FORUMAMONTRES › Forums › Forum ZENITH Forum Officiel Francophone › Extraordinaire : Quand Zenith en 1966 a inventé le calibre sans entretien !
- Ce sujet contient 33 réponses, 19 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
N1T5UGU4, le il y a 9 années et 9 mois.
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22 octobre 2011 à 14h27 #410000076675
ZEN
MembreLe calibre 1724 et 1725 à remontage automatique à différentielL’une des innovations de la manufacture Zenith parmi les plus marquantes est certainement son système de remontage à différentiel. Dans ce calibre, la masse oscillante au lieu de ne remonter que le barillet, agit directement sur les rouages et seul le surplus d’énergie est emmagasiné dans le barillet. Le différentiel équilibre les forces et évite le rebat.

L’idée développée dans un brevet déposé le 10 décembre 1964 (à 22 heures !) par ZENITH avec Fred Guyot comme inventeur, est enregistrée sous le numéro 426 651 par le bureau Fédéral de la propriété individuelle. Il faut attendre le 15 mai 1966 pour que soit délivré le brevet. L’idée est originale.
Elle consiste à monter un différentiel directement dans le barillet d’une montre et, mentionne l’acte d’enregistrement du brevet, « ce différentiel étant commandé par la masse et entraînant d’une part directement le rouage de finissage et d’autre part le barillet, le tout dans le but de faire absorber ou délivrer à ce barillet la différence entre l’énergie produite par la masse et l’énergie consommée par le rouage. »
Le dispositif est intéressant en ce qu’il permet une simplification du rouage car le différentiel participe à la démultiplication du rouage de remontage et parce que le rouage reliant le différentiel au barillet est commun au remontage comme au finissage (le finissage est le rouage de la montre). En outre, il est possible d’utiliser des diamètres plus faibles pour le rochet et la denture de barillet. Cela permet un gain de place et donc autorise à la fois le recours à une masse plus lourde, un barillet et un organe réglant de plus grand diamètre améliorant par conséquent, la réserve de marche et la précision. Le barillet n’est plus dans le système, qu’une source d’énergie d’appoint et le rendement du rouage est meilleur puisqu’on réduit les frottements. Par ailleurs, l’alourdissement de la masse oscillante en augmente la sensibilité aux mouvements et la moindre secousse donne de l’énergie au rouage. Le système ne puise l’énergie dans le barillet que si la montre est totalement immobilisée.Ce calibre est complexe et c’est l’équipe des régleurs de précision dirigée par René Gygax qui contribue énormément à sa mise au point. Ce type de développement montre à quel point la manufacture poursuit la recherche d’innovations et s’exerce à adapter des technologies élaborées à ses calibres.

C’est sous les références de calibres 1724 et 1725 que cette technologie sera présentée. La famille de mouvements pour dames avec ou sans seconde centrale fait recevoir à la Fabrique des Montres Zenith SA un prix d’honneur décerné le 12 décembre 1966 par la Fédération Suisse des Associations de fabricants d’Horlogerie dans le cadre de la participation de l’industrie Horlogère suisse à l’exposition universelle et internationale en 1967. Oscillant à 19 800 alternances par
heure avec un angle de levée de 50° pour une réserve de marche de 43 heures.
Une version 1724 C et 1725 c adaptant un dispositif de calendrier à saut instantané sera présenté un peu plus tard.ZENITH associé à Movado dans les étapes de présentation de ce calibre présente ainsi son invention.
« Il s’agit de la première montre automatique à action direct, en ce sens que le rotor transmet directement son énergie à l’organe réglant à travers un dispositif différentiel lié d’une part, au rouage de finissage, d’autre part au barillet. La fonction du différentiel consiste à ne faire absorber ou délivrer par le ressort, que la différence entre l’énergie produite par le rotor et l’énergie consommée par la montre. Le barillet va ainsi tourner, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre selon que l’énergie produite par le rotor est supérieure ou inférieure à l’énergie nécessaire à l’entretien des oscillations du balancier. Il restera immobile en cas d’égalité de ces deux quantités d’énergie. Le dispositif différentiel étant inséré après le barillet et avant l’échappement, certains éléments du rouage de finissage vont servir aussi bien à l’armage du ressort qu’à l’entretien de l’oscillateur, rendant le remontage manuel totalement indépendant de la fonction de remontage automatique.
