FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Actu:Comment l’horlogerie française peut-elle se relancer? L’émission d’Europe1
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herge81, le il y a 7 années et 11 mois.
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7 novembre 2018 à 2h47 #420003980126
Leopal
Membre- jacno1977 a écrit:
- Les explications lointaines, relatives aux guerres, je n’y crois pas vraiment.
Moi non plus. Il n’y qu’à voir comment Lange renaquit de ses cendres pour devenir en 25 ans un concurrent de Patek, et dont le travail est salué par tous les connaisseurs, ou presque.
A comparer avec Leroy, sur le même créneau. L’une a été soutenue et prospère, l’autre pas et tout ce qui reste à vendre est au coffre chez Soprod, visible sur demande. A moins que cela ait changé depuis quelques mois.On pourrait aussi évoquer toutes les marques allemandes qui poussent bien ces dernières décennies, et comparer au parcours des françaises dans le même temps.
Le fait est qu’il vaut mieux entreprendre en Allemagne ou en Suisse qu’en France, ou le soutien se fait rare surtout si on sort des sentiers battus. Hélas.
7 novembre 2018 à 5h30 #420003980127MaitreRobinton
MembrePrendre les entreprises allemandes comme références ne doit pas conduire à oublier le contexte particulier de ce pays durant ces dernières décennies :
– la page blanche à la sortie de la seconde guerre mondiale qui lui a permis de moderniser son outil industriel dévasté. Ce n’est pas pour rien que l’allemagne et le Japon ont connu une croissance très forte après guerre, alors que les vainqueurs (dont la France) avaient paradoxalement la gueule de bois (finances publiques exsangues notamment)
– dans le cas particulier de Lange (et GO…), issues de la réunification, les flots de financements venus de la RFA ont été des accélérateurs qui constituent aussi des facteurs spécifiquesIl reste effectivement que l’Allemagne a fait les bons choix en matière d’image et de développement dans la conception et la fabrication de machines outils, sans compter les règles fiscales et de transmission des patrimoines industriels, qui favorisent le développement des PME sur le long terme.
7 novembre 2018 à 11h39 #420003980128DON
MembreTrès intéressant ! Je ne parle évidemment pas de l’article mais la rétrospective de Zen.
Je me permettrais de rajouter un élément très important : la France des années 60 c’est le tiercé gagnant : la vision stratégique est claire pour le pays : être indépendant et être en pointe dans les technologies majeures. Le pays a reconstruit des fondamentaux économiques solides, il n’y a plus de dette publique, chômage structurel inexistant, les entreprises florissantes.
Les années 70 seront le début du long et lent déclin et pas que dans l’horlogerie. La France a subi une désindustrialisation progressive globale et même brutale dans certains secteurs. La cause ? On parle de chocs externes, de facteurs exogènes (chocs pétroliers pour l’économie, crise du quartz pour l’horlogerie…) mais ce que je vois pour ma part ce sont des causes internes : le navire ne s’est plus où il va, le manque de vision globale est effarant et la machine à gagner devient une machine à perdre.
C’est comme pour la dernière crise horlogère : tous les (mauvais) managers ont répété en cœur : « c’est le Franc suisse, c’est la politique anti-corruption des chinois (sic)… » bref, c’est la faute aux autres mais pas à nous, managers qui n’avons pas vu le vent mauvais venir ou la demande évoluer structurellement. Bref, la politique de l’autruche, faisons le dos rond et la déesse croissance reviendra comme avant. Problème : la croissance n’est pas égale pour toutes les marques. Pour ce qui est de la France, on l’attend encore, cette croissance que nos élus attendent comme la pluie et le beau temps.
L’horlogerie française a été quasi-détruite par un ensemble de facteurs que Zen a détaillé, dont les avantages comparatifs qui sont défavorables pour la France du fait d’un ensemble de choix et même clairement de lâcheté dans les réformes structurelles qui n’ont jamais été faites (et ne sont toujours pas faites d’ailleurs). Mais il ne faut pas oublier aussi que l’essence même de l’horlogerie française, à savoir le haut de gamme, n’est même plus français ! Breguet, Leroy, Cartier sont maintenant chez SG, Festina (sic), Richemont.
