FORUMAMONTRES › Forums › Forum de discussions sur les montres militaires › Khaki Pilot Pioneer Mechanical : La montre Hamilton de l’armée de l’air anglaise
- Ce sujet contient 24 réponses, 15 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
andy21fr, le il y a 3 années et 3 mois.
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18 janvier 2020 à 10h46 #410000141925
ZEN
MembreKhaki Pilot Pioneer Mechanical :
La montre Hamilton de l’armée anglaise W 10 reprend du serviceQuand en 1972 le ministère de la défense britannique, « MOD » pour Ministry Of Defence, se met en quête d’une montre pour la Royal Air Force, la Royal Navy et l’Army, il organise une opération d’envergure dont le programme est de rééquiper l’ensemble des militaires de pièces d’horlogerie ayant la précision de chronomètres et une résistance à toute épreuve. L’objectif est de remplacer le modèle, appelé « Smith’s W10 », dernière montre « mécanique » à usage général livrée à l’armée britannique.
Une montre historique
A l’époque, trois maisons sont en mesure de livrer le MOD dans les quantités et la qualité voulues. Les trois sont candidats et Hamilton se détache pour effectuer les premières livraisons. La manufacture d’origine américaine est habituée aux livraisons faites auprès des militaires. Elle livrera la montre baptisée couramment W10 à l’armée anglaise de 1973 à 1976.
Au-delà de la précision, le ministère de la défense veut des boitiers bien étanches et sécurisés en inox et donc peu allergisants. Il souhaite une lisibilité intuitive des cadrans dotés d’index luminescents et de chiffres arabes se détachant sur un fond noir. La résistance à l’humidité et de manière plus large, l’étanchéité de la montre apparaissent comme un besoin fondamental sur lequel les militaires n’imaginent pas de transiger. Tous les corps d’armée sont susceptibles d’évoluer dans des milieux hostiles, aquatiques en particulier et des atmosphères humides, tropicales ou empoussiérées.
Une pièce apte au service actif
Hamilton règle la question de l’étanchéité en proposant une montre dotée d’une boite monobloc, c’est à dire dont le fond est non pas vissé ou clipsé, mais solidaire de la carrure. Ainsi, la montre est à l’abri d’un problème de joint desséché ou déformé et d’un bricolage par un soldat en mal d’accéder au mouvement. L’acier est épais, les barrettes qui tiennent le bracelet sont fixes et indémontables, le verre est en plexi épais et bien solide. La boite de forme tonneau de 35 mm de large hors couronne et de 41 mm dans sa partie plus longue est bien adaptée à la plupart des poignets. Elle assure un confort au porté et se place facilement. Le design de ces boites est en outre très à la mode dans ces années-là. L’entrecorne de 18,5 mm impose aujourd’hui un choix de bracelet légèrement plus étroit ou légèrement plus large d’un demi-millimètre.
Un mouvement révolutionnaire
Le mouvement embarqué dès 1973 est un ETA 2750 de fabrication suisse, rebaptisé C649 par Hamilton, à remontage manuel de 17 rubis et d’une réserve de marche de 50 heures ce qui pour l’époque était une performance. Certes une telle durée est inférieure aux 80 heures offertes par la réédition du modèle de 2019 qui embarque un calibre H50 riche de 80 heures de réserve de marche, mais 50 heures est une durée supérieure à 2 jours et donc une sécurité quand le soldat oublie de remonter sa montre. En 1973, c’est une performance. Ce calibre de 15,5 lignes soit 26 mm évolue à 21 600 alternances par heure et il a la capacité de tenir le réglage d’un chronomètre. Au début des années 1970, il s’agissait d’un mouvement révolutionnaire car sa fabrication nécessitait moins de pièces que les précédents mouvements utilisés, ceci en réduisant le nombre de ponts entrant dans la fabrication. Le mouvement s’avérait ainsi plus robuste, plus fiable et d’un entretien facilité. La réduction du nombre de pièces libérait en outre un peu d’espace et autorisait de placer un barillet plus grand. Cela permettait de loger un ressort plus long portant la réserve de marche à 50 heures au lieu des 36 ou 38 heures couramment rencontrées. Ce mouvement fut au cœur des exigences du MOD qui l’imposa pour des livraisons par d’autres fournisseurs après 1976.
