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- Ce sujet contient 15 réponses, 14 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Apia, le il y a 14 années.
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30 septembre 2010 à 22h51 #410000062794
noodia
MembreIl a du en faire une tête l’horloger de Châteauroux (ville très respectable au demeurant) distributeur officiel pour la région des Heuer à Calibre 12, 14 et 15
quand un jour de 1975 il a reçu ça de La Chaux-de-Fonds
Petit retour en arrière.
Les Calibres 11, 12 et 14 (GMT) sortis en 1969 et années suivantes seront le dernier coup majestueux d’une industrie horlogère suisse qui voit bien arriver
le chant du cygne (hélas).
Déjà en 1970, Jack Heuer (et d’autres bien sur) sait que l’arrivée et l’avènement de la technologie Quartz sont inévitables.
Pulsar est en train de prendre forme (association de la maison mère Hamilton et de la société Electro/Data inc) et sortira en 1972 la première montre à Quartz
à affichage digital LED laquelle connaitra un succès retentissant à sa sortie pourtant mise en vente au prix décoiffant de 2 100,00 $ (quelques 11 000 $ de nos jours).
Mais l’attente de la clientèle est bien là.
A l’époque déjà elle veut plus de technologie, de la précision irréprochable et avoir une image d’avant-garde symbole incontestable du vrai luxe en ce début des années 70.Innovation et « First To Market » sont deux valeurs de Jack Heuer et de sa « manufacture ».
En 1972, Jack Heuer entreprend alors un voyage d’études aux États-Unis où il sera fortement marqué par sa rencontre avec Robert Noyce (père du circuit intégré,
les fameuses « puces » et co-fondateur de Intel, un grand mec le Bob).
Ensemble, ils posent les bases de la conception d’un chronomètre à quartz précis au 1/100ème de seconde et d’une montre chronographe à quartz
précise au 1/10ème de secondes.
Issu de l’industrie des semi-conducteurs dans laquelle il a encore beaucoup de contacts, Bob Noyce introduit Jack Heuer dans le milieu des designers industriels,
les fabricants de composants et tutti quanti.
En 1973 (je crois, je n’ai pas trouvé la confirmation de l’année exacte) Heuer sort le Microsplit
Le premier chronomètre à quartz précis au 1/100ème de secondes, une révolution.
Utilisant les ressources technologiques trouvées aux Etats-Unis, « designé » par Richard Sapper (qui « designera » plus tard le ThinkPad pour IBM
le plus célèbre ordinateur portable des années 90) et fort de son savoir-faire incontestable dans le chronométrage de précision, le Microsplit
est un succès immédiat et assure 6 mois plus tard un tiers du chiffre d’affaires de Heuer.
Il est alors décliné dans plusieurs versions.

Pour ceux qui ont eu un Thinkpad, ils reconnaitront un environnement familier

Dans la lancée, l’inépuisable Jack Heuer démarre la conception de ce qui deviendra à sa sortie en 1975 le Chronosplit (Ref 100.703),
la première montre chronographe au 1/10ème de seconde entièrement électronique à double affichage digital
Au plan de son design, on trouve là une montre très moderne inspirée des principes de Gerald Genta (bracelet acier intégré)

et un boitier aux formes arrondies (particulièrement confortable) utilisant les concepts novateurs du Bio Design (lignes curvilignes optimisant les formes
ici au service du confort et de la modernité) développées par Luigi Colani
Au niveau cadran, un double affichage.
En haut un affichage LCD indiquant l’heure, les secondes, la date et la partie de journée (matin/après-midi) par pression du poussoir de gauche.
En bas, beaucoup plus fort, un affichage LED rouge affichant le chrono.

