FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › L’émail du pauvre : le niel
- Ce sujet contient 27 réponses, 17 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
MONTEMONT, le il y a 1 année et 9 mois.
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30 mars 2013 à 17h22 #410000092914
ZEN
MembreL’émail du pauvre : le nielLe noir profond des montres niellées est le fruit d’un travail très particulier et d’un art unique dont la pratique est aujourd’hui quasiment perdue et qu’on appelle le niellage, c’est à dire l’application totale ou partielle de niel sur la surface des couvercles, de la carrure de la boîte et parfois de la lunette
Le niel est issue d’une technique initialement développée en Russie dans la ville de Toula qui le faisait appeler autrefois émail de Toula. La technique d’application n’a pourtant rien à voir avec l’émail qui n’est qu’une application superficielle, parfois cuite, d’une matière colorée. Le niel est quant à lui composé de sulfures métalliques de plomb, d’argent et de cuivre qui s’introduit dans le métal de l’objet décoré, en l’occurrence la cuvette de la montre. Par un passage au feu, ce composé chimique, qui fond à une température peu élevée sans risque pour l’argent, est solidifié et il se produit une sulfuration de l’argent avec lequel il entre en contact en se soudant sur le support. Ainsi la partie niellée fait corps avec ce dernier. Pour obtenir un dessin particulier, on va préalablement à l’application, creuser artistiquement l’objet à nieller, les parties creusées logeant le composé noir. La boîte de la montre est ensuite passée au feu et polie. Huguenin fut l’un des grands spécialistes de ces opérations pour de nombreuses manufactures horlogères.
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De la fin du 19ème siècle au milieu du 20ème siècle, les boîtes niellées furent considérées comme quasi inusables, en tous les cas au moins aussi résistantes que les boîtes en argent. Le vieillissement du niel est avec le recul, différent de celui de l’argent et cela notamment en raison de la réaction du métal à la température et de la dilatation qui en découle. Dans une revue interne de 1921, Zenith présente des pièces soumises à des tests de torsions afin d’éprouver la solidité du niel. Sur ces pièces neuves, le niel accompagne parfaitement la déformation du support sans s’altérer en aucune manière.

Le niel fut associé essentiellement avec des boîtes en argent mais aussi avec des boîtes en métal blanc ou maillechort, dit également argentan. Plus rarement, les boîtes niellées sont en or, métal avec lequel la soudure est plus difficile en raison des différence de point de fusion. Le support semble déterminant dans la solidité du niel. Les années ont permis de mesurer que l’on ignorait tout des capacités de vieillissement du niel qui ne résiste pas aux chocs ni aux variations extrêmes de températures. Le niel, avec le temps, s’écaille, se sépare du support si celui-ci s’oxyde, se fend en cas de forte chaleur sèche, se casse si le support se déforme.