Par sa construction ingénieuse, le dispositif différentiel, dont toutes les pièces une fois assemblées ne forment qu’un seul mobile, se met en place dans le mouvement aussi facilement qu’une roue de finissage. »
Les avantages en sont largement développés car l’innovation est d’importance et si la percée du quartz n’était pas venue contrarier le développement de l’horlogerie mécanique ont peut présumer du succès qu’elle aurait rencontré. Les atouts du mouvement sont ainsi décrits : « La montre automatique dames
ZENITH-Movado bénéficie en outre, des derniers perfectionnements de la technique à savoir :a- Un organe moteur à grande réserve de marche, équipé d’un ressort inoxydable autolubrifié et d’un dispositif limitateur de couple à encoches
(système ZENITH-Movado)b- Un balancier de grande dimension assurant un réglage précis et stable. D’autre part, l’organe réglant, dont la fréquence a été étudiée
spécialement en fonction de ce calibre, est équipé d’un porte-piton mobile et d’une raquette à réglage micrométrique.c- Un pont d’ancre à parois de limitation indéformables garantit la régularité des fonctions de l’échappement.
d- Un rotor en carbure de tungstène, monté sur roulement à billes permet un remontage rapide et sur. (Le mécanisme de remontage automatique proprement dit ne comprend que le rotor et un dispositif inverseur à pignon baladeur).
e- une tige de remontoir à fixation automatique (système ZENITH-Movado) »
Ce système de différentiel ne nécessite en théorie aucun entretien et seuls les pivots et dentures extérieures doivent selon ZENITH être nettoyés à l’aide d’un bâton de sureau imbibé de benzine rectifié. Le système qui ne doit en aucun cas être passé en machine à laver par l’horloger n’est en fait pas
sujet à interventions et ZENITH recommande son remplacement pur et simple, en cas de problème.L’invention est assurément innovante et si la mise au point fut plus longue et fastidieuse que prévu, l’équipe de chronomètriers/régleurs de ZENITH fut particulièrement sollicitée pour contribuer à sa fiabilisation et à la mise en fabrication. Cette technologie fut un pari tant technique qu’économique à un moment où l’avenir des mouvements mécaniques est incertain face à l’apogée du quartz. Le calibre à remontage différentiel fut fabriqué pendant deux ans puis abandonné. Outre la vague déferlante des montres à quartz, la complexité de son réglage alors que l’électronique n’est pas encore entrée dans les outils courants des horlogers laissait peu de chance à cette technologie de prospérer. Ce mouvement demeure l’une des concrétisations du souci d’innovation qui animait la manufacture à l’heure où d’autres avaient déjà abandonné le terrain de la création mécanique.
Reproduction interdite – Droits exclusifs – Forumamontres Joël Jidet Octobre 201122 octobre 2011 à 14h53 #420001510723Saturne
Membre
Titre certes accrocheur mais totalement démenti par la lecture du sujet. Extraordinaire, admettons (c’est beau l’enthousiasme!) mais sans entretien alors là, je vois pas?
- Citation :
- Ce système de différentiel ne nécessite en théorie aucun entretien et seuls les pivots et dentures extérieures doivent selon ZENITH être nettoyés à l’aide d’un bâton de sureau imbibé de benzine rectifié. Le système qui ne doit en aucun cas être passé en machine à laver par l’horloger n’est en fait pas
sujet à interventions et ZENITH recommande son remplacement pur et simple, en cas de problème.
C’est donc uniquement le différentiel qui ne doit pas être nettoyé (et encore doit-on nettoyer les pivots et la denture à la main), la montre elle-même doit nécessiter des révisions périodiques comme n’importe quelle montre.
