FORUMAMONTRES › Forums › Forum BREITLING › Résurrection après un quart de siècle d’une Breitling Armée de l’Air
- Ce sujet contient 10 réponses, 11 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
jaeger92, le il y a 15 années et 9 mois.
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15 janvier 2011 à 6h12 #410000066989
Pascal S
MembreAlors que la plupart des passionnés de montres savent que l’Armée de l’Air française a fourni en dotation à ses pilotes des chronographes de marque Vixa, Bréguet, Auricoste, ou Dodane, on a maintenant presque passé sous silence le fait que les militaires ont évalué au tout début des années 80 des modèles quartz de chez Yema et Breitling.
Ces montres ne furent apparemment pas acceptées, et c’est finalement Pulsar, filiale de Seiko, qui hérita de la tâche d’équiper nos pilotes en montres à quartz, sur la base d’un module de fabrication japonaise. La raison de l’échec des Breitling et Pulsar tenait en effet dans la fragilité extrême du module quartz ESA Y2 900.231 de fabrication suisse dont ils étaient équipés. L’ampleur du problème était telle que la marque suisse fut d’ailleurs rapidement contrainte de revoir sa gamme de montres quartz (Pluton et Jupiter) pour y intégrer des mouvements Miyota beaucoup plus résistants et fiables.
Mais pourquoi diable vous raconter tout ça ?

Tout simplement parce qu’en 1985 je tombai un beau jour nez à nez avec l’un de ces chronos maudits dans une boutique de fourniture aviation de l’aérodrome de Cannes-Mandelieu. A l’époque, je n’étais qu’un élève pilote de 16 ans préparant le passage du brevet. Mon père m’accompagnant ce jour là, je suis fit remarquer cette montre qui trainait dans un coin d’une vitrine. Amateur de Breitling à quartz, son intérêt fut éveillé et il demanda au gérant de la boutique de quel modèle il s’agissait. On nous répondit qu’il s’agissait d’un modèle militaire qui ne marchait plus et nécessitait vraisemblablement une nouvelle pile. L’explication fut suffisante pour mon père qui fit l’acquisition de cette montre sans plus de discussion. Comme il connaissait bien un des dépositaires Breitling de Monaco, il lui confia ce chrono afin qu’une nouvelle pile y soit installée. Mais il apparut rapidement qu’une simple pile n’allait pas ramener cette montre à la vie. Le bijoutier envoya donc la montre chez Breitling, d’où elle revint quelques semaines plus tard dans le même état. Je n’avais à l’époque suivi l’affaire que de loin, et je n’étais donc pas au fait des raisons ayant empêché la réparation. La montre gagna donc le fonds d’un tiroir où elle allait passer près de 2 décennies.
En 2004, j’eus la douleur de perdre mon père après qu’il ait perdu sa longue bataille contre l’usure du stress et le diabète. J’héritais alors de sa collection de montres, la plupart sans grand intérêt horloger. Mais au milieu du lot se trouvait cette fameuse Breitling Navitimer 2100 dont j’avais fini par oublier jusqu’à l’existence. Je redécouvrais donc cette montre avec un mélange de surprise et d’excitation. Bien que le symbole figurant sur le cadran me paraissait quelque peu familier, il me fallut faire une petite recherche avant de confirmer qu’il s’agissait bien de l’étoile, des ailes et de la couronne de l’Armée de l’Air française.

