres personnelles des équipiers et les chronomètres de marine.
Une multiplicité d’instruments
Les expéditions ne font pas qu’embarquer des instruments horaires mais aussi bien d’autres comme des compteurs de vitesse, des altimètres, des baromètres, des sextants etc … Tous ces instruments renferment des aciers et donc des éléments de fragilité qu’il faudra apprendre à maitriser.
L’Amiral Richard E Byrd fut le premier le 9 mai 1926 à survoler le Pôle Nord avec le pilote Floyd Benett. En 1924, il contribuait à la notoriété de Longines en menant des tests de résistance dans les glaces éternelles de l’antarctique. Le 28 novembre 1929, Byrd accompagné d’une équipe de 84 personnes alors qu’il vivait déjà depuis un an à plus de 3000 kilomètres de la première habitation humaine, s’engageait dans une nouvelle expédition scientifique. Sa mission cette fois consistait à opérer des recensements géographiques, cartographiques et météorologiques sur des territoires situés entre l’Ile de la Déception et la mer de Ross. Il releva des températures inférieures à moins 67 degrés au dessous de zéro. Il décrit « un froid si dur qu’il brise l’acier comme du verre. » Il rejoint dans sa description les récits de Roald Amundsen dont il va tenter de renouveler l’exploit 20 ans après. La protection des instruments contre le froid vient au rang des préoccupations majeures après celle des hommes.
Byrd avait fait fabriquer tout spécialement pour son expédition au Pôle Sud par Longines des chronomètres de marine de petites dimensions pour les rendre plus facilement transportables et mobiles. Ces chronomètres certifiés par les observatoires de Kew-Teddington et de Genève avaient pour vocation de servir à vérifier la marche des chronomètres certifiés portés par l’équipage et le chef de l’expédition. Longines avait prévu des épaisseurs de caissons en bois pour les préserver du froid et des chocs. Byrd creusa son camp de base baptisé « Little America » quasiment au même endroit que celui retenu 20 ans plus tôt par Amundsen pour passer l’hiver avec son équipage avant de rejoindre le Pôle Sud. Amundsen se déplaçait en traineau tiré par des chiens, Byrd allait réitérer l’exploit en se déplaçant en avion, un GAC, un Fairchild et un Fokker.
Une résistance limitée au froid
Byrd s’interrogea sur la manière dont Amundsen avait pu protéger ses instruments du froid lorsqu’il fit disposer des isolants dans les postes de pilotage des avions qu’il comptait utiliser. Lui en 1929 portait une montre bracelet naturellement « réchauffée » par le corps humain mais en 1909 et 1911 les équipements subissaient les assauts de la température. Même avec d’infinies précautions, les chronomètres de marine tombaient facilement au niveau de la température ambiante. Un ressort en acier qui par essence subit des contraintes de force par la torsion due au remontage casse comme du cristal. Plusieurs des montres des explorateurs avant la première guerre mondiale ne résistèrent pas au froid et seule les montres de poche ou les montres de bord portées près du corps profitaient d’une température qui permettait d’espérer qu’elle fonctionnent jusqu’au terme de la mission.
Les spiraux des instruments horaires, les ressorts des altimètres, des baromètres subissaient des avaries irréversibles au moins sur place. Le sujet fut évidemment passé sous silence à l’époque car il eut été contre productif pour une maison horlogère de devoir justifier la casse de ses instruments. On imagine toutefois la peur des équipages et des explorateurs qui devaient déterminer leur position exacte en n’ayant plus que quelques chronomètres de bord et montres à disposition et plus de chronomètres de marine réputés alors les plus fiables. Sans nul doute, les chronomètres de bord d’Ulysse Nardin ou Longines conçus pour les bâtiments de marines militaires entre autres américains faisaient partie des rares instruments susceptible de soulager leurs inquiétudes.
Les grandes maisons pour mieux résister au froid eurent recours à une diversité d’astuces. Par exemple le choix de Longines ou Ulysse Nardin de boitiers en argent meilleur conducteur de chaleur que d’autres métaux permettait de mieux préserver la température du mécanisme pour une pièce transportée à proximité du corps. D’autres comme Zenith s’orientaient vers le recours à des boitiers monoblocs plus hermétiques à l’air froid tout en favorisant le maillechort. Peu de montres ont résisté et nous sont finalement parvenues après des expéditions.
L’horlogerie a progressé et a même réussi a faire évoluer les matériaux et la précision des montres fabriquées en série mais il n’est pas certain que les nouveaux matériaux soient capables de meilleures performances dans des conditions de températures extrêmes.
Droits réservés – Forumamontres – Joël Duval – Mai 2019
8 mai 2019 à 5h00 #420004106939Ganesh
MembreTrès intéressant
Comme tu le signales, l’acier perd ses capacités d’elasticité avec le grand froid
Mon prof de métallurgie nous disait d’ailleurs que c’était la cause du naufrage du Titanic. Il aurait peut être résisté au choc avec un iceberg si celui ci avait eu lieu en mer tropicale (ceci dit on croise rarement un iceberg sous les tropiques
)8 mai 2019 à 5h02 #420004106940Christian26
Membre- Ganesh a écrit:
- Très intéressant
Comme tu le signales, l’acier perd ses capacités d’elasticité avec le grand froid
Mon prof de métallurgie nous disait d’ailleurs que c’était la cause du naufrage du Titanic. Il aurait peut être résisté au choc avec un iceberg si celui ci avait eu lieu en mer tropicale (ceci dit on croise rarement un iceberg sous les tropiques
)
Raison de plus, ton professeur était au fait de son sujet !
edit : Et merci pour cet article très instructif.
