FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Panique à bord des marques ! Les bouées sont jetées à la mer
- Ce sujet contient 11 réponses, 11 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Daniel.Lohill, le il y a 9 années.
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25 octobre 2017 à 2h23 #410000129545
ZEN
MembreOn ne rigole plus en CEOrie, c’est que les temps sont devenus difficiles et qu’il faut rendre des comptes. Terminée l’époque où le CEO venait deux fois par an au siège de son actionnaire. Maintenant, il faut expliquer sa stratégie et donc en avoir une et rendre compte à chaque instant de ses actions. Contrôleur de gestion à demeure et surveillance sont à l’ordre du jour. L’actionnaire explique et ré-explique ses messages, il faut faire du chiffre et s’installer durablement dans une logique de rentabilité.
Le CEO d’aujourd’hui est moins autonome que celui d’hier au point que l’on se demande parfois qui est le CEO. Du coup c’est la panique à bord, la peur de ne pas faire juste, de se planter, de se tromper de cible. L’erreur est relevée, comptabilisée, inscrite au passif. Les contrats « bétons » qui pouvaient lier un CEO à son actionnaire pour une durée ferme sont transformés avec les nouveaux CEO en contrats à durée déterminée avec des clauses de revoyure.
Tout est validé au préalable, plus question d’avancer au fil de l’eau. Un haut cadre chez l’un de ces gros actionnaire disait il y a quelques semaines, « on ne se demande plus si l’horlogerie va nous faire gagner beaucoup mais comment faire pour qu’elle ne nous fasse pas perdre » . Pourtant, on se veut confiant, le secteur va repartir et déjà on sent des frémissements. Etonnante réflexion quand on sait que les chiffres ne remontent pas partout. Les marques sont aujourd’hui quasi-invendables, à de rares exceptions près et en tout état de cause à des valeurs inférieures à ce que les vendeurs auraient espéré, l’un ou l’autre trouvent ici des investisseurs sous des formes variées mais peu de banques suisses et de groupes industriels ont envie de se lancer en horlogerie.
Sur ce qui ne se vend pas les marques cherchent : mais pourquoi donc ce produit génial n’est-il pas en rupture de stock suite à une demande énorme ? La réponse est simple : L’idée n’avait rien de génial.
Alors on cherche du côté marketing, on veut réfléchir, revoir la communication et si ce n’est pas suffisant revoir les produits mais il faut remettre les choses dans l’ordre. Les bons produits précèdent toujours la bonne communication.
Etonner, séduire, faire rêver, découvrir bref, donner envie, cela se fait dans l’enthousiasme et pas avec un couteau sous la gorge. L’enthousiasme est précisément ce qui manque dans la plupart des maisons horlogères. Cela rend encore plus difficile de donner envie.
Les communicants et marketeux s’inquiètent, et si les nouveautés ne ramenaient personne ? Le SIHH ou Baselworld sont devenus des épreuves plus angoissantes que le BAC. On craint le plouf, le flop qui retarderait la relance.L’erreur ne sera plus pardonnée, dans un pays ou le droit social est plus virtuel que réel, on ne plaisante pas avec l’argent des actionnaires. C’est donc la panique à bord, le droit à l’erreur n’est plus toléré … On regarde la concurrence, on s’épie sur la planète horlogère… A qui le tour ?
25 octobre 2017 à 2h27 #420003713789Basyl177
MembreUn vrai thriller… !!!
25 octobre 2017 à 2h50 #420003713790Jicé
MembreJ’ai envie de croire qu’après tant d’année de R&D et d’expansion, la machine industrielle est trop grosse et les appétits financier insatiables. C’est la course, la vitesse et le raisonnement à court terme ne favorisent pas l’installation durable d’un gamme et d’une marque dans le temps.
A trop vouloir écoper à toute allure, on ne vois pas la falaise approcher*
* dicton d’une vallée alpine. Je ne sais plus laquelle…
25 octobre 2017 à 3h42 #420003713791lechibre
Membre- Jicé a écrit:
- A trop vouloir écoper à toute allure, on ne vois pas la falaise approcher*
Du coup à défaut de couler tout de suite, on préfère faire du sur place et attendre miraculeusement l’arrivée du sauveur, mais l’attente peut s’avérer mortelle…
25 octobre 2017 à 3h43 #420003713792MaitreRobinton
MembreIl y a me semble-t-il de façon deux de voir les choses:
– soit on se dit que les CEO ont fait n’importe quoi ces dernières années (ce qui se lit régulièrement sur FAM), et donc qu’un contrôle accru de leur activité et de leurs décisions désormais n’est pas illogique de la part des actionnaires.
– soit les actionnaires sont pour une bonne part responsable de la fuite en avant de ces dernières années (ce qui se lit également régulièrement sur FAM
), et c’est donc au travers d’une cruelle injustice qu’aujourd’hui ils encadrent les CEO qui n’y sont pour rienAlors, on vote ?
