FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › La contrefaçon, un faux problème?
- Ce sujet contient 21 réponses, 19 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Zorba06, le il y a 14 années et 12 mois.
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10 septembre 2010 à 6h41 #410000062036
Ze White Rabbit
Membre"Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis" dit-on.
Après une remise en question de mes certitudes sur la durée des modèles déposé, le tollé créé la semaine dernière par le rapport cosigné par un Professeur britannique a été pour moi l’occasion d’approfondir la question de la contrefaçon.
En examinant le texte controversé, qui ose suggérer certains effets bénéfiques de la contrefaçon, et en le croisant avec des commentaires de 2008 d’une experte en marketing, nous voyons la différence entre contrefaçon et piratage, l’influence des célébrités sur la désirabilité de certains objets, et les erreurs des marques qui ont permis à la contrefaçon de naître et de continuer à croître comme un cancer.
La dissertation est par ici.
Comme d’habitude, les remarques et commentaires sont bienvenus.
Merci à Kjeldor pour la relecture.10 septembre 2010 à 10h26 #420001142643ftikai
MembreTrès instructif.
Ce que je retiens: la culte de la marque.
De nos jours, si je dis que le Pape est un facho, je ne ferais la peine à personne. Par contre, si je dis que l’iMachin est une bouze, ou que la montre B-machin est un modèle de la nul-créativité, je subirais la foudre de tout un pan de la population.
L’élément le plus parlant de la culte de la marque: l’adoration que les gens portent aux CEO de la marque; le Jobs est génial, le JCB est adorable. Je vais acheter cette marque de papier toilette parce que le CEO de la marque a le meme âge que moi et cpmme moi il aime les saucissons.
10 septembre 2010 à 10h33 #420001142644selfautowash
MembreIntéressant !
Merci10 septembre 2010 à 10h53 #420001142645nermal
MembreTrès instructif en effet.
J’ai ressenti tout spécialement un point tournant quand les marques les unes après les autres ont rendu leurs siglages de plus en plus visibles.
Pendant longtemps la marque était cachée à l’intérieur d’un vêtement, et elle est rapidement passée à l’extérieur dans des tailles de plus en plus grandes, ceci rejoignant l’habitude prise par certains consommateurs d’acheter des étiquettes (genre à Vintimilles par exemple) et à les coudre sur des fringues achetées chez Tati.
Dans le même ordre d’idées, d’autres consommateurs plus aisés ne pouvaient poser leurs fesses sur une serviette sans que la marque (une vraie marque en principe…) fièrement apposée sur l’étiquette ne soit ostensiblement tournée vers l’extérieur.C’est peut-être la principale dérive que les marques ont elles-mêmes suivie puis amplifiée suivant le crédo : "à quoi ça sert que j’achète du X-Machin à 2000 balles si cela ne se voit pas".
De la discrétion classe le passage s’est opéré vers l’ostensible vulgaire.
D’un autre côté, le vulgaire pris en son sens originel à permis à nombre de marques de haute couture de vendre des produits dérivés type éconoclass/confection (confection est un gros mot pour une grande maison), mais ces produits labellisés "diffusion" leur ont permis d’avoir un CA qui leur évitait un dépôt de bilan ou un rachat par une marque de surgelés…
Aujourd’hui un produit doit être soit ostensiblement indentifiable par son logo (facile) ou par son design (plus difficile), idéalement par les deux.
Ceci répondant aux besoins mélangés du marketing et du consommateur : appartenance à un groupe, sensation de privilège, signes de reconnaissance, etc.
L’ennui, c’est qu’en transformant une paire de charentaises (ou un caleçon) made in China en y apposant simplement un logo (et une sévère augmentation du prix surtout pour rendre le produit "crédible" en restant dans "l’affordable luxury") les dérives sont inévitables. J’ai eu croisé sur divers marchés allant de Vintimilles à Canal Street nombre de produits que je qualifierai de demi-contrefaçon, demi car en reprenant certains classiques de marques (type de travail sur le cuir, bandoulière caractéristique et logo "piraté"), le design de l’objet lui-même ne se retrouvait-pas dans les produits de la véritable marque mais semblait une variation naturelle des innombrables produits de celle-ci.
Mais malgré toutes ces confusions, même des faux constituent une publicité pour la vraie marque car ils ne lui sont que des substituts, et l’acheteur le sait parfaitement.
10 septembre 2010 à 11h11 #420001142646Thyrneill
Membrebonjour
Tout d’abord, la série d’articles relatée et l’article par lui même est intéressant et incite à la réflexion. Bravo.