C’est donc armé de ces nouveaux éléments que je commençais à parcourir l’internet à la recherche de renseignements. Dans le même temps, j’expédiais la montre chez Breitling France, ne me souvenant plus qu’une réparation avait déjà été entreprise par le passé. Et le résultat était dès lors prévisible : Breilting déclara ma montre comme obsolète, et se proposait de « m’en débarrasser » tout en m’offrant un rabais significatif sur l’achat d’un chrono B1. A la lecture des forums sur la toile, je découvrais vite le pot aux roses. Cette montres et ses cousines équipées du même mouvement représentaient une « tâche » dans l’histoire de la marque, et de toute évidence elle cherchait à récupérer un maximum de ces modèles afin de passer cette histoire sous silence.
Je pense que je ne surprendrai personne en disant que je les ai envoyés balader avec leur offre à deux balles. Pire, il a fallu que j’insiste très lourdement pour que me soit finalement restituer ma montre. Au passage, Breitling avait pris le soin de serrer le fonds de boîtier comme des brutes, à tel point qu’il était pratiquement impossible à rouvrir. Très élégante cette manière de faire ! Mais bon, il est de notoriété publique que le marketing va parfois chercher ses méthodes du côté des purges staliniennes ou de l’inquisition espagnole lorsqu’il s’agit de réécrire l’histoire… Passons !
Mon but était dès lors de dénicher un module ESA compatible et en état de marche afin de rendre vie à cette montre. Courant 2008, je fus informé via un réseau de contacts de la vente d’un stock de montre équipée d’un similaire coeur, et je fus en mesure de me porter acquéreur de l’une d’elle pour un prix raisonnable. J’insiste sur ce dernier point car j’ai depuis eu vent d’autres ventes de ce type et les prix demandés étaient devenus prohibitifs. Apparemment, Breitling ne fut pas la seule marque à subir la fragilité des mouvement ESA et des possesseurs de Heuer ou de Chronosport contemporaines sont eux aussi à l’affût de telles transactions pour les mêmes raisons.
Enfin, dans le courant de l’année passée, je décidais enfin de confier la montre à l’artisan horloger avec lequel j’ai sympathisé via ce forum afin qu’il greffe son nouveau coeur à ma Breitling. Et même si les montres à quartz me laissent habituellement froid, je dois avouer que mon rythme cardiaque s’est accéléré la première vois que je vis cette montre à nouveau fonctionner. Les photos sont assez médiocres, mais elles donnent une idée de ce à quoi ressemble la bête…

Et c’est donc un quart de siècle après que mon père eut fait l’acquisition de cette montre qu’elle retrouva enfin la vie. Je pense que de là-haut, il ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire en la voyant de temps en temps à mon poignet…
15 janvier 2011 à 6h32 #420001259904Lalfiste44
MembreSuperbe histoire pour une superbe montre !
15 janvier 2011 à 6h50 #420001259905cesar
Membrefais toi bien plaisir avec
ah les histoires de famille…
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skx 007//pilot seagull/ swatch chrono irony /longines legend diver/sinn 103 st/stowa flieger/srp 277/snzf17/snk 809/tag monaco cw 2111/vostok gaz 14 limo/steinhart gmt/tissot pr50/hamilton khaki king15 janvier 2011 à 7h34 #420001259906Nemo
MembreBien belle histoire, merci de la partager .
15 janvier 2011 à 8h24 #420001259907jesus24
MembreSuper histoire,
J’ai eu un chrono pulsar en dotation, j’en était fier mais rapidement j’ai dû changer pour une aerospace: question précision et surtout fiabilité c’était pas top, surtout qu’elles passaient entre les mains de plusieurs pilotes.
Dommage qu’à l’époque Breitling ait loupé le coche.Belle réussite, récompensée par de la percévérence
15 janvier 2011 à 10h45 #420001259908georges zaslavsky
Membrebelle histoire et merci pour ce partage pascal
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Omega, Jaeger Le Coultre,Zenith, Breitling, Rolex, Certina,Jenny Carribean,MatheyTissot, Eska, Seiko, Grand Seiko16 janvier 2011 à 1h09 #420001259910PJ
MembreMoi j’ai mouillé mes croissants….
Belle histoire, belle montre…
16 janvier 2011 à 3h26 #420001259911Brice Bling
MembreTrès belle histoire, Pascal.
Merci du partage !__________________________________
16 janvier 2011 à 3h43 #420001259912TheShadow
MembreUn bel hommage à ton père en effet,bravo!
16 janvier 2011 à 9h55 #420001259913TJN94
MembreJoli récit…
16 janvier 2011 à 12h22 #420001259909jaeger92
Membrepunaise, quelle belle histoire !!!! un grand merci d’avoir pris le temps de nous l’avoir fait partager !! c’est très bien écrit et on sent toute l’émotion ressentie quand elle a enfin fonctionné à nouveau !!
merci et bravo pour ta tenacité, cette belle montre en vaut vraiment la peine, ton papa doit être content la haut ! -
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