L’ensemble étant alimenté par une seule et même pile, le chrono n’est affiché que par pression simultanée des poussoirs de gauche et de celui du haut à droite,
il est lancé par le poussoir du haut à droite qui sert également à l’affichage des temps intermédiaires.
Le poussoir en bas à droite stoppe le chrono.
Le poussoir central de droite allume la petite lumière permettant de lire l’heure la nuit.
Compliqué ? Pas tant que ça, on s’y fait vite.
Mais cette complexité très relative de manipulation cache en revanche une très grande complexité « sous le capot ».
Imaginez un peu, chaque écran abrite son propre mouvement lequel est relié au même oscillateur quartz, le tout alimenté par la même pile.
Tout cela comprend 11 circuits séparés utilisant 3 cartes de circuits imprimés.Je rappelle que nous sommes en 1975 pour nicher tout ca dans un si petit boitier !
Si ces technologies sont émergées à l’époque, leur industrialisation en revanche est balbutiante et…. très approximative.
Résultat, le Chronosplit est un succès commercial incroyable et les ventes vont bon train mais les problèmes aussi….
Les pannes sont plus que nombreuses, les horlogers ne peuvent intervenir, c’est la panique à Châteauroux où l’émeute guette.
Lui succédera une deuxième version à double affichage LCD (ref R102.703) au design altéré,

officiellement pour atteindre le Graal du 1/100ème de seconde sur une montre chronographe (innovation et "First To Market" encore une fois pour Heuer),
plus vraisemblablement car la technologie LCD est plus facile à maitriser, à industrialiser et que sa consommation de pile sera moins endémique
ce qui était une des plaintes récurrentes des clients au-delà des dysfonctionnements très nombreux.Le Chronosplit aura été décliné dans plusieurs versions acier, plaqué or (!!!) avec bracelet cuir racing (non interchangeable avec le bracelet acier intégré).

Il aura deux versions spéciales :
La version Tiffany & Co du nom de la chaine de grands magasins américains qui en commandera 200 avant sa sortie, ces modèles seront fabriquées directement
aux Etats-Unis chez les potes de Bob Noyce et sera… une catastrophe technique absolue en terme de fiabilité, Tiffany & Co ne fera pas de deuxième tour…
La version Ferrari (Heuer est sponsor officiel de la scuderia pour encore quelques années) tant en LED/LCD qu’en LCD/LCD

Autre caractéristique propre à Heuer, on trouvera le Chronosplit scotché aux poignets des stars de la F1 de l’époque,
Clay Regazzoni bien sur

Mais aussi le grand Nikki Lauda


Et surtout Jacques Villeneuve qui est LA figure emblématique de cette montre.

En synthèse, si on résume nous avons là toutes les composantes qui ont fait le succès et la légitimité de Heuer : innovation, « first to market », design,
précision, monde la F1 et même un poussoir à gauche isolé comme sur ses grandes sœurs avec Calibre 11, 12, 14 et 15 !
Mais Heuer comme ses contemporains suisses aura eu une vision tronquée de la technologie quartz héritée de leur flamboyant passé sur le déclin.
Tous auront voulus la positionner comme un produit exclusif, très haut de gamme et très cher, peu (ou pas ?) auront réussis le tour de force de les fiabiliser rapidement.
En 1976, Texas Instrument mettra une montre à quartz sur le marché au prix de 20$, en 1977 Pulsar est exsangue, n’ayant jamais réussi vraiment à fiabiliser ses montres
et sera racheté en 1978 par Seiko préfigurant la déferlante japonaise et ses conséquences sur l’industrie horlogère suisse.
Il n’en reste pas moins que le Chronosplit est à mon sens une vraie Heuer avec toutes ses valeurs et son charme incomparable et… très inhabituel.
Cette montre a fait partie de la collection de Uli Sick, grand collectionneur de montres à quartz devant l’éternel et amoureux des Chronosplit.

Uli Sick a un site Internet passionnant sur les montres à Quartz : http://www.led-forever.com/
Il avait acheté cette montre NOS au plan cosmétique mais « non tournante » si je puis dire.
Il a entièrement fiabilisé ses circuits pour en faire une montre au fonctionnement parfait.
Cela en fait un objet de collection particulièrement rare car des Chronosplit, on en trouve mais soit ils ne fonctionnent plus du tout soit, ils fonctionnent comme ça :
Je suis donc très attaché à cette OVNI horloger, surtout en full set comme ça :