25 octobre 2017 à 4h04 #420003713793Daniel.Lohill
MembreC’est drôle, pour faire un parallèle avec mon secteur d’activité (l’informatique) et plus précisément la gestion projet, il y a un schéma que tout le monde connait, à savoir :

On retrouve plus ou moins la même logique.
25 octobre 2017 à 4h57 #420003713794herge81
Membre- MaitreRobinton a écrit:
- Il y a me semble-t-il de façon deux de voir les choses:
– soit on se dit que les CEO ont fait n’importe quoi ces dernières années (ce qui se lit régulièrement sur FAM), et donc qu’un contrôle accru de leur activité et de leurs décisions désormais n’est pas illogique de la part des actionnaires.
– soit les actionnaires sont pour une bonne part responsable de la fuite en avant de ces dernières années (ce qui se lit également régulièrement sur FAM
), et c’est donc au travers d’une cruelle injustice qu’aujourd’hui ils encadrent les CEO qui n’y sont pour rienAlors, on vote ?
Il y a aussi une autre façon de voir les choses: tant que ça se passe bien, la bride est relâchée mais dés que ça va moins bien, on marque à la culotte le patron car c’est dans les creux qu’on voit généralement les capitaines qui savent anticiper et tenir la barre…
25 octobre 2017 à 5h12 #420003713795tittou
MembreCependant Théo Schneider à réussi à fourguer son entreprise moribonde à un prix correct, ( selon ce que j’en ai lu sur FAM) il y a donc des gens qui y croient encore…
25 octobre 2017 à 6h05 #420003713796CTREM
MembreOn récolte ce que l’on sème non ?
25 octobre 2017 à 6h23 #420003713797ManuC
Membre- MaitreRobinton a écrit:
- Il y a me semble-t-il de façon deux de voir les choses:
– soit on se dit que les CEO ont fait n’importe quoi ces dernières années (ce qui se lit régulièrement sur FAM), et donc qu’un contrôle accru de leur activité et de leurs décisions désormais n’est pas illogique de la part des actionnaires.
– soit les actionnaires sont pour une bonne part responsable de la fuite en avant de ces dernières années (ce qui se lit également régulièrement sur FAM
), et c’est donc au travers d’une cruelle injustice qu’aujourd’hui ils encadrent les CEO qui n’y sont pour rienAlors, on vote ?
C’est un mix des 2. Et ce n’est pas juste valable dans l’horlogerie mais dans toutes les entreprises.
D’un côté des actionnaires qui veulent toujours plus de dividendes et qui poussent pour que ce soit le cas. D’où des décisions stupides basées uniquement sur la profitabilité à très court terme. Et quand ça parait au bord de la rupture ces actionnaires se sauvent et laissent derrière eux des ruines.
De l’autre, des patrons/patronnes (ou des hommes/femmes politiques car l’idée est la même) complètement déconnectés du monde actuel. Leur représentation du monde est complètement faussée car ils n’y vivent pas. Ils sont incapables de comprendre la société actuelle car ils ont vécu dans leur univers depuis trop longtemps. Sans compter qu’ils sont souvent nostalgiques des années magiques où tout coulait à flots. Ahh… cette fameuse croissance de 3%…
Dès lors, comment prendre une décision pleine de bon sens quand on n’écoute plus depuis bien longtemps la société et donc les acheteurs ?Dans mon domaine j’ai entendu de belles choses en 10 ans. Par exemple :
« Le smartphone n’a aucun avenir ». Bien vu Nokia.
« La tablette va remplacer les PC ». A priori toujours pas en 2017, et visiblement pas dans le futur vu la vitesse où leurs ventes s’écroulent.
« L’Internet of Things va diriger nos vie et nous créer un marché de 40 milliards ». Ok ça va faire 10 ans qu’on me l’a sort tous les ans… On devrait déjà être riches. Pourquoi on galère encore ?Autant dire que tous les plans basés sur les phrases ci-dessus se sont révélés catastrophiques. Et ce ne sont que quelques exemples.
25 octobre 2017 à 22h39 #420003713798Manivel
MembreLe fond du problème c’est que les actionnaires veulent dégager les même bénéfice donc la même marge. Donc quoi que fasse le CEO, le client aura ce même sentiment d’être pris pour un jambon, une vache a lait… de se faire arnaquer.
25 octobre 2017 à 22h57 #420003713799Daniel.Lohill
Membre- ManuC a écrit:
- Il faut aussi se dire qu’une bonne partie des évolutions en cours( IoT, Cloud…) signe aussi l’arrêt de mort des décideurs.
On s’éloigne du sujet, mais parfois la meilleure des solutions pour une société n’est pas forcément la plus pérenne pour les cadres dirigeants en place…
Il faut aussi se dire qu’une bonne partie des évolutions en cours( IoT, Cloud…) signent aussi l’arrêt de mort des décideurs.
On s’éloigne du sujet, mais parfois la meilleure des solutions pour une société n’est pas forcément la plus pérenne pour les cadres dirigeants en place…Ce n’est pas la première fois que j’observe des décideurs prendre la pire des solutions juste pour assurer leur avenir (je ne veux pas faire une généralité… mais ça existe).
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