On a donc un module sans entretien, on pourrait aussi dire jetable (Zenith recommande son remplacement en cas de problème) ou « pas réparable » mais ça fait moins révolutionnaire d’un coup!
Quoi qu’il en soit, je te remercie pour ce sujet qui me fait découvrir ce système de remontage automatique à différentiel dont je n’avais jamais entendu parler. L’emploi des engrenages différentiels en horlogerie est vraiment passionnant (réserves de marches, systèmes de remontage, carrousels…)
Bel article donc, mais dont le titre laisse présager un contenu tout à fait différent (mais c’est un classique du journalisme
).
22 octobre 2011 à 15h17 #420001510724ZEN
MembreDisons que les objectifs n’ont pas tous été atteints mais que la destination initiale de cette invention était de déboucher sur le non entretien.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).22 octobre 2011 à 15h18 #420001510725FURET
Membre- Saturne a écrit:
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Titre certes accrocheur mais totalement démenti par la lecture du sujet. Extraordinaire, admettons (c’est beau l’enthousiasme!) mais sans entretien alors là, je vois pas?
- Citation :
- Ce système de différentiel ne nécessite en théorie aucun entretien et seuls les pivots et dentures extérieures doivent selon ZENITH être nettoyés à l’aide d’un bâton de sureau imbibé de benzine rectifié. Le système qui ne doit en aucun cas être passé en machine à laver par l’horloger n’est en fait pas
sujet à interventions et ZENITH recommande son remplacement pur et simple, en cas de problème.
C’est donc uniquement le différentiel qui ne doit pas être nettoyé (et encore doit-on nettoyer les pivots et la denture à la main), la montre elle-même doit nécessiter des révisions périodiques comme n’importe quelle montre.
On a donc un module sans entretien, on pourrait aussi dire jetable (Zenith recommande son remplacement en cas de problème) ou « pas réparable » mais ça fait moins révolutionnaire d’un coup!
Quoi qu’il en soit, je te remercie pour ce sujet qui me fait découvrir ce système de remontage automatique à différentiel dont je n’avais jamais entendu parler. L’emploi des engrenages différentiels en horlogerie est vraiment passionnant (réserves de marches, systèmes de remontage, carrousels…)
Bel article donc, mais dont le titre laisse présager un contenu tout à fait différent (mais c’est un classique du journalisme
).
Mais le rôle du journalisme, n’est-il pas justement d’attiser la curiosité et donc l’intérêt d’où découlent la réflexion puis le débat qui permettent de faire progresser le « schmilblick » si cher au regretté Coluche?
Merci Zen pour ce nouvel élément qui met en lumière, une fois de plus, l’importance de la contribution de cette manufacture au développement de la technique horlogère!
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« Le prix s’oublie, la qualité reste! » (Les tontons flingueurs)22 octobre 2011 à 15h21 #420001510726ZEN
MembreJe précise qu’il n’existe rien sur le net sur ce calibre et que réaliser un sujet comme celui-ci juste pour votre information, équivaut à une vingtaine d’heures de recherches et 7 à 8 heures d’écriture du sujet et 2 heures de prises de vue.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).22 octobre 2011 à 15h30 #420001510727Etarcos
Membre- ZEN a écrit:
- Je précise qu’il n’existe rien sur le net sur ce calibre et que réaliser un sujet comme celui-ci juste pour votre information, équivaut à une vingtaine d’heures de recherches et 7 à 8 heures d’écriture du sujet et 2 heures de prises de vue.
Merci pour tous ces sujets
Si je les lis tous avec intérêt, je ne commente que rarement, n’ayant absolument rien à dire à part merci
22 octobre 2011 à 15h33 #420001510728Saturne
Membre- FURET a écrit:
- Mais le rôle du journalisme, n’est-il pas justement d’attiser la curiosité et donc l’intérêt d’où découlent la réflexion puis le débat qui permettent de faire progresser le « schmilblick » si cher au regretté Coluche?