Je salue mes amis de Châteauroux, ville délicieuse où j’ai toujours grand plaisir à m’arrêter pour une pause touristique, gastronomique et évidemment œnologique.
Cordialement,
Laurent
Souces documentaires : OnTheDash, Led-Forever.com, Watchuseek, TZ-UK, Google Images
30 septembre 2010 à 23h05 #420001162171hontoir
MembreBRAVO NOODIA
le led rouge me rappelle ma vieille texas instruments des annees 7030 septembre 2010 à 23h21 #420001162172xelax
MembreTrès belle revue, on apprend beaucoup sur le déclin de Heuer face au quartz. La chronosplit a vraiment un design très marqué 70’S, elle me fait penser à K2000 !!
Laurent, t’es piqué Heuer et je pense que c’est irrémédiable…
Quelle sont les Heuer que tu recherches pour compléter la famille ?30 septembre 2010 à 23h27 #420001162173frenchy
MembreBravo et un grand merci pour cette superbe revue
30 septembre 2010 à 23h51 #420001162174Xaipe
Membretout simplement une revue exemplaire et de référence
merci !
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Avez-vous coché toutes les cases ?1 octobre 2010 à 8h47 #420001162175wilfried
MembreVoilà un sujet très intéressant et fort bien documenté .
On sent le passionné ! Merci Noodia
1 octobre 2010 à 9h26 #420001162176caput
MembreQue de souvenir, et une très belle revue sur cette Heuer chronosplit.
Quand je pense que j’ai voulu en acheté une en 1976.1 octobre 2010 à 12h24 #420001162177LUTEC’S
MembreEffectivement, j’ai possédé un Heuer Microsplit (celui avec les trois boutons blanc-vert-rouge) que j’ai réparé récemment (les boutons avaient de faux contacts).
Quand on regarde à l’intérieur, on comprend bien que l’horlogerie électronique en était à ses balbutiements et que ce genre d’objet ne peut (dans le Temps) qu’avoir une valeur vénale qui tendra vers le Zéro.
Sic transit gloria mundi !
1 octobre 2010 à 12h25 #420001162178pepere13
MembrePost d’anthologie Laurent : ce n’est plus de la passion, c’est de l’amour…. et c’est contagieux

Bref, un grand merci
Amicalement
2 octobre 2010 à 15h47 #420001162179ChP
Membreah!!!!!!! un vrai plaisir cette revue merci
aMicalement2 octobre 2010 à 17h25 #420001162180HB38
Membre- caput a écrit:
- Que de souvenir, et une très belle revue sur cette Heuer chronosplit.
Quand je pense que j’ai voulu en acheté une en 1976.
Tout pareil ! elle m’a fait rêvé mais coutait un bras , du coup avant de partir pour le club méditérarmée, j’ai acheté une pulsar ! Elle tiendra 6 mois avant de rendre l’âme, l’horloger assura et me l’échangea contre une Yéma au titre de la garantie ! Elle subira tous les outrages et un accident de moto préservant mon poignet ,elle en porte aujourd’hui les stigmates mais fonctionne toujours ! Yéma , c’était du robuste !
L’ère nouvelle du quartz grand public était en marche …………. nostalgie………..
Henri ……… vieux guerrier…………..
2 octobre 2010 à 19h22 #420001162181caput
MembreHB38, un peut le même parcours mais seulement avec la Yema.
3 octobre 2010 à 9h04 #420001162182tactic!
Membretrés beau post,
merci pour cette tranche de led24 septembre 2012 à 0h00 #420001162183MrCampana
MembreJe me permets de remonter ce post car j’en ai une dans un état impéccable.
Je vais aller faire remettre une pile histoire de voir si elle fonctionne tjs ou si elle « Bug ».
Je vous tiens au parfum.
17 octobre 2012 à 21h34 #420001162184MrCampana
MembreBon et bien voilà, la montre est de retour de chez mon horloger, il n’a pas su la faire démarrer malgré une nouvelle pile, je vais donc aller chez un marchand agrée Tag cette semaine afin de voir si il sait faire quelque chose pour ma tocante.
Peut-être il y a-t-il une manipulation spéciale à faire?
Je ne désespére pas de la voir fonctionner.
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