De la reproduction à la contrefaçon …

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  • #410000145226
    ZEN
    Membre

    On ne peut en aucun cas dire qu’un cadran fait en Suisse il y a un an et aujourd’hui fabriqué à l’identique en Thaïlande soit une contrefaçon. C’est juste une délocalisation du savoir faire avec à la clé une économie qui peut être sensible et dépasser quelques dizaines d’euros. Personne n’est trompé puisque le cadran est le même, vendu par la même marque avec le même « Swiss made » inscrit dessus qui fait référence à l’ensemble et pas uniquement au cadran.

    Mes pas m’ont guidé à approfondir le savoir faire asiatique, celui du Vietnam, de Thaïlande et de Chine (surtout mais pas seulement) dans un tout autre domaine, celui des bronzes d’art. C’est fabuleux. Les pièces du 19ième sont reproduites à l’identique avec des techniques dites à la cire perdue identique à celle que nous utilisions il y a un siècle. La patine est un peu moins élaborée que celle d’origine mais le résultat est bluffant. On retrouve les détails, les finitions et même le cachet du fondeur et quand il le faut des numéros et références.

    Il y a deux types de bronze ainsi refabriqués (parfois mieux qu’à l’origine). Il y a ceux qui sont des reproductions et sont destinés à être vendus 150 à 300 euros et ceux qui sont des faux, un peu plus élaborés et sont destinés à tromper le client. Un grand antiquaire à la fin des années 1990 avait été appréhendé avec 12 tonnes de faux bronzes écoulés chez des antiquaires et dans des maisons d’enchères avec des certificats d’experts patentés.

    L’objet est intéressant car indatable et très difficile à expertiser. L’escroquerie portait sur plusieurs millions d’euros d’aujourd’hui. Cela fit s’effondrer le marché des bronzes d’art car il y circule à peu près 2 tiers de faux ou reproductions annoncées comme anciennes.

    Pourquoi parler des bronzes ? On entend les Français parler de « relocalisation » et bizarrement pas l’horlogerie suisse. Logique, plusieurs sociétés suisses sont propriétaires des usines installées en Asie, on ne sous-traite plus ou moins qu’avant, on est directement présents. On ne change pas une équipe qui gagne. Peu importe les problèmes politiques de Hong Kong, non tout ça est « ailleurs » jusqu’au jour où il se fera en Chine des produits mieux finis qu’en Suisse. Espérons qu’il ne soit pas trop tard comme pour les bronzes…

    #420004399699
    bamboub
    Membre

    Pour acheter souvent « chinois », je pense qu’il déjà trop tard.

    #420004399700
    Totocatcho
    Membre

    Et les Chinois viennent produire en France leurs produits de luxe et rachète les entreprises ayant du savoir faire.

    La boucle est bouclée.

    #420004399701
    Payul
    Membre

    Pour faire le parallèle avec l’horlogerie, l’Asie a aussi séduit une très grosses parties des grand fabricants de bijoux internationaux.

    La fonte à cire perdue en dehors de produire des rendus bluffant (nécessitant toutefois de la reprise et plus de polissage) est aussi d’une grande aide au niveau du serti.
    On peut sertir tout type de pierres directement dans la cire et le métal viendra maintenir la pierre dans des griffes qui auraient été réalisées à la main sinon.

    C’est dans le même esprit donc que des pièces initialement fabriquée en France il y a des années (par exemple) sortent maintenant de fonte dans des ateliers bien souvent détenus à 100% par de grosses entreprises européennes (dont de très grandes marques de luxe Incompréhensible)

    Toutefois, rien ne remplace la finition d’une pièce fait main en tréfilé ou en estampage ou les arrêtes sont bien plus vives que sur une sortie de fonte.

    C’est d’ailleurs Pandora qui réalise la quasi totalité de ses productions sur l’immense usine mise en place en Thaïlande avec un volume de pièces qui pouvait atteindre les 200.000 par jours pour environ 20.000 employés.

    Force est de constater que la Thaïlande (en particulier) possède un véritable savoir-faire dans la fonte à cire perdue même si (en plus du coût horaire bien plus bas) cela a mené à de délocalisation d’actifs et donc de savoir-faire.

    #420004399702

    On va bientôt entrer dans l’ère de l »‘après contrefaçon » où l’excellente qualité des pièces brouille complètement les pistes. L’écart physique entre l’original et la copie se réduit à presque rien : mêmes dimensions, même aspect, même poids au miligramme près, haute précision, boîte et papiers contrefaits à la perfection… que reste-t-il à l’original quand la seule façon de le distinguer sera des codes barre de 20 microns sur plusieurs composants à l’intérieur du boîtier (ça se fait sur les diamants ) ?

    #420004399703
    Totocatcho
    Membre

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