FORUMAMONTRES › Forums › Forum ZENITH Forum Officiel Francophone › 15 ans pour en arriver là … 4 seasons of Mucha in Zenith watches !
- Ce sujet contient 27 réponses, 20 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
ZEN, le il y a 8 années et 11 mois.
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1 février 2017 à 10h45 #420003682642
fly back
MembreFier de t’avoir trouvé une printemps, qui fût des années chez un collectionneur averti…
4 février 2017 à 11h46 #420003682643Rolecrou
MembreFabuleux.
16 septembre 2017 à 9h25 #420003682617ZEN
MembreIl y a 15 ans, le premier samedi matin du mois d’avril, le hasard m’a fait découvrir sur le stand d’un antiquaire lors de puces, le Printemps de Mucha à travers la gravure d’une montre Zenith. J’avais découvert l’existence de ces montres en 2002 par une publicité affichée sur internet et que par coïncidence, j’avais également découverte dans une vieille revue des années 1940 dédiée aux professionnels de l’horlogerie. La revue en question consacrait un article à Georges Favre-Jacot pour les 30 ans de sa disparition. Pour être tout à fait honnête, c’est davantage la coïncidence de la découverte des deux supports parlant de cette série de montres que les montres elles-mêmes qui ont éveillé mon attention. Je crois mais n’en suis pas certain que la publication sur le net était le fait de Joël de Toulouse. Je dois avoir encore quelque part un mail qui lui demande s’il a la publication initiale de la publicité.
Alfons Mucha est pour plein de raisons un artiste qui m’intéresse beaucoup. D’abord parce que je suis depuis très longtemps un amateur d’Art Nouveau ayant beaucoup trainé mes guêtres notamment à Nancy et évidemment à Reims où Mucha a passé beaucoup de temps à l’époque où il illustrait les campagnes de publicité de Moët Hennessy, Ruinart ou encore d’autres grandes maisons de champagne. Mucha, pour diverses raisons fut omniprésent à divers moments de ma vie et je me souviens qu’étudiant, ma première affiche dans mon studio de 25 mètres carrés fut une affiche de Mucha (une reproduction). C’était le printemps ! Mon côté fleur bleu me fit afficher à côté un poster de David Hamilton dont j’ai découvert il n’y a pas si longtemps que c’était un sinistre personnage.

La thématique du printemps de Mucha resta ancrée en moi et s’est souvent installée dans divers moments. Ce fut le cas en 2004 lorsque faisant la connaissance de Thierry Nataf alors président de Zenith, je lui fit part de mon intérêt pour l’Art Nouveau et qu’il me présenta sa future campagne de montres pour dames.

L’inspiration ne faisait aucun doute mais paradoxalement personne chez Zenith ne se souvenait que Mucha avait signé un contrat avec Georges Favre-Jacot et qu’une série de montres avait été produites avec une licence exclusive au profit de Zenith. Les montres dataient de l’exposition universelle à Paris de 1900 mais personne ne les avait jamais vues. Les boites étaient signées Huguenin, un frappeur de médailles et graveur mais la consultation d’archives et de catalogues d’Huguenin ne mentionnait pas des série de boites gravées d’après Mucha.
Huguenin proposait aux manufactures horlogères des boites thématiques diverses et celles-ci achetaient des séries de boites. C’est pourquoi on retrouve des Longines, Zenith, IWC ou Ulysse Nardin parfois avec les mêmes boites. Il arrivait que ce graveur consente moyennant contrepartie, l’exclusivité d’un thème pour une maison ou développe un thème spécialement commandé par une autre. Mon premier questionnement concernant les montres de Mucha fut donc de savoir si c’est Huguenin qui avait proposé le thème Mucha à Georges Favre-Jacot ou si c’est Georges Favre-Jacot qui avait sollicité Huguenin après un accord avec l’artiste.
Je mis un certain temps à établir la vérité. C’est bien Georges Favre-Jacot qui, amateur d’art et en particulier d’Art Nouveau, envisagea d’abord une affiche pour Zenith puis s’enthousiasma sur une collection complète. Mucha n’était jamais très « chaud » pour que ses œuvres soient déclinées sur des supports qu’il n’avait pas envisagés mais Georges Favre-Jacot sut le convaincre et c’est avec les 4 saisons que l’accord fut signé. Il semble que les mois de l’année auraient pu constituer un autre thème ultérieur mais l’accord ne fut jamais trouvé.
Ces montres furent donc présentées en 1900 avec trois versions de boites, or, argent et métal blanc (mais plutôt alliage d’argent à bas titre). La version Or était semble-t-il un très faible tirage (un ou 10) et les autres 100 exemplaires pas un de plus. Il y eu deux retirages de deux fois 50 exemplaires avec des boites un peu différentes en 1902 et 1905.
Revenons donc en 2002. Le hasard pur me fait trouver dans la vitrine d’un marchand lyonnais, la version en argent du Printemps. Je sais déjà presque tout de ces montres et je me dis que je vais rechercher les 4. Joseph Flores à qui j’indique mes difficultés à les trouver me fait savoir que 4 boites sont exposées au musée de Villers le Lac. Ce sont des épreuves, des protos niellés plus ou moins « finis » jamais assemblés en montres et retrouvés dans les stocks de Huguenin. Je fonce les voir mais ma déception est grande car ils sont très noirs, ternes et pas dans l’esprit de relief malgré la taille douce des versions commercialisées. Un échange avec Yves Droz, le conservateur du musée me fait apprendre qu’il a cherché les 4 saisons jusqu’en Allemagne mais ne les a jamais trouvées, ne rencontrant que l’automne. Il me prédit un échec gentiment pour que je ne fonde pas d’espoir inutile.
