Futés les Suisses … L’histoire de la plus américaine des montres suisses

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13 sujets de 1 à 13 (sur un total de 13)
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  • #410000094222
    ZEN
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    L’histoire de la Trainmens special, la plus suisse des montres américaines

    Futés les Suisses ... L'histoire de la plus américaine des montres suisses Trainm14

    Aux alentours de 1910, la concurrence entre les manufactures américaines et suisses est à son paroxisme. Lors de l’exposition universelle de Philadelphie de 1876, Américan Waltham Watch C° a fait une extraordinaire démonstration de force de sa capacité industrielle à produire de grands volumes de montres en appliquant des principes d’interchangeabilité des pièces et de rentabilité, très en avance sur l’industrie suisse.

    Les Suisses de leur côté ont considérablement avancé dans la mise en place de manufactures mais peinent à éqaler les Américains sur le registre de la rentabilité et du rendement. Si l’horlogerie suisse est qualitativement supérieure à sa concurrente américaine, cette dernière plus « tape à l’oeil » séduit le public par l’esthétique des mouvements très décorés et par une diversité d’offres à des prix que les Suisses peinent à concurrencer.

    Depuis la dernière décennie du 19ème siècle, la concurrence est encore plus âpre quand les Américains cherchent à venir concurrencer les Suisses sur le terrain des marchés européens et d’Amérique du sud. Les Suisses voudraient pouvoir se déployer sur le marché Nord-Américain mais celui-ci leur est fermé par des mesures protectionnistes liées notamment aux syndicats d’ouvriers de l’horlogerie qui ne veulent pas voir une concurrence faite de produits manufacturés par des ouvriers non syndiqués.

    Bloqués, contingentés et obligés de recourir à des emboiteurs américains, les Suisses vont tenter en vain de déverser des quantités importantes de mouvements aussi bien décorés que les mouvements américains. Les manufactures d’Outre Atlantique ne se démontent pas et créent leurs observatoires. Ils démontrent facilement que leurs montres sont aussi précises que les modèles suisses.

    Futés les Suisses ... L'histoire de la plus américaine des montres suisses Trainm13

    L’arrivée de montres américaines sur le marché suisse après 1904/1905 agace les Suisses qui vont rechercher des parades en produisant des mouvements à l’américaine. Il créent des marques (Burlington par exemple) et avec une décoration à l’américaine vont faire emboiter sur place leurs modèles. Les calibres sont produits à prix réduits avec des anglages approximatifs qui supposent une main d’oeuvre limitée.

    Futés les Suisses ... L'histoire de la plus américaine des montres suisses Trainm10

    La démarche est encourageante mais insuffisante. C’est alors qu’un fabricant suisse décide de produire la plus américaine des montres suisses. Il va s’intéresser à ce que les Américains aiment le plus, à savoir les montres de chemins de fers. Les compagnies ferroviaires américaines se sont quasi totalement fermées aux modèles suisses et la pièce qui va être produite doit absolument ressembler aux montres de chemins de fers, c’est à dire comporter une grosse boite avec un mouvement de grande taille (20 lignes) et un cadran à chifffes romains avec un chemin de fer pour les minutes et, si les Américains ne comprennent pas l’appel du pied, une locomotive dessinée sur le cadran. L’emboitage sera américain et le mouvement sans référence à la Suisse, sera un 23 rubis avec une architecture très spéciale.

    Futés les Suisses ... L'histoire de la plus américaine des montres suisses Trainm11

    Le calibre comporte la mention « Trainmens Special Chicago USA » et une gravure de locomotive. A Chicago personne ne connait cette compagnie et les Suisses injectent ainsi plusieurs dizaines de milliers de pièces. On parle de 100 000 montres ! Pour faire sérieux, la montre comporte un numéro de série, une décoration gravée à l’américaine et la marque déjà mentionnée sur le cadran « Trainmens Special ». Les Américains étonnés par l’orthographe du cadran et le mot « Trainmens » vont vite découvrir l’origine de la pièce qui est faite sans anglages du mouvement et avec une architecture qui limite le nombre de roues du train de rouages. Facile à assembler, plus facile en tous les cas qu’une montre classique, la pièce est précise et munie d’un col de Cygne qui la fait ressembler à une véritable railroad.

    Futés les Suisses ... L'histoire de la plus américaine des montres suisses Trainm12

    La montre fantaisie n’est évidemment pas une Railroad (montre officielle des chemins de fer) mais une simple Train watch qui remporte malgré tout un certain succès car d’un prix très abordable, pour une qualité mécanique très respectable. Rien ne laisse supposer de ses origines suisses et sa boite américaine faite aux Etats-Unis, lui donne toutes les conditions pour être facilement distribuée.

    Supercherie ? Certes non, juste une concurrence sur le fil qui fera rire les suisses, content d’avoir des montres des Alpages qui se répandent dans les Rocheuses.

    Droits réservés – Joël Jidet – Mai 2013

    #420002131958
    TheShadow
    Membre

    Fort intéressant à découvrir…

    Merci de cet article! Wink

    #420002131959
    Invité
    Membre

    Cheminal va se régaler à la lecture de ce post Wink

    #420002131960
    Mister_K
    Membre

    Belle pièce, merci pour le partage. Chinois

    #420002131961
    Gibson
    Membre

    Finalement, sans aucune volonté d’attirer une polémique inutile, n’est ce pas une forme de contrefaçon avant l’heure ?

    #420002131962
    Guilych
    Membre

    Intéressant, merci ! Chinois

    #420002131963
    Liu
    Membre

    Bel article Chinois

    #420002131964
    ChristopheH
    Membre

    voila une bien belle histoire qui illustre la capacité à pouvoir s’imposer avec beaucoup d’imagination.

    #420002131965
    landeron
    Membre
    #420002131966
    Izzy
    Membre
    Gibson a écrit:
    Finalement, sans aucune volonté d’attirer une polémique inutile, n’est ce pas une forme de contrefaçon avant l’heure ?

    Ben les suisses n’en étaient pas à leurs premiers essais de contrefaçon. Il avaient auparavant vendus des montres soit-disant anglaises pour contrecarrer l’hégémonie (et le protectionnisme aussi, déjà) anglais de l’horlogerie.

    ChristopheH a écrit:
    voila une bien belle histoire qui illustre la capacité à pouvoir s’imposer avec beaucoup d’imagination.

    Oui, enfin, pendant des années, les suisses ont dénigré le travail des américains et se sont sentis les seuls à pouvoir faire de l’horlogerie correctement. Jusqu’à ce qu’ils (les américains) produisent en grande série de manière industrielle des montres très fiables, vendues pour 3 sous. Ce qui a fait beaucoup de mal au derrière des suisses (et au porte-feuille, ce qui était encore pire). Il n’ont eu d’autre choix que de s’adapter.

    #420002131967
    schtunks
    Membre

    Bah, maintenant on peut dire « futés, les chinois… » Rolling Eyes

    #420002131968
    BRxavier
    Membre

    Intéressante histoire horlogère.

    #420002131969
    ZEN
    Membre

    Cette histoire est assez étonnante mais reflète l’état de l’horlogerie avant la première guerre.

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

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