FORUMAMONTRES › Forums › Forum OMEGA – Forum Officiel Francophone › Il faut que tu me flattes « Jedi »
- Ce sujet contient 17 réponses, 10 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Lonestar, le il y a 8 années et 4 mois.
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27 mai 2018 à 2h08 #410000133207
ZEN
MembreLe chronographe Omega dit « Flat Jedi » est une pièce intéressante à plus d’un titre dans la collection des montres Omega et plus généralement des chronographes du début des années 1970. Avant même la conquête de la lune, Omega souhaitait élargir son offre de chronographes et moderniser une image dont la manufacture craignait qu’elle ne fut perçue comme vieillissante.
La Direction d’Omega a bien tenté alors au début de l’année 1969 de substituer auprès de la NASA une version dite Speedmaster Professional Mark II à sa Speedmaster « classique », mais les émissaires dépêchés à Houston ont échoué et sont revenus « bredouilles » des Etats-Unis. Malgré tout, Omega va diversifier son offre de chronographes et est convaincu que ce type de complications contribue à incarner la marque.
Omega va donc multiplier les formes de boites et les couleurs tant des cadrans que des aiguilles pour s’imposer comme la référence dans les créneaux des chronographes. Il faut avoir en mémoire qu’Omega a rejeté auprès de Lémania qui conçoit et fabrique ses mouvements, le développement d’un calibre de chronographe à remontage automatique. La présentation en 1969 par Zenith-Movado, puis par Heuer/Breitling/Léonidas/Buren et enfin par Seiko, de chronographes à remontage automatique a pris de vitesse tous les concurrents dont Omega et fait subir « un coup de vieux » aux marques qui n’avaient pas fait le pari du remontage automatique et encore moins de la haute fréquence.Omega doit donc dans l’urgence, composer avec son calibre 861 et multiplier couleurs et habillages qui vont éviter à la firme un vieillissement d’image prématuré. L’apport de couleurs et des designs audacieux vont tenter de pondérer le risque de vieillissement pressenti par la direction. Des couleurs variées de cadrans, des aiguilles à couleurs vives, et des boites redessinées sont autant d’atouts développés pour maintenir une image jeune et dynamique.
Voici un échantillon de chronographes Seamaster Omega assez rare des montres qui témoignent de cette période
Le surnom de « Flat Jedi » fut attribué par Chuck Maddox, fameux collectionneur américain qui s’employa à recenser toute l’activité d’Omega, mais le modèle n’a jamais porté ce nom au temps de sa commercialisation de toutes les manières antérieurs au film Star Wars qui a mis ce nom à la mode. Le nom de Flat Jedi ne figure donc pas dans les catalogues Omega.
27 mai 2018 à 2h39 #420003880956ZEN
Membre27 mai 2018 à 3h15 #420003880957DON
MembreJe t’attendais Obi-Zen.
- ZEN a écrit:
- Il faut avoir en mémoire qu’Omega a rejeté auprès de Lémania qui conçoit et fabrique ses mouvements, le développement d’un calibre de chronographe à remontage automatique
Ce point est intéressant : quand une marque fait objectivement une erreur stratégique ou un mauvais choix technologique, le cas échéant celui de refuser le développement d’un chronographe à remontage automatique, elle tente pour rester dans le coup de palier cette erreur en « modernisant » son design. On retrouve là une erreur commune à de très nombreuses entreprises. Sauf que la modernisation du design ne permet pas vraiment de palier une erreur, c’est un pis-aller de court terme.
Par contre, cela permet effectivement d’avoir des montres au design un peu plus osé. Maintenant, les montres des années 70 ne me semblent pas offrir le meilleur du design de l’histoire horlogère, avis purement personnel.
Pour ma part, généralement, avec quelques exceptions, je soutiens presque systématiquement le choix inverse : celui de moderniser le mouvement tout en conservant un beau design classique, quitte à l’adapter par petites touches.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w27 mai 2018 à 3h48 #420003880958ZEN
MembreOui, Omega n’a pas vu venir le développement du remontage automatique des chronos. Ce qui aurait pu être fatal à nombre de maisons n’a pas eu d’autres effets sur Omega que d’obliger la maison à moderniser son look. Omega comme beaucoup de très grandes maisons avait un cheminement de décisions complexe et finalement frileux.
Le manque de confiance dans la Moonwatch et une collection non pas trop diversifiée mais quasi anarchique et un peu improvisée démontrent qu’à l’époque on avançait à tâton.