De fait pendant des années, je ne trouve strictement rien. Je ne perds pas espoir et un horloger présent sur FAM me propose un second printemps. On doit être en 2009. Quelques mois plus tard, je trouve un … troisième printemps. C’est la réédition qui correspond aux pièces exposées à Villers le Lac. Je fais quelques articles sur le sujet et une collectionneuse suédoise m’indique que Zenith Hiver est à vendre… J’en fais l’acquisition. On est en 2013. Pendant que je relis la dernière épreuve du livre sur Zenith, au moment où je dois donner le bon à tirer, le hasard me fait découvrir sur un site de ventes « L’été ». La montre est en très bel état. C’est parait-il la plus rare avec l’Hiver. Au dernier moment, je substitue donc dans le livre l’été à une autre photo. Cette photo de l’été s’est faite en 10 minutes à une demie heure de l’échéance pour valider la version ultime du livre.
Il restait l’automne introuvable et puis le temps est venu … J’ai pu acheter cette dernière saison 15 ans après la première… Voici les 4. Je pense être le seul au monde à les avoir réunies.
Ca n’a l’air de rien, mais 15 ans c’est un sacré bail. Evidemment, je n’ai pas cherché que ça et la dernière, je l’ai trouvée presque sans chercher. Mais ça valait le coup de tenir bon. J’ai gardé mon intérêt pour l’Art Nouveau. Il revient régulièrement sur le devant de la scène. Il n’y a pas d’équivalent nulle part. Aucune autre marque de montre n’a pu passer d’accord avec Mucha. Un jour, je les présenterai dans une exposition ou chacun pourra les voir. Ca vaut la peine …
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).16 septembre 2017 à 9h25 #410000128917ZEN
MembreIl s’agit là d’une réunion exceptionnelle, d’un post incroyable de coïncidences heureuses (Et j’ai une petite expérience en ce dernier domaine).
Il y une forme de respect qu’impose cette persévérance nourrie de recherche et de connaissances.
Et que dire devant ce résultat?
Ces Zenith rehaussées de Mucha sont un délice, vraiment.16 septembre 2017 à 9h36 #420003682618Bara
Membrebravo
16 septembre 2017 à 9h40 #420003682619Lomaing
Membre
Bien joué!! Bel exemple de patience
Vraiment cool en tous cas!!
16 septembre 2017 à 10h23 #420003682620herge81
Membrec’est marrant je suis en train de dévorer le livre de Zen consacré à Zenith et je viens de m’arrêter justement à ce chapitre !
Sur les gravures, il est question de Huguenin, c’est bien son descendant qui officie toujours avec des gravures exotiques parfois (Blancpain)?16 septembre 2017 à 10h33 #420003682621ZEN
MembreDescendant oui, ligne directe pas sur.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).16 septembre 2017 à 10h34 #420003682622paysdoufs
MembreTrès chouette et félicitations
Les termes techniques sur l’affiche sont du chinois pour moi: Pourquoi donc et comment L’Eté (seule) arbore des couleurs?
16 septembre 2017 à 10h38 #420003682623ZEN
MembreL’été est une version originellement de luxe colorée. Chevelure blonde et fond émaillé. Les autres sont niellées mais le Niel s’est usé un peu.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).16 septembre 2017 à 10h44 #420003682624alics
MembreTrès belle histoire de collectionneur. Bravo.
16 septembre 2017 à 10h52 #420003682625fly back
MembrePlus facile de sortir en quinze ans, cent répétitions minutes ,qu’une de ces Mucha.
Incroyable d’avoir pu réunir l’ensemble.
Je serais curieux de savoir où sont les autres !
16 septembre 2017 à 22h31 #420003682626ZEN
MembreJ’ai cherché à le savoir.
Lorsque Georges Favre-Jacot a sorti cette montre, les actionnaires de Zenith lui ont demandé d’écouler des sur-stocks de mouvements antérieurs au calibre Zenith qui coutaient moins cher à produire. Ces « volumes » de mouvements (quelques milliers) furent emboités dans des montres fantaisies avec des gravures sur le dos qui ont été vendues à l’exposition de 1900. Le coq (montre du grand prix), les Mucha et d’autres faisaient partie de cet ensemble.
Cela explique qu’on retrouve ces montres en Europe essentiellement : en France, Allemagne, Belgique, Italie et Angleterre. Ce sont des visiteurs qui les ont achetées. On pouvait à l’époque avoir les 4 d’un seul coup ou s’acheter une saison. Il existait 100 tirages de chaque version.
Le Printemps fut très prisé ainsi que l’Automne. Il semble que l’Hiver se vendit moins bien. Pour l’Eté je ne sais pas. Il y avait les versions noircies en taille douce, les niellées, les émaillées et une version non mentionnée dans la publicité « Colorée » mais qui semble avoir été une version de démonstration commerciale.
On dit que tous les 10 ans, 10% des objets disparaissent définitivement. Personne n’est vraiment en mesure de préciser combien au total, rééditions comprises, combien il y a eu de Mucha. On ne sait même pas si ce sont vraiment des rééditions ou des éditions simultanées. C’est avec ma propre base de données que j’ai pu reconstituer les choses. Il est vrai qu’il faut avoir les pièces pour le faire. Il faut aussi s’intéresser à l’histoire. Celle de Mucha s’est croisée avec celle de Zenith. Les amateurs de Mucha s’en souviennent. C’est déjà bien…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).16 septembre 2017 à 23h02 #420003682627oliveka
Membrece qui fantastique dans ce post, c’est que jamais on ne voit la face de ces superbes montres!
Bravo ZEN pour cette série. L’art nouveau est réellement beau!
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Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.16 septembre 2017 à 23h14 #420003682628ZEN
Membre
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