Actu: Une étoile aînée

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  • #410000050000
    Eléa
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    Zenith, une étoile aînée

    ZENITH EST PLUS QU’UNE MANUFACTURE, C’EST L’UNE DES RACINES DE L’ART HORLOGER. DEPUIS PRES DE 150 ANS, LA MARQUE JOUE DES COUDES POUR SE HISSER AU FIRMAMENT.

    La haute cheminée de briques rouges est toujours là. Des lustres qu’elle ne fume plus. Mais elle s’élance, telle un phare, un repère. Qui cherche la manufacture Zenith, la voit de loin. Bienvenue au Locle, «cité de la précision», niché dans le canton de Neuchâtel, à quelques kilomètres de La-Chaux-de-Fonds, autre berceau de l’horlogerie suisse. L’endroit n’est pas très joyeux. Plutôt industrieux. Mais classé patrimoine de l’Unesco ! Non pas pour les vaches, les sapins ou le chocolat. Les grands noms de l’horlogerie sont installés sur ces terres peu hospitalières depuis près de deux siècles. Breguet, Cartier, Tag Heuer, Ulysse Nardin, Vincent Bérard, Greubel Forsey… Et Zenith, au Locle, rue Billodes, depuis 1865. La vénérable bâtisse n’a pas changé d’un iota. La preuve, les cendres de Georges Favre-Jacot, le fondateur, sont serties dans le mur d’entrée du bâtiment !
    C’est dire si l’on sent, lorsqu’on y pénètre, le poids d’une histoire horlogère pas vraiment comme les autres. «L’histoire de Zenith est passionnante, car elle a été faite avec peu de moyens. Zenith, au départ, c’est une sorte de conquête sociale de l’heure», rappelle Joël Jidet, administrateur du site Forumamontres et spécialiste de Zenith. Et une conquête de l’innovation : «En 144 ans, Zenith a déposé 170 brevets, créé 450 mouvements dont une cinquantaine de calibres toujours utilisés actuellement», ajoute Jean-Frédéric Dufour, actuel président de la marque. Dès sa fondation, Georges Fabre-Jacot, patron autoritaire mais très proche de ses ouvriers, décide que son entreprise doit englober l’intégralité de la fabrication. LADN de Zenith est de réunir artisans, ingénieurs et horlogers (44 métiers différents !) dans une manufacture qui fait tout de A jusqu’à Z.

    Jean-Frédéric Dufour fait lui-même la visite. Pour le clin d’oeil vintage, voici d’abord, la pièce des reines mères, les pendules. Gardiennes des lieux depuis des décennies, leur tic tac s’égrène inlassablement au milieu des cartons jaunis renfermant bascules d’arrêt, cadrans émail, axes, tiges d’ancre, pignons volants… Des années d’archivage d’outils qui permettent à n’importe quel détenteur d’un modèle, quel que soit son âge, de pouvoir le faire réparer. Aujourd’hui, 144 ans après leur création, les premières pendules sorties de la manufacture fonctionnent encore !
    A l’étage, silencieux et concentrés, des horlogers assemblent pièce par pièce les micro-éléments indispensables au célèbre mouvement El Primero, le plus mythique calibre Zenith. Sur les établis, des yeux scrutent à la loupe les moindres p oussières sur les cadrans, d’autres vérifient inlassablement que le saut et la date se font correctement. Dans la salle consacrée aux grandes complications horlogères, Christiane travaille sur une «répétition Minute». Elle met plus d’une semaine pour assembler toutes les pièces du mouvement. A ses côtés, Catherine bûche sur la montre «El Primero Tourbillon Zéro G», «le premier mouvement de montre-bracelet à recevoir un échappement main- tenu à plat, quelle que soit la position de la montre». Si pour les néophytes c’est du charabia, pour les connaisseurs c’est un exploit technique immense… Et encore. A l’étage en dessous, ingénieurs et horlogers prototypistes travaillent sur le mouvement 4031 d’une montre «Class Traveller Répétition Minute». 48 fonctionnalités, 800 composants deux ans de développement. Prix du joujou ? 650 000 euros.

