Actu : Merci la crise, les palaces font des prix

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    Merci la crise, les palaces font des prix

    PROMOTIONS | Les avantages et les cadeaux se multiplient dans les hôtels de luxe. Une manière positive de compenser une baisse de 10 à 15% de leur chiffre d’affaires global depuis ce début d’année.

    GEORGES-MARIE BÉCHERRAZ | 24.03.2009 |

    La chasse aux œufs de Pâques dans les jardins du Beau-Rivage Palace après une nuit de rêve en «chambre confort» et un copieux petit-déjeuner buffet, ça fait riche, non? Pour 395 francs, c’est l’une des offres spéciales du prestigieux établissement du bord du Léman pour palier les effets de la crise financière. Au tarif normal, la moins chère de ses 169 chambres coûterait 480 francs.

    Au centre-ville, c’est un «forfait chocolat» que propose le Lausanne-Palace toute l’année, sauf au cœur de l’été. Pour 675 francs, la belle chambre en occupation double, surclassée en Deluxe selon disponibilité, petit- déj’, accès au spa et au club privé, Toblerone de 1,5 kg en cadeau de départ, etc. La moins chère de ses 150 chambres coûte normalement 430 francs.

    En réservation directe ou par site internet spécialisé, les promos et les cadeaux se multiplient dans les hôtels de luxe. Et ce n’est sans doute qu’un début. Ces établissements ont perdu de 10 à 15% de leur chiffre d’affaires global depuis ce début d’année. «Oui aux offres spéciales, mais il ne faut pas céder à une baisse des prix.» Christian Seiler, directeur général des hôtels qui portent son nom, administrateur des Beau-Rivage de Lausanne et de Genève, est considéré comme un expert en hôtellerie de luxe. Il souligne: «En période difficile, on peut être tenté de baisser le prix d’une chambre, mais ce n’est pas cela qui amènera davantage de clients.»

    Pas de vague de baisse des tarifs donc, et pas plus de diminution sur les prestations, de savonnettes plus petites dans les salles de bains ou de corbeilles de fruits allégées dans les chambres. «Au contraire! Il faut en offrir davantage pour le même prix, estime Christian Seiler. Une baisse du taux d’occupation, c’est aussi une occasion à saisir pour entreprendre des travaux afin de se trouver renforcé au sortir de la crise. Au Beau-Rivage Palace, c’est tout le cœur de l’hôtel que nous refaisons.»

    Jean-Jacques Gauer, directeur du Lausanne-Palace, président de Leading Hotels of the World, donne un exemple: «Nous ne cassons pas les prix, mais quand il y a de la place, nous mettons directement le client dans une catégorie supérieure à celle qu’il a demandée. Ou alors nous lui offrons trois nuits pour le prix de deux, nous lui permettons de rester jusqu’à 17 heures, ou s’il vient des Etats-Unis, nous lui offrons une chambre prête dès 7 heures du matin.»

    Un sou est un sou
    Cela n’empêche pas les palaces de compter chaque sou qu’ils dépensent. Ils font preuve d’une prudence extrême, dans la promotion notamment. Jean-Jacques Gauer: «Nous renonçons notamment à faire de la pub de prestige, ou encore à certains sponsorings.» Président de l’Association romande des hôteliers, Philippe Thuner constate: «La promotion se recentre là où l’on pense avoir une chance. On ne va pas faire de gros efforts en ce moment sur le marché anglais, sachant que la livre est à la cave.»

    Et si la situation continue à se détériorer? Jean-Jacques Gauer confiait récemment dans un magazine consacré au luxe qu’il envisageait quand même de revoir certains prix à la baisse. Réduire le personnel? Ce n’est pas exclu. «Il y a treize ans, nous étions 107 employés au Lausanne-Palace. Aujourd’hui, cette entreprise compte 300 personnes. Chaque mois, un ou deux collaborateurs nous quittent pour des raisons diverses. Cela permet, au besoin, de réduire en douceur notre effectif.»

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    L’année 2008 était trop belle

    Sombre mois de janvier 2009. Les 457 hôtels de par le monde des Leading Hotels of the World accusaient une baisse moyenne du taux de fréquentation de 24% par rapport au même mois de 2008. Le recul est tout particulièrement marqué pour le tourisme d’affaires. Le salut passe par un recentrage vers le tourisme de loisirs. «L’époque est révolue où les entreprises pouvaient inviter tous leurs clients sur le dos des impôts», constate Jean-Jacques Gauer. Pour le reste, les réservations reprennent certes avec le printemps. Pour combien de temps? «Je n’ai pas la boule de cristal. Je me refuse d’être pessimiste.» Et d’illustrer la fragilité des prédictions en rappelant que, l’automne dernier, les économistes annonçaient que le litre d’essence allait grimper à 2 fr. 50 alors qu’il est tombé à 1 fr. 40. «N’oublions pas que 2008 était une année record pour le luxe – montres, voitures et autres. C’est à 2007 qu’il convient de nous comparer. Là, je suis tout de même en augmentation de 7% de chiffre d’affaires. Or fin 2007, je ne pleurais pas.»

    Trop chère, l’hôtellerie suisse de luxe? Tout le contraire, selon Christian Seiler: «Comparée à celle des principaux pays industrialisés, elle est une des meilleures marché malgré le prix d’une main-d’œuvre bien supérieur.»

    Pour Philippe Thuner, président de l’association romande des hôteliers, «l’hôtellerie vaudoise est en bien meilleur état financier qu’elle ne l’était lors de la crise de la première Guerre du Golfe». La diversification de la clientèle est une de ses forces, à la différence des Grisons, où les hôtes allemands dominent largement.

    G.-M. B.

    http://www.24heures.ch/vaud/actu/merci-crise-palaces-font-prix-2009-03-23

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