Le sujet est toujours polémique. En effet, sur un forum comme celui ci et fréquenté par des amateurs (au sens littéral = ceux qui aiment) les montres, il est peu probable qu’il y ait des détracteurs au fait d’acquérir et/ou de porter des contrefaçons ou montres piratées.Je reviens de Chine où les contrefaçons sont légion . J’ai même eu le "privilège" de visiter l’arriere boutique d’un marchand de contrefaçons de montres. Tout était clair dès le départ, déontologiquement et aussi pour des raisons personnelles je n’étais pas intéressé mais combien d’autres auraient cédé ? Je portais une IWC aquatimer au poignet. le propriétaire m’a fait faire le tour de sa boutique d’une manière décontractée et nous avons même discuté sur certains modèles (différences par rapport aux originaux, du moins sur ce que j’en savais)
Je ne parle pas ici de valeurs morales ou d’éthique car je suis sur un forum dédié à l’horlogerie et ne veut donner de leçon de cet ordre à quiconque. Or il me semble que ceux qui cèdent à la tentation se situent dans une forme d’"air du temps" en dépit des risques encourrus . Les valeurs de travail, de recherche et développement, le simple droit de la marque ou de propriété intellectuelle n’ont pas de sens pour la plupart des acheteurs de ce type d’articles.
Il faut tout simplement avoir l’air, c’est un signe des temps encore une fois.
Il faudrait accroître la culture de certains de nos propres concitoyens sur ce qu’est un produit manufacturé et sur ses origines géographiques de production et les inviter à méditer sur Platon qui pensait que le beau était la splendeur du vrai.Thyrneill
10 septembre 2010 à 12h31 #420001142647Bender
MembreTrès instructif …
10 septembre 2010 à 12h50 #420001142648sam vintage 123
Membre- Thyrneill a écrit:
- bonjour
inviter à méditer sur Platon qui pensait que le beau était la splendeur du vrai.
Thyrneill
Merci d’élever le débat au delà du simple aspect financier ou légale c’est très appréciable
10 septembre 2010 à 21h38 #420001142649Invité
Membresuperbe intervention !!
merci du partage
10 septembre 2010 à 22h20 #420001142650fitz
Membre
L’article est très clair et je suis assez en accord avec les exemples. Mais je suis dubitatif sur certaines choses, la forme carrée des Bell&ross reprise par junkers sur ses modèles horizon est elle un contrefaçon de modèle ou un piratage d’idée
Pour le reste j’aime beaucoup ce genre de posts qui AMHA nous rendent plus alertes sur les productions mondiales.11 septembre 2010 à 5h27 #420001142651brugeron
Membresuperbe article, je n’ai pas tout réellement saisi, mais j’ai appris des choses.
11 septembre 2010 à 6h43 #4200011426527all
MembreMerci pour cet article qui, au delà de la stratégie des marques, nous renvoie à notre propre comportement.
Quelle est aujourd’hui la valeur du luxe pour chacun d’entre nous ?
Pour ma part, le luxe est intimement lié à la notion de décroissance. Acheter peu mais de qualité reste un principe de base : qualité des matériaux utilisés, savoir faire des artisans, voire savoir être des habitués de la marque. Les stratégies publicitaires (qui pour la plupart semblent s’adresser à des demeurés tant les ressorts en sont évidents) me laissent complètement indifférent. Je fuis comme la peste toutes ces marques qui ont galvaudé leur âme et serais aujourd’hui bien incapable de porter un polo Lacoste (ou Ralph Lauren) avec son logo boursouflé. Au final, je n’achète rien que je ne sois fier de transmettre. Cessons d’être des consommateurs pour redevenir des clients. Une réponse possible à la contrefaçon.
Cdt12 septembre 2010 à 11h34 #420001142653corsaire75
Membre- ftikai a écrit:
- De nos jours, si je dis que le Pape est un facho, je ne ferais la peine à personne.
Tu te trompes, mon cher Ftikai.
12 septembre 2010 à 12h21 #420001142654skeleton31
Membresuper sujet lapin blanc , au final ce sont les marques de luxe qui à force de prendre les consommateurs pour des jambons vont , elles , se faire manger ….çà ne me dérange pas plus que çà en definitive .
12 septembre 2010 à 12h34 #420001142655ftikai
Membre- fitz a écrit:
- Mais je suis dubitatif sur certaines choses, la forme carrée des Bell&ross reprise par junkers sur ses modèles horizon est elle un contrefaçon de modèle ou un piratage d’idée
Il faut voir si c’est B&R qui a été le premier à faire des montres de forme carrée "instrument cockpit". La réponse est clairement non.
http://uaf13892.ddns.uark.edu/jgauch/photos/watches/vintage_seiko/Silverwave2/001.jpg
12 septembre 2010 à 12h54 #420001142656Thelemys
MembreLecture très intéressante.
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