FORUMAMONTRES › Forums › Nouvelles marques › La fabrication du cadran extraterrestre de la Horae Volant Black Meteorite
- Ce sujet contient 96 réponses, 52 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
seiko007, le il y a 9 années et 11 mois.
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4 janvier 2016 à 8h39 #420003312353
WK666
MembreBon vu que je suis le photographe attitré de M. Aurélien je tâcherais de vous poster quelques photos dès que mon tel daignera fonctionner correctement…
Mais en effet la beauté du cadran est au final impossible à contempler du fait de cet horrible antireflet (et encore je ne suis même pas certain qu’il y en est un…). C’est clairement une faute professionnelle à ce niveau de proposer un si beau cadran avec un saphir gâchant tout.
De même très déçu par le bracelet, alors oui cela ce change mais lorsqu’on a le droit à de grands discours du créateur à son égard bah….
Et comme précisé par Aurélien je trouve que la forme des cornes fait que la montre flotte au dessus du poignet (dû au fond bombé suivant la géométrie du mouvement ETA) et pour ma part c’est clairement un point rédhibitoire… Après j’ai connu la même chose, voire même amplifiée, lors d’un essai de memovox donc j’imagine que cela ne dérange pas tout le monde
Cette montre laisse donc un sentiment d’inachevé et on se dit qu’il y avait bien mieux à faire avec une telle base, dommage…
5 janvier 2016 à 9h48 #420003312354seiko007
MembreC’est exactement cela : un sentiment d’inachevé malgré un cadran superbe…
6 février 2016 à 4h42 #420003312355HoraeVolant
MembreMerci pour vos retours et vos avis !
Je m’excuse déjà de ne pas être plus présent sur le forum ces temps-ci. Je m’attelle à la préparation de mon mariage, qui aura lieu cet été, et les préparatifs accaparent une grande partie de mon temps…!

