La griffe des managers

FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › La griffe des managers

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par ZEN, le il y a 20 années.
Affichage de 1 message (sur 1 au total)
  • Auteur
    Messages
  • #410000008795
    ZEN
    Membre
    Citation :
    La griffe des managers

    le 2 Octobre 2006

    L’horlogerie suisse s’ap­prête à vivre une nou­velle année record, plus personne aujourd’hui n’en doute. Même si les livraisons au quatrième trimestre et les ventes de Noël sont déterminantes pour cette industrie – et il convient de garder à l’esprit que ces résultats s’inscrivent dans le prolonge­ment de crus 2004 et 2005 déjà exceptionnels – on peut raison­nablement s’attendre sur l’en­semble de l’exercice en cours à des exportations en progression de 9 à 10%.
    A notre sens, 2007 exigera en revanche des groupes horlogers helvétiques une certaine agilité. Or, on sait à quel point les années fastes sont propices au relâchement et masquent cer­taines inefficiences opération­nelles.
    Avantage selon nous aux mar­ques horlogères qui peuvent se targuer d’une réelle légitimité dans le segment haut de gamme, qui produisent en quantités et séries limitées, qui sont bien re­présentées en Asie, qui savent se prémunir contre les fluctuations de changes et qui n’ont pas mas­sivement investi dans une aug­mentation de leurs capacités de production et de distribution (fi­liales, boutiques) au cours des 2-3 dernières années. A notre sens, les groupes cotés Swatch et LVMH répondent à ces critères.
    Dans un autre registre, le seg­ment de la joaillerie pourrait bénéficier du fait qu’il demeure encore particulièrement frag­menté. En effet, tandis que 70% du secteur horloger sont concen­trés dans les mains des trois plus grands acteurs (Rolex, Cartier, Omega), la part de marché cu­mulée des cinq plus grandes marques joaillières, à savoir Tif­fany, Cartier, Bulgari, David Yur­man et Mikimoto, n’atteint pas 10%.
    Rien d’étonnant à ce que les grands groupes multi-marques, tels que LVMH (JV avec De Beers), Swatch (avec des mar­ques telles que Breguet et Léon Hatot) ou encore Gucci (Bou­cheron), voient dans ce marché une opportunité à saisir. Dans le même ordre d’idée, des mar­ques liées à d’autres univers comme celui de la mode (Cha­nel, Gucci) ou de l’horlogerie (Piaget, Omega) investissent fortement dans ce domaine, alors que Cartier et Chopard jouissent déjà d’une légitimité avérée dans la joaillerie comme dans l’horlogerie.
    Les grands groupes du luxe, tels que LVMH ou Swatch, qui disposent d’une capacité de fi­nancement impressionnante, pourraient bien évidemment être amenés à jouer des rôles de consolidateur plutôt que de compter sur leur seule crois­sance interne. A l’inverse, des marques connues et reconnues et encore indépendantes, telles que Bulgari et Tiffany, consti­tuent des cibles de premier choix.
    2007 sera donc plus que ja­mais une affaire de manage­ment, à n’en pas douter, tant l’expérience jouera un rôle cen­tral dans l’interprétation d’indi­cateurs avancés de nature à pré­voir l’évolution des ventes. Il conviendra aux dirigeants de dé­montrer leur capacité à imposer un contrôle des coûts, si d’aven­ture les affaires devaient quelque peu se durcir, ou leurs talents de négociateur, si on devait assister à une nouvelle vague de consoli­dation.

    24 Heures – PIERRE TISSOT ( Lombard Odier Darier Hentsch & Cie)

    http://www.24heures.ch

Affichage de 1 message (sur 1 au total)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.