La montre d’Hector…

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    ZEN
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    Hector Parillot ne sera appelé au front qu’en 1916. Il a alors 27 ans et sa jeune femme Lucette est enceinte.

    La séparation est douloureuse sur ce quai de la gare d’Amiens. Il ne reste sur le quai que des femmes en pleurs, mère , fiancées et épouses de soldat partis sans conviction défendre la patrie.

    Le train est bondé, Hector a dans la poche la LIP que lui a offert Lucette pour leur 5 ans de mariage. Une Lip en acier noir gravée sur le deuxième fond " Pour que notre amour ne s’arrétera jamais- Ta lucette"

    Dans une cohue sans nom et un bruit assourdissant de cris mélé au lancement de la locomotive à vapeur , le train démarre au coup de sifflet du chef de gare Oeil rivé sur son régulateur.

    Dans le train, debout entre deux wagons , Hector ne cesse de regarder la montre pour voir l’heure bien sur mais aussi pour rester attaché à Lucette qui lui manque déjà.

    Trois jours plus tard, polydor est au front… Choqué par les visages ensanglantés, les estropiés de la guerre et la violence des tirs, il comprend vite que s’il revient vivant ce sera une chance considérable.

    Un matin de mai , ordre est donné de prendre d’assaut une colline . Il y aura ce jour des dizaines de morts et Hector sera blessé, étendu au sol gisant parmi ses camarades plus grièvement blessés ou tués au combat.

    Il est à demi conscient quand bravant les ordres donnés de laisser les blessé et de privilégier la prise de cette colline, un des camarades de tranchée d’Hector, revient sur ses pas et le porte sur l’épaule pour le rammener en arrière.

    Hector gardera un boitillement comme séquelle mais cette blessure lui vaudra outre quelques semaines d’hôpital d’être affecté sur les arrières. Hector ne quittera pas sa montre. Il se procurera même une chaine pour l’attacher. Hector et son sauveur resteront ami à vie.

    A la fin de la guerre il connaitra son fils mais le malheur le frappera quand sa femme sera en 1922 emportée par la tuberculose. Il laissera la montre s’arrêter. Puis il la remontera le jour des funérailles dans une petite église de la Somme.

    Hector ne s’est jamais remarié et est décédé il y a une quinzaine d’années racontant souvent cette histoire et ressortant la montre gardée précieusement sans jamais être révisée. Il ne savait plus comment le cadran avait été cassé et la montre ne donnait plus qu’une heure approximative mais pas question d’une révision " Et si on lui perdait…"

    Son petit fils a récupéré la montre. Il en parle avec émotion…

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