Un point très intéressant, qui illustre bien l’importance de vos retours : le verre.
Au cours des essais, lors de la conception du prototype, je me suis d’abord naturellement orienté vers un verre avec traitement antireflet. Seulement, le traitement AR que j’ai essayé altérait assez fortement le rendu du cadran, lui conférant une teinte désagréable tendant vers le marron. De fait, j’ai décidé de m’en passer.
Et si les retours de mes clients et des personnes l’ayant essayée dans diverses conditions d’éclairage sont excellents sur ce point, je suis très attentif à vos avis, et je compte bien réévaluer le bien fondé de l’utilisation d’un verre avec AR, en faisant le tour complet des différents traitements existants. Peut-être en trouverai-je qui n’altèrent par le rendu du cadran météoritique ? Affaire à suivre !Pour ce qui est du bracelet, il est vrai que la tendance générale ces derniers temps est à l’alligator mat. J’ai choisi une finition brillante pour un obtenir un rendu plus cohérent avec le traitement appliqué au cadran en météorite.
Alors effectivement, si vos goûts vous orientent plutôt vers un bracelet mat, c’est indiscutable et facilement réalisable. Mais il n’en reste pas moins vrai que le bracelet en alligator brillant choisi est ce qui se fait de mieux en la matière, réalisé par une manufacture centenaire où officient des artisans/artistes, selon un procédé de plus de 170 étapes !
6 février 2016 à 14h56 #420003312356seiko007
MembreLe bracelet est en effet un problème secondaire et facilement solutionable.
Je suis surpris de l’effet produit par le test AR, et il serait judicieux de retenter ça, c’est certain;)
Pour moi ça a été rédhibitoire, et je suis sûr qu’un double AR pourrait sensiblement changer la donne…18 juillet 2016 à 23h08 #420003312267HoraeVolant
MembreBonjour à tous !
Je m’appelle Florian, et je suis le créateur de la jeune marque horlogère Horae Volant dont j’ai dévoilé il y a peu le premier modèle, la Black Meteorite.
J’aimerais vous présenter aujourd’hui un petit reportage s’intéressant à la fabrication de la pièce maîtresse de la montre, son cadran en météorite.
Cette idée, plusieurs FAMeurs me l’ont suggérée, et j’espère au travers de cet exercice vous communiquer un peu de la passion qui m’a conduit tout au long de cette aventure.Mais avant tout, en guise de préambule, je tiens à vous raconter l’histoire du projet.
Horae Volant (les heures s’envolent, en latin) est le fruit de ma fascination pour les cadrans de montres faits de matériaux extraordinaires.
Cette fascination, c’est à une montre en particulier que je la dois : l’Omega Speedmaster Professional Apollo-Soyuz 35th Anniversary, au magnifique cadran en météorite, que j’ai eu l’occasion d’acquérir il y a quelques années.
Au fil du temps, loin de s’amoindrir, cette fascination s’est au contraire amplifiée. Je trouvais, et trouve toujours incroyable de pouvoir porter à son poignet un fragment extraterrestre vieux de plus de 4 milliards d’années.
Outre Omega, quelques marques proposent ou ont proposé par le passé certains modèles parés de cadrans en météorite, tous magnifiques. On peut citer Rolex, Jaeger-LeCoultre, Corum, Jaquet-Droz ou encore Parmigiani Fleurier.
Hormis la renommée de ces respectables maisons et la beauté de leurs cadrans extraterrestres, ces montres ont toutes en commun leurs prix élevés. La moins onéreuse de toute, la Speedmaster d’une édition limitée sortie en 2010 et aujourd’hui épuisée, était proposée à 6 200 €. Et aujourd’hui, impossible d’acquérir une de ces « montres météorites » pour moins de 9 950 € (pour la Romain Jerome 1969 Heavy Metal Meteorite).
Rien de choquant néanmoins, car ces modèles s’inscrivent sans jurer dans les plages tarifaires de ces grandes maisons, dont les prix sont à la hauteur de la renommée.Mais plus que leur prix global, j’ai remarqué avec attention le prix que facturent ces marques pour le seul cadran météoritique, ces montres étant souvent proposées comme des éditions spéciales de modèles emblématiques : la Speedmaster pour Omega, la Daytona pour Rolex, la Master Calendar pour Jaeger-LeCoultre, la Tonda pour Parmigiani Fleurier…
De ce relevé, un constat : c’est en moyenne 3 000 € qui sont facturés pour leur cadran extraterrestre.
Pas de problème là non plus, c’est précisément ce surcoût que j’ai endossé en acquérant ma Moonwatch météorite.On pourrait donc conclure que les montres météorites ne sont disponibles qu’à des tarifs élevés. Et comment pourrait-il en être autrement avec un tel coût que l’industrie horlogère facture homogènement pour ses cadrans extraterrestres ?
Une conclusion ? Pas tout à fait. Car une question germe alors dans mon esprit : un tel prix est-il inévitable ? Autrement dit, pourrais-je fabriquer une montre au sublime cadran en météorite pour un coût notablement inférieur, une fraction seulement du prix de marché ?
Des mois de recherches et de travail me l’ont confirmé. Et ce qui n’était à l’origine qu’un projet horloger individuel dont le dessein était d’obtenir de ses propres mains une montre fascinante a peu à peu pris une dimension altruiste et entrepreneuriale dans le but de proposer aux amateurs et passionnés comme moi une montre météorite sans concession à un tarif plus accessible.
C’est ainsi qu’est née la Horae Volant Black Meteorite.
Pour mes premiers modèles, vous l’aurez donc compris, c’est avec de la météorite que j’ai choisi de travailler. Et pas n’importe laquelle : la météorite Muonionalusta, la plus vieille connue des hommes !
D’un âge évalué à plus de 4,54 milliards d’années, elle s’est écrasée en Laponie il y a un million d’années. Là, elle attendit patiemment, traversant quatre ères glaciaires avant d’être découverte en 1906.
La Muonionalusta est une météorite ferreuse de composition complexe. Principalement constituée de fer et de nickel, elle renferme aussi des éléments rares tels l’iridium, le gallium et le germanium.
Si les chutes de météores sont déjà un phénomène rare, celles appartenants à ce groupe particulier ne représentent que 0,4 % des chutes recensées sur Terre.Je m’en procure d’imposants blocs directement auprès des chasseurs de météorites qui ratissent encore de nos jours la zone d’impact.

