FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Le marché gris fait ses repérages à Baselworld
- Ce sujet contient 26 réponses, 19 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
benmarie, le il y a 16 années et 7 mois.
-
AuteurMessages
-
18 mars 2010 à 12h51 #410000055677
Yvan
MembreA lire ici : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/660cc1a6-320d-11df-bc8f-b7b4c5ee1684/Le_marché_gris_fait_ses_repérages_à_Baselworld
Le commerce parallèle de montres pèse des milliards de francs. Témoignage d’un acteur de la branche, Maxim Artsinovitch, qui réalise des ventes annuelles de 100 millions de francs. Il livre son hit-parade des marques et modèles les plus recherchés
«C’est une calamité. Chez Omega, nous menons depuis des années une véritable croisade contre le marché gris.» Rencontré en marge d’une conférence de presse de Swatch Group, pile une semaine avant l’ouverture, ce jeudi, du grand raout commercial annuel qu’est le salon international de l’horlogerie Baselworld, le président de la plus grande marque de la firme de Nicolas Hayek, Stephen Urquhart, n’a pas de mots assez durs pour dénoncer le commerce de montres à prix bradés.
«Que le garde-temps se retrouve à la vitrine de chaînes discount ou sur des sites internet, la pratique est dommageable», explique-t-il. Elle dégrade l’image du produit et mine toute l’histoire et l’identité que les équipes de marketing s’appliquent à entretenir, voire à créer, souvent à grands frais. Pire encore, les soldes entament la prédisposition du client à accepter de payer le prix officiel.
Les stratégies de lutte contre ce marché – par ailleurs absolument légal – reposent toutes sur la même recette: garder le réseau de distribution sous contrôle. «Nous analysons les chiffres d’affaires des détaillants et nous voyons rapidement si les volumes écoulés correspondent au marché local», explique Nick Hayek, directeur général de Swatch Group. «Toutes nos montres ont un code, si nous en trouvons hors des réseaux officiels, nous pouvons remonter la filière jusqu’au détaillant indélicat, que nous n’hésitons pas parfois à exclure de notre réseau», poursuit-il. Chez Hublot (groupe LVMH), le patron Jean-Claude Biver est même allé un cran plus loin. Il a engagé une personne à plein-temps pour traquer le bradage. «Le détaillant pris en faute se voit proposer l’alternative suivante: racheter le garde-temps au prix où nous l’avons acquis ou perdre notre marque», lâche-t-il.
De l’autre côté du miroir, ces propos sont accueillis avec indifférence, si ce n’est avec ironie. «Lorsqu’ils sont à court de liquidités, les détaillants n’ont d’autres moyens de s’en sortir que de nous appeler à l’aide», explique le Russe Maxim Artsinovitch, actif dans le secteur depuis douze ans, récemment rencontré par Le Temps. «Je suis l’ambulance, ajoute-t-il, le seul qui peut apporter le cash dont ils ont besoin, en leur rachetant des montres, qu’ils doivent parfois céder à perte. En ce sens, je peux affirmer que je viens en aide aux groupes horlogers», assure-t-il sans plaisanter.
L’homme achète dans une vingtaine de pays, dont la Suisse. Les centres internationaux du «marché parallèle» – un terme qu’il juge plus «poli» que «marché gris» – sont principalement les grands centres financiers internationaux: Hongkong, Singapour, New York et Dubaï, et Genève (sur l’aéroport, en zone franche). Pourquoi? Tout simplement parce que les droits de douanes y sont très bas, voire carrément inexistants.
Maxim Artsinovitch assure que son chiffre d’affaires dépassait les 100 millions de francs par an entre 2004 et 2006. «Les meilleures années, celles où l’argent du pétrole et du gaz a créé une formidable hausse de la demande en Russie, au Kazakhstan, mais aussi en Ukraine», se remémore Maxim Artsinovitch. L’horlogerie helvétique affichait parallèlement des croissances de 10% par an…
L’homme d’affaires a toutefois senti le vent tourner dès 2007: ses clients étaient saturés de grandes complications horlogères, le segment dont il s’est fait une spécialité commerciale.