Davantage suisse, la spécialité du niellage fut moins répandue sur des montres d’autres nationalités. Les Américains préféraient en effet les montres plaquées or et le niel se répandit davantage sur les marchés européens et d’Amérique du sud. La Russie fut l’un des grands marchés où ce type de pièce fut largement diffusé.
30 mars 2013 à 17h55 #420002078084nard
MembreMerci Zen pour cet exposé très intéressant. Je ne connaissais pas du tout ce procédé.
Petites questions : la technique du niellage à-t-elle été utilisée sur des cadrans. Si non, y a-t-il une raison particulière (technique voire esthétique) à cela?
Merci d’avance pour les réponses apportées.
30 mars 2013 à 18h31 #420002078085Gibson
MembreOn en apprend toujours plus sur FAM
Merci30 mars 2013 à 19h11 #420002078086oliveka
Membreencore un truc que je ne connaissais pas
j’espère voir en vrai une telle réalisation.
Merci ZEN de nous pousser encore une fois à regarder les montres de poche!
Olivier
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Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.30 mars 2013 à 19h20 #420002078087ZEN
Membre- nard a écrit:
- Merci Zen pour cet exposé très intéressant. Je ne connaissais pas du tout ce procédé.
Petites questions : la technique du niellage à-t-elle été utilisée sur des cadrans. Si non, y a-t-il une raison particulière (technique voire esthétique) à cela?
Merci d’avance pour les réponses apportées.
Je pense que des cadrans niellés ont pu exister. Je n’en ai jamais vu mais la technique est compatible pourvu que l’épaisseur soit anticipée. Le hic avec le niel est qu’il est quasi irréparable aujourd’hui . Seul un Anglais pourvu d’une installation de dépollution très sévére répare encore avec des délais de 3 à 4 ans… et des prix stratosphériques. En Suisse plus personne à ma connaissance ne maitrise cette technique.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).30 mars 2013 à 19h21 #420002078088nard
MembreMerci beaucoup!
31 mars 2013 à 10h26 #420002078089ej2
Membre- ZEN a écrit:
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Je pense que des cadrans niellés ont pu exister. Je n’en ai jamais vu mais la technique est compatible pourvu que l’épaisseur soit anticipée. Le hic avec le niel est qu’il est quasi irréparable aujourd’hui . Seul un Anglais pourvu d’une installation de dépollution très sévére répare encore avec des délais de 3 à 4 ans… et des prix stratosphériques. En Suisse plus personne à ma connaissance ne maitrise cette technique.
je me posais, il y a peu de temps, la question de la nature de ce revetement et de la possibilite de reparation
je pense avoir malheureusement la reponse si Zen peut dire s’il s’agit bien de cette technique ?

à moins que l’on puisse remplacer par un autre type de revetement dans la gravure du boitier ?
31 mars 2013 à 11h31 #420002078090YoshiBipBip
Membre- ZEN a écrit:
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Sujet intéressant et découverte pour moi. Ces pièces sont superbes, il est dommage que ce procédé ne résiste finalement pas au temps comme les tests réalisés à l’époque pouvaient le laisser escompter.
31 mars 2013 à 11h48 #420002078091ZEN
MembreDisons qu’elles nécessitaient un minimum de soins et que le port dans la poche les exposait aux chocs davantage paradoxalement que les montre bracelet. En outre, l’argent est un métal un peu mou qui n’arrangeait pas les choses. Les niels sur acier quant à eux tenaient plus ou moins bien et ceux sur métal blanc un peu plus.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).31 mars 2013 à 12h21 #420002078092ZEN
MembreParmi les plus beaux niels art déco, il y a ceux-ci …


Sur cette Zenith, la manufacture vendait y compris la chaîne niellée …



L’art nouveau fut riche en montres niellées
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).31 mars 2013 à 14h23 #420002078093Pierre-Yves
MembreMagnifiques exemples
31 mars 2013 à 16h22 #420002078094Kerangaro
Membrebelle technique, le problème c’est que très souvent sur les montres de poches anciennes, le niellage à tendance à se faire la malle…
31 mars 2013 à 17h32 #420002078095ZEN
MembrePar comparaison, voici de l’émail noir(et non de la laque) sur une Ermeto de Movado
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).31 mars 2013 à 18h46 #420002078096danlam
MembreJ’ai cru l’espace d’un instant, dans le titre, qu’on parlait de Free…..
Magnifique technique qui me rappelle le damasquinage.
1 avril 2013 à 10h53 #420002078097ZEN
MembreCelle-ci est ma petite dernière
Niel parfait par contre, il a fallu un orfèvre de la montre de poche pour la remettre en état.

Ressort de mise à l’heure cassé (la pièce est difficile à trouver) , axe de balancier cassé, pivot usé ( pierre à changer). la montre a paradoxalement très peu tourné mais elle l’a fait sans huile et tardivement d’où la cassure. Un verre collé jauni la rendait laide ce qui paradoxalement l’a préservée.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
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