La Chine deviendra le premier marché du luxe

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    «La Chine deviendra le premier marché du luxe»

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    Le patron du groupe Bulgari, Francesco Trapani. Photo: Keystone

    LUXE. Francesco Trapani, patron du groupe italien Bulgari, table sur une hausse de 8 à 12% du chiffre d’affaires et du bénéfice en 2007. Il confirme l’importance, pour la société, du site neuchâtelois qui emploie plus de 500 collaborateurs.

    Bastien Buss
    Lundi 25 juin 2007

    Le Temps: Comment qualifieriez-vous le secteur du luxe actuellement?

    Francesco Trapani:Le marché du luxe, dans lequel nous évoluons, s’avère très «bullish». C’est-à-dire que la situation est particulièrement positive et que la demande reste soutenue. Et cela partout dans le monde. Non seulement des pays comme l’Italie, la France ou les Etats-Unis performent très bien, mais les pays émergents constituent évidemment de magnifiques relais de croissance. Un seul marché pose problème, à savoir le Japon, en raison de la faiblesse du yen.

    – Qu’avez-vous mis en place pour enrayer ce phénomène?

    – Bulgari a consenti d’énormes investissements, en particulier dans le retail. D’ici la fin de l’année, nous allons ouvrir deux nouveaux magasins à Tokyo. Dont une tour de onze étages. Il s’agit de deux incroyables instruments de vente qui nourriront l’image du groupe au pays du Soleil -Levant. Nous avons bon espoir d’inverser la tendance (ndlr: vente en recul au premier trimestre de cette année).

    – Avec les fortunes croissantes dans les pays émergents, peut-on parler d’une nouvelle ère pour le luxe?

    – Nous sommes très optimistes sur les perspectives de ce secteur. Son évolution est étroitement liée au développement économico-social de la planète. Pour l’heure, tous les voyants sont au vert. Il est évident que les plus forts taux de croissance sont enregistrés dans des pays comme, l’Inde, la Russie ou encore la Chine. C’est ce dernier qui possède d’ailleurs le potentiel le plus élevé. Nous allons d’ailleurs y ouvrir encore trois nouvelles boutiques cette année. Nous en posséderons donc neuf au total. Ce rythme d’ouverture va se poursuivre ces prochaines années. Ce pays, un jour, dépassera d’ailleurs le Japon comme premier marché mondial du luxe.

    – Quand?

    – Difficile à dire. Mais cela devrait prendre encore une dizaine d’années.

    – Quelles sont vos prévisions pour l’exercice en cours?

    – Bulgari confirme ses objectifs. Nous n’avons aucune raison de les revoir. Le groupe mise toujours sur une progression de 8 à 12% au niveau du chiffre d’affaire et sur une évolution similaire du bénéfice net.

    – Souhaitez-vous croître par acquisitions?

    – Bien sûr. D’un côté, notre processus de verticalisation dans la production va se poursuivre avec l’achat de petites unités de production ou de distribution. Nous menons cette politique depuis plusieurs années avec succès.

    De l’autre, nous saurons saisir toute opportunité d’acquisitions, car nous disposons d’un cash-flow suffisant et des capacités managériales pour mener à bien ce genre d’opérations. Cela dit, rien de disponible ou d’intéressant ne se trouve sur le marché. Idéalement, nous aimerions nous renforcer en premier lieu dans le secteur de l’horlogerie. Et pourquoi pas dans la bijouterie et la maroquinerie.

    – On qualifie souvent le groupe comme une cible potentielle. Qu’en pensez-vous?

    – Que les choses soient claires, Bulgari n’est pas à vendre. Nous resterons indépendants et pour la petite histoire nous n’avons reçu aucune offre de reprise. C’est le jeu du marché que de lancer des rumeurs à tout va. Ce qui permet aux hedge funds et aux fonds d’investissement de prendre des bénéfices en fonction de l’évolution de l’action.

    – Ces fonds d’investissements sont encore absents de l’univers du luxe. Pourquoi?

    – Cela s’explique très simplement. Normalement lorsqu’un investisseur rachète une entreprise de luxe, il doit l’accompagner d’un projet de développement sur le moyen et long terme. En aucun cas, il ne peut s’agir d’un processus de rationalisation, dont sont si friandes ces sociétés. Pour asseoir une position dans le luxe, le facteur temps est primordial. Ce qui n’est pas en adéquation avec le rythme d’un fonds d’investissement. Par ailleurs, la plupart de ces sociétés ne disposent pas de l’expertise requise pour gérer une entreprise de luxe.

    – Que représente le site de Neuchâtel dans votre dispositif?

    – Il revêt une importance capitale. D’ailleurs, nos vingt ans de présence le prouvent. Nous y avons regroupé de nombreuses fonctions, entre autres l’horlogerie, les accessoires et la parfumerie. A l’heure actuelle, Bulgari emploie entre 500 et 600 personnes dans le chef-lieu. Au total, notre société dispose de 700 collaborateurs en Suisse, magasins du groupe compris. A noter que nous venons d’ouvrir une enseigne à Lugano, la plus grande boutique Bulgari sur sol helvétique, Il s’agit de la quatrième dans le pays après Genève, Saint-Moritz et Zurich.

    http://www.letemps.ch/template/economie.asp?page=9&article=210017

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