L’horlogerie Suisse affiche son insolente santé financiére

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    ZEN
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    Etonnant tout de même comme ces petites choses, ces cadrans ronds et carrés, ces perles, diamants, bagues et colliers en tout genre peuvent fasciner et se vendre par millions chaque année… Les bijoux sont vieux comme le monde, les montres et horloges vieilles de quelques siècles. Elles donnent toujours l’heure de la même manière mais se renouvellent en permanence. Et c’est ainsi que Bâle accueille chaque printemps la plus grande foire mondiale du genre.

    Signe de l’importance de la manifestation: il n’y a plus une chambre de libre en ville. Beaucoup d’exposants sont donc contraints d’aller chercher gîte et couvert en Allemagne ou en France voisines. Certains y vont d’ailleurs aussi pour des raisons financières, car la «Messe» alimente une méchante hausse des tarifs hôteliers, provoquant au passage un vif débat dans la presse locale.

    Riposte antichinoise

    Rien ne dit que la tendance s’inverse. Car le monde de l’horlogerie, en particulier ses représentants helvétiques, affiche une santé insolente. Jacques J. Duchêne, président du comité des exposants de Baselworld 2006, a rappelé hier dans sa conférence de presse ces fameux chiffres qui donnent le tournis. «Si 2004 s’est avérée particulièrement bénéfique pour l’exportation de l’industrie horlogère suisse, 2005 a dépassé toutes nos espérances. Pour la première fois, elle passe la barre des 12 milliards de francs. Soit une hausse de 12,9% par rapport à l’an dernier», a précisé celui-ci. On le sait, c’est le secteur des produits de luxe qui a tiré toute la branche vers ces sommets. Un facteur qui inquiète certains: cette hyperspécialisation n’est-elle pas dangereuse, compte tenu de l’aspect cyclique des tendances en la matière? De son côté, Nick Hayek junior, président de la direction générale du groupe Swatch, affirme, d’une part, avoir pris la mesure du risque, et d’autre part, préparer une riposte antichinoise dans le moyen et bas de gamme.

    Sus aux contrefacteurs!

    Autre corollaire, fort dommageable, de cette expansion tous azimuts: la contrefaçon. Le thème, récurrent, était au centre du débat hier à Bâle. Si l’on en croit les chiffres donnés par Jacques J. Duchêne, elle continue de se développer et représenterait aujourd’hui pas moins de 10% du commerce mondial, tous secteurs industriels confondus s’entend. Pour ce qui est des montres suisses, 40 millions d’entre elles seraient copiées chaque année. Le tout pour un bénéfice de quelque 800 millions de francs pour les contrefacteurs. «Il faut bien comprendre que cela se fait au détriment de nos entreprises, qui dépensent des sommes importantes pour la recherche, le développement, le marketing et la formation du personnel. Si nous ne poursuivons pas une lutte impitoyable, cette situation risque d’affecter notre économie dans un avenir proche», assène-t-il. La lutte passe bien sûr par plusieurs chemins: par l’information des consommateurs, le renforcement des législations antifraude, le démantèlement des réseaux de distribution et enfin, point capital, par l’arrêt de la production. «Il faut couper la tête, sinon tout le reste ne servira à rien», conclut Duchêne, dont le regard se tourne essentiellement vers l’Asie du Sud-Est et en particulier vers la Chine.

    Thierry Brandt – 30 mars 2006 © Edipresse Publications SA

    http://www.24heures.ch/vqhome/le_journal/economie/foire_horlogere_300306.edition=ls.html

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