Actu: horloge Notre-Dame de Paris

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  • #410000138205
    ZEN
    Membre
    Citation :
    L’étonnante machine qui commandait les quatre cadrans de la cathédrale a été totalement détruite. Des passionnés veulent initier un mouvement pour la reconstituer

    Avant l’incendie, Notre-Dame de Paris possédait une horloge hors normes dont le mécanisme, situé sous la flèche, commandait quatre cadrans donnant l’heure. De dehors, en tordant le cou, on pouvait les apercevoir de chaque côté du transept, posés dans des lucarnes de toit en chiens-assis. L’astucieux dispositif gérait aussi les sonneries d’un carillon. Aujourd’hui, il est au sol, en miettes, perdu dans les gravats. Cette chute d’un objet que personne ne voyait n’a pas provoqué dans l’opinion le même émoi que l’effondrement de la flèche. Mais dans le petit monde de l’horlogerie ancienne, et dans celui, encore plus réduit, de l’horlogerie d’édifices, c’est la consternation.

    A la benne

    Les initiés craignent que si personne ne s’alarme de sa disparition, la pendule de Notre-Dame ne soit jamais reconstituée. Ou alors aux calendes. Photographe et auteur d’un livre sur les artisans de l’horlogerie ancienne (1), Bruno Cabanis connaît bien l’appareil logé dans les combles de la cathédrale de Paris car, pour cet ouvrage, il avait photographié Joël Robineau, le spécialiste qui avait entretenu et remonté le mécanisme pendant quarante ans, jusqu’en 2014.

    A peine l’incendie éteint, Cabanis a donc tiré la sonnette d’alarme pour qu’au moins, même si la cathédrale présentait d’autres urgences, les quelques morceaux identifiables dans les déblais ne soient pas expédiés à la benne. «Il est possible que les restes de cette horloge ne soient pas collectés avec le soin qu’ils méritent», euphémise-t-il.

    Mais même en grattant à la cuillère, il y a peu de chance que l’on retrouve assez de pièces pour remonter l’horloge détruite. Depuis quatre ans, Olivier Chandez, successeur de Joël Robineau, montait chaque jeudi dans la charpente pour «nettoyer, lubrifier et remonter» le mécanisme. Sur les chances de dégotter des pièces, il est assez pessimiste : «Toutes les parties en laiton ont fondu comme dans un gros creuset de sidérurgie.» Toutefois, il n’exclut pas que l’on puisse «tomber sur des axes en acier, utiles pour retrouver des proportions».

    Ce genre d’information, c’est ce que cherche l’autre personnage qui se mobilise : Jean-Baptiste Viot, «horloger constructeur». Spécialiste de l’histoire des mécanismes, doté d’un diplôme de technicien en horlogerie ancienne, Viot présente dans son curriculum la particularité d’avoir réalisé en 2005 la restauration clandestine de l’horloge du Panthéon avec le groupe d’activistes urbains Untergunther. Douze ans plus tard, il sera convié à réaliser le même travail officiellement.

    Le voilà maintenant lancé dans une croisade «pour reconstruire l’horloge disparue». Sur sa page Facebook, il appelle «les horlogers et autres bonnes volontés afin de trouver une solution» pour parvenir à «une construction à l’identique ou une réalisation nouvelle qui sera le témoin du savoir-faire horloger de notre temps».

    Le site Montres de luxe, qui salue cette «bien belle initiative», écrit que «plutôt que d’engager des ambassadeurs ou d’investir dans des initiatives qui ne servent à rien (la plupart du temps), les grandes marques horlogères devraient plutôt se mobiliser pour la reconstruction de l’horloge Collin de Notre-Dame de Paris». De son côté, Jean-Baptiste Viot, qui n’a «jamais pu voir l’horloge de Notre-Dame», annonce ce qu’il va faire : «Dans un premier temps, il faut rassembler toute la doc possible. Je suis en train de ratisser.»

