Des analgé­siques au petit-déjeuner

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14 sujets de 16 à 29 (sur un total de 29)
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  • #420005082590
    JM50
    Membre
    DON a écrit:
    Ce genre d’article remet aussi un peu l’église au milieu du village sur la vision romantique de “l’âge d’or” de l’horlogerie suisse. On fantasme … souvent les années 50-60 comme une époque magique : manufactures pleines de vie, ouvrières derrière leurs établis, calibres mythiques, précis Un immense respect à tous nos anciens qui ont tant donné pour participer à la création des plus belles références horlogères et à toutes ces montres mécaniques qui ont accompagné nos grands-parents et nos parents dans leur quotidien. Chinois Chinois

    Re-bonjour Don, It’s been a long time 😉 Je prends également la plume à ton attention -et celle d’autres 😉 pour une raison simple : lire certains commentaires de FAMeurs, comme le font à Cannes les fans de cinoche, me donne envie de proposer des « Palmes d’Or FAM » et j’aurais suggéré ton texte ci-dessus pour la catégorie « lucidité ».
    Je ne suggère pas de rajouter le Capital de Herr Karl dans nos bibliothèques horlogères. Mais seulement d’avoir conscience des aspects que ce fil et ton commentaire abordent. Ni plus, ni surtout moins.

    #420005082591
    DON
    Membre

    Cet article du Musée national Suisse et du Musée historique de Granges sur la consommation d’analgésiques par les ouvrières et les ouvriers horlogers est très intéressant et permet de considérer sous un autre angle les grandes heures de l’horlogerie suisse.

    Les gens ne se souviennent plus, peut-être juste les anciens qui sont encore parmi nous, mais c’est une part d’ombre dans l’horlogerie. Les années 50 et 60 ont été une période « dorée » non seulement pour les montres mais aussi pour la croissance économique mais comme mon propre père me le disait, ça bossait dur pendant cette période de reconstruction (cas de la France) et au-delà pour tenir une croissance de plus de 5% par an.

    Mais à travers cet article documenté, on le voit clairement, quand des employés ou des ouvriers en viennent à se doper / soigner les symptômes par des médicaments qui ont entrainé des séquelles graves, on peut s’interroger sur cette part d’ombre. Cela ne s’appelle pas bosser dur, là on rentre dans un autre registre qui était une condition franchement déplorable et même condamnable. Et nos anciens qui ont connu cela sont à honorer pour le travail accompli et notre devoir est de s’en souvenir (et d’éviter que cela se reproduise). Il y a d’un côté la productivité, le besoin d’être efficace, d’être performant et de l’autre un certain sens de l’humanité. Je ne pense pas que les deux soient incompatibles.

    Ni plus, ni moins.

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    #420005082592
    Maset
    Membre
    MONTEMONT a écrit:
    Très intéressant,

    Ce qui m’interpelle dans cet article c’est qu’ils n’ont détecté que des problèmes rénaux lié à un composant de cet analgésique alors qu’une telle consommation d’un produit contenant du Paracétamol aurait du aussi créé des problèmes au foie vu la quantité de cachets décrit dans l’article.

    En effet il y a probablement une confusion, car si 1 cp de Saridon contenait 500 mg de paracétamol, 30 cp par jour serait une dose mortelle immédiatement par hépatite aiguë.

    A l’époque, le Saridon (et le Kafa) ne contenait pas de paracétamol mais de la phénacétine à la place, qui avait une toxicité rénale et n’est plus utilisé

    #420005082593
    goupill
    Membre

    En fait , et c’est de partout pareil , le net , media, IA, le gouvernement etc , du n’importe quoi !! qui dit vrai qui dit faux ???? qui croire ????
    Quelle triste époque …. Incompréhensible Incompréhensible quid 2

    #420005082594
    JM50
    Membre
    goupill a écrit:
    En fait , et c’est de partout pareil , le net , media, IA, le gouvernement etc , du n’importe quoi !! qui dit vrai qui dit faux ???? qui croire ???? Quelle triste époque …. Incompréhensible Incompréhensible quid 2

    @goupill Certes. D’où l’importance de faire fonctionner sa cervelle histoire de faire le tri, se rappeler du passé et utiliser sa mémoire, dialoguer avec d’autres histoire d’enrichir sa compréhension -FAM pour les montres ! Et ne pas se dire que tout est foutu.

    #420005082595
    Saturne
    Membre
    goupill a écrit:
    En fait , et c’est de partout pareil , le net , media, IA, le gouvernement etc , du n’importe quoi !! qui dit vrai qui dit faux ???? qui croire ????
    Quelle triste époque …. Incompréhensible Incompréhensible quid 2

    Il faut garder en tête que la source est un article de vulgarisation à destination du grand public, pas une thèse de pharmacologie historique.
    On peut sans doute tolérer une confusion (une seule fois dans le texte) sur la molécule sans crier au « n’importe quoi ». Cela ne change rien au fond de l’article sur la condition ouvrière.
    D’autant que si le Saridon ne contenait en effet pas de Paracétamol à l’époque, il en a contenu par la suite (après l’interdiction de la phénacétine), ce qui explique sans doute l’erreur dans l’article.
    Je vois d’ailleurs qu’on peut commenter l’article sur le site du musée de Granges, je vais leur signaler l’erreur afin qu’ils puissent rectifier.

    Comme dit par JM50, il faut faire fonctionner sa cervelle. Le problème n’étant pas tant « qui croire? », que comment traiter l’information que je reçois? Car hélas, il n’y a pas, et il n’y a jamais eu une source fiable de vérité vraie à laquelle l’on puisse se fier les yeux fermés.