(crédit : meteoritezone.com)Intervient alors une étape cruciale, la découpe de la météorite, qui, tout en étant très spécifique, présente des similitudes avec la découpe et la taille des diamants et autres pierres précieuses. Voilà pourquoi je fais appel à un tandem d’artisans lapidaires pour cette étape clé.
La découpe nécessite une analyse préliminaire approfondie afin d’établir les plans de coupe qui permettront d’obtenir un rendement optimal et de ne perdre que le moins possible de cette matière première rare et exceptionnelle. Cependant, malgré toutes les précautions prises, le taux de déchet reste à cette étape inévitablement élevé, de par la forme et le relief de la météorite, la présence d’inclusions, parfois grosses, et de fissures en son sein qui peuvent la rendre cassante.
La météorite étant un matériau d’une grande dureté, sa découpe, très longue, nécessite des outils de coupe diamantés et un grand savoir-faire.

Plusieurs cylindres, d’un diamètre de 34 millimètres et de différentes longueurs, sont alors découpés selon le plan établi.
De ces cylindres sont ensuite tranchés les cadrans, d’une épaisseur de quatre dixièmes de millimètres.Je récupère alors les cadrans bruts.

À ce stade, après un minutieux ponçage, rien ne semble distinguer ce métal météoritique de son homologue terrestre.
C’est alors qu’intervient une étape fascinante. En attaquant le cadran à l’acide selon un procédé découvert au début du 19e siècle, d’étranges figures apparaissent à sa surface.
Peu à peu, la météorite nous livre son secret. En l’espace de quelques secondes, sa signature se dessine.
Cette signature, ce sont les figures de Widmanstätten, l’apanage des météorites, le reflet de leur origine extraterrestre, qui ne peuvent être reproduites artificiellement.
Elles résultent de la lente cristallisation de deux alliages Fer-Nickel, la taenite et la kamacite, opérée au sein de la météorite alors que celle-ci constituait encore le noyau d’un astéroïde gravitant entre Mars et Jupiter, avant qu’une collision céleste ne vînt l’en détacher pour amorcer son inéluctable chute vers notre planète.Les cristaux de kamacite étant plus sensibles à l’action corrosive de l’acide que les cristaux de taenite, un relief va se dessiner, propre à la météorite Muonionalusta.

Sa signature donc, mais aussi son ADN. Car la morphologie et l’enchevêtrement de ces figures permettent de remonter sa filiation et d’estimer les dimensions du corps parent, l’astéroïde originel.
Chaque fragment de météorite offre alors une fenêtre poétique laissant entrevoir la grandeur d’un embryon planétaire depuis longtemps disparu, dont le diamètre avoisinait deux cents kilomètres.Ultime étape : j’ai choisi, pour le magnifier, de revêtir le cadran d’un noir sidéral, non pas en utilisant une quelconque peinture qui dénaturerait le relief et la noblesse de la météorite, mais en modifiant sa constitution moléculaire même, grâce à un traitement chimique de ma conception dont je conserve le secret.

Et voilà le résultat, quatre milliards (d’années) au poignet :