Certes, et c’est peut-être bien ainsi. Sans doute suis-je un peu trop rigide intellectuellement.
Et je suis tout à fait d’accord avec Zen sur le fond de l’article, très intéressant au demeurant. Merçi donc de t’être donné la peine de l’écrire et de me faire découvrir ce calibre dont j’ignorais l’existence comme je l’ai dit plus haut.
22 octobre 2011 à 15h37 #420001510729FURET
Membre- ZEN a écrit:
- Je précise qu’il n’existe rien sur le net sur ce calibre et que réaliser un sujet comme celui-ci juste pour votre information, équivaut à une vingtaine d’heures de recherches et 7 à 8 heures d’écriture du sujet et 2 heures de prises de vue.
D’où l’importance de tes recherches, une fois de plus démontrée, pour reconstituer l’histoire de Zenith dans ses moindres détails et notamment les moins connus!
Merci!
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« Le prix s’oublie, la qualité reste! » (Les tontons flingueurs)22 octobre 2011 à 18h36 #420001510730Dang
MembreMerci pour ces sujets , c’est toujours un plaisir de te lire ZEN
22 octobre 2011 à 23h11 #420001510731TheShadow
MembreEffectivement! Tout un pan d’histoire horlogère que tu nous offres-là…
En l’espèce, dommage que cette famille de calibres soit restée sans descendance. Les moyens techniques actuels permettraient (peut-être) de contourner les problèmes rencontrés à l’époque…
23 octobre 2011 à 16h37 #420001510732Fokker III
MembreQuid justement de l’utilisation de ces recherches, maintenant que les évolutions technologiques devraient permettre de les fiabiliser/diffuser de manière plus large ?
24 octobre 2011 à 15h56 #420001510733Maël56
MembreIl y a le calibre Cartier « ID ONE »(réglé à sa conception et ne nécessitant plus aucun réglage par la suite) qui n’est pour l’instant pas destiné à la vente, mais qui va dans ce sens des calibres avec de moins en moins d’entretien/ réglages… Souhaitons, pour nos petits Horlogers de quartier, que cela n’arrive pas…
24 octobre 2011 à 16h19 #420001510734ZEN
MembreL’histoire des manufactures fait qu’elles reviennent rarement sur des inventions passées. Je ne pense pas que ce type de remontage soit remis au goût du jour.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).29 octobre 2011 à 15h37 #420001510735carlgustav
Membre- TheShadow a écrit:
- Effectivement! Tout un pan d’histoire horlogère que tu nous offres-là…
En l’espèce, dommage que cette famille de calibres soit restée sans descendance. Les moyens techniques actuels permettraient (peut-être) de contourner les problèmes rencontrés à l’époque…
- ZEN a écrit:
- L’histoire des manufactures fait qu’elles reviennent rarement sur des inventions passées. Je ne pense pas que ce type de remontage soit remis au goût du jour.
Les moyens technique de l’époque assuraient déja sans problèmes ; actuellement, il ne seraient que bien plus performants, diminuant ainsi les coüts de fabrication.
Et s’il est vrai que les manufactures reviennent rarement sur leurs inventions passées, avec raison dans la plupart des cas, il s’en trouve peut-être parfois qui mériteraient d’être remises sur la planche, tel ce 1724. En version homme, par exemple…Les avancées originales et performantes en matière d’armage auto n’étant pas légion.
J’ai eu la chance de trouver une de ces pièces il y a quelques années, puis un mouvement NOS ; au démontage, on est surpris par le peu de pièces comparé à un ETA de même diamètre et époque. Ceci grâce au différentiel, « polyvalent « , ainsi qu’évoqué dans le texte.
Alors même qu’on s’attendait à une usine à gaz…
Très beau mouvement.
Merci Zen.
19 novembre 2011 à 12h06 #420001510736ZEN
MembreCe que vous allez découvrir dans quelques heures sur ce calibre va révolutionner beaucoup d’idées reçues.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
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