8 mai 2019 à 5h12 #420004106941Lomaing
MembreBeaucoup apprécié cet article, d’autant que je suis un peu dans ma phase « aventuriers/explorateurs »
8 mai 2019 à 6h51 #420004106942jwhy
MembreMa montre a résité au grand nord canadien ( mon record – 56 degrés C ) et à l’extrême nord norvégien !! Mais il faut préciser que la majorité du temps elle était bien au chaud sous les couches successives de manches …..
Personnellement j’aime l’idée que des montres accompagnent les grands explorateurs .
8 mai 2019 à 6h52 #420004106943ZEN
MembreCes explorations sont passionnantes et les montres à usage scientifique ont aussi une histoire extraordinaire.
J’hésite à faire un article sur les montres à angle horaire et à développer les expériences de Byrd parce que ces articles sont forcément des « niches » d’intérêt et que passer plusieurs heures à écrire cela demande de la motivation.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).8 mai 2019 à 7h38 #420004106944Zzyzx
Membre- ZEN a écrit:
- Un intérêt commercial
les fabricants de montres ont vite compris l’intérêt de se rapprocher des explorateurs et de passer avec eux soit des contrats d’équipement, on ne parle pas encore de sponsoring, d’ambassadeurs ou de partenariat, afin de revendiquer sur un registre commercial la participation active aux exploits sportifs.
Des influenceurs, pour qui nous pouvons avoir le plus profond respect

Article très intéressant sur un sujet auquel on ne pense pas.
8 mai 2019 à 7h40 #420004106945jwhy
Membre- ZEN a écrit:
- Ces explorations sont passionnantes et les montres à usage scientifique ont aussi une histoire extraordinaire.
J’hésite à faire un article sur les montres à angle horaire et à développer les expériences de Byrd parce que ces articles sont forcément des « niches » d’intérêt et que passer plusieurs heures à écrire cela demande de la motivation.
Je pense que ce futur article sera fort instructif et je peux te dire que je le lirais !!
8 mai 2019 à 9h27 #420004106946Pyjam
Membre- ZEN a écrit:
- Ces explorations sont passionnantes et les montres à usage scientifique ont aussi une histoire extraordinaire.
J’hésite à faire un article sur les montres à angle horaire et à développer les expériences de Byrd parce que ces articles sont forcément des « niches » d’intérêt et que passer plusieurs heures à écrire cela demande de la motivation.
J’ai trouvé cet article passionnant et je vous en remercie.
J’aimerais lire d’autres articles plus détaillés sur ce sujet.
8 mai 2019 à 19h37 #420004106947ZEN
MembreIl est dommage que Longines ait raté l’occasion de rendre hommage à Byrd qui a beaucoup contribué à promouvoir la marque et qui ce 9 mai 1926 a réalisé un exploit fantastique.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).10 mai 2019 à 5h51 #420004106948ZEN
MembreAu delà de l’anniversaire des exploits de Byrd au dessus du Pôle en 1926, et puisque la question m’est posée de savoir à quelle époque remontent les plus anciennes expériences scientifiques associant des montres dans les pôles, on peut situer les premières expériences significatives à 1899.
De nombreux récits antérieurs mentionnent la conquête des pôles mais sans apporter de précisions sur les instruments horlogers utilisés. Ceux-ci ont pourtant une importance fondamentale dans la détermination des longitudes notamment dans le Grand Nord.En 1899, le Duc Des Abruzzes décide d’organiser une expédition polaire dans le grand Nord. Le problème à l’époque est déjà le financement de ces expéditions d’où peu reviennent. Pour ce faire, les explorateurs multiplient les conférences payantes et les appels aux dons. En bons visionnaires, les « horlogers » y voient un moyen performant de gagner en notoriété. Certains signent des « partenariats » le terme est évidemment trop moderne pour avoir été en usage à l’époque et l’on parle alors de contrat d’équipement. Longines est au fait de cette manière de se faire de la « réclame » mais cet objectif n’est pas exclusif d’une volonté d’améliorer ses instruments et de démontrer leurs qualités supérieures dans des conditions extrêmes.
Evidemment en 1899, on n’atteint pas encore le Pôle nord mais on s’en rapproche au plus près et même si la température n’est pas aussi froide qu’au pôle sud, le grand Nord est déjà une avancée considérable dans l’exploration de régions hostiles. Le partenaire du Duc des Abruzzes sera donc Longines qui lui fournit des chronomètres dont la précision de marche reste exemplaire pendant toute l’expédition. Ironie du sort, Ernest Francillon qui à partir de 1852 a dirigé Longines et l’a considérablement modernisé meurt de la grippe le 3 avril 1900.
Il a tracé le chemin de la manufacture Longines vers la modernité et la maison reste longtemps le partenaire des expériences scientifiques liées à la découverte des pôles.
A lire sans tarder
https://sites.google.com/site/hourconquest/des-montres-d-explorateurs
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).10 mai 2019 à 6h18 #420004106949Pyjam
MembreCe n’est pas parce qu’on est éloigné du pôle que la température est plus élevée. Le climat continental de la Sibérie est par endroit encore plus froid que le pôle.
Un article assez amusant sur un village sibérien qui revendique le titre de lieu le plus froid de l’hémisphère nord : Oïmiakon. Le « pôle du froid » mondial attire les touristes
- Citation :
- En hiver, les denrées comme le poisson ou la viande, durs comme la pierre, sont conservé sur le divan près du réfrigérateur débranché et largement ouvert.
10 mai 2019 à 6h21 #420004106950ZEN
MembreTu as tout a fait raison mais Le Duc D’abruzzes avait sciemment opté pour des terres les plus éloignées où les températures étaient les plus tolérables.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).10 mai 2019 à 8h40 #420004106951jwhy
MembreC’est sympa de se plonger dans l’histoire et de se rendre compte de l’importance des montres à cette époque …..
Merci zen -
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