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ZEN, le il y a 20 années et 1 mois.
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21 septembre 2006 à 12h42 #410000008577
ZEN
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- De l’essence dans les veines
Discrétion, finesse et bon goût! Après des études d’architecture, Luigi Macaluso devient, en 1972, le copilote de Raffaele Pinto, qui remporte le championnat d’Europe des rallyes sur une Fiat 124 Abarth. En 1992, il est nommé directeur de Girard-Perregaux. Ce Turinois de 57 ans, passionné d’automobiles, possède aussi l’une des plus belles collections au monde de voitures de rallyes! Enfin, sa coopération avec Ferrari, de 1993 à 2005, est un modèle du genre. Voilà pour les présentations!
De l’auto au bateau
Aujourd’hui, Luigi Macaluso a choisi la voile. La manufacture horlogère et BMW sponsorisent l’équipage «BMW Oracle» qui disputera l’America’s Cup. On a beaucoup spéculé sur ce rapprochement, certains parlant même de la fabrication d’une série de montres. En réalité, le patron de BMW n’y voit aucun intérêt, comme Luigi Macaluso d’ailleurs: «J’ai le sentiment que les coopérations actuelles entre les industries automobiles et horlogères sont devenues davantage des opérations marketing. Cette approche ne colle pas avec la philosophie de notre maison, et c’est d’ailleurs pour cette raison que nous nous sommes séparés avec Ferrari!»
BMW et Girard-Perregaux ont préféré se retrouver sur un autre terrain, celui de la voiture. «BMW Individual» vient de transformer une 760Li selon les goûts du patron de Girard-Perregaux. Ce dernier a demandé un garnissage en cuir vert foncé, des boiseries précieuses, un poste de travail high-tech dans le compartiment arrière, ainsi qu’un coffret intégré dans la console centrale afin d’héberger quelques modèles de montres «GP». C’est probablement l’une des plus belles Série 7 au monde! Ce noble vaisseau sera affecté au transport de la clientèle de Girard-Perregaux, à destination de la fabrique de La Chaux-de-Fonds.
Je t’aime, moi non plus!
Pour Bernd Brockmeier, directeur de BMW M GmbH, Luigi Macaluso est un client comme un autre: «Nous avons entièrement réaménagé un modèle d’après ses exigences, mais nous le faisons également pour d’autres clients. La semaine dernière, par exemple, nous avons livré une Série 7 au roi de Thaïlande pour fêter ses 60 ans de règne!»
Pourtant, quel empressement de la part de la marque bavaroise à dévoiler la voiture d’un «client ordinaire»! BMW ne gagnerait-elle pas à s’orner de quelques bijoux, à l’instar de Ferrari autrefois? Des montres au label «Girard-Perregaux pour BMW»? Brockmeier répond froidement: «Nous n’avons pas besoin de cela, notre marque possède une image suffisamment forte!»
En vérité, et n’en déplaise à Bernd Brockmeier, il existe déjà une ligne de montres Girard-Perregaux qui témoigne de leur coopération, même si l’engagement des deux sociétés porte seulement sur l’America’s Cup. Le joli bébé répond au nom de «ww.tc USA 76».
Grâce au coup de baguette magique de Luigi Macaluso, Girard-Perregaux – fondée il y a plus de 200 ans – s’est métamorphosée en l’une des marques les plus prestigieuses de la haute horlogerie. La société n’utilise que des mouvements maison, avec des tourbillons merveilleux et de somptueuses complications, tandis que le design porte toujours la griffe de Luigi Macaluso. Christian Gisi, directeur de Bucherer, aime qualifier la marque chaux-de-fonnière de «Bentley de l’industrie horlogère»!
Une collection très exclusive
Les voitures de Luigi Macaluso ont toutes une histoire à raconter. Parmi elles, la Fiat 131 Abarth de Walter Röhrl, la Toyota Celica de Carlos Sainz, l’Audi de Blomquist, l’Alpine de Darniche, sans oublier le prototype de la Fiat X1/9 avec laquelle Clay Regazzoni remporta le Giro d’Italia en 1974!A cette impressionnante collection de voitures vient s’ajouter une Mini du Monte-Carlo, ainsi qu’une belle brochette de Lancia Fulvia, Stratos, 037 et autres Delta. Autres merveilles exposées à Turin, des Lancia Martini d’usine, une Alfa Romeo 155 en tenue DTM ainsi que différentes formule 1, surtout des Ferrari. Sont réunis également des oldtimers presque «classiques», dont une Mercedes-Benz 300 SL à portes papillon, une Aston Martin DB5, une Ferrari 275 GTB, une Bizzarini Strada, ainsi qu’une Ferrari F40!
Seule une poignée de visiteurs a pu découvrir la collection complète réunie à Turin par Luigi Macaluso. Même s’il essaie de faire rouler un maximum de voitures, ces dernières sont si nombreuses que l’entreprise s’avère difficile.
L’autre passion du Turinois, ce sont évidemment les montres. Les plus belles pièces de sa collection sont exposées dans la villa Marguerite, à proximité du siège de Girard-Perregaux, à La Chaux-de-Fonds.
Passions communes
Tout commence en 1993, lorsque le joaillier Gianni Bulgari organise une rencontre entre Luigi Macaluso – à la tête depuis un an de Girard-Perregaux – et Luca di Montezemolo, patron de Ferrari. Certes, Macaluso et Montezemolo se connaissent depuis leurs jeunes années, lorsqu’ils fréquentaient le milieu de la compétition automobile. Mais ils ne s’étaient pas revus depuis. Le souhait de Montezemolo? Une montre aux couleurs de Ferrari!Luigi Macaluso cherche la meilleure formule, et propose finalement une collection de montres sous le label «Girard-Perregaux pour Ferrari»! Les futurs clients n’achèteront pas une montre uniquement parce qu’elle est marquée du cheval Ferrari, mais parce qu’elle émane d’un horloger de renom.
Succès immédiat
Le premier modèle, un chronographe, trouve tout de suite son public. Le succès de la nouvelle ligne est tel que Girard-Perregaux craint que sa collection classique ne soit délaissée. Ce n’est évidemment pas le cas!
La coopération entre Girard-Perregaux et Ferrari s’achève fin 2005. Elle a donné naissance à des montres vraiment exceptionnelles, telles que la Seconde Foudroyante, lancée en 1999 à l’occasion des 70 ans de la Scuderia, permettant le chronométrage au huitième de seconde en toute précision. Aujourd’hui, le seul modèle Ferrari encore à la gamme de Girard-Perregaux s’appelle Enzo Ferrari, et continue de faire battre les cœurs!
21 Septembre 2006
Revue Automobile – Peter Ruch
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