    C’est que Zenith possède une concentration de savoir-faire unique. «Georges Favre-Jacot n’avait qu’une seule obsession : faire des montres précises et fiables», explique Jean-Frédéric Dufour. Elle reste ainsi la manufacture la plus primée avec plus de 1 565 prix de précision !
    Dans les années 20, Zenith a déjà produit deux millions de montres, dix ans plus tard, elle diversifie sa production et ses compteurs de bord se retrouvent dans les hydravions de l’aéronavale française et des marines italiennes ou britanniques. Mais la star incontestable de la manufacture de Georges Fabre-Jacot reste El Primero qui voit le jour en 1969, le «premier chronographe automatique intégré avec roue à colonnes, premier mouvement au monde et toujours le seul à battre 36 000 alternances par heure et à être précis au 1/10e de seconde». Deux fois plus précis qu’un chronographe standard, El Primero devient une référence horlogère. Il fête cette année ses 40 printemps. Mais sa destinée fut plutôt rocambolesque.
    A peine cinq ans après sa création, il fut à deux doigts de disparaître. En 1975, le nouveau propriétaire américain de la marque décide de fabriquer uniquement des montres à quartz et de stopper toute fabrication de montres mécaniques, dont celle du El Primero. Jeter aux orties des années de recherche assidue ? Impossible pour Charles Vermot ! Cet horloger chez Zenith décide de sauver les précieuses étampes en les dissimulant et désobéit, afin de préserver pour l’avenir la remise en production du calibre. «Charles Vermot, au péril de son emploi, décide seul d’étiqueter, répertorier, classer, protéger les cames, les outils de coupe, les étampes, les petites machines, les dossiers de plans d’opérations, et consigne dans un cahier tout le processus de fabrication du mouvement», remarque Joël Jidet.
    Dès 1984, Rolex relance la machine en décidant d’acheter le El Primero pour son chronographe «Daytona». Coup de chance pour Zenith. Mais revers delà médaille, Zenith n’en récolte pas vraiment les lauriers. Pendant des années 80% de la production de ce calibre d’exception sera vendue à autrui ! Zenith perd son image. La notoriété de son célèbre calibre étant enfermée dans des boîtiers qui ne portent pas son nom…
    En 1999, LVMH rachète la marque. «Al’époque, Zenith est une vieille dame, plus très sexy, plus très alerte, ni plus très bien tenue», relève ainsi Grégory Pons sur son site Business Montres. En effet, l’outil de production est obsolète et les stocks de montres invendues s’accumulent à la manufacture du Locle.
    Le groupe installe aux commandes Thierry Nataf. Changement radical. Le nouveau président achète des machines neuves à commandes numériques et dépoussière l’image de la marque à travers un marketing puissant. Son but ? «Refaire de Zenith une très grande manufacture, et du mouvement El Primero, une star absolue de l’horlogerie mécanique», et sur des montres très haut de gamme. Un virage à 180 degrés. Car Zenith n’a jamais fait de grandes complications ni de haute horlogerie : «Avant les années 2000, Zenith faisait des montres fiables et précises, mais surtout populaires. Son rachat par LVMH lance la marque dans un positionnement de montée en gamme de très haut niveau. Je connais peu de manufactures qui aient fait autant de prouesses techniques en si peu de temps», raconte Joël Jidet.
    Thierry Nataf renouvelle totalement les collections. Au Salon de Bâle en 2002, ce ne sont pas moins de 4 nouveaux mouvements et 14 nouveaux modèles représentant 52 nouvelles références que Zenith propose dans son catalogue ! En 2003, le lancement de la «Chronomaster Open El Primero», innovation technologique permettant de voir le balancier lancé à 36 000 alternances par heure, fait beaucoup de bruit dans le milieu. Puis viennent les lignes «Defy» avec des cadrans sportifs et virils, la gamme «Starissime», montres «haute couture» pavées de diamants et destinées aux femmes des riches tycoons russes ou chinois… Enfin la collection «Academy», où le mouvement El Primero est utilisé avec les plus grandes complications possibles : calendrier perpétuel, tourbillon, répétition des minutes, quantième perpétuel, phase de lune, fonction réveil…
    Mais voilà, en 2008, après huit années d’envolée horlogère, la crise passe par là. Les chiffres de la manufacture sont dans le rouge. LVMH change de cap.
    Depuis juin dernier, Jean-Frédéric Dufour est donc le nouveau gardien du temple. Le nouveau président de Zenith, certes moins flamboyant que l’ancien, est un vrai connaisseur des arcanes du métier (on lui doit notamment les premiers mouvements de la manufacture LUC chez Chopard). Sa mission : rationaliser, puiser dans les archives, oublier un peu le côté «fashion», pour revenir au milieu de gamme et refaire des lignes plus classiques et plus accessibles. «Zenith, c’est la légitimité, la tradition, la valeur du produit, c’est-à-dire la meilleure qualité au meilleur coût. Nous voulons nous recentrer sur des montres de haute technicité, mais pas dans une surenchère de prix. Il s’agit de positionner la marque comme la principale porte d’entrée dans le monde de la manufacture», explique Jean-Frédéric Dufour.
    Zenith renoue donc avec des lignes plus sobres. Sans tambour ni trompette, elle propose cette année des éditions limitées d’El Primero, comme la «New Vintage 1969» qui revisite le modèle original (voir encadré). Les années 50 sont aussi à l’honneur sur les montres «Grande Date» et «Phase de Lune» avec son tout nouveau calibre maison Elite 691. Sophistication à l’intérieur, raffinement classique à l’extérieur…
    Depuis qu’il a pris ses fonctions, Jean-Frédéric Dufour ne cesse de fouiller et répertorier les incroyables archives de la maison. Récemment, il a ainsi déniché un brevet déposé il y a dix ans qui mise sur le nec plus ultra de la précision : «Nous présenterons en 2010, au prochain salon de l’horlogerie de Bâle, une collection El Primero avec la montre qui permettra d’indiquer le temps de la manière la plus précise qui existe.» Si Zenith continue d’innover, elle veut surtout s’inscrire dans la durée. 144 ans au service de la mesure du temps, ce n’est pourtant déjà pas si mal. Même si le temps file à une vitesse folle.

