Histoire : Rose

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  • #410000026844
    ZEN
    Membre

    Le dernier des poilu nous a quitté aujourd’hui… Il y aurait mille et une façon de lui rendre hommage et de penser un peu à tout ces que ses camarades ont représenté. Je ne connais que celle-ci…

    On est à à Metz en 1916. Rose est infirmière à l’hopital militaire. Les petits pavillons situés à coté du grand hopital construit depuis sont alors le centre de l’établissement. Mal éclairées, les chambres sont prévues pour 4 à 8 lits mais la guerre déverse chaque jour son lot de blessés. Du coup, les plus petites chambres logent 6 blessés et les grandes ne comptent pas moins de 10 lits. Les couloirs sont eux mêmes en surpopulation.
    La médecine de guerre est une médecine dure faite de blessures profondes et de sinistres amputations. Les patients mettent du temps à comprendre ce qui leur est arrivé. Ils leur faudra des années pour s’admettre dans leur corps irréversiblement transformé par la guerre.
    Personne ne se plaint car si on est là, c’est qu’on a échappé à la mort.
    Jean Calmond est un jeune miltaire venu de Bretagne, son grand-père était anglais et s’était installé en France en 1872. Jean a maudit cette installation quand la guerre s’est déclarée mais finalement, il serait quand même venu se battre quand l’Angleterre s’est engagée, alors il sert sous le drapeau Français mais là n’est pas l’essentiel.

    Jean a 21 ans ce 21 mars et le voilà, ici dans cet hôpital, au milieu des blessés tombés comme lui dans la boue, sous les balles de l’armée Allemande. Jean est blessé au visage, une joue arrachée, sa jambe aussi est perdue, il a en outre respiré ce dévastateur gaz moutarde qui lui ronge les poumons. Il vient de traverser 17 jours de coma et c’est Rose qui l’a pris en charge. Il avait sur lui peu de choses à son arrivée. Sa montre, une Omega en acier, un couteau pliant en bois, son livret militaire et une photographie avec ses parents et celle de Juliette, pas encore sa fiancée mais à l’image de laquelle il s’est rattaché depuis le 2 juin 1915 quand il a quitté la maison familiale.

    Histoire : Rose Omegabraceletannes20cadran-1

    Le réveil de Jean s’est fait progressivement. Il a au pied gauche qu’il a perdu, cette douleur qu’il voudrait qu’on lui appaise. Il ne sait pas encore qu’il n’a plus son pied et Rose détourne le regard quand il lui dit qu’il pourra vivre même s’il est moins beau mais qu’il n’aurait pas supporté de perde ses jambes.
    Ce 21 mars est le jour choisi par le médecin pour retirer le pansement qui dissimule son visage. Rose est chargée de cette délicate mission. Son patient a peine à parler mais ses propos sont intelligibles. Rose mesure l’ampleur du désastre sur cette joue à jamais détruite et quand Jean demande un miroir, elle prétexte que le médecin a préconisé d’attendre…

    Il faudra 8 jours à Jean pour trouver ce miroir. Il l’achétera par l’intermédiare du père d’un blessé qui vient chaque semaine visiter son fils mourrant. Pour payer son acquisition, Jean offre sa montre mais le père de son camarade de chambrée refuse cette contrepartie …

    Quand Jean découvre son visage, il est seul, isolé au milieu des 7 autres impotants, incapable de parler ou de se lever. Sans rien dire ni même pousser le moindre gémissement, il se coupe les veines avec son couteau et attends patiemment la mort en replacant ses poignets sous les draps.

    Sur la table de nuit, il a laissé sur une lettre quelques mots avec sa montre. "Pour vous, Rose. Puisse cette montre vous donner du bon temps"

    Rose a gardé cette montre sa vie durant et cette histoire est la seule qu’elle acceptait de raconter pour évoquer cette sinistre période.

    #420000378551
    Pierre-Yves
    Membre

    Terrible histoire qui nous rappelle le drame de ces "gueules cassées".

    Je reposte ma montre de poilu
    Histoire : Rose Poilu1
    avec Inri au verso
    Histoire : Rose Poilu2
    Chinois

    #420000378552
    did
    Membre

    Sans commentaire…
    did
    Histoire : Rose Lip19110
    [url]
    crédit Zen

    #420000378553

    ils laissent derriere eux une trace indelibile de l histoire de france , notre devoir est de ne jamais les oublier;

    #420000378554
    alrov
    Membre

    une page se tourne…

    Pour celui qui a été à Verdun, l’ampleur du désastre et l’horreur des évènements ne sont pas que des photos dans un livre d’histoire : villages rayés de la carte, tranchées des baillonettes, ossuaire monumental, croix blanches alignées à perte de vue, forts militaires et trous d’obus dans des paysages qui portent encore les traces des bombardements

    La montre est belle mais triste hélas, à l’image de ces 4 années.

    Chapeau bas, messieurs, notre mémoire vous doit beaucoup, le respect et une grande part de notre vie d’aujourd’hui.

    #420000378555
    Ratkiller
    Membre

    Le légionnaure Ponticelli, engagé à seize ans en trichant sur son âge, nous a quitté.

    Après une vie longue assez pour nous mettre en mémoire son expérience de l’horreur.

    Et Zen qui nous en remet une couche, je serai obligé de lire une page de Desproges pour m’endormir !

    Adieu M. Ponticelli.

    #420000378556
    kaltan
    Membre

    Magnifique histoire troublante maintes fois vécues à l’époque. On oublie trop souvent qu’à l’origine l’Europe fut créée pour ne plus que pareilles atrocités ne se reproduisent. Il n’y a rien de plus précieux que la vie et ces hommes ont tué pour sauver la leur.

    Merci Zen pour ce moment de notre histoire.

    #420000378557
    Invité
    Membre

    Je n’ai jamais connu mon grand père, qui était soldat au 35ème RI, et qui fut décoré dans la Marne, à l’endroit même ou son frère avait été tué un an avant.
    Criblé d’éclats d’obus et gazé, il est tombé, en 1936, dans un ravin en voiture suite à un malaise.
    Mon père (qui s’est tapé la suivante) en parle peu, il dit juste: "qu’est-ce qu’il était gentil"…

    #420000378558
    simplicity
    Membre

    qui n’a hélas, pas perdu un parent dans cette horrible boucherie ou un survivant estropié, esquinté à vie …..
    et c’est aux Joffre, Foch et cie qu’on offre des avenues, des boulevards pour entretenir leur mémoire !
    pas morts pour la France -morts pour rien – ceux là, morts dans leur lit !
    faut-y pas qu’on soit cons !

    #420000378559
    Invité
    Membre

    Dire que le dernier des survivants s’appelait Lazare !

    Å

    #420000378560
    simplicity
    Membre

    Garcin Incompréhensible ?????

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