Analyse: La baisse des prix… dans le secteur horloger ? Ô sacrilège.

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12 sujets de 16 à 27 (sur un total de 27)
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  • #420003508114
    herge81
    Membre

    Pas mal comme post sauf que le phénomène de déflation dont parle Hayek et qui fait peur à pas mal d’économistes, pas le souvenir d’avoir un cas concret dans l’histoire économique, les gens ne vont pas attendre 20 ans avant de consommer en se disant le prix a diminué de 1%, je vais attendre encore car il pourra encore baisser de 2%…Si cet argument tenait, personne n’achèterait le premier jour des soldes car on sait que des démarques plus importants auront lieu.

    #420003508115
    Flyingvander
    Membre
    Nouch30 a écrit:
    Il y a un mois on veut acheter un portefeuille pour notre gamin: on se rend à la boutique de Luxembourg. Accueil froid, vendeuse pas motivée, ne montre qu’un modèle, n’a pas celui que nous avions vu, ne propose rien d’autre… Bref on se casse et on a commandé sur le net, car pas le temps de prévoir un AR à Paris (le plus drôle, on a pris le modèle présenté par la gonzesse de la boutique).

    Il faut dire qu’à Luxembourg, ce n’est pas forcément la sympathie qui étouffe les maisons de luxe et autres bijouteries. Il y a bien sûr des cas à part où l’on est servi plus que correctement mais pour moi, cela reste l’exception malheureusement.

    #420003508116
    pedro_gugus
    Membre
    herge81 a écrit:
    Pas mal comme post sauf que le phénomène de déflation dont parle Hayek et qui fait peur à pas mal d’économistes, pas le souvenir d’avoir un cas concret dans l’histoire économique, les gens ne vont pas attendre 20 ans avant de consommer en se disant le prix a diminué de 1%, je vais attendre encore car il pourra encore baisser de 2%…Si cet argument tenait, personne n’achèterait le premier jour des soldes car on sait que des démarques plus importants auront lieu.

    Oui j’avoue avoir été surpris par cette théorie. A un moment ou à un autre tu passes à l’achat tu vas pas attendre 15 ans pour espérer une autre baisse.

    Sinon article bien intéressant et sujet sur lequel l’industrie du luxe ferait bien de se pencher.

    #420003508117
    herge81
    Membre
    pedro_gugus a écrit:

    Oui j’avoue avoir été surpris par cette théorie. A un moment ou à un autre tu passes à l’achat tu vas pas attendre 15 ans pour espérer une autre baisse.

    Sinon article bien intéressant et sujet sur lequel l’industrie du luxe ferait bien de se pencher.

    Oui et le seul cas que l’on est capable de nous ressasser, c’est le Japon. Mais dans ce cas récent et qui perdure toujours, on ne parle pas de déflation annuelle massive à 1/2%, la baisse est plus contenue entre 0% et -1% (sauf pendant la crise) et cela dure depuis 98/99, c’est une déflation rampante mais qui est au global assez indolore.
    Bref, parfois la théorie économique qui repose sur des décisions rationnelles ne l’est pas toujours: le consommateur est parfois impatient et s’il attends la fin de la déflation au Japon en se disant qu’il pourra acheter son téléviseur moins cher demain, il risque de trépasser avant…

    #420003508118
    Nouch30
    Membre
    herge81 a écrit:
    Pas mal comme post sauf que le phénomène de déflation dont parle Hayek et qui fait peur à pas mal d’économistes, pas le souvenir d’avoir un cas concret dans l’histoire économique, les gens ne vont pas attendre 20 ans avant de consommer en se disant le prix a diminué de 1%, je vais attendre encore car il pourra encore baisser de 2%…Si cet argument tenait, personne n’achèterait le premier jour des soldes car on sait que des démarques plus importants auront lieu.

    Les soldes c’est différent, c’est ponctuel, limité dans le temps, et ça sert à liquider (du moins en théorie)… Bref le client sait que si il a attend prend le risque de ne plus retrouver le produit du tout.

    J’aimerais qu’on me donne un exemple concret de baisse de prix qui a marché, pas pour le client, mais pour l’entreprise.

    Je parle d’une baisse significative, à produit identique et non ponctuelle (et pas due à un effet de change)

    Maintenant effectivement, ils pourraient sortir une nouvelle collection, légèrement différente, avec meilleur rqp et le tour serait joué, sans avoir à dire qu’ils baissent leurs prix.