    LE MODELE «EL PRIMERO CHRONOMASTER GRANDE DATEM00N S SUNPHASE COMBINE», TROIS EXCLUSIVITES ET BREVETS DE LA MANUFACTURE.

    REEDITION VINTAGE
    EN 2010, LE CATALOGUE SE SIMPLIFIE EN NE PROPOSANT QUE QUATRE COLLECTIONS : LA GAMME «ELITE» (MODELES DE BASE A 3 OU 4 AIGUILLES), UNE COLLECTION DE CHRONOGRAPHES «EL PRIMERO», LA LIGNE «DEFY» POUR LE COTE SPORTIF ET «ACADEMY» POUR LA HAUTE HORLOGERIE. POUR FETER LES 40 ANS DU MOUVEMENT EL PRIMERO, ZENITH REEDITE PLUSIEURS MODELES FIDELES A L’ORIGINAL DE 1969, «THE ORIGINALS» EDITES EN SERIE LIMITEE ET NUMEROTEE. LA PREMIERE, EN ACIER (500 EXEMPLAIRES) AVEC BRACELET CROCO ET CADRAN BLANC, LA SECONDE EN OR ROSE (250 EXEMPLAIRES), ENFIN LA TROISIEME «NEW VINTAGE 1969», TOUTE NOIRE, AVEC SON CADRAN TRANSPARENT QUI FAIT APPARAITRE LES ROUAGES… EMINEMMENT COLLECTOR. TROIS COLLECTIONS DONT LES PRIX S’ECHELONNENT ENTRE 6 900 EUROS POUR L’ACIER, 8 300 EUROS POUR LE TITANE ET 13 900 EUROS POUR L’OR. A CES NOUVEAUTES S’AJOUTE UNE COLLECTION «40E ANNIVERSAIRE» AVEC LES MODELES «CLASS», «PORT ROYAL», LA «DEFY» ET LA «CHRONOMASTER». CHACUN DE CES QUATRE MODELES PRESENTE UN CADRAN ARGENTE ET GUILLOCHE MAIN, ORNE DU LOGO HISTORIQUE DE LA MANUFACTURE ET D’UNE BANDE ANNIVERSAIRE RASSEMBLANT L’ENSEMBLE DES GUILLOCHAGES MAISON. NOTONS QUE LA«CLASS EL PRIMERO» RESTE LE CHRONO LE PLUS ACCESSIBLE DU CATALOGUE. IL COUTE 6 000 EUROS.

    Dorane Vignando
    Le Nouvel Observateur

    http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2349_2/articles/a412881-.html

    #420000848424
    David123
    Membre

    Merci pour cet article, très intéressant, … et il nous révèle l’identité de ZEN Shocked Shocked Shocked

    #420000848425
    ZEN
    Membre

    cet article permet de faire le point sur ce que zenith prépare.

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420000848426
    matic
    Membre
    David123 a écrit:
    Merci pour cet article, très intéressant, … et il nous révèle l’identité de ZEN Shocked Shocked Shocked

    ?? aucunement de révéler l’identité de Zen… Joël Jidet signe sous ce nom ses articles horlogers, mais je crois bien me souvenir que c’est un pseudo….

    enfin le principal est plutôt ceci :

    Citation :
    rationaliser, puiser dans les archives, oublier un peu le côté «fashion», pour revenir au milieu de gamme et refaire des lignes plus classiques et plus accessibles.

    beau programme… à suivre donc

    #420000848427
    mylly
    Membre

    Oui une très bonne nouvelle. bravohap

    #420000848428
    michel
    Membre

    euh…… ils ont commencé par une grosse vente au personnel mercredi Actu: Une étoile aînée Solv_gif

    #420000848429
    lolotocante
    Membre

    en effet article tres interessant et laisse surgir quelques questions:

    "l s’agit de positionner la marque comme la principale porte d’entrée dans le monde de la manufacture», explique Jean-Frédéric Dufour."

    Est-ce que ca veut dire que Zenith va baisser ses prix, devenir de l’entree de gamme" ??

    "ous voulons nous recentrer sur des montres de haute technicité, mais pas dans une surenchère de prix.

    pensez vous que les prix catalogue vont baisser?

    Les prix actuels étant largement surevalués à en croire les remises possible sur certains modeles.

    #420000848430
    Treizin
    Membre

    Et pourtant le El Primero de Zénith est beaucoup moins cher que le El Primero monté par Rolex, Ulysse Nardin et les autres qui ont souhaité rendre hommage à ce mouvement.

    #420000848431
    J.B
    Membre

    Retrouver sa clientèle, reconquérir les marchés et repositionner la manufacture dans le bon segment tarifaire, c’est tout le mal que je souhaite à M. Dufour et toute son équipe.

    #420000848432
    Yvan
    Membre

    Les promesses ne valent que pour ceux qui les écoutent.

    Attendons de voir en vrai les nouveautés, la ligne directrice va dans le bon sens.

    flower

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