Lorsque la roue clinergique est sortie en 1967, roue qui provenait des fabriques réunies (par la suite entreprise de SwatchGroup), Longines fut l’une des premières maisons à tenter la haute fréquence sur l’Ultrachron. Côté Zenith c’est Movado qui s’emballat et Zenith finalement sagement attendit de voir ce que cela donnait ailleurs avant de l’intégrer dans l’El Primero mais sans nul doute Zenith l’aurait bien tenté avant (ce que la maison fit avec des calibres Movado) mais la manufacture ne développait plus de nouveaux mouvements.
Omega qui regardait la concurrence ne croyait pas au brevet déposé par Buren qui ajoutait un module de remontage automatique quand Zenith via Martell Watch concevait du remontage intégré.
Omega a sorti son chrono à remontage automatique avec 2 ans de retard sur la concurrence.
2 ans c’était une éternité mais comme le quartz arrivait en force au même moment et qu’Omega développait déjà des montres à quartz, haute fréquence et remontage automatique étaient des arguments de second plan et le temps a donné raison à Omega sur la période des années 70. Après, il a fallu attendre les années 2000 pour qu’Omega à travers ses fournisseurs de calibres développe du chrono mécanique automatique. Le retard d’Omega en 1969 n’a pas eu d’effet à long terme car ceux qui se battaient sur l’enjeu et de la haute fréquence et du remontage automatique se sont vus étouffés par le quartz.
La mode du vintage les a relancés au début des années 2000 mais Omega était déjà loin devant avec 800 000 montres par an quand Zenith peinait avec 28 000 pièces. Cela démontre que la stratégie se prépare sur du long terme. Chez Omega il y a eu des claquements de portes mais la vision stratégique de ne pas aller vers du mécanique immédiatement n’était pas si bête et Omega dès 1971 a pu jouer sur les deux tableaux grâce à Lémania qui portait ses projets.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).27 mai 2018 à 3h55 #420003880959DON
MembreRappel historique intéressant et le parallèle avec Zenith et son EP est pertinent.
Oui, il est quelques fois plus sage d’être un innovateur patient plutôt que d’être un précurseur un poil trop en avance.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w27 mai 2018 à 10h17 #420003880960DrManu
MembreBonjour,
Merci Zen pour cette mise en perspective historique, très intéressante

Du coup quel est la référence du premier calibre chronographe a remontage automatique de Omega?
Cela permet de prendre conscience des enjeux de cette période, particulièrement complexe a gérer pour les marques.DrManu
27 mai 2018 à 10h19 #420003880961ZEN
MembreC’est le calibre 1045, issu du fameux Lemania 5100
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).27 mai 2018 à 10h20 #420003880962ZEN
MembreLe jeu de mots de mon titre a 8 heures et je me rends compte qu’il est pourri … On se croirait au Burger Quizz !
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).28 mai 2018 à 3h49 #420003880963MaitreRobinton
MembreC’est un beau paradoxe historique de comparer la frayeur d’Omega dans les années 80 vis à vis de l’archaïsme de la speed, et qu’aujourd’hui ce modèle est toujours là, et tiens une place toute particulière dans la stratégie marketing de la marque…
A garder en tête à notre époque de quête compulsive de la nouveauté inutile.
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« Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède. » Saint Augustin28 mai 2018 à 4h10 #420003880964Osmie
MembreMoi le titre est juste bien pourri mais m’a bien fait rire…
C’est marrant de se dire que du coup, ce manque de clairvoyance à était rattrapé grâce au quartz.
Sans le quartz, Oméga aurait sûrement mis le paquet sur le chrono-auto, non ?28 mai 2018 à 4h23 #420003880965ZEN
MembreOui, on peut le déduire de leurs investissements et de l’orientation donnée à la recherche chez Omega qui était à l’époque déjà et toujours un grand chronométreur sportif ce qui est une spécialité avec un matériel pro autre que les montres.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).28 mai 2018 à 11h50 #420003880966willbur
Membreelle n’est pas aussi nommée Skywalker ?
29 mai 2018 à 12h17 #420003880967ZEN
MembreLa deuxième je crois … L’automatique.
Pour ce qui est de celle avec les aiguilles jaunes et celles avec les aiguilles orange, je crée beaucoup d’envieux autour de moi. Je suis encore incapable d’en préférer une …
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).30 mai 2018 à 2h51 #420003880970Callaghan
MembreMerci de partager, j’adore ce type de post qui sort des sentiers battus !
Le fait que l’on en voit peu est du à de ‘petite’ série ou bien nombre d’entres elles dorment dans des fonds de tiroirs ?
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On peut vivre sans musique… mais moins bien !30 mai 2018 à 12h30 #420003880968ZEN
MembreIl est temps de venir se montrer sur le forum Omega
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