Un garde-temps universel
La « W 10 » avec sa forme caractéristique fut distribuée aux 3 branches du ministère de la défense. On sait quel corps a reçu la montre en dotation par la lecture de la gravure inscrite sur le fond. Le code « W10 » renvoie à l’Army, tandis que celui des montres de la Navy est « 0552 » et celui de la RAF « 6BB ». Les autres chiffres gravés se décodent ainsi : 6645 est le numéro de nomenclature OTAN d’une montre, 99 est la codification du pays, ici le Royaume-Uni, 523-8290 signifie que la montre-bracelet est à usage général. La Broad-Arrow, quant à elle, affecte la pièce à la propriété du MOD. Enfin, la dernière série de chiffres soit, par exemple, 21630/73 est un numéro de série suivi des deux derniers chiffres de l’année de mise en service de la montre. On connait ainsi tout d’une pièce à la lecture des indications gravées sur le fond.
Une réédition fidèle à l’originale
La montre des forces anglaises est aujourd’hui rééditée par Hamilton et prend le nom de Khaki Pilot Pioneer Mechanical. Son boîtier en acier inoxydable de 33 mm est mat comme la version originale de 1973 afin d’éviter tout miroitement inopportun. N’oublions pas que la montre servait aux pilotes. Son cadran, mat également, et son verre en forme de boîte avec revêtement antireflet sur les deux faces garantissent une lisibilité optimale. Cette version mise au goût du jour est fidèle au modèle des années 70 jusque dans ses plus petits détails. Son cadran noir possède une structure unique, qui évoque le boîtier grainé des appareils photo et des jumelles antérieurs à l’ère du numérique. Le mouvement à remontage manuel comme celui de la version historique profite des dernières technologies et évolue à 21 600 alternances par heure comme son aîné mais porte 80 heures de réserve de marche. Un bracelet NATO en textile résistant, gris orage ou en cuir brun vintage, vient compléter son design militaire.
La nouvelle Khaki Pilot Pioneer Mechanical est pleinement dans la lignée de son ancêtre de 1973 et réitère l’exploit d’une réserve de marche toujours plus longue pour satisfaire aux besoins du 21ième siècle. Digne héritière d’un modèle emblématique, elle procure au poignet la même émotion que la version née il y a près de 50 ans. Sa modernité participe à son pouvoir de séduction, la beauté de la pièce fait le reste.
Droits réservés – Joël Duval – Forumamontres – Janvier 202019 janvier 2020 à 16h56 #420004250280did
MembreMerci pour cet article Zen…
Loin des tumultes qui règnent derrière certaines portes de ce forum, ces petites montres (par la taille) procurent un véritable plaisir au porter..
J’ai hésité entre l’original et la réedition qui possede une couronne vissée et donc une étanchéité supérieure..finalement plutôt que de créer une histoire avec cette montre j’ai préféré porter celle qui avait déjà une histoire…
19 janvier 2020 à 21h33 #420004250281did
Membre23 janvier 2020 à 17h10 #420004250282dawgdawg
Membre24 janvier 2020 à 8h14 #420004250283Mostro900
MembreMerci du partage. Jolie réédition !!!
25 janvier 2020 à 10h23 #420004250284Cabot
MembreBelle réédition de face, mais de dos c’est une autre histoire et on s’éloigne nettement de l’hommage fidèle…
A 745€ autant prendre l’originale !!
25 janvier 2020 à 10h41 #420004250285ET
MembreBonjour Zen,
Je pensais que le code 523-8290 renvoyait aux spécifications techniques du MOD que devait respecter la montre. Qu’entendez-vous par « usage général » ?Édit :
Je me réponds : c’est justement parce qu’il n’y a aucune spec technique particulière autre que de donner l’heure de manière fiable c’est bien cela ?La réédition est vraiment sympa, et respecte la taille contenue de l’historique.
