FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › L’espionnage industriel japonais dans l’horlogerie suisse au cours des années60
- Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Arnaud.A, le il y a 8 années et 5 mois.
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10 mai 2018 à 21h44 #410000132954
Arnaud.A
MembreDéjà partagé sur le forum Seiko, je me suis dit que ça pourrait intéresser d’autres personnes ici aussi.
Voici un excellent article de Pierre-Yves Donzé sur l’espionnage industriel, à lire à partir de la page 137. Il y explique l’évolution de l’industrie horlogère Nippone à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, rappelle comment Seiko a failli renverser l’industrie Suisse avant l’arrivée du quartz (la crise des 70s n’étant donc pas une crise du quartz mais une crise du modèle industriel Suisse) et comment le Japon s’y est prit pour espionner l’industrie Suisse et en particulier la fabrication de certaines machines qui permettent l’automatisation de nombreuses opérations. Car oui, à l’époque, assembler des montres à la main était considéré comme dépassé. Comme quoi…
Résumé:
- Citation :
- Durant la seconde partie des années soixante, la société Seiko, premier groupe horloger japonais, déploie des activités d’espionnage industriel en Suisse, dans le but d’acquérir de nouvelles technologies liées à la production en masse de montres.
L’industrie horlogère nippone est alors dans une phase de forte croissance et d’expansion sur le marché mondial. L’automatisation de la production, grâce à l’usage de machines-transferts développées dans des entreprises suisses, doit permettre de renforcer la compétitivité de Seiko. Ces machines sont acquises grâce à la coopération avec des ingénieurs suisses qui vendent des plans et leur savoir-faire au concurrent japonais.
Mise à jour en 1970, cette affaire d’espionnage industriel donne lieu à une enquête de la police fédérale suisse. Toutefois, l’importance que prend le Japon comme débouché commercial pour l’horlogerie suisse mène à un abandon des poursuites judiciaires en Suisse.
https://www.utbm.fr/wp-content/uploads/2015/04/LivreNum52_LesCahiersDeRECITS-06.pdf
Bonne lecture !
10 mai 2018 à 22h47 #420003868586Leopal
MembreIntéressant, je vais jeter un œil.
Il est clair que fut un temps, les Japonais (comme les Coréens plus tard, ou les Chinois aujourd’hui) ont beaucoup copié, avant de commencer à faire de très bonnes choses. L’automobile est un exemple frappant.10 mai 2018 à 23h26 #420003868587Invité
MembreAucun rapport avec l’espionnage industriel mais j’ai trouvé ce lien intéressant.
https://www.cairn.info/revue-histoire-economie-et-societe-2006-4-page-105.htm
Merci Arnaud.A pour la lecture
11 mai 2018 à 8h32 #420003868588Leopal
MembreIntéressant, Arnaud. Tout cela était fait méthodiquement, avec vol manifeste de propriété intellectuelle, pots-de-vin, etc… Il parait que tous les coups sont permis dans les affaires.
Ceci dit on lit aussi que Seiko s’est plus inspiré d’autres entreprises japonaises pour l’organisation du travail, ils n’ont donc pas tout piqué en Suisse.
Et puis après, on ne peut pas leur enlever ça, ils se sont améliorés au point de battre les suisses en précision.12 mai 2018 à 1h42 #420003868589Arnaud.A
MembreC’est clair que c’était bien organisé !
Cela dit, il faut noter que certaines entreprises désiraient faire commerce avec le Japon mais c’est l’organisation cartelaire de l’industrie Suisse dont parle bien PYD qui les a obligé à utiliser des moyens contournés (comme le fait d’ouvrir une antenne au Luxembourg pour exporter) pour vendre aux Japonais.
Et au final, ils ont laissé couler pour ne pas se mettre à dos le marché Japonais… Encore juste des histoires de gros sous
@paulh: en effet il y a plusieurs écrits de PYD dispo en ligne qui sont très intéressants. https://sites.google.com/site/pydonze/research
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