    Par exemple Alpina avec la Diver 300: nouveau modèle -200€, ou alors nouveau chrono startimer, avec date en plus, 450€ de moins

    #420003508119
    Ludo888
    Membre

    Exemple de Tudor qui n’a presque pas augmenté ses prix malgré l’arrivée du manuf ou de la dernière air king sortie moins chère que la milgauss alors qu’elles partagent quelques technologies Smile
    Il est vrai que plutôt que de baisser les prix améliorer l’expérience d’achat, améliorer la qualité des produits et faciliter le sav serait une bonne idée Wink

    #420003508120
    Nouch30
    Membre
    Ludo888 a écrit:
    Exemple de Tudor qui n’a presque pas augmenté ses prix malgré l’arrivée du manuf ou de la dernière air king sortie moins chère que la milgauss alors qu’elles partagent quelques technologies Smile
    Il est vrai que plutôt que de baisser les prix améliorer l’expérience d’achat, améliorer la qualité des produits et faciliter le sav serait une bonne idée Wink

    OK

    moi je parle d’une vrai baisse, bien visible, sans changer les produits.

    Eterna l’a fait, échec cuisant à priori, pourtant maison avec une histoire et produits de qualité.

    #420003508121
    DON
    Membre

    Le but de cette analyse est démontrer que la baisse des prix est UNE des solutions possibles pour les marques qui sont confrontées à la crise horlogère. Cela ne veut pas dire que c’est la seule solution pour tout le secteur. C’est là que l’exercice devient difficile pour les managers du secteur : ils doivent déterminer quelle est la solution – sous la forme d’une stratégie cohérente – la mieux à même de répondre à l’évolution de la demande actuelle (et se projeter dans le futur).

    – Action sur les prix : vu dans l’analyse

    – Action sur les volumes : autant dire que c’est difficile, en l’état actuel des choses avec des capacités de production surdimensionnées liées aux investissements massifs pour les accroître quand la crise ne pointait pas encore son nez. Une action sur les volumes implique une sous-utilisation des capacités de production (autant dire qu’au niveau de l’amortissement des investissements, certains comptables doivent froncer les sourcils), du chômage technique et des licenciements (cas de Richemont)

    – Action sur les produits (qualité/design/innovation…) : carte de long terme à jouer pour certaines marques qui doivent opérer un recentrage de leurs collections ou un retour aux sources (le cas de Zenith sera intéressant à analyser pour voir si la marque confirme son retour dans la production de modèles mythiques ou si la marque se risquerait à une TAG Heuerisation par exemple dans le but d’élargir sa base client ou encore en faisant le pari de l’innovation dans les mouvements, les matières ou le design voir les trois en même temps)

    – Action sur les services : (SAV principalement) : carte à jouer pour les marques qui veulent conserver leur positionnement sur le segment Premium comme Omega et attention, il ne s’agit pas seulement d’étendre les garanties à 3-4-5 ans : c’est un vrai sujet qui a de lourdes conséquences financières : les retours au SAV représentent un coût. Le client mécontent du SAV a aussi un coût. Ce sujet est lié au processus qualité (production) et à la durabilité des mouvements. Ce sujet est aussi lié au choix d’imposer ou non la captation exclusive par le SAV de la maintenance des montres : sujet qui a déjà un lourd historique avec les horlogers indépendants. Prendre le SAV comme une vache à lait à faire fructifier me semble très dangereux.

    – Action sur la distribution : vers quel modèle ? Question difficile car le secteur est entre deux modèles : modèle Internet pour les jeunes marques et modèle traditionnel avec les AD pour les marques historiques. La transition vers un modèle plus équilibré n’ira pas sans heurt et représente un coût.

    – Action sur la communication : ZEN en a parlé fréquemment, il y a un vrai sujet, certaines marques ont réussi à tuer l’envie, il est nécessaire maintenant de réorganiser entièrement les pôles marketing/communications des marques et des groupes car les marques ne peuvent plus se permettre de seulement sponsoriser des personnalités/événements dits de prestige aussi inutiles (pour la plupart) que dispendieux. Il faut réapprendre à connaître son client local et à mon avis il se laissera moins séduire par une distribution de goodies et des invitations à des événements dont l’intérêt doit s’approcher du zéro absolu que par une analyse complète de ses attentes et le fait de coller à sa demande (et là, certaines marques doivent pratiquement repartir de zéro).

    La seule baisse des prix est insuffisante pour redresser un secteur dans lequel des disparités importantes apparaissent de plus en plus entre les marques (entre les gagnantes et les perdantes de la crise), mais c’est un moyen qui ne doit pas être négligé non plus et encore moins balayé d’un revers de main. Le champs des possibles doit être ouvert au maximum pour choisir la meilleure stratégie à mettre en place pour adapter les marques au contexte actuel.

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    #420003508122
    Invité
    Membre

    Excellent article sur un sujet qui fut tabou en son temps.

    La théorie de la spirale déflationniste ne tient pas une seconde : c’est un argument fallacieux des actionnaires qui souhaitent toujours plus de profit (désolé pour la terminologie, mais je ne trouve pas d’autres mots).

