FORUMAMONTRES › Forums › Forum de discussions sur les montres de poche › Ma dernière : Une Crettiez Manufacture Française
- Ce sujet contient 40 réponses, 17 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Boc21, le il y a 15 années et 3 mois.
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29 octobre 2008 à 20h24 #420000475809
ZEN
MembreLes faits datent de 1904…
- Citation :
- Le 18 juillet 1904 à Cluses (74) : un patron tire et tue des grévistes
Les années 1904-1907 furent marquées partout dans le pays par une vague de grèves pour les salaires, pour la diminution du temps de travail et contre l’arbitraire patronal. Ce furent des luttes longues et difficiles, que des travailleurs payèrent parfois de leur vie, comme à Cluses de mai à juillet 1904.
À l’époque, à Cluses et dans les communes environnantes de la vallée de l’Arve, de nombreuses petites entreprises travaillaient comme sous-traitants de l’horlogerie suisse. Plusieurs d’entre elles avaient déjà évolué vers le décolletage, l’usinage en grande série de pièces mécaniques.
De 1901 à 1903, des syndicats d’ouvriers horlogers et décolleteurs se créèrent et plusieurs grèves furent organisées avec pour revendications: le paiement des salaires au mois, en argent, avec acompte à la quinzaine; un salaire minimum à 3 francs par jour après 18 mois d’ancienneté; le respect des usages établis pour les travaux de la campagne, qui permettaient aux ouvriers de s’absenter pour s’occuper des travaux des champs.
Les jeunes syndicats mirent tout en œuvre pour assurer un minimum salarial correspondant aux besoins et pour mettre fin aux discriminations entre les hommes et les femmes, qui s’étaient syndiquées en nombre.
La prise de conscience se traduisit aussi sur le plan politique. Aux élections municipales de Cluses, le 1er mai 1904, deux listes s’affrontèrent: la liste conservatrice comprenant un des fils du plus gros patron, Crettiez, et l’autre liste, dite «des ouvriers», formée de syndicalistes, de socialistes, parmi lesquels cinq ouvriers de l’usine Crettiez. Il y eut deux tours. Au deuxième, la liste conservatrice l’emporta, mais «l’affront» avait été trop grand pour Crettiez et pour nombre de notables de la vallée. Il fallait en finir avec le syndicat. Dès le lendemain Crettiez licencia deux syndiqués, le surlendemain cinq autres subirent le même sort.
Le 10 mai, 34 ouvriers, sur la cinquantaine de l’usine, se mirent en grève et défilèrent dans les rues, musique en tête, rejoints par des travailleurs des autres fabriques. Trois jours plus tard, les premiers renforts de gendarmes arrivaient, alors qu’il n’y avait eu aucun incident et que les ouvriers avaient proposé un compromis: ne faire que trois quarts de journée, pour permettre de donner du travail aux sept licenciés.
Le 18, 400 travailleurs défilèrent, quelques vitres furent cassées chez Crettiez. Le 19, les gendarmes tentèrent de bloquer un pont, les manifestants forcèrent le passage, les gendarmes chargèrent et arrêtèrent des manifestants. Le lendemain, le maire de Cluses interdit «tout rassemblement ou manifestation, de même que chanter ou siffler des chansons quelconques». Cette attitude ne fit que renforcer la détermination des ouvriers.
Plusieurs tentatives de «conciliation» eurent lieu par la suite, du côté des autorités et des notables, voire des petits patrons qui acceptaient de reprendre les licenciés et… de payer les quelques carreaux cassés. Mais Crettiez ne lâcha pas: il fallait à toute force casser le syndicat.
À partir du 11 juillet les ouvriers se mirent en grève générale. Des manifestants qui s’étaient rendus à l’usine Bretton furent repoussés à coups de revolver par le patron.
Le 18 juillet, après l’assemblée générale du matin, une manifestation de 150 travailleurs chantant l’Internationale et la Carmagnole défila pacifiquement dans la ville. À hauteur de l’usine, Crettiez et ses fils ouvrirent le feu. Ils firent trois morts et cinquante blessés! La colère ouvrière se déchaîna: un millier de travailleurs bouscula la troupe et mit le feu à l’usine.
Crettiez et ses fils furent jugés par la cour d’assises de Haute-Savoie. En même temps qu’eux comparaissaient six ouvriers, inculpés de «pillage et dégâts causés aux marchandises et propriétés mobilières». La justice plaçait sur le même plan les assassins et les ouvriers.
Les ouvriers furent défendus par Aristide Briand, alors avocat au service du peuple, qui tourna mal par la suite, et soutenus par une campagne de manifestations et de meetings organisés par la CGT. Ils furent acquittés. Le patron fut condamné à huit mois de prison et ses fils à un an, qu’ils ne firent pas complètement.
Ces assassinats n’entamèrent en rien la combativité et la volonté d’organisation des travailleurs de la région. Leur conscience d’appartenir à la même classe sortait renforcée. De 1905 à 1907, il n’y eut pas moins de dix grèves, dont quatre générales, et des sections syndicales CGT virent le jour partout. Les travailleurs obtinrent même en partie que les patrons n’embauchent que des ouvriers syndiqués!
Julien ROUCH
http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=1876&id=29
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).29 octobre 2008 à 20h40 #420000475810Invité
Membre- steyr a écrit:
- voici un essai que j’avais réalisé pour illustrer ce que l’on peut tirer en fonction de la température de chauffe.