Côté rentabilité, Maxim Artsinovitch ne cache pas qu’il évolue dans une tout autre ligue que les marques, qui affichent des marges de 20 à 30%. «Nous travaillons sur du 5 à 7%. De manière générale, j’achète les garde-temps auprès des détaillants avec une commission de 5% par rapport au prix qu’ils ont payé au groupe horloger. Et je les écoule avec une marge de 5%, explique l’homme d’affaires. Cette méthode permet au client final d’accéder à des pièces de haute horlogerie avec des discounts allant de 25 à 40%. Parfois 50%. Cependant, je ne suis pas un tueur du marché. Il m’arrive de vendre des montres plus cher que le prix officiel.»
Les marques les plus recherchées actuellement? «Le numéro un est Ulysse Nardin, plus particulièrement le modèle Maxi Marine Diver Chrono. Suivent derrière Breguet (la gamme entière est demandée), Rolex (notamment la Submariner), Audemars Piguet (surtout la Royal Oak Offshore), puis Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, Blancpain et Patek Philippe. Des pièces dont les premiers prix officiels sont de plusieurs dizaines de milliers de francs.
Maxim Artsinovitch ne cache pas son statut de franc-tireur: «Je me fiche de toute la publicité faite sur l’histoire et la tradition des marques. J’achète et vends les montres comme des matières premières. Je veux acheter et vendre rapidement.» A ses yeux, les groupes horlogers ne sont en outre pas innocents, souvent à leur insu, dans la profusion du marché gris. «La direction des sociétés déplore le phénomène, mais les chefs des ventes régionaux sont poussés à vendre toujours plus, avec des objectifs parfois déconnectés de la réalité. Pour conserver telle ou telle marque, les détaillants sont parfois forcés d’acheter. Je suis leur sortie de secours.»
La crise va-t-elle permettre de faire de l’ordre? Stephen Urquhart y croit. «L’an dernier, la demande a baissé également dans le marché gris, c’est le bon côté de la récession», analyse-t-il. Reste alors à savoir si l’industrie pourra retrouver les énormes progressions de ventes affichées avant la crise. A en croire Maxim Artsinovitch, «dans la haute horlogerie, qui représente quelque 30% des 13 à 14 milliards de francs d’exportations annuelles, 50% des ventes ont aujourd’hui lieu sur le marché parallèle. Beaucoup d’ultra-riches sont aussi très bien informés: ils ne veulent pas payer le prix officiel pour ces produits.»
18 mars 2010 à 13h52 #420000980138Raoul94
MembreIntéressant, merci !
18 mars 2010 à 13h54 #420000980139Cafetao
MembreMerci beaucoup, instructif !
18 mars 2010 à 14h52 #420000980140Yakeru
MembreJ’aime bien la manière de voir les choses de ce monsieur Maxim Artsinovitch. Très concret et pragmatique

En fait j’aime beaucoup le personnage, en particulier après avoir lu ça :- Yvan a écrit:
- Que le garde-temps se retrouve à la vitrine de chaînes discount ou sur des sites internet, la pratique est dommageable», explique-t-il. Elle dégrade l’image du produit et mine toute l’histoire et l’identité que les équipes de marketing s’appliquent à entretenir, voire à créer, souvent à grands frais. Pire encore, les soldes entament la prédisposition du client à accepter de payer le prix officiel.
Parce que au final, les "grands frais" c’est qui qui ce les reprends hein ?
- Yvan a écrit:
- Beaucoup d’ultra-riches sont aussi très bien informés
Ils sont pas "ultra-riches" pour rien
18 mars 2010 à 18h58 #420000980141ber 12
MembrePersonnellement je trouve que c’est profiter d’un système tout en l’écrasant, en le gangrénant… par exemple il explique ne pas porter d’importance à l’image des marques, mais sans cette dernière pourrait-il vendre ses montres?
Dans mon cas j’ai récemment acheté une montre sur le marché gris, et effectivement je ne me vante pas de l’avoir payé moins cher que le prix officiel, je n’en suis pas particulièrement fier, et c’est pour cela que ma prochaine est déjà commandé chez un AD officiel…18 mars 2010 à 19h08 #420000980142fabricio
Membre- ber 12 a écrit:
- Personnellement je trouve que c’est profiter d’un système tout en l’écrasant, en le gangrénant… par exemple il explique ne pas porter d’importance à l’image des marques, mais sans cette dernière pourrait-il vendre ses montres?
