La contrefaçon, un faux problème?

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 22)
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  • #410000062036

    "Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis" dit-on.

    Après une remise en question de mes certitudes sur la durée des modèles déposé, le tollé créé la semaine dernière par le rapport cosigné par un Professeur britannique a été pour moi l’occasion d’approfondir la question de la contrefaçon.

    En examinant le texte controversé, qui ose suggérer certains effets bénéfiques de la contrefaçon, et en le croisant avec des commentaires de 2008 d’une experte en marketing, nous voyons la différence entre contrefaçon et piratage, l’influence des célébrités sur la désirabilité de certains objets, et les erreurs des marques qui ont permis à la contrefaçon de naître et de continuer à croître comme un cancer.

    La dissertation est par ici.

    Comme d’habitude, les remarques et commentaires sont bienvenus.
    Merci à Kjeldor pour la relecture.

    #420001142643
    ftikai
    Membre

    Très instructif.

    Ce que je retiens: la culte de la marque.

    De nos jours, si je dis que le Pape est un facho, je ne ferais la peine à personne. Par contre, si je dis que l’iMachin est une bouze, ou que la montre B-machin est un modèle de la nul-créativité, je subirais la foudre de tout un pan de la population.

    L’élément le plus parlant de la culte de la marque: l’adoration que les gens portent aux CEO de la marque; le Jobs est génial, le JCB est adorable. Je vais acheter cette marque de papier toilette parce que le CEO de la marque a le meme âge que moi et cpmme moi il aime les saucissons.

    #420001142644
    selfautowash
    Membre

    Intéressant !
    Merci

    #420001142645
    nermal
    Membre

    Très instructif en effet.

    J’ai ressenti tout spécialement un point tournant quand les marques les unes après les autres ont rendu leurs siglages de plus en plus visibles.
    Pendant longtemps la marque était cachée à l’intérieur d’un vêtement, et elle est rapidement passée à l’extérieur dans des tailles de plus en plus grandes, ceci rejoignant l’habitude prise par certains consommateurs d’acheter des étiquettes (genre à Vintimilles par exemple) et à les coudre sur des fringues achetées chez Tati.
    Dans le même ordre d’idées, d’autres consommateurs plus aisés ne pouvaient poser leurs fesses sur une serviette sans que la marque (une vraie marque en principe…) fièrement apposée sur l’étiquette ne soit ostensiblement tournée vers l’extérieur.

    C’est peut-être la principale dérive que les marques ont elles-mêmes suivie puis amplifiée suivant le crédo : "à quoi ça sert que j’achète du X-Machin à 2000 balles si cela ne se voit pas".

    De la discrétion classe le passage s’est opéré vers l’ostensible vulgaire.

    D’un autre côté, le vulgaire pris en son sens originel à permis à nombre de marques de haute couture de vendre des produits dérivés type éconoclass/confection (confection est un gros mot pour une grande maison), mais ces produits labellisés "diffusion" leur ont permis d’avoir un CA qui leur évitait un dépôt de bilan ou un rachat par une marque de surgelés…

    Aujourd’hui un produit doit être soit ostensiblement indentifiable par son logo (facile) ou par son design (plus difficile), idéalement par les deux.

    Ceci répondant aux besoins mélangés du marketing et du consommateur : appartenance à un groupe, sensation de privilège, signes de reconnaissance, etc.

    L’ennui, c’est qu’en transformant une paire de charentaises (ou un caleçon) made in China en y apposant simplement un logo (et une sévère augmentation du prix surtout pour rendre le produit "crédible" en restant dans "l’affordable luxury") les dérives sont inévitables. J’ai eu croisé sur divers marchés allant de Vintimilles à Canal Street nombre de produits que je qualifierai de demi-contrefaçon, demi car en reprenant certains classiques de marques (type de travail sur le cuir, bandoulière caractéristique et logo "piraté"), le design de l’objet lui-même ne se retrouvait-pas dans les produits de la véritable marque mais semblait une variation naturelle des innombrables produits de celle-ci.

    Mais malgré toutes ces confusions, même des faux constituent une publicité pour la vraie marque car ils ne lui sont que des substituts, et l’acheteur le sait parfaitement. Chinois

    #420001142646
    Thyrneill
    Membre

    bonjour

    Tout d’abord, la série d’articles relatée et l’article par lui même est intéressant et incite à la réflexion. Bravo.
    Le sujet est toujours polémique. En effet, sur un forum comme celui ci et fréquenté par des amateurs (au sens littéral = ceux qui aiment) les montres, il est peu probable qu’il y ait des détracteurs au fait d’acquérir et/ou de porter des contrefaçons ou montres piratées.