    Obtenir des informations sur la firme Collin, successeur de Wagner qui installa la machine en 1867, ne va pas être trop difficile. Armand-François Collin avait une usine à Foncine-le-Haut, dans le Jura. Il a équipé entre autres, à Paris, les églises Saint-Germain-l’Auxerrois et Saint-Augustin, la basilique Sainte-Clotilde, les mairies des IVe, XIe et XIIe arrondissements. Et décroché des médailles lors des Expositions universelles de 1855, 1860, 1867, 1875, 1878, et on en passe. Bref, des traces, il en a laissé
    Exploration

    Mais pour cette création précise, de quoi dispose-t-on ? Etait-ce une pièce unique, une petite série ? «Des horloges monumentales de ce type, il n’y en avait pas tant que ça», estime Bruno Cabanis. En tout cas, la reconstitution s’annonce comme une exploration.

    Olivier Chandez, l’horloger qui l’entretenait jusqu’à la semaine dernière pour le compte de la société Michel Henry-Lepaute, explique : «Cette génération d’horloges était très intéressante car pour gagner de la place, les concepteurs avaient trouvé un système pour mettre les rouages en parallèle.» Or, il faut comprendre que si le mécanisme est planté à la croisée de la nef et du transept, pile sous la flèche et au milieu de l’édifice, les cadrans, eux, sont à l’extrémité des transepts. «Si on avait fait un train [de rouages, ndlr] classique, actionner des cadrans à une telle distance aurait demandé des forces motrices énormes», dit Chandez. Même s’il existait déjà des systèmes électriques à l’époque, il n’a jamais été question d’en monter un là-haut. Tout est mécanique.

    En 2017, dans une visite vidéo de la cathédrale, l’architecte des monuments historiques Philippe Villeneuve décrivait le fonctionnement : «Par un système de tringles qui passent dans la charpente, vous avez des bras, des axes qui tournent et puis, hop, ça arrive vers les aiguilles et ça marche très bien.» Pourrait-on, hop, le refaire ? «On en a parlé avec des confrères et on est persuadés qu’on pourrait reconstituer cette horloge», dit Olivier Chandez, le dernier à l’avoir vu fonctionner.

    (1) Horlogerie française, Eyrolles.

    Sibylle Vincendon

    .

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    https://www.liberation.fr/france/2019/04/26/a-notre-dame-de-paris-il-est-venu-le-temps-des-horlogers_1723627

    #420004103449
    plab
    Membre

    https://www.liberation.fr/france/2019/04/26/a-notre-dame-de-paris-il-est-venu-le-temps-des-horlogers_1723627

    Comme souvent les horloges monumentales font partie des chefs d’oeuvres techniques cachés car relégués dans les tours ou les charpentes.
    L’article fait également référence à l’affaire de l’horloge du Panthéon que je me rappelle avoir suivi avec étonnement et amusement à l’époque (ça me faisait penser toutes proportions gardées à Mister Tuttle dans Brazil qui répare les clim clandestinement tant il ne supporte plus de faire de la paperasse

    #420004103450
    tomshaka2
    Membre

    Souhaitons leur bon courage 👍

    #420004103451
    Leopal
    Membre

    Il n’existe aucuns plans, aucunes mesures faites lors d’entretiens, ou ce genre de chose ?

    #420004103452
    plab
    Membre

    Si l’on en croit l’article il semble que personne ne se soit donné la peine de constituer une base de donnée concernant cette horloge…

    Les mécaniques anciennes (hors automobile) souffrent d’une vraie désaffection. Peut-être est-ce dû à leur caractère caché ?
    Pour être également un amateur d’orgues (qui sont également des oeuvres mécaniques subtiles) j’ai pu voir beaucoup d’instruments en mauvais voire très mauvais état, rafistolés par manque de moyens.

    #420004103453
    Hypnos
    Membre

    petit up:
    Il semblerait qu’on ait découvert une sœur jumelle de l’horloge à quelques encablures de N.Dame dans l’église de la Ste Trinité. Voir ICI

    #420004103454
    Ysontoupri
    Membre

    Superbe histoire pleine d’espoir !

    Bravo et merci à toutes ces personnes dévouées à la reconstruction de Notre-Dame ! thumleft

    #420004103455
    jaeger92
    Membre

    Wahou

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    Actu: horloge Notre-Dame de Paris Marsup10
    Instagram: Helvetic_tac

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