18 juillet 2016 à 23h08 #410000120999HoraeVolant
MembreBon ben en guise de parisien, c’est un nantais qui l’a essayé, c’est à dire moi
Un passage imprévu à Paris et hop, j’en ai profité pour passer chez ochrono, avec Patrice.Mon impression est mitigée : le cadran météorite est vraiment magnifique, rien à redire à ce niveau, une vraie réussite.
Les index et les aiguilles, très sobres, se posent parfaitement sur la pierre ancestrale sans l’agresser.
Voilà, tout ceci est impeccable.Le boitier est peut-être un peu simple, il aurait pu être plus travaillé, mais sans vrai point faible non plus.
Patrice vous dira que la montre ne se pose pas parfaitement sur le poignet. Je suis moins pointilleux que lui à ce sujet, mais ça pourrait en effet être un problème pour certains.Le bracelet est en alligator brillant : ce n’est pas une mauvaise idée en regard du cadran, mais le brillant donne l’impression que le bracelet est en plastique, ça fait un peu cheap.
Mais bon, on peut à priori demander le bracelet qu’on souhaite.Une chose me chagrine nettement plus : le verre !
En effet, avec l’effet produit par le revêtement météorite, il faudrait clairement un énorme AR, en double AR interne et externe.
Pour illustrer, j’ai spontanément sorti ma chiffonnette pour essuyer le verre au premier regard, car je le croyais très sale… alors qu’il s’agissait simplement d’un effet des reflets.
En gros on ne profite pas de la beauté du cadran à cause de ça. D’autant que la distance entre le verre et le cadran est minime.
C’est rédhibitoire en ce qui me concerne. Il faudrait que le saphir se fasse oublier, au lieu de parasiter le cadran.
Car oui vraiment, ce dernier est superbe.En résumé on a l’impression que le fabricant s’est exclusivement reposé sur la réussite du cadran en dédaignant un peu le reste, le tout donnant une impression de pas fini.
Il manque surtout un AR digne de ce nom pour que la montre paraisse plus, voir vraiment aboutie.18 juillet 2016 à 23h19 #420003312268Leopal
MembrePlutôt sympa.
Mais donc, quid du prix? Et du mouvement dont tu ne dis rien?Accessoirement, comment tu fixes les pieds du cadran?
18 juillet 2016 à 23h28 #420003312269fredperry63
MembreEt bien j’aurais appris une chose, un cadran meteorite est fait en… meteorite …
18 juillet 2016 à 23h28 #420003312270Zehyr
MembreJ’avais suivi avec beaucoup de curiosité le sujet initial : https://famontres.com/forums/topic/horae-volant-black-meteorite/
J’attendais avec impatiente les fameuses photos de la fabrication des ces cadrans !
Un grand merci pour ce partage
18 juillet 2016 à 23h36 #420003312271otonosama
MembreMerci pour ce reportage, le rendu est très convaincant !! Ne reste plus qu’à voir la « bête » en vrai…
18 juillet 2016 à 23h44 #420003312272HoraeVolant
MembreMerci Leopal !
J’ai préféré ne pas parler ici du prix, ni des autres composants de la Black Meteorite, pour ne pas déborder du coeur du sujet, la fabrication du cadran.
Je t’invite à visiter mon site web, http://www.horaevolant.fr, où tu trouveras toutes ces infos.Pour ce qui est des pieds de cadran, voilà un point qui m’a donné bien du fil à retordre (presque littéralement
) et je ne peux malheureusement pas parler de la méthode que j’emploie. Elle fait partie, un peu au même titre que le traitement à l’acide ou la coloration noire de la météorite, d’un process très spécifique conférant à la montre sa valeur ajoutée. Sache néanmoins qu’ils sont solidement fixés !18 juillet 2016 à 23h50 #420003312273iMaximei
MembreMerci pour toutes ces informations ! Une présentation très très intéressante
19 juillet 2016 à 0h01 #420003312274Leopal
Membre- HoraeVolant a écrit:
- J’ai préféré ne pas parler ici du prix, ni des autres composants de la Black Meteorite, pour ne pas déborder du coeur du sujet, la fabrication du cadran.
Je t’invite à visiter mon site web, http://www.horaevolant.fr, où tu trouveras toutes ces infos.
Ce sont quand même des infos capitales, alors pour les flemmards : 40mm, 2824-2 (en quelle finition?) et 1800€, ce qui reste raisonnable pour une petite série avec ce cadran.
19 juillet 2016 à 0h02 #420003312275Imperfection
MembreCe cadran est magnifique, félicitation d’avoir mené à bien ce projet.
19 juillet 2016 à 0h23 #420003312276toyotiste
MembreLe cadran est superbe !!

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