    Je reviens de Chine où les contrefaçons sont légion . J’ai même eu le "privilège" de visiter l’arriere boutique d’un marchand de contrefaçons de montres. Tout était clair dès le départ, déontologiquement et aussi pour des raisons personnelles je n’étais pas intéressé mais combien d’autres auraient cédé ? Je portais une IWC aquatimer au poignet. le propriétaire m’a fait faire le tour de sa boutique d’une manière décontractée et nous avons même discuté sur certains modèles (différences par rapport aux originaux, du moins sur ce que j’en savais)
    Je ne parle pas ici de valeurs morales ou d’éthique car je suis sur un forum dédié à l’horlogerie et ne veut donner de leçon de cet ordre à quiconque. Or il me semble que ceux qui cèdent à la tentation se situent dans une forme d’"air du temps" en dépit des risques encourrus . Les valeurs de travail, de recherche et développement, le simple droit de la marque ou de propriété intellectuelle n’ont pas de sens pour la plupart des acheteurs de ce type d’articles.
    Il faut tout simplement avoir l’air, c’est un signe des temps encore une fois.
    Il faudrait accroître la culture de certains de nos propres concitoyens sur ce qu’est un produit manufacturé et sur ses origines géographiques de production et les inviter à méditer sur Platon qui pensait que le beau était la splendeur du vrai.

    Thyrneill

    #420001142647
    Bender
    Membre

    Très instructif …

    bravohap bravohap bravohap

    #420001142648
    Thyrneill a écrit:
    bonjour

    inviter à méditer sur Platon qui pensait que le beau était la splendeur du vrai.

    Thyrneill

    Merci d’élever le débat au delà du simple aspect financier ou légale c’est très appréciable

    #420001142649
    Invité
    Membre

    superbe intervention !!
    merci du partage Chinois

    #420001142650
    fitz
    Membre

    bravohap bravohap bravohap
    L’article est très clair et je suis assez en accord avec les exemples. Mais je suis dubitatif sur certaines choses, la forme carrée des Bell&ross reprise par junkers sur ses modèles horizon est elle un contrefaçon de modèle ou un piratage d’idée quid 2
    Pour le reste j’aime beaucoup ce genre de posts qui AMHA nous rendent plus alertes sur les productions mondiales.

    #420001142651
    brugeron
    Membre

    superbe article, je n’ai pas tout réellement saisi, mais j’ai appris des choses.

    #420001142652
    7all
    Membre

    Merci pour cet article qui, au delà de la stratégie des marques, nous renvoie à notre propre comportement.
    Quelle est aujourd’hui la valeur du luxe pour chacun d’entre nous ?
    Pour ma part, le luxe est intimement lié à la notion de décroissance. Acheter peu mais de qualité reste un principe de base : qualité des matériaux utilisés, savoir faire des artisans, voire savoir être des habitués de la marque. Les stratégies publicitaires (qui pour la plupart semblent s’adresser à des demeurés tant les ressorts en sont évidents) me laissent complètement indifférent. Je fuis comme la peste toutes ces marques qui ont galvaudé leur âme et serais aujourd’hui bien incapable de porter un polo Lacoste (ou Ralph Lauren) avec son logo boursouflé. Au final, je n’achète rien que je ne sois fier de transmettre. Cessons d’être des consommateurs pour redevenir des clients. Une réponse possible à la contrefaçon.
    Cdt

    #420001142653
    corsaire75
    Membre
    ftikai a écrit:
    De nos jours, si je dis que le Pape est un facho, je ne ferais la peine à personne.

    Tu te trompes, mon cher Ftikai.

    #420001142654
    skeleton31
    Membre

    super sujet lapin blanc , au final ce sont les marques de luxe qui à force de prendre les consommateurs pour des jambons vont , elles , se faire manger ….çà ne me dérange pas plus que çà en definitive .

    #420001142655
    ftikai
    Membre
    fitz a écrit:
    Mais je suis dubitatif sur certaines choses, la forme carrée des Bell&ross reprise par junkers sur ses modèles horizon est elle un contrefaçon de modèle ou un piratage d’idée quid 2

    Il faut voir si c’est B&R qui a été le premier à faire des montres de forme carrée "instrument cockpit". La réponse est clairement non.

    http://uaf13892.ddns.uark.edu/jgauch/photos/watches/vintage_seiko/Silverwave2/001.jpg

    #420001142656
    Thelemys
    Membre

    Lecture très intéressante.

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