FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › La montre de Lucien Bourgeois
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deninou, le il y a 13 années et 6 mois.
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6 avril 2013 à 16h21 #410000093120
ZEN
MembreDésolé, je n’ai pas eu la montre mais je n’ai obtenu que son histoire. Son propriétaire était attaché affectivement à l’objet mais pas au point de renoncer à le vendre en souhaitait un prix trop élevé… L’histoire malgré tout est singulière et traduit bien ce qu’était une montre en 1893.
Nous sommes donc en 1893 et Lucien Bourgeois travaille alors dans une grande maison du secteur textile qui appelait il y a quelques mois encore ses ouvriers le matin, au moyen d’une sirène que l’entreprise a arrêtée sur demande pressante du maire de la commune, lui-même influencé par la population. L’arrêt de la sirène a eu quelques effets dommageables sur la ponctualité de certains ouvriers et Lucien, contremaître qui portait avant cela une montre bon marché peu précise, a dû s’équiper d’une bonne montre de qualité bien précise.C’est Lucien lui-même qui a acheté cette montre un soir de semaine après le travail dans une bijouterie de la ville située à coté de la Bourse du travail. La paie de Lucien fait vivre toute la famille dont Georgette son épouse et Louis et Emma leurs enfants. Lucien n’a donc pu accéder à une pièce en or ou en argent et s’est offert la version en métal blanc qui neuve ressemble le plus à l’argent. L’horloger bijoutier vend alors plusieurs marques dont Longines et Louis Brandt (Omega). C’est cette dernière marque qui séduit Lucien. Il chosit cette montre parce que l’horloger lui recommande ce mouvement de belle facture. La manufacture Brandt n’a pas encore lancé le mouvement Omega qui n’arrivera qu’un an plus tard.
Lucien fait graver sur le cache poussière « Lucien Bourgeois 21 mars 1893 » comme pour marquer sa propriété sur un objet qu’il imagine conserver toute sa vie. La gravure est à la fois une manière d’immortaliser son achat et de montrer son attachement à l’objet. C’est aussi une manière de se rendre immortel au travers d’un instrument qui mesure le temps. Jean achète conjointement à sa montre une chaîne elle aussi en métal blanc afin de pouvoir glisser la montre dans la poche de sa blouse et de la garder attachée sur lui. Cela lui donnera une « posture », un charisme vis à vis des ouvriers qu’il dirige même s’il manquera le gilet pour démontrer qu’il appartient déjà à la classe supérieure.
Le fait est que sa vie durant, Lucien portera sa montre et la chaine qui finira par user la boite sur le point de frottement de celle-ci dans la poche de sa blouse. 30 ans après son achat, Lucien partira en retraite. Il sera alors Directeur de la production sans jamais avoir changé de montre parce qu’il avait pour cet objet l’affection qu’ont ceux qui ont manqué d’argent pour les choses qu’ils ont eu du mal à acheter. Lucien meurt le 10 avril 1924, quatorze ans avant son épouse. La montre devient la propriété de Lucas qui la porte un temps puis l’abandonne dans un tiroir. Il est vrai que son père lui avait acheté une Omega en or chez le même détaillant. Lucas qui a eu deux enfants en perdit un à la guerre de 1914. Son second fils héritera des deux montres en 1947. Il ne les porte pas et les range dans un tiroir d’où elles sortent pour amuser ses propres enfants, une fille et un fils qui vend maintenant cette pièce chargée de souvenir mais y donne une valeur qui n’est pas sa valeur intrinsèque.
C’est juste une histoire simple, celle du cheminement d’un objet suivi à la trace que Lucien avait acheté pour avoir l’heure juste à une époque où la montre était avant tout un instrument destiné à donner l’heure.
6 avril 2013 à 16h26 #420002089756deninou
MembreBonjour
Belle histoire qui illustre bien les notions de transmission
Comme quoi, cela ne concerne pas que Patek…Et un petit rappel sur le fait qu avoir une montre précise a longtemps été un luxe
Merci a zen pour une nouvelle belle histoire
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