Dans mon cas j’ai récemment acheté une montre sur le marché gris, et effectivement je ne me vante pas de l’avoir payé moins cher que le prix officiel, je n’en suis pas particulièrement fier, et c’est pour cela que ma prochaine est déjà commandé chez un AD officiel…
+ 815..
La prochaine sera également achetée chez un AD. J’ai trouvé un AD qui est d’une patience à toute épreuve, qui aime parler de son métier même avec un novice (et je n’ai encore rien acheté chez lui
), qui m’envoie des mails avec des infos, bref, qui fait son métier avec passion et je trouve que la moindre des choses est de reconnaître ses qualités en passant par lui.Malheureusement, mes moyens ne sont pas illimités et je ne pourrai me permettre d’acheter toutes mes CHI chez lui, mais de temps en temps, il me semble que c’est la moindre des choses..
La première fois où je suis passé pour simplement le saoûler avec mes questions LOL, il est allé chercher sa collection personnelle de Speed et de Rolex pour me détailler chacune d’entre elle….
18 mars 2010 à 19h45 #420000980143jonath
MembreMerci pour cet article passionant
18 mars 2010 à 20h15 #420000980144olivierZ
Membreplus les gens sont riches, plus ils sont adroits en négociations…je le constate également.
peut-etre que le problème est totalement inverse, faut-il revoir les prix dans une plus juste mesure?18 mars 2010 à 20h37 #420000980145chiouahouah
MembreSi les prix n’étaient pas artificiellement et outrancièrement gonflés le marché gris serait mort né;comment j’enfonce une porte ouverte !?
18 mars 2010 à 20h46 #420000980146ber 12
Membre- chiouahouah a écrit:
- Si les prix n’étaient pas artificiellement et outrancièrement gonflés le marché gris serait mort né;comment j’enfonce une porte ouverte !?

Avec le nombre de festina que l’on retrouve dans le marché gris, j’ai du mal à croire que le prix de vente y soit pour quelque chose, je peux me tromper mais je pense que quel que soit le prix les gens veulent toujours payer moins cher.
18 mars 2010 à 20h51 #420000980147chiouahouah
MembreMauvais exemple,même au gris une festi c’est encore trop cher
18 mars 2010 à 20h59 #420000980148Fokker III
MembreLa loi du marché….
Ceux qui revendiquent la libre concurrence sont les premiers à s’allier pour protéger leurs marges ;
Dès qu’une concurrence apparaît, ça hurle au loup ;
Pas facile de vouloir le beurre et l’argent du beurre…
Le commerce, c’est le commerce…
Un produit, un vendeur, un acheteur…….Le reste c’est pipeauCe n’est pas illégal, donc où est le problème ?
18 mars 2010 à 21h02 #420000980149plainpalais
MembreLe marché gris n’est pas prêt de s’arrêter, surtout quand on constate les grasses augmentations annuelles sur les tarifs clients!!!
18 mars 2010 à 21h47 #420000980150J.B
MembreTout est dit ici, simple question de politique commerciale
- Citation :
- Maxim Artsinovitch ne cache pas son statut de franc-tireur: «Je me fiche de toute la publicité faite sur l’histoire et la tradition des marques. J’achète et vends les montres comme des matières premières. Je veux acheter et vendre rapidement.» A ses yeux, les groupes horlogers ne sont en outre pas innocents, souvent à leur insu, dans la profusion du marché gris. «La direction des sociétés déplore le phénomène, mais les chefs des ventes régionaux sont poussés à vendre toujours plus, avec des objectifs parfois déconnectés de la réalité. Pour conserver telle ou telle marque, les détaillants sont parfois forcés d’acheter. Je suis leur sortie de secours.»
18 mars 2010 à 22h21 #420000980151Bernard Derestiat
MembreJe déplore l’hypocrisie des manufactures.
-
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.