    #420005082596
    JM50
    Membre
    Saturne a écrit:
    Il faut garder en tête que la source est un article de vulgarisation à destination du grand public, pas une thèse de pharmacologie historique.
    On peut sans doute tolérer … Comme dit par JM50, il faut faire fonctionner sa cervelle. Le problème n’étant pas tant « qui croire? », que comment traiter l’information que je reçois? Car hélas, il n’y a pas, et il n’y a jamais eu une source fiable de vérité vraie à laquelle l’on puisse se fier les yeux fermés.

    @Saturne Ce fil « des analgésiques au petit déjeuner » a (au moins) deux grands mérites initiaux : i) fouiller lucidement les débuts de l’horlogerie de masse, ii) proposer humblement à chaque membre FAM lecteur, de mettre ces réalités dans un petit coin de sa conscience. Ca pourra leur servir un jour, et comme tu l’écris, … « Serius est quam cogitas, hora est quam scias » 🙁

    #420005082597
    Eric6269
    Membre

    Ce qui m’interpelle au dela de la description des conditions de travail inhumaines de ces ouvriers, c’est l’absence de réaction des divers parties prenantes de ce dossier : patronat, syndicats, medecins, état, etc
    Ce n’est que lorsque cela a plus couté que rapporté au pays et aux employeurs (coûts très élevés des soins medicaux) que ce problème a été pris en compte.
    Le sort des salariés pesait (pèse) bien peu devant le profit…

    #420005082598
    galafe
    Membre
    JM50 a écrit:
    […]Je ne suggère pas de rajouter le Capital de Herr Karl dans nos bibliothèques horlogères. […]

    « Livre de chevet » de nombre de capitalistes pourtant Wink

    Merci pour cet article et ce magnifique reportage. Cela remet en effet joliment « l’église au centre du village » (pour reprendre une formule chérie du rédacteur de cet article)… et pas qu’un peu.

    #420005082599
    Horsault
    Membre

    Je découvre ce fil très intéressant.
    Plus largement, plus j’en apprends et plus je m’aperçois que c’est l’ensemble du système issu de la révolution industrielle anglaise qui est bancal. Quelle que soit l’orientation (libérale, paternaliste, fasciste, socialiste), finalement dès que les principaux indicateurs sont quantitatifs et non humains, l’humain trinque. La disparition des services du personnel dans les entreprises, remplacés par une brutale gestion des ressources humaines, dit tout. L’humain n’est qu’un rouage, fragile, coûteux et remplaçable dans la machine. Si on pouvait services passer de lui !!!
    L’industrie du médicament, dans la même logique, propose une solution, générant du volume et des profits, à un problème lié à cette faiblesse. L’héroïne devait produire des héros ne ressentant ni peur, ni fatigue ni douleur sur le champ de bataille. La pervitine allemande, la Benzedrine anglaise, améliorait la concentration et l’endurance. À la guerre ou à l’usine, il faut améliorer ce maillon trop faible.

    Je me souviens, à l’inverse, d’un reportage chez des bénédictines bourguignonnes. Un entrepreneur local leur avait sous-traité la production de cartes électroniques. Il se félicitait de la qualité de leur travail, la règle bénédictine insistant sur la qualité du travail fourni par les religieux. La production était très stable, puisque peu de maladies prospéraient chez des religieuses cloîtrées, qui n’avaient nul besoin de vacances, congés de maternité etc. Son seul regret était que ces religieuses étaient liées par une règle de vie, qui leur imposait trop peu d’heures de travail à son goût. Et qu’elles n’étaient pas assez nombreuses.

    #420005082600
    Milannimes
    Membre

    Dans les usines françaises dans les années 70, c’était le Ricard !!! cyclops Shocked What the fuck ?!?

    #420005082601
    leopold
    Membre
    DON a écrit:
    Mais à travers cet article documenté, on le voit clairement, quand des employés ou des ouvriers en viennent à se doper / soigner les symptômes par des médicaments qui ont entrainé des séquelles graves, on peut s’interroger sur cette part d’ombre. Cela ne s’appelle pas bosser dur, là on rentre dans un autre registre qui était une condition franchement déplorable et même condamnable. Et nos anciens qui ont connu cela sont à honorer pour le travail accompli et notre devoir est de s’en souvenir (et d’éviter que cela se reproduise). Il y a d’un côté la productivité, le besoin d’être efficace, d’être performant et de l’autre un certain sens de l’humanité. Je ne pense pas que les deux soient incompatibles.

    Ni plus, ni moins.

    Quand est-il aujourd’hui? Quid de la consommation de produits stupéfiants et autres cachets dans les milieux professionnels pour tenir le choc face à l’augmentation de la productivité individuelle et aux objectifs à atteindre toujours plus hauts ?
    Autre temps, mais les comportements se reproduisent malheureusement.

    #420005082602
    Milannimes
    Membre

    Aujourd’hui ? C’est poudre blanche !… What the fuck ?!?

    #420005082603
    fred1563
    Membre

    Bonjour,
    article aussi triste que classique et intéressant… Je ne suis pas sûr que le parallèle avec les radium girls soit pertinent, car là on parle d’un « dopage » pour tenir le coup, les radium girls travaillaient et s’amusaient même parfois avec un produit qu’elles pensaient inoffensif.
    @Milannimes, est-on sûr qu’il n’y avait pas le même genre de dopage dans les usines françaises (sans parler du ricard)? J’ai cherché vite fait mais n’ai rien trouvé. Une recherche sur la phénacétine renvoie vers un scandale très similaire en Suède en 1961.
    De nos jours on évoque souvent les anti-douleurs dans les centres Amazon (voir le film et le bouquin Nomadland).
    Tout ça nous éloigne de l’horlogerie, j’en conviens.
    Cordialement.

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