On perd le charme des vieilles versions : le démontage de la montre par le plexi et les aiguilles grignotées par le tritium
25 janvier 2020 à 13h53 #420004250286did
Membre25 janvier 2020 à 17h12 #420004250287ET
MembreJ’ai aussi fait le choix de l’historique (chez cwc) mais là ça ne s’adresse pas au même public que celui qui vient sur cette section du forum.
Si cette montre était sortie quand j’ai commencé à m’intéresser aux montres c’est celle-ci que j’aurais choisie car Hamilton joue intelligemment et prolonge avec légitimité son histoire militaire sans les inconvénients du vintage. Et avec un prix d’entretien plus doux.
750 euros pour une jolie montre avec une sacrée histoire revisitée (la forme du boîtier et la réserve de marche) sans être l’éternelle resucée de la marque (qui a tellement de références intéressantes, j’apprécie aussi la H3 dont le moteur historique était vocation temporaire avec ces 7 rubis et justifie sa réédition) c’est un super cadeau.1 février 2020 à 13h43 #420004250288plissken
Membreje trouve la démarche d’Hamilton très pertinente. je regrette simplement qu’une version 40mm, plus en phase avec les standards actuels, ne soit pas proposée en parallèle. Là, j’aurai sauté le pas à 2 pieds joints.
22 mars 2020 à 7h35 #420004250289Doconwheels
Membre- plissken a écrit:
- je trouve la démarche d’Hamilton très pertinente. je regrette simplement qu’une version 40mm, plus en phase avec les standards actuels, ne soit pas proposée en parallèle. Là, j’aurai sauté le pas à 2 pieds joints.
Il est vrai qu’à pousser la véracité historique à son maximum, on aura l’impression de porter une montre d’enfant, avec ces standards actuels où des femmes portent de la Daytona sans se départir de leur féminité pour autant… Autre temps…
22 mars 2020 à 22h52 #420004250290did
Membre- Doconwheels a écrit:
- Il est vrai qu’à pousser la véracité historique à son maximum, on aura l’impression de porter une montre d’enfant, avec ces standards actuels où des femmes portent de la Daytona sans se départir de leur féminité pour autant… Autre temps…
J’aurais l’impression….pas « on aura »…

did24 mai 2020 à 8h50 #420004250291Phicha
MembreBonjour Zen,
Merci pour cette chronique très sympa.
Je fais partie des heureux possesseur de cette réédition de l’Hamilton.
Le diamètre ne me gêne pas dans la mesure où j’apprécie beaucoup les vintages (j’ai un faible très marqué pour les Eterna des années 60 70) et qui dit vintage, dit diamètre contenu.Je me suis pas non plus posé la question de l’original ou de la réédition pour une raison toute simple : J’avais envie de pouvoir la porter le week-end, en faisant du sport ou nageant. Bref de pouvoir l’utiliser en toutes circonstances. Un peu dans l’esprit du modèle d’origine.
Mais si j’avais le choix, j’achèterais l’original pour le plaisir de porter une montre qui a du vécu, avec une histoire et la réédition pour le plaisir de pouvoir avoir une montre de week-end de qualité et bien finie, avec un mouvement mécanique.
Et je salue la volonté d’Hamilton de respecter – au détail près du marquage militaire et du fond de boitier – l’esprit de l’originale et son diamètre. Si seulement Eterna avait fait de même avec la Kontiki !
24 mai 2020 à 14h01 #420004250292plissken
MembreLe temps est au vintage. Même les rosbifs s’y mettent avec une réplique des Smiths (35.5 mm de mémoire) bien connues bien connues en automobile (compteurs,etc.) mais aussi pour avoir conquis l’Everest avec une certaine Rolex Explorer…
25 mai 2020 à 6h52 #420004250293Necro
Membre- plissken a écrit:
- avec une certaine Rolex Explorer…
Non, toute seule comme une grande. La Rolex était au camp de base.
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