Un bel exemple de délocalisation car toutes ces marques n’ont plus rien de français si ce n’est le nom et une histoire qui prend, à bien des égards, de la poussière. Les suisses ont su se rétablir (merci notamment au libano-suisse Hayek père) et ils n’ont eu qu’a racheter les restes. Exit la France de l’horlogerie de luxe.
La combinaison de facteurs internes d’abord et externes ensuite a coulé un secteur entier et les responsabilités sont multiples : un État sans vision, des entreprises sans capitaines, un appareil productif obsolète, des investissements manquants, des savoir-faire délocalisés/exportés, un délitement généralisé.
Il y a quelques entreprises françaises nouvelles ou qui ont repris d’anciens noms, une vague entrepreneuriale mais, attention, c’est fragile et perfectible. Et il ne faut pas oublier que les grands groupes sont déjà constitués et ils ne sont pas français (sauf LVMH mais, pas de bol, il ne comporte aucune grande marque horlogère française, ce qui est quand même un peu un comble).
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w7 novembre 2018 à 19h47 #420003980129Razgriz
MembreTrès juste remarque sur le haut de gamme Don. C’est déprimant de savoir que de telles marques ne sont plus françaises, notamment Breguet, une famille symbole d’entreprenariat s’il en est.
Certainement qu’il manque la volonté pour reconstruire un pôle d’excellence horlogère. La France a des avantages comparatifs sur le haut de gamme en général, il n’y a pas de raison qu’ils ne puissent s’appliquer dans l’horlogerie !(erratum : dans mon 1er post, j’entendais éléctro-mécanique et non éléctro-magnétique).
7 novembre 2018 à 20h52 #420003980130ZEN
MembreQuand les fabricants français seront capables de se mettre autour d’une table, de cesser de demander des subventions publiques et de construire un pole d’excellence au lieu de se regarder en chien de faïence, on pourra ébaucher un espoir pour l’horlogerie française .
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).8 novembre 2018 à 2h16 #420003980131herge81
MembreNB pour Don. C’est vrai que pour l’horlogerie, les groupes de luxe en France sont en retrait mais si on regarde les 3 groupes que sont LVMH, Kering et Hermès, la France n’a pas trop à rougir.
Petit rappel de la valeur en bourse des forces en présence:
LVMH: €138 Milliards
Hermès et Kering: €52 Milliards chacunSwatch Groupe: CHF18 Milliards
Richemont: CHF 42 MilliardsBref, l’horlogerie n’est qu’une (petite) partie du marché du luxe et les groupes français sont présents sur les segments les plus porteurs (maroquinerie, mode) et l’Italie est dans un cas bien différent avec aucun acteur qui a consolidé les marques de luxe, un énorme gachis, toutes les marques se sont fait racheter les unes aprés les autres: Gucci, Versace, Luxottica et d’autres risquent de suivre, notamment Armani…
LVMH pourrait racheter sans coup férir SG ou Richemont….8 novembre 2018 à 2h45 #420003980132Razgriz
MembreJe pense que ce que DON voulait montrer, c’est que l’horlogerie de luxe autrefois française est passée sous contrôle suisse. Il ne dit pas que, dans le luxe en général, nous ne sommes pas importants.
Et d’ailleurs, s’il y avait volonté de reconstituer un pôle horloger français haut-de-gamme, pourquoi LVMH et consorts ne rachètent-ils pas sans coup férir le SG ou Richemont ?
8 novembre 2018 à 2h50 #420003980133herge81
MembreC’est impossible pour l’instant car les familles contrôlent une grosse partie du capital de chaque groupe, sans accord avec eux, ce serait compliqué d’acheter sauf à faire un raid à la hussarde comme sur Hermès mais le scénario était différent, les actionnaires de la famille étaient morcelés mais ils se sont finalement ligués ensemble.
Pourtant, sur le papier, un rachat ne serait pas idiot car PP ou Rolex ne seront sans doute jamais vendus….Sinon, il y avait Richard Mille mais Chanel s’est invité à leur place, un autre groupe discret… -
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