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19 novembre 2007 à 10h42 #410000022614
ZEN
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- Rolex à l’heure du mécénat intelligent
L’entreprise permet à six jeunes artistes de travailler auprès de mentors.Ils s’appellent Josué Méndez, Selina Cartmell, Alejandro Cesarco, Anani Dodji Sanouvi, Edem Awumey et David Aaron Carpenter. Ils sont encore jeunes mais pourraient bien s’affirmer, dans les années qui viennent, comme des figures centrales de la scène culturelle contemporaine. A l’image, en somme, des cinéastes Stephen Frears (lire ci-dessous) et Julie Taymor, du plasticien John Baldessari, de la chorégraphe Anna Teresa De Keersmaeker, du romancier Tahar Ben Jelloun, ainsi que du violoniste et chef d’orchestre Pinchas Zuckerman, dont ils furent les «disciples» durant une année sous l’égide du programme The Rolex Mentor & Protégé Arts Initiative. Un projet à bien des égards unique en son genre.
Une relation ancestrale
Lancé en 2002 par la marque horlogère genevoise, ce partenariat entre personnalités du monde artistique et créateurs en devenir frappe en effet par son sérieux. Un signe qui ne trompe pas dans l’auberge espagnole du mécénat culturel, où coups marketing à peine dissimulés, aides mal pensées et démarches plus égocentriques qu’efficaces sont hélas légion. Parce que l’art est parfois un miroir aux alouettes, il peut attirer de drôles d’oiseaux.Le concept se veut donc solide. «Nous nous sommes intéressés à l’idée de transmission», explique Rebecca Irvin, directrice du programme pour Rolex. «La relation de maître à disciple est ancestrale. Or nous nous sommes aperçus que les grandes compagnies ne soutenaient pas des projets de ce type, avant tout individuels.»
Une même rigueur a inspiré le processus de sélection. Pour garantir la qualité des futurs échanges, un conseil trie les mentors selon des critères d’excellence mais aussi d’intérêt pour la formation. Ses membres? Beaucoup d’artistes célèbres – comme Pina Bausch ou le tandem Christo et Jeanne-Claude – mais aussi des experts mondialement reconnus. Les protégés sont quant à eux proposés par six comités indépendants, chaque discipline abordée possédant le sien (théâtre, cinéma, littérature, danse, musique et arts graphiques).
Les «maîtres» effectuent ensuite le choix final – volontairement plus subjectif – parmi les trois ou quatre candidatures de «disciples» qui leur sont soumises. «Il leur revient également de définir le type de collaboration qu’ils comptent mettre en place», souligne Rebecca Irvin, même si elle précise qu’un «cadre général existe». A savoir six semaines au minimum de travail en commun sur l’année, à définir en fonction des emplois du temps de chacun. «En revanche, nous n’exigeons aucun résultat. Les artistes ne sont pas tenus de produire quoi que ce soit durant leur mentorat».
Liberté payante
Si la directrice du programme dit vouloir rester discrète sur les sommes engagées, elle en situe le total aux alentours des 700 000 dollars par an (moins de 800 000 francs suisses). Et assure en riant que la firme suisse n’en retire aucun bénéfice, sinon «une grande fierté». «Franchement, si le projet devait répondre à un calcul commercial, nous aurions du mal à trouver des partenaires d’une telle renommée.»
http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/l_actu/culture/detail_culture/(contenu)/161129
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