Entre 220°C et 320 °C on tire :
– Jaune paille
– Brun
– Lie de vin
– Bleu
avec des nuances plus ou moins soutenue.
Christian.
29 octobre 2008 à 22h11 #420000475811Arno
Membre- ZEN a écrit:
- Merci Tac , tu as expliqué tout ce à quoi j’ai renoncé … Ce calibre est de très grande qualité même si visuellement il semble courant.
L’autre gros naze, déclarant que cette montre est un étron, ça le fait pas.
Mais bon, n’est pas gros connard qui veut.
Cela étant, Zen, tu pousses le bouchon un poil loin, en prétendant ce calibre, je te cites : " Ce calibre est de très grande qualité" ….
Faut pas chier dans la colle, et s’essuyer au burnous, non plus.
C’est un calibre, stop, et je ne vais pas me relever cette nuit, pour me pencher dessus, une seconde fois.
En revanche, la boite est sympa.
Je sais …………. je sais …………
La sympathie, ne risque pas de m’étouffer, et je ne vaut pas une thune dans le porté de sac !!!
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« Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis sûr, c´est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex » A. Einstein30 octobre 2008 à 9h28 #420000475812kjeldor
MembreJe trouve que cette montre de poche est d’une sobrieté de grande classe.
La couleur des aiguilles la rend agréable à lire.
Son histoire et les conditions dans lesquelles Zen est rentré en sa possesion ajoute au cachet de cette tocante….
Je vous remercie également pour cet forum des montres de poches qui m’enrichit chaque jour… Et provoque en moi une envie de CHI…
30 octobre 2008 à 9h43 #420000475813cisco
MembreLa remarque de Dedune est on ne peut plus …
Mais sinon je, naze Premier, m’étais fait un peu la réflection suivante:
Comment ca se fait que ce calibre somme toute simple au premier abord soit chronomètre, la raquetterie ne m’impressionne pas.
Y’a pas grand chose qui flatte l’oeil du naze.Merci TAC pour ces précisions
30 octobre 2008 à 14h35 #420000475814fly back
Membre- cisco a écrit:
- Comment ca se fait que ce calibre somme toute simple au premier abord soit chronomètre, la raquetterie ne m’impressionne pas.
Y’a pas grand chose qui flatte l’oeil du naze.Merci TAC pour ces précisions

Remarque judicieuse…
Ce qui pourrait être impressionnant, avant tout, ce serait de retrouver trace de bulletin de marche: je n’ai pas cela sous le coude…
Une raquetterie, tout comme une signature plus alléchante, n’est pas un critère de marche chronométrique.
En regardant de plus près les relevés d’observatoire de 1900, bon nombres de montres étaient sans artifice ou poudre aux yeux.
Cette montre possède l’essentiel, et c’est déjà beaucoup.
30 octobre 2008 à 14h55 #420000475815cisco
Membre- fly back a écrit:
- Cette montre possède l’essentiel, et c’est déjà beaucoup.
Encore faut il savoir ce qu’est l’essentiel, ce qui n’est pas mon cas mais je suis très loin d’être seul. (malheureusement
)30 octobre 2008 à 15h09 #420000475816ZEN
MembreLa taille du balancier, les vis d’équilibrage, le contre-pivot à l’échappemant, les anglages nets, le sabalge et la dorure régulière, les vis bleuie, la qualité des roues…Il a vraiment un petit plus ce calibre qu’on voit davantage dans des pièces de prestige que dans des pièces anonymes.
Cette montre illustre je trouve ce qui a été la conquète sociale de l’heure pour le plus grand nombre avec des pièces de qualité précises et fiables.
A l’époque les Omega, Zenith ou Longines étaient plus courues et plus chères et pas mieux finies.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).30 octobre 2008 à 15h17 #420000475817cisco
MembreL’angle de la photo ne rend pas bien compte de la taille du balancier, ca ne m’a pa sauté aux yeux.
La découpe/anglage je l’avais remarquée mais ca s’arrétait là.
La qualité des roues, je penses que ca se voit plus à la loupe ce genre de chose non?En tout cas merci pour ces précisions.
30 octobre 2008 à 21h09 #420000475818Jean-Marc
Membre- ZEN a écrit:
- La taille du balancier, les vis d’équilibrage, le contre-pivot à l’échappemant, les anglages nets, le sabalge et la dorure régulière, les vis bleuie, la qualité des roues…Il a vraiment un petit plus ce calibre qu’on voit davantage dans des pièces de prestige que dans des pièces anonymes.
Cette montre illustre je trouve ce qui a été la conquète sociale de l’heure pour le plus grand nombre avec des pièces de qualité précises et fiables.
A l’époque les Omega, Zenith ou Longines étaient plus courues et plus chères et pas mieux finies.
Cela résume, je crois, bien tout l’intérêt de cette montre et de sa présentation ici car elle peut être considérée comme faisant partie d’une évolution, d’une étape dans l’histoire de l’horlogerie.
20 juillet 2011 à 3h27 #420000475819Boc21
MembreUn petit déterrage de post histoire de ne pas en rajouter un nouveau au sujet de ma petite crettiez et d’une question ayant trait à ce qu’il y a d’écrit sur le cadran : « Chronomètre A.S » : est-ce une référence au calibre AS ?
En tout cas, je confirme de mes petits yeux que la précision de ces montres est étonnante…
En plusieurs mois (3 ou 4), même pas 30 secondes de précision de perdues…
Pour une montre de plus de cent ans et probablement jamais révisée…et précisément pas une montre « haut de gamme ».
Elle ne perds même pas en plusieurs mois les 30 secondes que prends ma swatch méca neuve (une body and soul) en une journée.
Le plus marrant dans l’histoire, c’est qu’en pouvoir d’achat de l’époque, cette montre devait sans doutes couter le même prix que la swatch aujourd’hui (140 €).

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