    #420003508123
    stellar
    Membre

    Je suis personnellement assez peu sensible à l’aspect luxe des montres et ne demande pas à ce qu’on me fasse rêver.
    Je suis attiré un objet industriel de qualité et bien fini. Ce qui m’attire notamment :
    – une vision personnelle de la part de son ou ses créateurs
    – une certaine innovation (dessin, mouvement, matériaux…)
    – le tout de façon épurée, sobre.

    Je suis de maintenant de plus en plus porté vers des marques se comportant comme des entreprises industrielles de qualité que comme du luxe : marges raisonnables (mais permettant de vivre et d’investir), communication et sponsoring limités….

    L’emballage ne doit pas prendre le pas sur la montre elle-même et l’inflation actuelle ne m’intéresse pas voire, me rebute.
    Je préfère l’ancienne boîte de la speedmaster à la nouvelle, qui n’apporte rien et prend plus de place. L’emballage Nomos, une trousse en cuir dans une petite boîte rectangulaire en carton épais, me convient parfaitement. Pour le packaging de la K02, je ne peux rien en dire pour le moment quid 2

    Des exemples différents remplissant ces 2 aspects (philosophie de l’objet et de la marque) : Seiko, Nomos, Akrone.
    Ils proposent des objets de qualité, avec de la personnalité et à un prix raisonnable, inférieur à ce qu’on trouve ailleurs pour des produits comparables.

    Sur le service, une garantie étendue me paraît très positive. On demande une certaine fiabilité et généraliser des garantie de 5 ans serait une très bonne chose.

    #420003508124
    oliveka
    Membre
    freddy.lombard a écrit:
    Excellent article sur un sujet qui fut tabou en son temps.

    le sujet reste tabou ….

    la baisse des prix ne semble pas d’actualité … les montres sont toujours aussi chères

    en offrir « plus » pour le même prix ne changera rien à la donne … ( ce n’est que mon avis )

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    Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.

    #420003508125
    DON
    Membre

    Le prix, c’est le nerf de la guerre comme le disait ZEN. Et par conséquent c’est le sujet tabou dans le secteur et comme le dit Oliveka ce sujet reste tabou et risque de l’être pendant un bon moment (du moins dans les communiqués de presse).

    Comment les marques sont parvenues à faire avaler pendant des années des prix qui ont augmenté beaucoup plus vites que les revenus médians ? En s’appuyant sur les codes du luxe (issus principalement du secteur de la mode) et sur une élasticité-prix positive qui a duré une vingtaine d’année.

    En résumé :

    – « Plus c’est cher, plus c’est désirable » (axiome qui tend à être de moins en moins vrai)
    – C’est désirable parce que X célébrités en portent, super alors côté pile : caution glamour/people/actualité et côté face : contrat avec la célébrité (qui souvent se fiche pas mal de la marque qu’elle porte tant que la somme soit rondelette et tant que la marque ne véhicule pas une trop mauvaise image…)
    – Qui dit luxe dit environnement du luxe : événements, partenariats et compétitions de prestige, champagne, petits fours, jolies hôtesses (NB : qui sont souvent des étudiantes intelligentes type Bac +5 qui se forcent un peu pour financer leurs études) + quelques people histoire d’avoir la chance de côtoyer les idoles du moment mais comme le disait Flaubert, faites attention, à force de les toucher, « la dorure en reste aux mains »

    Attention : il ne s’agit pas de faire le procès du luxe mais de remettre l’église au milieu du village : d’enlever l’excès de maquillage et constater les faits et les comparer à la politique de réévaluation des prix menée pour analyser.

    L’effet qu’on peut constater pleinement aujourd’hui est comme le dit ZEN :

    ZEN a écrit:
    Je ne sais plus après deux décennies d’intérêt pour l’horlogerie, ce qu’est le prix d’une montre. Je sais son prix catalogue, son prix remisé « couramment », son prix en vente au personnel, son prix au marché gris, sa valeur approximative d’occasion, mais le vrai prix, je ne sais pas.

    Tout le problème est là aujourd’hui pour les clients mais aussi pour les marques : quelle est la vraie valeur des montres ?
    Le client a évolué et il est passé de plus en plus de l’attrait pour le luxe à l’attrait pour la nouvelle idole du moment : le rapport Qualité/Prix (notion encore plus difficile à estimer d’ailleurs objectivement). Évidemment, cela n’élimine pas les codes du luxe d’emblée et d’ailleurs ces codes vont survivre chez certaines marques mais la tendance lourde du moment est de privilégier ce qui paraît être le meilleur compromis. Et pour les marques cela suppose d’analyser la désidérabilité de ses produits pour – avec moins d’amateurisme et de pifométrie et plus de professionnalisme – calibrer le prix qui sera susceptible d’enclencher la spirale vertueuse du processus d’achat par des clients qui sentent qu’ils en ont pour leur argent. Voilà le vrai sujet qui se dessine derrière le tabou.

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